«Choisismoi ou ton fils.» Il la choisit, et quand il comprit son erreur, il était déjà trop tard.
Petit diable ! J’en ai assez de toi ! criait Nadège au petit Maxence de deux ans.
Théo ! Je n’en peux plus. Pourquoi devrais-je m’occuper d’un enfant qui n’est pas le mien ? Nous aurons bientôt le nôtre ! lui lança-t-elle.
Nadège, c’est mon fils, répondit Théo, la voix tremblante.
Justement ! Ton fils et celui de Sandrine. Cette bonne à rien a disparu pour vivre sa vie, et c’est à moi de nettoyer après lui ! Et à mon terme, courir partout avec lui, c’est trop. Il n’a pas sa place ici ! C’est moi ou lui.
Théo avait peur de perdre Nadège. Il ne concevait pas sa vie sans elle. D’autant qu’ils attendaient un enfant. Ils s’étaient rencontrés un an plus tôt, après son divorce avec Sandrine, une femme aux mœurs légères qu’il n’avait pu supporter. Maxence avait alors neuf mois. Par un étrange hasard, Théo avait aussitôt croisé Nadège, en était tombé fou amoureux. Elle avait du caractère, imposait sa volonté, mais au moins, elle ne traînait pas comme Sandrine, se disait-il.
Un an plus tard, Sandrine réapparut, lui abandonnant leur fils. Théo n’eut d’autre choix que de laccueillir. Nadège, absente ce jour-là, rentra tard et découvrit la situation. Une scène violente éclata, mais elle toléra la présence de Maxence. Lenfant, traumatisé par labsence de sa mère, pleurait sans cesse. Nadège sirritait, le supportant à peine jusquau jour où elle posa son ultimatum : elle ou Maxence. Théo prit lenfant et le conduisit chez sa sœur, Valérie.
Valérie, excuse-moi Pourrais-tu garder Maxence quelque temps ? Nadège a besoin de repos, elle est épuisée. Les hormones, tu sais
Théo, comment peux-tu ? Sa mère la déjà abandonné, et maintenant toi ?
Je ne labandonne pas ! C’est juste temporaire
Daccord, je le garde. De toute façon, ta Nadège ne laime pas.
Merci, ma sœur. Je ne l’oublierai jamais.
Valérie, mariée à Mathieu, élevait leur fils dun an. Son mari, horrifié par la cruauté des parents, traita Maxence comme le sien.
Peu après, Nadège et Théo eurent une fille. Théo rendit de moins en moins visite à Maxence, absorbé par sa nouvelle famille. Lenfant cessa dappeler Théo « papa ». Pour lui, Mathieu était son père.
À trois ans, Valérie confronta Théo :
Cela fait un an que Maxence vit ici. Ta femme nest toujours pas « reposée » ?
Tout se passe bien, non ? Je tenvoie de largent
En cachette de ta Nadège, bien sûr.
Ne lui dis rien
Il faut linscrire à lécole. Bientôt, je travaillerai. Alors ? Tu le reprends, ou tu renonces à tes droits pour que nous ladoptions ?
Daccord, Valérie
Quoi ? Quelle est ta décision ?
Je vais signer
Théo renonça à son fils. Valérie et Mathieu ladoptèrent. Les années passèrent. Maxence, ignorant tout, acheva le lycée.
Salut, tonton Théo ! dit-il un jour en ouvrant la porte.
Salut, Max. Ta mère est là ?
Oui, mais je file à lentraînement !
Bonjour, Valérie, murmura Théo, lair tourmenté.
Tu viens encore te plaindre ? Tes regrets ne changeront rien.
Si javais su Nadège ma quitté, ma fille me fuit Laisse-moi passer du temps avec Maxence. Je veux me racheter.
Tu veux lui révéler la vérité ?
Non, il me détesterait.
Valérie ne sopposa pas à leurs rencontres. Théo multiplia les cadeaux, les sorties, tentant de rattraper le temps perdu.
À son retour de larmée, Maxence découvrit une voiture flambant neuve offerte par son « oncle ».
Tonton Théo, tu es génial, mais je ne peux accepter ça !
Théo fondit en larmes, létreignant.
Prends-la, Maxence. Tu as été le fils que jai toujours désiré. Ne me refuse pas ça.
Le jeune homme accepta, racontant partout la bonté de son oncle. Théo rêvait dentendre « papa », mais il savait quil nen avait pas le droit. La peur de perdre ce qui lui restait de son fils le força à se contenter de ce rôle.







