Un homme profitait d’un jour de congé et faisait la sieste, quand soudain la sonnette retentit : qui pouvait bien venir si tôt ? En ouvrant la porte, il découvrit une vieille femme apeurée, qui lui révéla être sa mère—celle dont on l’avait séparé enfant et qu’il croyait perdue à jamais.

Écoute, lautre jour, il mest arrivé une histoire assez dingue, je dois te la raconter. Tu sais, cétait mon jour de repos, je métais enfin permis de dormir un peu plus tard. Mais voilà, vers 8h, on sonne à la porte ; je sursaute, je me demande qui peut bien venir aussi tôt. Jouvre, et là, devant moi, une femme âgée que je ne connais absolument pas. Elle est toute bouleversée, elle tremble.

Je lui demande, « Madame, vous cherchez quelquun ? »

Et là, elle me répond : « Mon fils, tu ne reconnais pas ta mère ? »

Je suis resté pétrifié. « Maman ?… entre… » jai balbutié, je narrivais pas à y croire.

Je me suis rappelé le jour où on ma séparé delle, toutes ces années où jespérais quelle vienne me chercher à la maison denfants, quelle me ramène chez nous. À force, la cicatrice sétait recouverte ; jai fini mes études à Lyon, jai ouvert mon propre restaurant à Marseille. Franchement, personne ne devinait que javais grandi à lorphelinat. Quand on me demandait ce que faisaient mes parents, je répondais quils étaient décédés. Je me suis débrouillé seul, autonome, je gagnais bien ma vie rien ne laissait paraître mon passé.

Ma mère, elle, ne se souvient même plus du moment où elle a perdu mes droits. Gamine, elle buvait beaucoup ; cétait lexcès total, son cerveau sarrêtait. Elle a même fait un tour en prison, et là-bas, paraît-il, elle pensait à moi. Mais honnêtement elle néprouvait pas damour particulier, juste un peu de pitié…

Quand elle a eu son deuxième fils, là, par contre, cest une autre femme que jai découverte. Elle aurait tout fait pour ce gamin, prête à tout pour lui. Moi, jétais passé aux oubliettes, alors que pour le cadet, elle se démenait, voulait lui offrir la vie quelle na jamais eue.

Le petit, Rémy, il a vite suivi la même route que maman : foyers, jugements, à quinze ans son premier sursis, puis quelques années plus tard la prison. Du coup, ma mère tentait de lempêcher dy retourner, elle savait ce que ça veut dire dêtre derrière les barreaux. En apprenant que javais réussi, elle sest mise à me chercher.

Du coup, elle était là, chez moi à Marseille, effondrée, essayant de me toucher la main, racontant quelle ma cherché partout, quelle priait pour moi, espérant chaque jour me revoir. Je lai crue, mais tu sais, quelque chose au fond de moi me disait de rester prudent. Malgré tout, je lui ai trouvé un petit appartement sur Nice, je lui ai donné un peu dargent quelques milliers deuros et je lui ai dit quelle pouvait compter sur moi. Mais à vrai dire, je voulais comprendre ses intentions, savoir si elle était réellement revenue avec de bonnes intentions.

Juste avant Noël, je suis retourné à la maison denfants où jai grandi, à Avignon. Japporte souvent des jouets, de quoi manger. Là-bas, une ancienne éducatrice, Madame Lefèvre, sest approchée.

Elle ma fait : « Ta mère cherchait ton adresse, tu sais ? »

Je lui ai répondu : « Oui, merci de lavoir aidée. »

Elle ma prévenu : « Fais attention, elle veut sauver son deuxième fils. Elle cherche juste de largent, elle ne taime pas, elle ne ta jamais aimé. »

Jétais sous le choc. Jai appris que javais un frère. Jai pris sur moi, jai essayé de lui parler, de lui demander la vérité. Ma mère ne sattendait pas à ça, elle a voulu éviter le sujet, elle avait peur que je ne veuille pas aider le petit.

Et quelques jours plus tard, cest le drame. Je me suis fait agresser en pleine rue, dans le quartier du Panier. Passé à tabac. Les policiers ont arrêté les coupables, qui ont fini par avouer que cest ma mère qui les avait payés. Elle voulait se débarrasser du fils aîné pour récupérer lhéritage et assurer lavenir du cadet.

Au tribunal, elle a pleuré, supplié quon lui pardonne mais moi, cétait fini. Jai tiré mes conclusions.

Jai vécu sans mère avant, je vivrai sans elle encore… Cest ce que jai murmuré, les larmes aux yeux.

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Un homme profitait d’un jour de congé et faisait la sieste, quand soudain la sonnette retentit : qui pouvait bien venir si tôt ? En ouvrant la porte, il découvrit une vieille femme apeurée, qui lui révéla être sa mère—celle dont on l’avait séparé enfant et qu’il croyait perdue à jamais.
Il a hérité d’une maison située au milieu d’un lac… Pourtant, ce qu’il y a découvert a bouleversé sa vie.