« Tu n’es rien ici, et ton môme non plus ! » – lança la sœur de son mari

Élodie sest mariée jeune, à peine soufflé ses dix-huit bougies que son père lui avait déjà trouvé un mari. La famille est aisée que manque-t-il au bonheur ? Le mariage fut somptueux, tout le village de Saint-Amour était invité. Mais les seuls à ne pas vraiment samuser, cétaient les nouveaux mariés.

Élodie trouvait son époux plutôt charmant, bien quelle ne le connaisse que de nom. Sa sœur, par contre, navait pas la même veine : elle sétait retrouvée mariée à un type de quarante ans du village dà côté. Tout le monde craignait quelle ne finît vieille fille, mais le père avait remué ciel et terre pour lui trouver une alliance et une promesse de dot.

Les jeunes mariés se sont installés chez Olivier. Pas un château, certes, mais tout était à eux. Le patriarche avait statué : dès que les petits-enfants pointeraient le bout de leur nez, on verrait à agrandir la maison.

La belle-mère dÉlodie nétait pas du genre à saccrocher à sa bru comme un pot de colle, bien au contraire : elle laidait à prendre ses marques et à apprivoiser son nouveau rôle de jeune épouse. Sa belle-sœur, en revanche, avait tout dune tornade rageuse. Victoire, laînée, vivait toujours chez ses parents on lavait mariée puis rapportée par le gendre, un an pile plus tard, avec baluchons et tout. Un vrai serpent, celle-là. Faire tourner la baraque ne lintéressait guère, et la descendance encore moins. Alors elle faisait tapisserie, toute seule.

La tradition voulait quune bru devienne la vraie maîtresse des lieux seulement après avoir offert un fils à la famille. En attendant, on la priait de rester discrète, à sa place. Cest pourquoi chaque jeune épouse guettait fébrilement les premiers signes de grossesse.

Élodie sest dit quelle ferait bien pareil. Mais avant ce joli événement, Victoire la traitait desclave. Pourtant, les Dubois pouvaient se permettre davoir des employés de maison ! Mais la belle-sœur se régalait à faire grimper Élodie sur les échafaudages et à lui coller les travaux les plus pénibles.

Le jour où Olivier apprit quil allait devenir papa, il rayonnait comme un pain au chocolat sorti du four. Les beaux-parents jubilaient, fiers de leur belle-fille. Ni une ni deux, tout le monde fila acheter des matériaux pour agrandir la maison. Victoire, elle, en aurait mangé son chapeau. Elle comprit quelle allait finir ses jours à se serrer dans sa chambrette, au service de papa et maman. Pas dépoux en vue, pas de pavillon pour elle…

Six mois plus tard, Élodie fut réveillée par des coups répétés sur la porte. Cétait Victoire.

Tes sérieuse à traîner au lit comme ça ? Tas fini toutes les corvées au moins ?
À la maison, oui, mais Olivier ne veut plus que je sorte dehors.
Tu parles ! Cest juste une excuse, tes flemmarde !
Tu me veux quoi exactement ?
Et toi, tu te permets de me répondre ? Tu tentraînes à déjà me commander ? Je te rappelle que tant que tauras pas pondu, tes personne ici !
Même pas effleuré lidée…
Toi et ton marmot, vous valez pas un clou, pigé ?

Victoire nétait plus quune furie. Elle jetait tout ce quelle trouvait sur Élodie en hurlant comme une poissonnière. Le beau-père débarqua en trombe et emmena sa fille, qui semblait prête à mordre. Élodie caressa son ventre rond et souffla doucement. Tout irait bien. Forcément.

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