«Qu’il n’y ait pas de trace de ton esprit dans ma maison demain ! » rugit le mari.

«Que ton fantôme ne hante plus ma maison demain!» rugit Michel, le visage rouge de colère.

«Tu ne pourras jamais divorcer de moi,» tenta de répliquer Arlette, les yeux brillants de larmes. «Et souvienstoi bien: tu ne reverras plus jamais ta fille!»

«Faismoi encore un petit effort ici,» ricana Michel, un sourire sinistre aux lèvres. Le regard dArlette se posa sur lui, et elle comprit que ce nétait pas une plaisanterie.

Sa vie avait basculé le jour où elle avait soufflé ses vingtcinq bougies. Cest alors quelle rencontra Michel, et, six mois plus tard, elle lépousa, au grand soulagement de sa mère, avec qui les rapports étaient toujours tendus.

Michel, de huit ans son aîné, était dapparence ordinaire, mais dune douceur et dune bienveillance rares, et il dirigeait déjà sa propre petite entreprise. Arlette, quant à elle, évaluait honnêtement son apparence: pas une beauté de magazine, mais capable de se rendre séduisante quand loccasion lexigeait. Des centaines de femmes pouvaient prétendre à ce charme, mais peu obtiennent la chance de se marier avec un homme stable, sobre et fortuné.

Elle ne laissa pas passer la sienne et, pendant deux années de mariage, ne le regretta jamais. Elle conserva son poste dopératrice dans une modeste société de négoce, tandis que la gestion de largent ne lui incombait plus vraiment. Ils habitaient un appartement de trois pièces dans le 12ᵉ arrondissement de Paris ; Michel lui acheta une toute nouvelle Audi, et il nhésitait jamais à dépenser généreusement pour les restaurants, les salons de coiffure et les boutiques de luxe.

Même une aideménagère venait deux fois par semaine, ce qui libérait Arlette de toutes les corvées domestiques. Le temps passé avec son époux était maigre: il était souvent plongé dans le travail, ne prenant que deux vacances annuelles, quelques sorties au théâtre de la ComédieFrançaise et des soirées danniversaire pour les amis de Michel.

Cest lors dune de ces fêtes quArlette fit la connaissance dAndré, un ami de Michel.

«Ah! Voilà enfin celle qui ta piégé,» lançail en riant, les yeux pétillants. «Je pensais que tu dirais: «Pas de mariage, une seule fois suffit».»

Michel, autrefois marié puis divorcé, navait jamais eu denfants. La remarque dArlette, «Savoir faire!», fut un défi lancé à André, qui la fixa du regard. La tension était palpable; ils pressentaient que cette rencontre pourrait devenir plus quune simple amitié, même si les deux prochains mois les séparèrent.

André la rappela finalement, linvitant à un rendezvous. Arlette ne refusa pas: Michel était toujours débordé, et lennui la rongeait. Aucun bal de fleurs ni confiseries ne les attendait, et, au second rendezvous, ils senfermèrent dans un petit hôtel où la passion les dévora.

«Un mari riche, gentil et généreux. Un amant fougueux et joyeux. Aucun souci! Ça en valait la peine,» se disait Arlette, le cœur battant.

Le bonheur dura un an, jusquau jour où elle découvrit quelle était enceinte. Au début, elle tenta de maintenir ses rencontres avec André, mais le ventre grandissant rendit les sorties impossibles. Elle se transforma alors en épouse exemplaire et en mère dévouée, pour le plaisir de Michel.

Alice naquit en pleine santé, à terme. En cadeau, Michel lui offrit un collier en or et engagea une nounou, Océane, quArlette estimait être la complice de son mari. Trois mois après laccouchement, elle retrouva André, mais Michel les surprit.

«Que ton esprit ne hante plus ma maison demain!» hurla à nouveau Michel.

«Tu ne pourras jamais divorcer de moi,» répéta Arlette, la voix tremblante. «Et souvienstoi: tu ne reverras plus jamais ta fille!»

«Donnemoi encore un petit effort,» ricana Michel. «Je te conseille vivement de ne pas te rebeller, sinon tu finiras nue et pieds nus.»

Arlette le fixa, comprenant quil ne plaisantait pas. Que pouvaitelle faire? Au moins lancien mari avait loué un petit studio pour elle et Alice, et continuait à verser de largent, même si les sommes étaient dérisoires comparées à ce quelle dépensait autrefois. Elle saccrocha à lespoir quil reviendrait sur sa décision, ne voulant pas le contrarier davantage.

Cet espoir sévapora lorsquelle aperçut, deux mois après le divorce, Michel marchant aux côtés dune belle brune aux talons aiguilles, fièrement.

«Quoi, tu mas déjà trouvé un remplaçant?» sécria Arlette, hors delle. «Ah! Alors je sais que tu me trompais depuis longtemps et que tu nas trouvé quun prétexte pour divorcer!»

«Arrête,» gronda lancien, le visage fermé. «Tu ferais mieux de ne pas pousser les choses plus loin, et je ne laisserai personne insulter ma femme.»

«Ma femme?!» Arlette sentit la colère lui couper la respiration.

La brune ne la regarda même pas, et Michel resta de marbre. Arlette se retrouva seule, figée dans la rue, le cœur brisé.

André, de retour dune mission de trois mois, lentendit hurler et lui proposa de sinstaller chez lui. Au moins ainsi, elle montrerait quelle nétait pas une «poupée abandonnée». Il avait les moyens, et il la traitait bien.

Les deux années suivantes, Arlette vécut sans trop de privations, à lexception des nouvelles incessantes sur le succès de Michel. Son entreprise prospérait, sa nouvelle épouse, Océane, se révélait être sa directrice adjointe, et ils paraissaient heureux. Cette vision la poussait à labîme de lalcool. Dabord un verre de vin le soir, puis quelques verres à midi.

«Tu vas finir ivre,» reprocha André.

«Tu verras!» répliqua Arlette, déclenchant une énorme dispute pour la moindre broutille.

André supporta son comportement deux ans de plus, puis la mit dehors. Elle ne pouvait plus compter sur son mari, et elle ne pouvait pas retourner chez sa mère. Elle loua une petite chambre et retrouva enfin un emploi. Le changement et la précarité la firent se ressaisir, et elle arrêta de boire quotidiennement.

André lappelait «Alice», la traitant comme sa fille, mais après leur séparation il ne sintéressa plus à lenfant, ne lui donnant que de temps en temps un petit argent de poche.

Arlette, pourtant, ne voulait plus vivre dans la misère. Elle tenta dobtenir plus de pensions alimentaires de Michel, en vain.

«Ravie dobtenir au moins ça,» rétorqua Michel. «Je ne suis même pas sûr quAlice soit ma fille. Il me faudrait des preuves pour le vérifier»

Arlette raccrocha, le visage blême.

Quand Alice eut huit ans, la fatalité frappa: Michel mourut dans un accident de voiture. Arlette ne ressentit pas de joie à lidée dun tel drame, mais cela signifiait quelle et sa fille nauraient plus besoin dargent. Elle connaissait chaque bien de son défunt mari, même mieux que lui. Lhéritage devait être partagé avec la veuve Océane, mais même la moitié était une somme considérable.

«On sentend à lamiable ou on va au tribunal?» demanda Arlette, deux semaines après les funérailles, en se présentant chez Océane.

Cette dernière ne perdit pas de temps:

«Jai préparé une copie spécialement pour toi,» ricana Océane, un sourire aux lèvres. «Profiteen. Michel ma tout légué.»

«Ce nest pas possible» sécria Arlette, stupéfaite. «Il est encore jeune doù un testament?»

«Jeune et intelligent cétait lui.»

«Nous verrons bien,» menaça Arlette avant de partir.

Elle rassembla toutes ses maigres économies et consulta un avocat, qui lui annonça une bonne nouvelle: elle pouvait réclamer la part qui revenait à lenfant. Armée de ces informations, elle surprit Océane devant son bureau.

«Je pensais que tu ne me lâcherais jamais,» soupira la veuve. «Très bien, je te donne un studio dans une nouvelle résidence. Je ne sais pas pourquoi Michel la acheté, mais il ne me plaît pas.»

«Un studio?» éclata Arlette de rire. «Tu crois que je ne sais pas que Michel possédait une dizaine de biens? Six appartements, deux maisons de campagne, trois voitures et»

«Ne mets pas ta bouche sur tout ça,» coupa Océane.

«Je ne laisserai pas mon enfant souffrir! Alice est la fille de Michel, la loi le reconnaît!»

«Tu es vraiment une folle,» lança Océane avec une pointe de pitié. «Impossible de se faire passer pour autre chose.»

Arlette resta muette, réalisant que la confiance dOcéane nétait pas infondée.

«Alice est la fille dAndré,» murmura la veuve. «Tu ne le crois pas? Va le demander à lui.»

À ce moment, André fit irruption dans le bureau.

«Questce que tu fais ici?» demanda Arlette, méfiante.

«Je travaille ici,» répondit-il, résigné. «Mon entreprise a fait faillite, je suis devenu salarié. Et toi? Tu es allée voir Océane?»

«Cest vrai à propos dAlice?»

«Bien sûr,» répliqua André sans surprise. «Tu pensais que je nourrirais lenfant dun autre? Jai dailleurs déjà fait un test ADN»

«Alors, si tu insistes, reconnaismoi comme le père,» lança Arlette.

André haussa les épaules et repartit, laissant Arlette, à nouveau abasourdie, réfléchir à ces révélations inattendues.

Peutêtre accepteraitelle le «studio»? Au moins cela améliorerait sa situation financière, et le reste… le temps le dirait.

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«Qu’il n’y ait pas de trace de ton esprit dans ma maison demain ! » rugit le mari.
Chacun pour soi : — Maman, tu n’imagines pas la situation du marché en ce moment, — s’exclama Maxime en feuilletant nerveusement une pile d’imprimés de plans, de chiffres et de tableaux d’amortissement sur la table de cuisine. — Les prix fluctuent chaque semaine. Si on ne verse pas l’apport tout de suite, cet appart va nous passer sous le nez. Lydie poussa vers son fils une tasse de thé refroidi et s’assit en face. Sur les feuilles, on voyait des plans d’appartements, des devis, des échéanciers. Un trois-pièces dans une nouvelle résidence, une chambre pour Timothée, une autre pour Sophie : enfin, chaque enfant aurait son espace. — Il te manque combien ? — Huit cent vingt mille, — Maxime se massa l’arête du nez. — Je sais que c’est beaucoup… Mais Anne devient folle, les enfants grandissent et on vit encore en location… Lydie regardait son fils, revoyant le gamin qui lui offrait des bouquets de pissenlits. Trente-deux ans, deux enfants, et toujours cette ride entre les sourcils, la même qu’enfant, quand son devoir restait inachevé. — J’ai des économies de côté… — Maman, je te rendrai, c’est promis. Dès que ça se stabilise je commence à rembourser. Elle posa sa main abîmée par la cuisine et le ménage sur celle de son fils. — Maxime, c’est pour mes petits-enfants. On ne parle pas d’argent dans la famille. A la banque, Lydie remplissait les formulaires d’une écriture soignée par trente ans de comptabilité. Huit cent vingt mille euros — presque tout ce qu’elle avait mis de côté ces dernières années : “pour les coups durs”, “au cas où”. Maxime la serra fort devant le guichet, ignorant les regards. — T’es la meilleure, vraiment ! J’oublierai jamais. Lydie lui tapota le dos. — Va, Anne doit t’attendre. …Les premiers mois après l’emménagement passèrent comme un tourbillon de trajets à travers Paris. Lydie arrivait, chargée de cabas Monoprix : poulet, riz, huile, petits fromages. Elle aidait Anne à accrocher les rideaux, monter des meubles, frotter la poussière de chantier des rebords de fenêtre. — Timothée, fais attention avec les outils ! — criait-elle tout en expliquant à sa belle-fille comment mijoter des petits farcis. Anne hochait la tête tout en scrollant sur son portable. Maxime rentrait le soir, fatigué, avalait vite un plat maternel puis filait se coucher. — Merci M’man ! Qu’est-ce qu’on ferait sans toi ? …Six mois après, le téléphone sonna. — Maman… Là, j’ai un souci… La mensualité du prêt tombe en même temps que la révision de la voiture. Il me manque trente-cinq mille. Lydie transféra, sans poser de questions. Les jeunes galèrent, c’est normal : nouveaux frais, enfants en bas âge, boulot stressant. Ils rembourseront, ou pas. En famille, quelle importance ? Les années passèrent aussi vite qu’un filet d’eau dans la main. Timothée eut sept ans, Lydie lui offrit LE coffret Lego qu’il suppliait ses parents d’acheter. Sophie tournait sur elle-même dans sa robe rose à paillettes, identique à celle d’une princesse de dessin animé. — Mamie, t’es la meilleure ! — Sophie s’accrocha à son cou, sentant le shampoing fruité et la berlingote. Tous les week-ends, Lydie emmenait les petits à la maison ou en sorties : théâtre, parc, patinoire. Glaces, jouets, livres… Les poches de son vieux manteau déformées par les bonbons et les lingettes. Cinq ans coururent ainsi, au rythme de cette généreuse servitude. Argent du prêt — « Maman, ce mois-ci c’est la dèche ! ». Maladies des petits — « Maman, on ne peut pas s’absenter ». Course — « Tu vas bien au Franprix, non ? ». Les merci se firent rares… …Ce matin-là, Lydie contemplait les taches d’humidité sur son plafond de cuisine. On l’avait inondée ; vivre là était impossible. Elle appela son fils. — Maxime, j’aurais besoin d’aide pour le dégât des eaux. Le remboursement de l’assurance, c’est pas pour tout de suite… — Maman, — coupa Maxime, — tu comprends, j’ai d’autres priorités : ateliers pour les enfants, activités, Anne a repris des cours… — Je demande pas grand-chose, juste trouver un artisan, ou même… — J’ai vraiment pas le temps, maman, et puis c’est pas grave, — répéta Maxime. — On en reparle, d’accord ? Je te rappellerai. Bip, bip, bip… Lydie posa le téléphone. Sur l’écran, une photo prise le Nouvel An : elle-même, Timothée, Sophie. Tout le monde sourit. Cet argent qu’il avait pris sans réfléchir. Ces week-ends offerts à ses petits-enfants. Ce temps, cette énergie, cet amour — c’était « avant ». Maintenant, « d’autres priorités ». Une goutte froide tomba du plafond sur sa main. Le lendemain, c’est Anne qui appela, fait rarissime qui alarma Lydie avant même qu’elle parle. — Madame Lydie, Maxime m’a parlé de votre appel. — Le ton était froid. — Vous comprenez, chacun doit régler ses problèmes. On paie notre appart, notre crédit… Lydie eut envie de rire. Le crédit qu’elle avait réglé tous les trois mois, l’apport quasi entièrement grâce à son argent. — Bien entendu, Anne. Chacun ses affaires. — Voilà, c’est tout ! Maxime s’inquiétait que vous soyez vexée. Ce n’est pas le cas au moins ? — Pas du tout. Vraiment. Bip… Lydie laissa le téléphone sur la table, le temps de le regarder longuement, comme un drôle d’insecte. Elle se dirigea vers la fenêtre, se détourna aussitôt. Dehors, rien de réconfortant. Ses nuits devinrent des heures interminables, le plafond pesant, les pensées tourmentées. Elle ressassait les cinq dernières années comme on égrène un chapelet. Elle avait tout donné. Elle avait fabriqué de ses propres mains cette certitude chez son fils : une mère, c’est une ressource inépuisable. Le matin, Lydie appela une agence immobilière. — Je souhaite vendre le terrain et la maison à Fontainebleau. Six ares, électricité, eau sur place. La maison de campagne bâtie vingt ans plus tôt avec son mari. Les pommiers plantés enceinte de Maxime. La véranda des soirées d’été… L’acquéreur se présenta en un mois. Lydie signa, se refusant à la nostalgie. L’argent tomba sur son compte. Elle répartit méthodiquement : travaux de son appart, nouveau livret, petite réserve. L’équipe d’artisans s’installa la semaine suivante. Lydie choisit elle-même les carrelages, papiers peints, robinets. Pour la première fois depuis trente-deux ans, elle ne mettait rien de côté « au cas où », sans penser à qui, de la famille, aurait besoin d’elle. Maxime ne donna pas signe de vie. Deux semaines, trois, un mois. Lydie ne rappela pas non plus. Le premier appel sonna à la fin du chantier. Nouvelle cuisine resplendissante, fenêtres étanches, canalisations neuves. — Mam, pourquoi tu passes plus ? Sophie demande. — J’étais occupée. — À quoi ? — À vivre, Maxime. Ma vie à moi. Elle passa les voir une semaine plus tard. Pour les petits, elle apporta des livres — des jolis cadeaux, mais sans l’habitude d’antan. Deux heures de thé, quelques mots sur le temps et l’école de Timothée. Elle refusa de rester dîner. — Maman, tu pourrais garder les enfants samedi ? — tenta Maxime dans l’entrée. — On devait… — Pas possible. J’ai des projets. Lydie vit la stupeur sur le visage de son fils. Il ne comprenait pas encore. Pas tout à fait. Les mois passaient, la prise de conscience, lente et douloureuse. Sans aides maternelles, le prêt avalait un tiers du budget du ménage. Sans nounou gratuite, plus de solution pour les enfants. De son côté, Lydie ouvrait un livret épargne à bon taux. S’offrit un vrai manteau, chaud, pas dégriffé. Fit une cure thermale à Bagnoles-de-l’Orne, s’inscrivit au club de marche nordique. Elle se souvint des parents d’Anne, toujours discrets : félicitations pour les fêtes, visites convenues tous les deux mois, aucun chèque ni service. Jamais la moindre exigence de la fille. Peut-être avait-ils raison, depuis le début ? Les visites auprès des petits devinrent formelles. Lydie venait, offrait un cadeau modeste, quelques mots sur l’école, les copains. Partait après deux heures, ne gardait plus jamais les enfants, ne les emmenait jamais le week-end. Un jour, Timothée demanda : — Mamie, pourquoi tu nous emmènes plus au parc ? — Mamie a des choses à faire, mon cœur. Le petit ne comprit pas. Mais Maxime, dans l’embrasure de la porte, commençait à saisir. Lydie rentra chez elle, dans son appartement frais, rénové, sentant bon la peinture et le neuf. Prépara son thé, s’installa dans son fauteuil tout neuf acheté avec la vente de la maison de campagne. De la culpabilité ? Oui, parfois, la nuit. Mais de moins en moins. Car Lydie découvrait enfin une chose essentielle : aimer ne signifie pas se sacrifier. Surtout pour ceux qui ne remarquent pas ou ne remercient jamais ce sacrifice. Elle s’était choisie. Pour la toute première fois en trente-deux ans de maternité…