Tes affaires sont devant l’ascenseur. Prends-les et pars. — Dacha, pourquoi tu t’es enfermée ? — Il souriait, mais ses yeux trahissaient une inquiétude. — J’ai changé la serrure, Romain. — Pourquoi ? — Son sourire disparut. — Parce que j’ai compris. Tes affaires sont devant l’ascenseur. Prends-les et pars. Dacha a quarante-six ans, son « Roméo » cinquante et un. On pourrait croire à une différence idéale : deux adultes, mûris par la vie, sans illusions romantiques. Dacha sort d’un divorce dont elle s’est longtemps remise, Romain a vécu deux drames… Ils formaient un beau couple. Romain ne cessait de complimenter son élue : — Ça sent bon, disait-il en mordant dans une part de tarte. — Tu es une magicienne, Dacha. — Ce n’est qu’une simple tarte aux pommes, répliquait-elle en rougissant. Mange, c’est meilleur chaud. Le seul travers de Romain qui agaçait Dacha, c’était sa manie de ressasser le passé. — Tu sais, à Lucie aussi je cuisinais. Le week-end. Je faisais des crêpes. Mais elle disait que je gâchais la farine. Tu te rends compte ? « Tu cuisines, Romain, mais tu ruines les produits. » Et puis, lors du divorce, elle a tout emporté, même les poêles. Elle disait : « C’est un cadeau de ma mère, n’y touche pas ! » — Petit esprit, commenta Dacha en secouant la tête. — Se disputer pour des poêles… — Si ce n’étaient que les poêles ! — Romain eut un sourire amer. — Elle a tout vidé. Elle a fait réécrire l’appartement à son nom pendant que je bossais à droite et à gauche pour faire vivre la famille. Elle a donné la voiture à notre fils, à peine dix-huit ans, pas de permis. Je suis sorti de chez moi avec un seul sac de sport. Au sens propre. Quelques slips, des chaussettes et une brosse à dents. À ces moments-là, Dacha le plaignait sincèrement. Comment peut-on jeter quelqu’un dehors comme un chien, après tant d’années ensemble ? — Et la seconde ? — osa-t-elle demander à voix basse, bien qu’elle connaisse l’histoire par cœur. — La seconde, on a vite compris que ce n’était pas notre destin. Quatre ans de galère. La belle-mère s’en est mêlée. On a commencé à vouloir partager les biens, mais il n’y avait rien à partage : des dettes et un enfant. Je suis parti, j’ai tout laissé. Je n’allais pas faire un procès à une femme ! Ce n’est pas mon genre. Je suis un homme, je gagnerai de nouveau. « Un homme », pensa Dacha, admirative. Noble. Un autre se serait battu pour chaque fourchette, mais lui est parti la tête haute ! — Mon appart est grand, il y a de la place, dit-elle au début de leur relation, il y a trois mois à peine. — J’ai aussi une maison de campagne. J’aurais besoin d’un homme pour bricoler. — Dacha, ça me gêne — Romain baissa les yeux. — Je ne veux pas m’imposer. Je cherche un vrai boulot, je vais me relever… — N’importe quoi. À deux, c’est plus facile. Il a fini par emménager. Des affaires, il n’en avait quasiment pas : une valise usée, deux costumes défraîchis, et un ordinateur portable. Dacha l’a entouré de soins. Elle voulait lui montrer que toutes les femmes ne sont pas des prédatrices. Avec son ex-mari, Vadim, ils s’étaient quittés sans drame — juste l’amour envolé. Ils avaient partagé l’appartement, vendu, acheté deux plus petits. Vadim payait la pension pour leur fille, la félicitait aux grandes occasions. Froid, mais correct. Romain était différent. *** Le premier signal d’alarme arriva un mois après leur installation. Une broutille, mais… Romain annonça qu’il allait acheter des charnières de placard à la quincaillerie, la porte de l’entrée pendouillait. — Je reviens vite, lança-t-il depuis le couloir. Aller-retour. Il n’est revenu que quatre heures plus tard. Sans charnières. — Tu te rends compte, c’était fermé ! — s’indigna-t-il en ôtant ses chaussures. — Inventaire, ou je ne sais quoi. J’ai fait tout Paris, impossible de trouver la bonne taille ! Dacha s’étonna : — Fermé, le Bricorama ? Un samedi ? Ils sont ouverts tout le temps. — C’est ce que j’dis ! Le bazar. Un mot sur la porte. — Étrange, fit Dacha. On verra ça plus tard. Le soir, en descendant les poubelles, elle croisa la voisine, tante Yvonne, qui luttait avec un gros sac tout droit… du Bricorama. — Pas trop lourd, Yvonne ? — lança Dacha en tenant la porte. — Pfff, tu parles ! Avec les soldes, c’est bondé là-bas ! J’ai galéré à passer à la caisse. Dacha stoppa net. — Comment ça bondé ? C’était bien fermé pour inventaire ? Tante Yvonne la regarda comme si elle perdait la tête : — Quel inventaire ? C’est ouvert comme d’hab, j’y étais y’a une heure. Dacha remonta, le cœur battant. Pourquoi un mensonge ? Il aurait pu dire qu’il avait vu un ami, pris un café, ou juste marché. Pourquoi inventer une histoire de magasin fermé ? Romain était devant la télé, zappant les chaînes. — Romain, tenta-t-elle calmement. J’ai croisé Yvonne. Elle sortait du Bricorama. Elle dit que tout était ouvert. Il ne se retourna même pas. Expression neutre. — Ah bon ? Ils ont rouvert, alors. Moi, y’avait un panneau “pause technique, 15 minutes”. J’ai attendu une demi-heure, jamais rouvert. J’suis allé au marché, pareil, que dalle. — Tu parlais d’un inventaire. Et “tout Paris”. Il se retourna enfin, réellement surpris. — Oh, tu t’attaches aux détails ! Inventaire, pause, où est la différence ? J’ai pas trouvé, voilà tout. Faut pas exagérer ! Dacha se sentit coupable. Après tout, il avait pu se tromper. Les hommes, ça ne fait jamais gaffe aux détails… Une semaine plus tard, rebelote. Romain aurait eu un entretien grâce à son ancien patron. — Job sérieux, Dacha. Le salaire — énorme, il lève un pouce. Si ça marche, t’auras un manteau en fourrure. Le soir, il revient morose. — Alors ? s’enquiert Dacha. — Eh… du pipeau. Ils promettaient monts et merveilles, mais au final, des clopinettes, horaires pourris. Je leur ai dit d’aller se faire voir. — Dommage, souffle Dacha. Qui t’a appelé, alors ? Jean-Pierre, ton ancien chef ? — Quel Jean-Pierre ? — Romain se renfrogna, l’air de ne pas comprendre. — Tu avais dit “l’ancien chef”. — Ah, non, c’était Serge, lui c’est le directeur adjoint. On s’entend bien. Mais Jean-Pierre, il est à la retraite depuis un bail — il détourna rapidement le regard. Dacha était pourtant certaine — trois jours plus tôt, il racontait que Jean-Pierre lui avait serré la main en le licenciant, promettant de le rappeler. « C’est ma mémoire qui flanche ? » pensa-t-elle. Plus tard, une notification sur le téléphone de Romain. Elle ne fouillait jamais. Mais cette fois, l’avertissement s’affiche clairement : « Chéri, tu rends quand la dette ? Ça fait un mois. C’est moche d’ignorer. » Numéro inconnu. *** Au petit déj’, Dacha aborde le sujet : — Romain, un SMS est arrivé cette nuit. Une question de prêt à rembourser. Romain s’étouffe avec son croissant. Son visage vire au rouge. — Certainement une erreur. Du spam. De nos jours y’a que des arnaqueurs… — Pourtant, ça disait “Chéri”. Il rit, mais son rire sonne forcé. — Les arnaqueurs savent y faire, hein ! Ne t’en fais pas, Dacha. Il s’empara de son téléphone et effaça nerveusement le message. — Dis donc, ma fille du premier mariage, la petite Cathy, a des soucis. Mon petit-fils est malade, il a besoin de médicaments chers. Elle a appelé, elle pleurait. Je peux pas refuser, c’est le sang, tu comprends. — Bien sûr, se tend Dacha. Tu as besoin de combien ? — Quinze mille. Personne pour me dépanner. Tu pourrais ? Dès que je bosse, je rembourse tout. Dacha le fixa. — Quinze mille… C’est quelle maladie ? — Oh, une forte allergie. Œdème, rééducation à suivre. — Je vois. Elle sortit de l’argent du tiroir. — Tiens. — Merci, ma chérie ! — Il saute, l’embrasse. — T’es en or, Cathy va prier pour toi. Toute la journée, Dacha se sent sale. Pas pour l’argent. L’argent va, vient. C’est la certitude qu’il ment. Elle se souvient que Romain avait un vieux iPad en charge. Elle connaît son code: quatre fois 1. Il lui avait dit. Elle ouvre ses messages. Trouve la conversation avec Catherine, sa fille. Dialogue bref. « Papa, le paiement de la pension, c’est pour quand ? Maman menace de saisir. On n’a rien à manger, tu passes ton temps à raconter des bobards ! » Date : hier. Réponse de Romain : « Cathy, patiente. Je berne une vieille pour lui prendre du fric, bientôt je règle tout. Presse pas. » Dacha s’affale sur le canapé. “Une dinde”… C’est elle, la dinde. Elle descend la conversation. Avec une certaine “Tania”. « Chéri, où es-tu ? J’attends. Tu avais promis pour ce soir. » Réponse de Romain : « J’arrive, bébé. La vieille m’a filé du fric pour “le petit-fils malade”. J’suis là dans une heure. » Dacha pose la tablette. Calme de glace. Tout s’imbrique. Ces “méchantes ex” qui l’ont dépouillé, ces divorces… Pas de vilaines femmes. Juste des femmes qui en ont eu marre du mensonge. Ce n’est pas une victime, c’est un parasite. Elle va à la cuisine, prend des sacs poubelle, ouvre le placard. Costumes, chemises, tout atterrit dans les sacs. Elle emballe son rasoir, brosse à dents, chargeurs, aligne les sacs lourds devant la porte. Elle change le barillet de la serrure — après douze ans de travaux, elle a appris à tout faire seule. *** Romain tente d’entrer trois heures plus tard. La clé bloque, il sonne. Dacha entrouvre, sans ôter la chaîne. — Dacha, tu t’es enfermée ? Et la serrure coince… — il sourit faiblement, les yeux inquiets. — J’ai changé la serrure, Romain. — Pourquoi ? — Son sourire s’efface. — Parce que la dinde a compris. Romain se fige. — Tu racontes quoi ? Quelle dinde ? — Celle que tu vois “pour le fric”. Tes affaires sont devant l’ascenseur. Prends-les et pars. — T’es folle ou quoi ? T’as cru qui ? J’étais chez ma fille pour les médocs ! — J’ai lu les messages, Romain. Avec Catherine. Et Tania. Il se tait. Un éclair de peur puis de rage dans ses yeux. — T’as fouillé dans ma tablette ? T’as pas le droit ! C’est mon intimité ! — hurle-t-il. — Mon intimité, c’est mon appart et mon porte-monnaie. Toi t’es un voleur et un menteur. — Tu peux te gratter ! Cria-t-il. J’ai eu pitié de toi ! Je croyais que tu savais cuisiner, mais ton bœuf bourguignon est infect ! — Va prendre tes affaires, Romain. Les 15 000, considère ça comme le cachet du spectacle. J’y gagne à la fin. Il veut répliquer, mais Dacha claque la porte. Elle entend un coup sec dans la porte et des insultes. Elle va à la cuisine. Sur la table, son mug de thé laisse une auréole terne. Elle le vide, puis jette mug et assiette à lui à la poubelle. Un message de son ex-mari. « Salut. Notre fille dit que ton robinet fuit à la maison de campagne. J’y passe samedi, je peux jeter un œil. Tu veux ? » Dacha sourit. « Salut ! Avec plaisir. Y aura tarte aux pommes. Ça va. Même mieux que prévu. » *** Le gigolo ne la laisse pas tranquille tout de suite. Il rôde, supplie, hurle, menace. Mais après un dépôt de plainte, il disparaît. Dacha n’a plus besoin de rien. Seulement du calme, du silence… et de la solitude.

Tes affaires sont devant lascenseur. Prends-les et pars.

Maude, pourquoi tu tes enfermée ? Il esquissait un sourire, mais linquiétude flottait dans son regard.
Jai changé la serrure, Hervé.
Mais pourquoi ? Son sourire séteignit aussitôt.
Parce que jai fini par comprendre. Tes affaires sont devant lascenseur. Prends-les et va-ten.

Maude, quarante-six ans. Son « Hervé-o », cinquante et un ans. A priori, un écart parfait. Deux adultes, la vie les a bien cabossés, plus dillusions ni de contes de fées.

Maude a déjà vécu un divorce, digéré depuis longtemps. Quant à Hervé, il traînait derrière lui deux histoires tragiques Ensemble, ils formaient un couple à la beauté discrète.

Toujours, Hervé chantait les louanges de sa compagne :

Ça sent si bon ! disait-il en croquant dans une part de tarte. Tu as des doigts de fée, Maude.

Cest juste une simple tarte aux pommes répondait-elle, gênée, les joues roses. Mange pendant que cest encore chaud.

Une seule chose agaçait Maude chez Hervé : sa manie intarissable de ressasser le passé.

Tu sais, à Lucie aussi, je cuisinais le week-end. Crêpes, gâteaux. Mais elle râlait : « Hervé, tu gaspilles la farine»

Tu imagines ? Elle ma sorti : « Tu gâches tout, tu ne fais quabîmer les produits ! »

Et à notre divorce, elle a même emporté toutes les poêles. Elles venaient soi-disant de sa mère : « Ny touche pas, cest un cadeau familial. »

Elle est mesquine Maude secouait la tête, sceptique. Tout ça pour des poêles ?

Ah, si ce nétait que ça soufflait Hervé, sourire amer. Elle a tout embarqué.

Elle a fait mettre lappartement à son nom, pendant que je sillonnais la France en déplacement pour ramener de quoi vivre.

La voiture ? Donnée à mon fils. Et il na même pas le permis, il a juste eu dix-huit ans.

Je suis sorti de la maison avec un sac de sport. Littéralement. Un slip, quelques chaussettes, une brosse à dents.

Maude était toujours prise de pitié dans ces moments-là. Comment pouvait-on virer quelquun comme un chien galeux, après tant dannées ensemble ?

Et la deuxième ? murmurait-elle, tout en connaissant lhistoire par cœur.

Avec la deuxième, on a vite compris que ça ne collerait pas. Quatre ans de galère, rien dautre Là encore, la belle-mère sest mêlée de tout.

On sest chamaillés pour des dettes, un enfant, cest tout ce quil y avait à se partager. Jai tout laissé, tout abandonné. Je nallais pas métriper dans un tribunal avec une femme Je ne suis pas comme ça. Je suis un homme, jen gagnerai dautres.

« Un homme » pensait Maude, admirative. Un type noble. Un autre se serait battu pour chaque fourchette, lui il est parti la tête haute !

Jai un grand appartement, on aura assez de place, avait-elle proposé trois mois auparavant, au tout début. Et la maison à la campagne Les bras dun homme seraient utiles là-bas.

Maude, jsuis gêné, balbutiait Hervé, regard baissé. Je suis pas un parasite, tu sais. Je trouverai un boulot, une vraie situation

Arrête de dire des bêtises, à deux cest plus simple.

Il a fini par emménager. Peu daffaires en tout : une valise usée, deux costumes fatigués, un vieux ordinateur portable.

Maude la entouré de soins. Elle voulait le réchauffer, lui montrer que toutes les femmes ne sont pas des prédatrices.

Avec son ex-mari, Didier, leur séparation avait été réglée en adultes : la passion sétait éteinte, ils avaient partagé lappartement, vendu puis acheté chacun un plus petit.

Didier payait toujours la pension pour leur fille, tant quelle était étudiante, et noubliait jamais un sms à Noël. Sec, mais régulier.

Hervé était un autre homme.

***

Le premier déclic a eu lieu un mois après.

Un détail, rien du tout, mais

Hervé avait dit quil courait au Castorama du coin pour acheter des charnières, la porte du placard saffaissait.

Jen ai pas pour longtemps ! cria-t-il dans lentrée. Jy vais et je reviens !

Il est revenu quatre heures plus tard. Les charnières ? Aucune.

Tu te rends compte, fermé ! pestait-il en ôtant ses chaussures Inventaire ou je sais pas quoi. Jai fait tous les magasins de Paris, rien à la bonne taille.

Maude a trouvé ça louche :

Castorama, fermé ? Un samedi ? Ils sont ouverts jour et nuit normalement

Je te jure ! Cest le vrai foutoir. Un papier collé sur la porte.

Bizarre Maude haussa les épaules. Bon, on verra demain.

Le soir, Maude descendit sortir les poubelles et croisa la voisine, Tatie Marie, revenant du fameux Castorama avec un grand sac de plâtre et de peinture.

Cest lourd, non ? demanda Maude en lui retenant la porte.

Ah ça, pas quun peu ! Mais avec les promos aujourdhui, il y avait un monde fou ! Jai galéré pour passer à la caisse.

Maude se figea.

Un monde fou ? Mais ce nétait pas fermé, pour linventaire ?

Tatie Marie la regarda de travers :

Fermé ? Pas du tout, ça na pas arrêté de la journée. Jy étais il y a une heure !

Maude rentra chez elle, le cœur cognant.

Pourquoi avait-il menti ? Sil était allé voir un ami, sil avait flâné au café ou dans le parc, il navait quà le dire ! Pourquoi inventer cette histoire de magasin fermé ?

Hervé était devant la télé, zapette à la main.

Hervé, tenta-t-elle, posée, Jai croisé Tatie Marie. Elle revenait de Casto. Apparemment, tout y est ouvert

Il ne se retourna même pas. Son visage restait calme.

Ah oui ? Ils ont dû rouvrir. Quand jy suis passé, il y avait un panneau « Pause technique, 15 minutes ».

Jai attendu une demi-heure, rien. Alors jai filé au marché, là non plus, nada.

Tu as parlé dinventaire. Et que tu avais fait tout Paris.

Enfin, il fit volte-face, lair sincèrement surpris.

Maude, tu chipotes pour des mots ! Inventaire, pause, cest la même chose, non ? Jai rien acheté, cest tout. On ira demain. Faut pas en faire tout un drame.

Maude se sentit stupide. Elle insistait pour rien ? Il avait peut-être simplement confondu, oublié. Les hommes, ça ne fait pas gaffe à ces détails

Une semaine plus tard, rebelote. Hervé expliqua quun ancien patron lavait appelé pour un entretien.

Sérieuse entreprise, Maude. Un super salaire ! Il fit un signe de victoire. Si ça marche, bientôt un manteau en vrai cuir pour toi !

Vers vingt heures, Hervé rentra assombri.

Alors ? Maude se précipita.

Ah ! Des arnaqueurs Promesses, promesses, et en fait les clopinettes et des horaires de fou ! Je leur ai dit daller chercher un pigeon ailleurs.

Dommage, soupira Maude. Tu trouveras autre chose. Cest qui qui ta appelé ? Monsieur Lambert ?

Qui ça ? fronça Hervé, comme sil navait aucune idée.

Tu as parlé de ton ancien chef.

Oh, mais cest Serge, son bras droit. On était proches, tu sais.

Lambert est déjà parti à la retraite, il détourna le regard et fila se laver les mains.

Mais Maude se rappelait très bien : trois jours plus tôt, il racontait comment Lambert lui avait serré la main en le quittant et promis de le rappeler.

« Je perds la mémoire ou quoi ? » pensa-t-elle.

Le soir, alors quHervé dormait, son téléphone vibra.

Maude na jamais touché au téléphone de l’autre, par principe. Mais là, le message safficha en grand sur lécran :

« Chouchou, tu me rends quand mon argent ? Ça fait un mois. Cest moche dignorer. »

Numéro inconnu.

***

Au petit-déjeuner, Maude demanda tranquillement :

Hervé, tu as reçu un sms cette nuit. Quelquun réclame de largent.

Il avala de travers, son visage vira au rouge.

Sans doute un spam, une erreur. Avec tous les escrocs qui sévissent

Lexpéditeur a écrit : « chouchou »

Il éclata dun rire forcé.

Justement, une de leurs techniques ! Ny pense pas, Maude.

Il attrapa son téléphone et, nerveusement, effaça vite le message.

Tu sais, enchaîna-t-il aussitôt Ma fille du premier mariage, Camille, va mal.

Son fils a des soucis de santé cest compliqué. Elle ma appelé en pleurs.

Je dois laider, cest ma fille quand même.

Evidemment Tu as besoin de combien ?

Mille cinq cents euros. Personne pour me dépanner avant la paye. Tu peux ?

Dès que je trouve un boulot, je rembourse.

Maude le fixa.

Mille cinq cents euros Et quelle maladie ?

Oh, une très grosse allergie. Il y a eu un œdème, il doit faire de la rééducation.

Je vois.

Elle alla chercher la somme, la lui tendit.

Tiens.

Merci, ma belle ! Il lui sauta au cou, lembrassa sur la joue. Ma Camille va tadorer, tu es un ange.

Toute la journée, Maude une sensation désagréable lui rongeait lestomac. Pas pour largent. Ça, on en refait toujours.

Mais elle sentait dans sa peau quHervé la menait en bateau.

Elle se souvint de la tablette quil laissait dans le salon pour charger, jamais très utilisée parce quil était toujours sur son téléphone.

Maude connaissait le code quatre zéros. Hervé lui avait donné quand il lui avait demandé de lancer un film.

Elle ouvrit Facebook et fouilla les messages. Elle trouva la conversation avec Camille Hervé.

Quelques mots seulement.

« Papa, tu comptes payer un jour cette pension alimentaire ? Maman menace encore huissier. On na plus rien, tu racontes toujours des histoires »

Daté dhier.

Réponse dHervé :

« Camille, patiente. Je suis en train dentourlouper une bourge, je vais ramener du fric. Me harcèle pas. »

Maude saffaissa sur le canapé, les jambes coupées. La bourge, cétait elle. Elle, la pigeonne.

Elle remonta la liste. Un fil aussi avec une certaine Élodie.

« Chouchou, tes où ? Jattends. Tu devais passer aujourdhui. »

Hervé : « Jarrive, mon bébé. Je viens de tirer des sous à ma vieille cruche sous prétexte de mon petit-fils malade. Jarrive. »

Maude posa la tablette. Elle ne tremblait pas. Au contraire, une glace sétait soudain formée en elle.

Le puzzle sassemblait : toutes ces « épouses vénales », ces « mariages ratés » Il ny avait jamais eu de victimes. Juste des femmes, sans doute lassées dêtre roulées. Ce nétait pas un martyr, cétait un parasite.

Elle alla chercher les grands sacs-poubelle noirs dans la cuisine et, méthodiquement, vida larmoire de ses costumes, chemises, chaussettes, le « tout ce quil avait ».

Elle rassembla tondeuse, brosse à dents, chargeurs et aligna trois sacs bien remplis devant la porte.

Elle changea la serrure heureusement, elle avait gardé un cylindre de rechange après les travaux, et elle savait sy prendre, treize ans à réparer seule.

***

Hervé rentra trois heures plus tard, tournant nerveusement la clé dans la serrure. Il sénerva, sonna.

Maude ouvrit, la chaîne en place.

Maude, pourquoi tu tes enfermée ? Et la serrure coince Il feignit un sourire, mais on devinait langoisse.

Jai changé la serrure, Hervé.

Mais pourquoi ? La crispation tordit sa bouche.

Parce que « la bourge » a enfin ouvert les yeux.

Hervé figea.

Mais de quoi tu parles ? Quelle bourge ?

Celle que tu plumes. Tes affaires sont devant lascenseur. Prends-les et sors.

Maude, tu délires ? Qui ta monté la tête ? Je viens de chez ma fille, jai amené les médicaments !

Jai lu tes messages, Hervé. Avec Camille. Et Élodie.

Il blêmit. Un souffle de peur, puis de rage dans ses yeux.

Tas osé fouiller dans ma tablette ? Tas pas le droit ! Cest privé ! vociféra-t-il.

Mon espace privé, cest ici, chez moi, et mon portefeuille. Toi, tu es un escroc et un menteur.

Pauvre cinglée ! Il hurla Tu crois que je tenais à toi ? Un vieux machin Jai juste pitié ! Même ta soupe, elle est acide !

Prends tes affaires, Hervé. Et considère les mille cinq cents euros comme ton cachet de comédien. Je men sors pas chère.

Il voulut répliquer, mais Maude claqua la porte. Dehors, elle lentendit ruer dans la porte en jurant à voix basse.

Elle retourna à la cuisine. Sur la table, sa tasse à moitié vide, le thé avait déposé un fond grisâtre.

Maude prit la tasse, vida le contenu dans lévier, puis jeta la tasse dans la poubelle. Assiette préférée, même sort.

Le téléphone vibra. Un message de Didier, son ex.

« Salut. Notre fille ma dit que le robinet fuit à la maison de campagne. Je passe samedi dans le coin, je peux regarder ça. Tu es dispo ? »

Maude sourit.

« Salut. Oui, bien sûr, passe ! Je ferai une tarte aux pommes. Je vais bien ! Même mieux que je ne pensais. »

***

Hervé mit longtemps à lâcher prise.

Il revenait chaque soir, rampant parfois sur le palier en pleurant, ou tapant sur la porte en hurlant, la menaçant de lexpulser par la force.

Un signalement à la police régla laffaire Hervé la laissa enfin tranquille.

Maude nattendait rien de plus. Juste le silence, la paix et, surtout, la solitude.

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Tes affaires sont devant l’ascenseur. Prends-les et pars. — Dacha, pourquoi tu t’es enfermée ? — Il souriait, mais ses yeux trahissaient une inquiétude. — J’ai changé la serrure, Romain. — Pourquoi ? — Son sourire disparut. — Parce que j’ai compris. Tes affaires sont devant l’ascenseur. Prends-les et pars. Dacha a quarante-six ans, son « Roméo » cinquante et un. On pourrait croire à une différence idéale : deux adultes, mûris par la vie, sans illusions romantiques. Dacha sort d’un divorce dont elle s’est longtemps remise, Romain a vécu deux drames… Ils formaient un beau couple. Romain ne cessait de complimenter son élue : — Ça sent bon, disait-il en mordant dans une part de tarte. — Tu es une magicienne, Dacha. — Ce n’est qu’une simple tarte aux pommes, répliquait-elle en rougissant. Mange, c’est meilleur chaud. Le seul travers de Romain qui agaçait Dacha, c’était sa manie de ressasser le passé. — Tu sais, à Lucie aussi je cuisinais. Le week-end. Je faisais des crêpes. Mais elle disait que je gâchais la farine. Tu te rends compte ? « Tu cuisines, Romain, mais tu ruines les produits. » Et puis, lors du divorce, elle a tout emporté, même les poêles. Elle disait : « C’est un cadeau de ma mère, n’y touche pas ! » — Petit esprit, commenta Dacha en secouant la tête. — Se disputer pour des poêles… — Si ce n’étaient que les poêles ! — Romain eut un sourire amer. — Elle a tout vidé. Elle a fait réécrire l’appartement à son nom pendant que je bossais à droite et à gauche pour faire vivre la famille. Elle a donné la voiture à notre fils, à peine dix-huit ans, pas de permis. Je suis sorti de chez moi avec un seul sac de sport. Au sens propre. Quelques slips, des chaussettes et une brosse à dents. À ces moments-là, Dacha le plaignait sincèrement. Comment peut-on jeter quelqu’un dehors comme un chien, après tant d’années ensemble ? — Et la seconde ? — osa-t-elle demander à voix basse, bien qu’elle connaisse l’histoire par cœur. — La seconde, on a vite compris que ce n’était pas notre destin. Quatre ans de galère. La belle-mère s’en est mêlée. On a commencé à vouloir partager les biens, mais il n’y avait rien à partage : des dettes et un enfant. Je suis parti, j’ai tout laissé. Je n’allais pas faire un procès à une femme ! Ce n’est pas mon genre. Je suis un homme, je gagnerai de nouveau. « Un homme », pensa Dacha, admirative. Noble. Un autre se serait battu pour chaque fourchette, mais lui est parti la tête haute ! — Mon appart est grand, il y a de la place, dit-elle au début de leur relation, il y a trois mois à peine. — J’ai aussi une maison de campagne. J’aurais besoin d’un homme pour bricoler. — Dacha, ça me gêne — Romain baissa les yeux. — Je ne veux pas m’imposer. Je cherche un vrai boulot, je vais me relever… — N’importe quoi. À deux, c’est plus facile. Il a fini par emménager. Des affaires, il n’en avait quasiment pas : une valise usée, deux costumes défraîchis, et un ordinateur portable. Dacha l’a entouré de soins. Elle voulait lui montrer que toutes les femmes ne sont pas des prédatrices. Avec son ex-mari, Vadim, ils s’étaient quittés sans drame — juste l’amour envolé. Ils avaient partagé l’appartement, vendu, acheté deux plus petits. Vadim payait la pension pour leur fille, la félicitait aux grandes occasions. Froid, mais correct. Romain était différent. *** Le premier signal d’alarme arriva un mois après leur installation. Une broutille, mais… Romain annonça qu’il allait acheter des charnières de placard à la quincaillerie, la porte de l’entrée pendouillait. — Je reviens vite, lança-t-il depuis le couloir. Aller-retour. Il n’est revenu que quatre heures plus tard. Sans charnières. — Tu te rends compte, c’était fermé ! — s’indigna-t-il en ôtant ses chaussures. — Inventaire, ou je ne sais quoi. J’ai fait tout Paris, impossible de trouver la bonne taille ! Dacha s’étonna : — Fermé, le Bricorama ? Un samedi ? Ils sont ouverts tout le temps. — C’est ce que j’dis ! Le bazar. Un mot sur la porte. — Étrange, fit Dacha. On verra ça plus tard. Le soir, en descendant les poubelles, elle croisa la voisine, tante Yvonne, qui luttait avec un gros sac tout droit… du Bricorama. — Pas trop lourd, Yvonne ? — lança Dacha en tenant la porte. — Pfff, tu parles ! Avec les soldes, c’est bondé là-bas ! J’ai galéré à passer à la caisse. Dacha stoppa net. — Comment ça bondé ? C’était bien fermé pour inventaire ? Tante Yvonne la regarda comme si elle perdait la tête : — Quel inventaire ? C’est ouvert comme d’hab, j’y étais y’a une heure. Dacha remonta, le cœur battant. Pourquoi un mensonge ? Il aurait pu dire qu’il avait vu un ami, pris un café, ou juste marché. Pourquoi inventer une histoire de magasin fermé ? Romain était devant la télé, zappant les chaînes. — Romain, tenta-t-elle calmement. J’ai croisé Yvonne. Elle sortait du Bricorama. Elle dit que tout était ouvert. Il ne se retourna même pas. Expression neutre. — Ah bon ? Ils ont rouvert, alors. Moi, y’avait un panneau “pause technique, 15 minutes”. J’ai attendu une demi-heure, jamais rouvert. J’suis allé au marché, pareil, que dalle. — Tu parlais d’un inventaire. Et “tout Paris”. Il se retourna enfin, réellement surpris. — Oh, tu t’attaches aux détails ! Inventaire, pause, où est la différence ? J’ai pas trouvé, voilà tout. Faut pas exagérer ! Dacha se sentit coupable. Après tout, il avait pu se tromper. Les hommes, ça ne fait jamais gaffe aux détails… Une semaine plus tard, rebelote. Romain aurait eu un entretien grâce à son ancien patron. — Job sérieux, Dacha. Le salaire — énorme, il lève un pouce. Si ça marche, t’auras un manteau en fourrure. Le soir, il revient morose. — Alors ? s’enquiert Dacha. — Eh… du pipeau. Ils promettaient monts et merveilles, mais au final, des clopinettes, horaires pourris. Je leur ai dit d’aller se faire voir. — Dommage, souffle Dacha. Qui t’a appelé, alors ? Jean-Pierre, ton ancien chef ? — Quel Jean-Pierre ? — Romain se renfrogna, l’air de ne pas comprendre. — Tu avais dit “l’ancien chef”. — Ah, non, c’était Serge, lui c’est le directeur adjoint. On s’entend bien. Mais Jean-Pierre, il est à la retraite depuis un bail — il détourna rapidement le regard. Dacha était pourtant certaine — trois jours plus tôt, il racontait que Jean-Pierre lui avait serré la main en le licenciant, promettant de le rappeler. « C’est ma mémoire qui flanche ? » pensa-t-elle. Plus tard, une notification sur le téléphone de Romain. Elle ne fouillait jamais. Mais cette fois, l’avertissement s’affiche clairement : « Chéri, tu rends quand la dette ? Ça fait un mois. C’est moche d’ignorer. » Numéro inconnu. *** Au petit déj’, Dacha aborde le sujet : — Romain, un SMS est arrivé cette nuit. Une question de prêt à rembourser. Romain s’étouffe avec son croissant. Son visage vire au rouge. — Certainement une erreur. Du spam. De nos jours y’a que des arnaqueurs… — Pourtant, ça disait “Chéri”. Il rit, mais son rire sonne forcé. — Les arnaqueurs savent y faire, hein ! Ne t’en fais pas, Dacha. Il s’empara de son téléphone et effaça nerveusement le message. — Dis donc, ma fille du premier mariage, la petite Cathy, a des soucis. Mon petit-fils est malade, il a besoin de médicaments chers. Elle a appelé, elle pleurait. Je peux pas refuser, c’est le sang, tu comprends. — Bien sûr, se tend Dacha. Tu as besoin de combien ? — Quinze mille. Personne pour me dépanner. Tu pourrais ? Dès que je bosse, je rembourse tout. Dacha le fixa. — Quinze mille… C’est quelle maladie ? — Oh, une forte allergie. Œdème, rééducation à suivre. — Je vois. Elle sortit de l’argent du tiroir. — Tiens. — Merci, ma chérie ! — Il saute, l’embrasse. — T’es en or, Cathy va prier pour toi. Toute la journée, Dacha se sent sale. Pas pour l’argent. L’argent va, vient. C’est la certitude qu’il ment. Elle se souvient que Romain avait un vieux iPad en charge. Elle connaît son code: quatre fois 1. Il lui avait dit. Elle ouvre ses messages. Trouve la conversation avec Catherine, sa fille. Dialogue bref. « Papa, le paiement de la pension, c’est pour quand ? Maman menace de saisir. On n’a rien à manger, tu passes ton temps à raconter des bobards ! » Date : hier. Réponse de Romain : « Cathy, patiente. Je berne une vieille pour lui prendre du fric, bientôt je règle tout. Presse pas. » Dacha s’affale sur le canapé. “Une dinde”… C’est elle, la dinde. Elle descend la conversation. Avec une certaine “Tania”. « Chéri, où es-tu ? J’attends. Tu avais promis pour ce soir. » Réponse de Romain : « J’arrive, bébé. La vieille m’a filé du fric pour “le petit-fils malade”. J’suis là dans une heure. » Dacha pose la tablette. Calme de glace. Tout s’imbrique. Ces “méchantes ex” qui l’ont dépouillé, ces divorces… Pas de vilaines femmes. Juste des femmes qui en ont eu marre du mensonge. Ce n’est pas une victime, c’est un parasite. Elle va à la cuisine, prend des sacs poubelle, ouvre le placard. Costumes, chemises, tout atterrit dans les sacs. Elle emballe son rasoir, brosse à dents, chargeurs, aligne les sacs lourds devant la porte. Elle change le barillet de la serrure — après douze ans de travaux, elle a appris à tout faire seule. *** Romain tente d’entrer trois heures plus tard. La clé bloque, il sonne. Dacha entrouvre, sans ôter la chaîne. — Dacha, tu t’es enfermée ? Et la serrure coince… — il sourit faiblement, les yeux inquiets. — J’ai changé la serrure, Romain. — Pourquoi ? — Son sourire s’efface. — Parce que la dinde a compris. Romain se fige. — Tu racontes quoi ? Quelle dinde ? — Celle que tu vois “pour le fric”. Tes affaires sont devant l’ascenseur. Prends-les et pars. — T’es folle ou quoi ? T’as cru qui ? J’étais chez ma fille pour les médocs ! — J’ai lu les messages, Romain. Avec Catherine. Et Tania. Il se tait. Un éclair de peur puis de rage dans ses yeux. — T’as fouillé dans ma tablette ? T’as pas le droit ! C’est mon intimité ! — hurle-t-il. — Mon intimité, c’est mon appart et mon porte-monnaie. Toi t’es un voleur et un menteur. — Tu peux te gratter ! Cria-t-il. J’ai eu pitié de toi ! Je croyais que tu savais cuisiner, mais ton bœuf bourguignon est infect ! — Va prendre tes affaires, Romain. Les 15 000, considère ça comme le cachet du spectacle. J’y gagne à la fin. Il veut répliquer, mais Dacha claque la porte. Elle entend un coup sec dans la porte et des insultes. Elle va à la cuisine. Sur la table, son mug de thé laisse une auréole terne. Elle le vide, puis jette mug et assiette à lui à la poubelle. Un message de son ex-mari. « Salut. Notre fille dit que ton robinet fuit à la maison de campagne. J’y passe samedi, je peux jeter un œil. Tu veux ? » Dacha sourit. « Salut ! Avec plaisir. Y aura tarte aux pommes. Ça va. Même mieux que prévu. » *** Le gigolo ne la laisse pas tranquille tout de suite. Il rôde, supplie, hurle, menace. Mais après un dépôt de plainte, il disparaît. Dacha n’a plus besoin de rien. Seulement du calme, du silence… et de la solitude.
Aux petits soins pour l’épouse d’un autre : Quand Lida, trahie et sans avenir, réalise que la vie n’est pas un conte de fées, même en province