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03
J’ai chassé mon mari qui a décidé de vivre séparément pour comprendre ses sentiments.
Sébastien, tu es sûr davoir besoin de bottes dhiver? On nest encore quen octobre, la pluie est prévue
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03
«Qu’il n’y ait pas de trace de ton esprit dans ma maison demain ! » rugit le mari.
«Que ton fantôme ne hante plus ma maison demain!» rugit Michel, le visage rouge de colère. «Tu ne pourras
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08
Pars, et ne reviens jamais — Pars, tu comprends ? — chuchotait Michel, les larmes aux yeux. — Pars, et ne reviens plus jamais ! Jamais. De ses mains tremblantes, le garçon détacha la lourde chaîne métallique, puis entraîna Berta jusqu’au portail, l’ouvrit en grand et tenta de la pousser sur la route. Mais elle ne comprenait pas ce qui se passait. On la chasse ? Mais pourquoi ? Elle n’avait pourtant rien fait de mal… — Pars, je t’en prie, — répétait Michel en serrant sa chienne dans ses bras. — Tu ne dois pas rester ici. Il va revenir et… À ce moment précis, la porte de la maison s’ouvrit à la volée. Sur le seuil, un homme titubant, la hache à la main : c’était le père, Basile, ivre mort. ***** Si seulement les gens pouvaient imaginer, ne serait-ce qu’une seconde, combien la vie d’un chien abandonné peut être dure, ils changeraient sûrement leur regard sur eux. Au minimum, ils les regarderaient avec compassion plutôt qu’avec indignation ou mépris, comme c’est si souvent le cas. Mais comment pourraient-ils savoir ce que nos amis à quatre pattes endurent, quels calvaires et trahisons traversent-ils, eux qui ne peuvent raconter leur histoire ? Les chiens ne savent ni parler ni se plaindre. Ils serrent leur douleur contre eux, en silence. Mais moi, je vais vous raconter l’une de ces histoires. Une histoire d’amour, de trahison et de fidélité… Tout commence quand Berta devint indésirable aux yeux de son premier maître, dès ses premiers mois de vie. On ne sait pas vraiment ce qu’elle lui a fait. Peut-être juste d’être née. Toujours est-il que cet homme choisit de déposer la toute jeune chiot à l’orée d’un village voisin puis… …de l’abandonner au bord d’une départementale. Oui, tout simplement. Il ne se donna même pas la peine de pousser jusqu’au centre du village, où quelqu’un aurait pu la recueillir. Non, il l’abandonna au bord de la route. Des voitures, des bus, des camions et des engins agricoles filaient à vive allure. Un simple faux pas, et la petite Berta aurait pu finir sous les roues. Peut-être était-ce là son intention. De toute façon, même si elle échappait aux voitures, sans eau ni nourriture, elle n’aurait pas survécu longtemps… Mais ce jour-là, la chance lui sourit. Ce jour-là, un inconnu sauva la vie de Berta. Un certain Michel. Son père venait tout juste d’offrir à Michel un vélo flambant neuf pour son quatorzième anniversaire. Et, pressé de le tester, Michel enfourcha sa bicyclette. — Ne va pas hors du village ! — cria sa mère, Antonine, tandis qu’il filait dans la rue. — Oui, maman… — lança Michel, hilare en pédalant. — Ne t’inquiète pas, tout ira bien… Mais il franchit la limite du village. Car là-bas, une belle route nationale venait d’être goudronnée ; c’était plus agréable de rouler sur du neuf. Presque plus de circulation en plus le week-end. Au moment où Michel s’apprêtait à rebrousser chemin, il aperçut la petite chienne, effrayée, zigzaguant au bord de la route. Elle semblait perdue, risquant chaque seconde sa vie. — Qu’est-ce qu’elle fait là, elle ? — se demanda-t-il, posant son vélo. Il s’approcha doucement, puis la ramena chez lui. ***** — Maman, papa ! Regardez qui j’ai trouvé ! — s’exclama Michel tout sourire.— Quelqu’un l’a abandonnée sur la route. On peut la garder ? Elle est si gentille ! — Michel, tu es sorti du village ? — gronda Antonine. — Je t’avais prévenu ! — Seulement jusqu’à la route, maman… Mais tu vois, heureusement, sinon elle serait morte… — Et toi ? Tu n’y as pas pensé ? C’est dangereux ! — Je ne recommencerai plus, promis. Mais alors, je peux la garder ? Je m’en occuperai, c’est promis ! Et puis, c’est mon anniversaire aujourd’hui… — Ton anniversaire, hein ? Tu mériterais une bonne punition… Michel serra très fort la chienne, craignant que ses parents ne la jettent dehors. Son père, Jean, intervint : — Allons, laisse-le donc… C’est son anniversaire, tout de même. Et puis, elle fera une bonne gardienne. Garde-la, fiston, c’est d’accord. Antonine soupira, puis sourit à son fils. — Bon d’accord, vous pouvez la garder. — GÉNIAL ! Vous êtes formidables ! Heureux comme jamais, Michel baptisa la petite chienne « Berta ». Il pensait d’abord avoir affaire à un mâle, puis découvrit qu’il s’agissait d’une femelle. Une femelle au cœur tendre, douce et affectueuse. Berta et Michel devinrent rapidement inséparables. Le vélo offert par son père resta au garage, et désormais, Michel ne passait plus une minute sans sa nouvelle amie. On aurait pu croire que tout se finirait ainsi, sur une fin heureuse. Mais hélas, la vie allait en décider autrement, six mois plus tard… Tout commença lorsque Basile, le père de Michel, perdit son emploi de mécanicien agricole. Désemparé, il se mit à boire, gaspillait toutes leurs économies, et rien, ni les pleurs ni les supplications d’Antonine, ne pouvait l’arrêter. Basile devint méconnaissable, violent, amer, cruel… Il en vint parfois à lever la main sur Antonine, pour la moindre broutille, parfois même sans raison. Michel, impuissant, trouvait refuge auprès de Berta, cherchant du réconfort dans sa fourrure, ses léchouilles, alors que ses parents se disputaient sans cesse. Un jour, pris dans l’engrenage de la violence, Basile s’en prit à Michel, qui jouait dehors avec Berta. D’un coup, il agrippa le garçon et le frappa. Berta, d’habitude calme, se mit à aboyer furieusement sur Basile, permettant à Michel de se dégager. Pressentant que son père reviendrait, armé, Michel n’eut pas d’autre choix… — Pars, tu comprends ? ! — répéta-t-il en pleurs à Berta, détachant sa chaîne, l’emmenant jusqu’au portail, lui ouvrant la route, la suppliant de sauver sa vie. Berta refusait de partir, incompréhensive. Mais au même moment, Basile sortit, titubant, la hache à la main. Michel, paniqué, fit barrage de son corps et s’interposa. Mais, comprenant qu’il n’y avait plus de temps à perdre, il serra Berta contre lui, la poussa soudain sur la route : — Va-t’en ! Va-t’en, vite ! Et pardonne-nous, Berta… Je n’ai jamais voulu tout ça. Basile, furieux, hurla. Berta, dans un dernier regard vers Michel, se mit à courir en direction de la forêt, le seul endroit sûr. — Et ne reviens jamais, Berta, sinon il te tuera ! — criait Michel, la gorge serrée. Ce qui advint après, Berta ne le vit pas. Elle priait seulement pour que Michel et Antonine s’en sortent. ***** Le temps passa… Non pas un mois, ni un an… Mais sept longues années. Sept ans que Berta attendait un miracle, espérant revoir Michel. Mais l’espoir s’amenuisait chaque année : ni Michel, ni Antonine n’étaient jamais revenus au village. Six mois après sa fuite dans la forêt, Berta, pleine de courage, tenta de retrouver sa maison. Mais ce qui l’attendait derrière la grille, c’était une ruine noircie par les flammes. Plus une âme. Ni Michel, ni Antonine, ni Basile — qu’elle n’aurait pas aimé revoir. Elle revint trois ou quatre fois, en vain. Mais elle n’eut jamais l’intuition qu’ils étaient morts. Sans doute étaient-ils partis pour de bon. Vers où ? Elle l’ignorait. De toute façon, il n’y avait plus de maison ni de famille à attendre leur retour… Berta erra longtemps, de village en village, jusqu’à ce qu’un vieil homme l’adopte un jour au bord de la même route où tout avait commencé. Comme un étrange clin d’œil du destin… — Tu t’es perdue ? — s’amusa à dire le vieil homme. — Tu veux venir chez moi ? Berta accepta — elle n’avait plus vraiment le choix. Ce papy, Nicolas, était un ancien gardien de nuit… au cimetière du village. Un brin lugubre au départ, mais Nicolas se révéla gentil et généreux, partageant bouillons, croquettes et caresses avec Berta. Il aimait lui confier ses peines, surtout après avoir bu un verre de trop : femme disparue, fille fâchée, solitude… Berta l’écoutait, posée contre sa jambe, attentive et silencieuse. Un soir, au détour d’une promenade nocturne entre les tombes, Berta tomba sur la stèle de Basile. D’abord, elle n’en crut pas ses sens. — Tu es restée plantée ? — demanda Nicolas, remarquant qu’elle fixait une tombe. — Voyons, c’est Basile… Ah, celui qui a brûlé dans sa propre maison. Drôle de fin. Sa femme et son fils sont partis en ville — tant mieux pour eux. Il parait qu’il était violent… Allez, laissons-le en paix. Berta vécut encore cinq ans avec Nicolas, jusqu’à la mort de celui-ci. À nouveau seule, trop âgée pour être adoptée, elle resta vivre au cimetière, résignée… Jusqu’à ce jour d’hiver, alors que tombait la première neige, où elle entendit deux voix près d’une tombe : l’une d’homme, l’autre de femme. Ils étaient devant la stèle de Basile. Par curiosité, Berta s’approcha… — Je t’avais dit, Oksana, que c’était une mauvaise idée de venir sur la tombe de mon père. Qu’est-ce que je viens faire là ? Après tout ce qu’il nous a fait ? — Il faut pardonner, Michel… Libère-toi de ce fardeau. Ta mère et toi avez déjà tant souffert. — Peut-être… Je lui pardonne. Pour moi, pour maman, pour Berta aussi… J’espère seulement qu’elle va bien. Derrière eux, Berta n’osait y croire : c’était lui ! Michel, son Michel… Plus âgé, plus mûr, mais elle aurait reconnu son regard entre mille. Elle s’avança timidement. Michel se retourna, croisa son regard et s’arrêta net. — Qu’est-ce qu’il y a ? demanda Oksana. — J’ai l’impression de l’avoir déjà vue… Attends, c’est… Il s’approcha ; elle fit quelques pas aussi. Et soudain, ils se jetèrent l’un vers l’autre. Michel, agenouillé, la serra contre lui. Berta, en larmes, lui lécha les joues, le nez, le front. Son rêve s’était enfin réalisé. ***** Michel ramena Berta à la maison, où elle s’entendit vite avec Oksana. Ils vécurent heureux, d’abord à trois, puis à quatre lorsqu’ils recueillirent un petit chaton trouvé par Berta, puis à cinq avec l’arrivée du petit Nikita. Michel finit par reconstruire la maison au village où toute la famille venait passer les vacances. Malgré les épreuves, Michel et Berta n’oublièrent jamais qu’ils étaient, enfin, heureux ensemble.
11 janvier « Va-ten et ne reviens jamais » Je me revois, les yeux noyés de larmes, murmurant ces mots
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07
Ma belle-sœur est venue chercher les affaires de mon enfant pour son fils et s’est fait renvoyer chez elle.
La bellesœur sétait introduite, les mains pleines des habits de mon petit pour les offrir à son fils
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011
Grand-père : Une soirée d’été en rentrant du sport, j’ai aidé un vieux monsieur tombé sur le trottoir que tout le monde évitait pensant qu’il était ivre – mais ses mains ensanglantées venaient des morceaux de bouteilles de bière qu’il ramassait pour protéger les enfants du quartier, malgré l’incompréhension des passants et un lourd passé de guerre qui l’empêchait de parler ; ce soir-là, grâce à l’aide discrète d’une inconnue et à la reconnaissance émue de sa famille, j’ai compris combien il est important de rester humains et solidaires les uns envers les autres dans notre société.
Grand-père Cétait un soir dété, latmosphère flottait, étrange, comme alourdie par la chaleur, quand je
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03
Je vais vivre chez toi en louant mon appartement, a exigé mon amie
28novembre2025 Aujourdhui jai revu le vieux dossier de nos amitiés, et je me suis surpris à écrire ces
Quand ma belle-mère a appris que nous comptions acheter un appartement, elle a convoqué son fils pour une discussion privée. Ce qui s’est passé ensuite m’a bouleversée jusqu’au plus profond de moi-même.
Il y a bien longtemps, lorsque nous envisagions dacheter notre propre appartement, la mère de mon mari
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054
À toi de choisir : c’est ton chien ou moi ! J’en peux plus de cette odeur de chien — a lancé son mari. Elle a choisi son mari, a abandonné Rex en forêt… Le soir-même, il l’a quittée pour une autre femme. Nathalie aimait son mari, Igor, à la folie. Cinq années de vie commune sans enfant, mais avec Rex – un vieux berger allemand qu’elle avait recueilli chiot, bien avant de rencontrer Igor. Rex était de la famille. Intelligent, fidèle, il comprenait tout sans un mot. Mais l’âge a fait son œuvre : ses pattes le faisaient souffrir, il sentait mauvais, sa fourrure tombait en touffes. Igor a longtemps supporté. Jusqu’au jour où Rex, n’attendant pas la promenade, a uriné dans l’entrée sur le parquet neuf. Là, Igor a explosé. — Ça suffit ! hurla-t-il, en mettant la truffe du vieux chien dans la flaque. Je vis dans une niche ! Ça pue, il y a des poils partout, et maintenant ça urine ! Nathalie, tu dois choisir : soit c’est moi, soit c’est cette épave ! — Igor… qu’est-ce que tu veux que j’en fasse ? Il a douze ans… sanglotait Nathalie, serrant contre elle son chien penaud. — À la SPA, à la forêt, pique-le ! Ça m’est égal ! trancha son mari. Si ce soir il n’est pas parti, c’est moi qui m’en vais. Je veux une maison propre, pas ramasser les crottes de ton « fils » plein de puces ! Nathalie était fragile. Elle avait une peur panique d’être seule. Perdre Igor, qui faisait vivre le foyer, ruinait leurs vacances, leur projet d’acheter, tout ce à quoi elle tenait. Elle a choisi son mari. Elle a emmené Rex à la campagne. Difficilement, le chien monta dans la voiture, gémissant de douleur, mais lui lécha la main. Il croyait qu’ils partaient se promener. Nathalie a pleuré tout le trajet. Elle l’a laissé dans le bois, à une vingtaine de kilomètres. Elle a attaché sa laisse à l’arbre pour qu’il ne la suive pas. — Pardonne-moi, Rex… pardon…, murmurait-elle sans oser croiser le regard voilé de son vieux compagnon. Rex ne se débattait pas. Il s’est juste assis, la fixant – il avait compris. Nathalie lui laissa sa gamelle, remonta en voiture, et appuya sur l’accélérateur. Dans son rétroviseur, elle vit Rex, oubliant ses douleurs, tenter de la suivre, tirant sur la laisse et aboyant, rauque, désespéré. Ses aboiements résonnèrent en elle tout le retour. Nathalie rentra anéantie, les yeux bouffis de larmes. Igor était là. Il faisait ses valises. — Mais… Qu’est-ce que tu fais ? bredouilla-t-elle. J’ai tout fait ! Rex n’est plus là, je l’ai déposé… Igor la regarda, sourire froid. — Bravo. Rapide, dis donc. Mais tu sais quoi ? Je pars quand même. — Quoi ? Où ça ? — Chez Hélène, de la compta. On se voit depuis six mois. Elle est enceinte. Nathalie s’effondra sur une chaise. Le sol se déroba. — Mais… tu as posé un ultimatum… Le chien ou toi… Pourquoi ? — Je te testais, répondit cyniquement Igor. Pour voir si tu avais du caractère. Mais tu as trahi ton meilleur ami pour un pantalon. Tu sais, ça me ferait peur d’être malade avec toi… Si tu as pu abandonner un chien qui t’a aimée dix ans, tu finirais par me jeter moi aussi. Il ferma sa valise. — Adieu Nathalie. Et tu sais quoi ? Rex était le seul vrai mec ici. Toi, t’es juste une traîtresse. Quand la porte claqua, Nathalie hurla de douleur. Elle comprit ce qu’elle avait fait. Pour un homme qui ne l’aimait plus, elle avait tué l’âme de celui qui la vénérait. Elle prit ses clés et fila à la forêt. C’était la nuit. Il pleuvait à verse. Arrivée près de l’arbre, la laisse était rongée. La gamelle renversée. Plus de trace de Rex. — Rex ! Rex ! Mon chien ! cria-t-elle en courant dans la forêt, les branches griffant son visage. Elle le chercha trois jours. Affiches, posts, messages à des bénévoles. Elle ne dormait plus, ne mangeait plus. Au quatrième jour, un appel. — Vous cherchez un berger allemand ? On en a trouvé un sur la nationale. Heurté par un camion. Nathalie le reconnut. Rex avait sans doute mordu la laisse et tenté de rentrer chez elle. Sur ses pattes malades, malgré la douleur, la peur. Il courait vers celle qui l’avait trahi – et mourut au bord d’une route, ne l’ayant jamais retrouvée. Nathalie l’enterra. Deux ans ont passé. Elle vit seule. Pas remariée – elle ne fait confiance à personne, même pas à elle-même. Igor coule des jours heureux avec femme et enfant. Il a oublié Nathalie comme on efface un mauvais rêve ; pour lui ce n’était qu’un prétexte pour partir, en rejetant la faute sur elle. Et Nathalie… travaille bénévolement dans un refuge pour vieux chiens. Elle nettoie leurs box, soigne leurs blessures, console les oubliés. Pour expier sa faute. Chaque nuit, elle rêve la même chose : elle est près de l’arbre, Rex la regarde. Elle l’appelle, il n’approche pas. Il regarde, sans rancœur. Avec une tristesse infinie. Dans ce regard : sa condamnation. Morale de l’histoire : La trahison ne se pardonne pas. Ne sacrifiez jamais un ami fidèle pour ceux qui vous mettent au pied du mur. Un cœur aimant ne vous imposera jamais un choix pareil. Celui qui l’exige vous a déjà trahi – et chaque renoncement ne fera que retarder l’inévitable, au prix d’une erreur irréparable.
CHOISIS : TON CHIEN OU MOI ! JEN AI ASSEZ DE SENTIR LA BÊTE ! a lancé Paul. Elle a choisi son mari, a
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019
Envie de vivre avec votre belle-mère et de prendre soin d’elle ?
Cest étrange que vous soyez daccord, dit Marine, mécontente, à son mari. Tu ne trouves pas que tu te
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011
Il nous reste encore des choses à faire à la maison… Mamie Valentine ouvre tant bien que mal le portillon, peine à rejoindre la porte, lutte longtemps avec la vieille serrure rouillée, entre dans sa vieille maison glacée et s’assoit près du poêle éteint. Dans la maisonnette flotte ce parfum des lieux inhabités. Elle n’est partie que trois mois, mais déjà les toiles d’araignées s’accrochent au plafond, le vieux tabouret gémit, le vent siffle dans la cheminée : la maison l’accueille d’un air boudeur — où étais-tu passée, maîtresse, qui nous as-tu laissés ? Comment allons-nous passer l’hiver ? — J’arrive, j’arrive, mon cher, laisse-moi juste souffler un peu… Je vais rallumer le feu, on se réchauffera… Il y a un an à peine, Mamie Valentine arpentait encore sa maison — elle blanchissait, repeignait, puisait de l’eau. Sa menue silhouette s’inclinait devant les icônes, s’affairait à la cuisine, volait dans le jardin, semait, désherbait, arrosait. La maison vibrait de vie avec elle : le plancher chantait sous ses pas agiles, portes et fenêtres s’ouvraient d’une caresse de ses mains travailleuses, le poêle embaumait la tarte chaude. Bien ensemble, Valentine et sa vieille maison. Veuve trop tôt, elle a élevé trois enfants, tous instruits, tous lancés dans la vie. Un fils, capitaine au long cours, un autre militaire haut gradé, vivant tous deux loin, rarement de passage. Seule la benjamine, Tamara, est restée au village, chef agronome, happée du matin au soir par le travail, offrant le dimanche à sa mère—des retrouvailles à coups de tartes, puis de nouveau l’absence. Court réconfort : la petite-fille, Svetlana, quasiment élevée par sa grand-mère. Quelle beauté ! De grands yeux gris, des cheveux couleur d’avoine mûre, bouclés, soyeux, un éclat presque surnaturel. Sa chevelure en cascade ensorcelait tous les garçons du coin. La grâce incarnée, et quelle allure ! D’où cette beauté à une villageoise ? Valentine était jolie, mais comparée à Svetlana sur de vieilles photos, on dirait une petite bergère face à une reine… Brillante, Svetlana : diplômée en économie rurale, revenue travailler au village, mariée au vétérinaire, ils ont reçu, jeunes mariés, une nouvelle maison superbe, en briques, presque un petit manoir pour la campagne. Seule ombre : autour de la maison neuve de la petite-fille, rien ne pousse — juste trois maigres plants. Svetlana, choyée, fragile, protégée du moindre courant d’air ou effort rude, n’a pas la main verte de sa grand-mère. Avec la naissance de Vasya, plus question de s’occuper du jardin. Svetlana supplia sa grand-mère de venir s’installer chez elle — maison moderne, chaleureuse, plus besoin de chauffer. À quatre-vingts ans, Valentine, de plus en plus fatiguée, finit par accepter. Deux mois plus tard, elle entendit : — Mamie chérie, tu sais que je t’aime ! Mais pourquoi tu restes assise ainsi ? Toute ta vie tu as bougé ! J’espérais ton aide pour gérer la maison… — Je ne peux plus, ma petite, mes jambes ne me portent plus… je suis trop vieille… — Ah bon, c’est chez moi que tu deviens vieille, alors… Bientôt, Valentine, celle en qui on fondait tant d’espoir, fut renvoyée chez elle. Déçue de n’avoir pu aider, elle s’alita pour de bon. Aller du lit à la table devint une épreuve, l’église, un rêve inaccessible. Le père Boris, son curé, vint la visiter. Il vit Valentine à ses lettres mensuelles pour ses fils, emmitouflée, la maison à peine tiédie, le sol glacé sous ses vieux chaussons, les mains sales, elle, d’habitude si soignée. Le père apporta pain, biscuits, et un grand gâteau au poisson (cadeau de la « maïté » Alexandra). Il vida la cendre, apporta du bois, alluma le poêle, mit à chauffer de l’eau. — Mon cher fils ! Oh, pardon, mon père ! Peux-tu m’aider à écrire les adresses, j’ai peur qu’avec mes doigts tremblants, les lettres ne s’égarent… Il aperçut sur la feuille des mots maladroits, tremblants : « Je vis très bien, mon cher fils. Je ne manque de rien, Dieu merci ! » Des mots mouillés de taches de larmes salées. Anna, une voisine, veilla dès lors sur Valentine, le père Boris la confessait, Anna’s mari, l’oncle Pierre, vieux marin, l’amenait à la messe sur sa moto lors des grandes fêtes. La vie reprit un peu son cours. La petite-fille ne venait plus. Bientôt, elle tomba gravement malade. Depuis longtemps des douleurs d’estomac, qu’on pensait bénignes. C’était un cancer du poumon. En six mois, Svetlana s’éteignit. Le mari sombra : il s’installa sur la tombe, buvait sur place, dormait là, repartait acheter de l’alcool. Personne ne voulait du petit Vasya, quatre ans, sale, affamé, abandonné. Tamara récupéra le garçon, mais, débordée par son métier d’agronome, dut envisager l’internat pour l’enfant. L’établissement était réputé : directeur dynamique, repas corrects, possibilité de ramener les enfants le week-end. Pas l’idéal, mais Tamara n’avait pas le choix, la retraite loin devant. C’est alors que dans le side-car de l’antique Ural débarqua Mamie Valentine, conduite par l’oncle Pierre, tatoué, en marinière, l’air martial. Valentine déclara : — Vasya viendra vivre chez moi. — Maman, tu marches à peine, comment vas-tu t’en occuper ? Il a besoin qu’on cuisine, qu’on lave… — Tant que je suis vivante, Vasya n’ira pas à l’internat, trancha la grand-mère. Le ton de Valentine, habituellement si douce, frappa Tamara. En silence, elle fit la valise. Oncle Pierre ramena la vieille et le petit chez elle, les installa à la maison. Le voisinage s’indigna : — Pauvre vieille, elle perd la tête, il lui faudrait des soins et elle reprend un gamin… C’est pas un chiot, il a besoin d’attention ! Que fiche donc Tamara ? Après la messe, le père Boris vint, inquiet de trouver Vasya sale et affamé, Valentine épuisée. Mais il trouva la maison chauffée, Vasya heureux, propret, écoutant une histoire au vieux tourne-disque. Et mamie Valentine virevoltait : beurrant un moule, pétrissant, mélangeant des œufs au fromage blanc — ses jambes redevenues alertes. — Mon père ! Je fais des petits-fours… Attendez, je réserve du chaud pour la « maïté » Alexandra et Kousia ! Le père Boris rentra à la maison, stupéfait. Sa femme, Alexandra, sortit un gros carnet bleu, tourna les pages, lut à voix haute : « Vieille Eugénie a vécu longuement. Tout est passé, rêves, espoirs, tout dort sous la neige. Il est l’heure, l’heure d’aller là où il n’est plus ni douleur, ni chagrin… Par une soirée de février, elle prie longuement, puis dit : “Appelez le curé, je vais mourir”. Son visage devient blanc comme la neige. Le prêtre vient, elle communie, passe un jour sans s’alimenter. Un souffle faible témoigne de la vie… La porte s’ouvre brusquement : un cri de bébé. — Doucement, la grand-mère est mourante ! — Que voulez-vous, elle vient de naître ce matin, elle ne sait pas qu’on ne doit pas pleurer… C’est la petite-fille d’Eugénie, Nastia, qui revient de la maternité, encore maladroite, son bébé tète mal, le nourrisson hurle, empêchant Eugénie de mourir en paix. La mourante se redresse, le regard retrouve de la clarté, elle s’assoit, cherche ses pantoufles… Quand la famille rentra, devançant le deuil, elle découvrit la vieille Eugénie bien vivante, épanouie, marchant, berçant le nourrisson apaisé, pendant que la maman reposait sur le canapé… » Alexandra referma le carnet, sourit à son mari, conclut : — Mon arrière-grand-mère, Véra Eugénie, m’a tellement aimée qu’elle a refusé de mourir. Comme dans la chanson : « Ce n’est pas le moment de partir : il nous reste encore des choses à faire à la maison ! » Elle vécut encore dix ans, aidant ma mère à m’élever, moi, son arrière-petite-fille préférée. Et le père Boris répondit à son sourire.
Il nous reste encore des choses à faire, chez nous… Mamie Violette ouvrit la barrière avec peine