« On va rester chez toi un moment, parce qu’on n’a pas les moyens de louer un appartement ! » – Voil…

On va sinstaller chez toi un moment, parce quon na pas assez dargent pour louer un appartement ! ma annoncé mon amie.

Je suis une femme très active. Même à 65 ans, je ne rate pas une occasion dexplorer de nouveaux endroits et de rencontrer des personnes fascinantes. Je repense à ma jeunesse avec mélancolie et joie. À cette époque, il était facile de partir en vacances où lon voulait ! On pouvait rejoindre la mer Méditerranée. On partait camper avec des amis, ou bien naviguer lors dune croisière sur la Loire. Et tout cela nécessitait bien peu deuros en poche.

Mais tout cela semble maintenant appartenir à une autre époque.

Jai toujours adoré faire de nouvelles rencontres. Que ce soit sur la plage de Biarritz ou lors dune pièce à la Comédie-Française, jai conservé des liens étroits avec bien des connaissances pendant des années.

Un jour, jai croisé une femme nommée Clémence. Nous avions partagé une semaine dans la même maison dhôtes à Arles. Nous nous étions quitté en bons termes. Les années ont passé. De temps à autre, nous échangions des cartes de vœux ou quelques lettres, rien de plus. Puis un jour, jai reçu un télégramme, non signé : « Un train arrive à trois heures du matin. Attends-moi à la gare ! »

Je ne comprenais pas qui pouvait menvoyer pareil message. Avec mon mari, nous navons pas bougé de la maison. Mais à quatre heures, quelquun a frappé à notre porte. Quand jai ouvert, je suis restée pétrifiée : Clémence se trouvait là, accompagnée de deux adolescentes, dune grand-mère et dun homme. Ils traînaient derrière eux une montagne de valises. Mon mari et moi étions sans voix. Malgré notre surprise, nous avons laissé entrer ce groupe sorti de nulle part. Clémence ma aussitôt apostrophée :

« Pourquoi tu nes pas venue ? Je tavais envoyé un télégramme ! Et puis, prendre un taxi coûte cher ! »
« Désolée, mais je nai pas su de qui il provenait ! »
« Bah, javais ton adresse. Alors me voilà. »
« Je pensais quon continuerait à sécrire, mais rien de plus ! »

Clémence ma expliqué que lune des jeunes filles venait de finir le lycée et voulait sinscrire à luniversité. Toute la famille était venue la soutenir.

« On habitera chez toi ! On na pas dargent pour un loyer. Et vous habitez proche du centre-ville ! »

Jétais abasourdie. Après tout, nous nétions même pas de la même famille. Pourquoi les héberger chez nous ? Il fallait que je prépare les repas trois fois par jour. Ils avaient amené un peu de nourriture, mais nont jamais mis la main à la pâte. Je devais tout servir.

Au bout de trois jours, je nen pouvais plus. Jai demandé à Clémence et aux siens de chercher un autre toit. Peu mimportait où. Sen est suivi un esclandre terrible. Clémence, prise de colère, sest mise à casser des assiettes et à hurler.

Jétais effarée par son comportement. Puis, ils sont partis. Mais au matin, je constatai quils avaient « oublié » de me restituer ma robe de chambre, quelques serviettes, et par je-ne-sais quel miracle, même ma grosse marmite de potée ! Je me demande toujours comment ils sont partis avec

Il ma fallu du temps pour accepter quil ne suffit pas davoir de bons souvenirs en commun ou de lempathie pour ouvrir sa porte à nimporte qui. Cette expérience ma appris quil est essentiel de fixer des limites, même avec ceux que lon croyait proches. La générosité doit saccompagner de discernement, pour garder la paix chez soi comme dans son cœur.

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« On va rester chez toi un moment, parce qu’on n’a pas les moyens de louer un appartement ! » – Voil…
Ce n’est qu’en emménageant avec ma maîtresse que j’ai réalisé l’ampleur de mon erreur