Tu as encore sorti ce service ? Javais pourtant demandé celui avec le liseré doré, celui que ta mère nous avait offert pour notre anniversaire de mariage. Il fait plus chic, gronda Victor en examinant lassiette quÉlise venait de poser sur la nappe blanche fraîchement repassée.
Élise simmobilisa une seconde, le bouquet de persil en main. Elle avait bien envie de lui répondre vertement, de lui dire que le service doré ne passait pas au lave-vaisselle, et quelle ne se voyait pas rester debout à minuit, à frotter les assiettes après le départ des invités. Mais elle se retint. Aujourdhui, cétait lanniversaire de Victor, cinquante ans, un chiffre rond, et elle ne voulait pas gâcher lambiance dès le début de la soirée.
Victor, ce service est prévu pour douze convives, et ce soir nous ne sommes que quatre. Ces assiettes sont plus profondes, cest pratique pour le plat principal, répondit-elle calmement, arrangeant la terrine de poisson avec quelques brins de verdure. Va plutôt voir si le champagne est bien frais. Guillaume et Céline ne vont pas tarder.
Victor marmonna quelque chose dinintelligible et séloigna vers le réfrigérateur. Élise le regarda partir, soupira lourdement. Depuis une semaine, elle vivait en mode « tout boucler à temps ». Son travail de comptable la laissait épuisée : fin de trimestre, bilans, et ce fameux anniversaire à organiser. Victor avait catégoriquement refusé de fêter à la brasserie du coin, prétendant : « Personne ne cuisine comme toi, Élise. Et puis, pourquoi payer le prix fort pour de la prétention ? »
Cette flatterie glissait sur Élise, car derrière chaque compliment se cachait en réalité un souci déconomie et laversion de Victor devant laddition des restaurants. Elle avait donc passé ses soirées à mariner du boeuf, cuire ses légumes, confectionner des fonds de tarte pour le « mille-feuille » et rouler des tranches daubergine au fromage le péché mignon du fêté. Elle avait négligé ses pieds endoloris, son dos meurtri, et sacrifié le temps du salon de manucure pour un simple vernis transparent sur ses ongles.
La sonnerie de la porte la fit sursauter.
Jarrive ! lança Victor, soudainement transformé, arborant le sourire du parfait maître de maison.
Céline entra dans le couloir, telle une apparition. Impossible de dire autrement. Lépouse de Guillaume, le meilleur ami de Victor, avait toujours lair davoir quitté la couverture dune revue de mode. Svelte, soignée, vêtue dune élégante robe beige parfaitement ajustée, un petit sac dun grand magasin à la main. Guillaume la suivait, chargé de paquets cadeaux et de bouteilles.
Élise, ma chérie ! Céline lembrassa sur la joue, laissant derrière elle un nuage de parfum précieux. Quelle merveilleuse odeur ! Tu tes encore surpassée. Moi, je ne pourrais jamais. Guillaume le sait : un dîner de fête, cest au restaurant, sinon rien ! Je napproche pas la cuisine, il y a mon manucure à préserver !
Embarrassée, Élise glissa ses mains derrière son dos.
Il faut bien que quelquun se charge de la chaleur du foyer, répondit-elle en souriant, prenant le manteau de sa visiteuse. Entrez, tout est prêt.
Et la soirée suivit un schéma typiquement français : les toasts à la santé du jubilaire, les commentaires sur les cadeaux (Guillaume avait offert une canne à pêche dernier cri, que Victor convoitait depuis des mois), les plaisanteries, les éclats de rire. Élise jonglait entre la cuisine et la salle à manger, changeant les assiettes, ajoutant les amuse-bouches, sassurant que tout le monde avait un verre plein. Elle, en revanche, se contenta dune bouchée de salade niçoise et dun morceau de brie.
Victor, échauffé par le premier verre de calvados, se détendit. Il se renversa sur sa chaise, admirant Céline, qui coupait délicatement le poisson fumé.
Céline, tu es toujours resplendissante, déclara-t-il tout haut. Je te regarde et je me demande si tu nes pas une magicienne : tu manges de tout et tu restes mince ! Et cette robe On voit bien que tu prends soin de toi.
Céline remit une mèche derrière son oreille, un sourire complice aux lèvres.
Oh Victor, tu exagères. Cest juste de la discipline. Trois séances de sport hebdo, et pas de féculents le soir. Plus mes soins visage, bien sûr. Dailleurs, jai découvert une crème miraculeuse dernièrement.
Voilà ! Victor leva le doigt, comme sil venait dentendre une révélation. Discipline ! Tu entends, Élise ? Discipline ! Et toi, toujours fatiguée, jamais le temps Céline travaille aussi, et regarde-la, elle semble avoir dix ans de moins.
Élise, qui apportait justement un grand plat de rôti de veau au pruneau, tressaillit. Elle officiait comme chef comptable dans une grande société, gérait la maison, la campagne, et, quand les enfants venaient, soccupait aussi des devoirs des petits-enfants. Céline était simplement responsable de laccueil dans un institut de beauté, alternant deux jours de travail, deux jours de repos, sans enfant.
Victor, ce nest pas comparable, murmura Élise en espérant éviter la polémique devant les invités. Chacun sa vie. Goûte le rôti, jai mis une touche nouvelle, avec des pruneaux.
Mais Victor était lancé. Lalcool libéra sa langue, et les vieilles rancœurs, ou simple arrogance masculine, remontèrent à la surface.
Le rôti, peu importe ! balaya-t-il, sappropriant une portion disproportionnée. La cuisine cest bien, mais lesthétique, cest ce qui compte Guillaume, tas de la chance ! Tu rentres le soir, et là, une déesse tattend, pas une cuisinière en tablier. Cest la fête des yeux. Chez nous, cest toujours la cuisine, toujours lodeur de loignon frit. Je conseille à Élise daller au sport, de sinscrire au fitness ! Mais elle : “Jai mal au dos, jai de la tension” Des excuses ! Cest la paresse, point final.
Guillaume sentit lembarras et chercha à changer de sujet :
Oh Victor, texagères. Élise est une fée du logis. Ce rôti, cest le meilleur ! Céline sait pas le faire, on marche au surgelé ou à emporter.
Exactement ! rebondit Céline, tentant de détendre latmosphère, mais en vain. Moi, la cuisine, cest pas mon truc. Mais jai toujours du temps pour moi. Lhomme, il doit aimer avec les yeux, non Victor ?
Victor sourit, dardant son regard sur la femme de son ami.
Paroles dor ! Aimer avec les yeux ! Et là, si on regarde il jeta un regard dédaigneux vers Élise, assise en face, les mains fatiguées posées sur les genoux. Élise, tu as fait des efforts, robe et coiffure, mais franchement, tu as lair épuisée. On dirait une tante fatiguée. Céline, elle déborde de vie, ses yeux brillent. Toi, on dirait que tu cherches les prix à Franprix.
Le silence sabattit sur la table. Guillaume baissa les yeux sur son assiette ; Céline triturait sa serviette, nerveuse. Élise se sentit comme giflée. Elle se rappela comment, la veille, Victor râlait que ses chemises nétaient pas repassées, et cest elle qui, à minuit, lui avait préparé cette chemise bleu ciel quil arborait en linjuriant. Elle pensa à toutes les fois où elle avait choisi de ne pas aller chez lesthéticienne pour mettre des sous de côté pour son fichu cadeau de pêche, complétant le prix offert par ses collègues.
Victor, arrête, dit-elle calmement, mais avec fermeté. Tu dépasses les bornes.
Je dépasse rien ! séchauffa Victor. Je dis la vérité ! On connaît les amis dans la galère mais la femme, on la jauge en comparant. Je compare, et honnêtement, cest pas flatteur pour toi. Pourquoi Guillaume peut-il présenter sa femme avec fierté alors que moi, jai honte ? Tu tes vue dans la glace ? Tu tes empâtée, des rides pourtant vous avez le même âge !
On na pas le même âge, Victor, répondit Élise dun ton sec et glacial. Céline a trente-huit ans, jen ai quarante-huit. Et Céline ne porte pas des sacs de courses au cinquième étage quand lascenseur est en panne, pendant que son mari traîne sur le canapé.
Voilà ! Victor leva les yeux au ciel. Je bosse, je ramène largent ! Jai bien le droit dexiger une épouse à la hauteur de mon statut. Mais toi tu nes quune poule pondeuse qui fait des salades. Tiens, parlons-en du saladier ! il désigna la salade de hareng. Même la « hareng sous la couverture » est ratée. Chez Céline à Noël : aérien, léger. Chez toi : un pâté à la mayonnaise. Comme toi, quoi.
Élise sentit une fissure, comme si son éternelle patience, celle qui avait soutenu vingt-cinq ans de mariage, venait soudain de céder, ne laissant quune froide colère.
Elle se leva lentement. Victor, insensible au changement de son visage, continuait de tempêter, sadressant à Guillaume :
Non mais dis-moi, Guillaume : nai-je pas raison ? Une femme, c’est censé nous inspirer ! Et là, tu rentres tristesse. Tabliers, pantoufles, soupe quelle mortelle platitude !
Élise saisit le grand plat de « hareng sous la couverture » fraîche, gorgée de mayonnaise, couverte de betterave râpée, un kilo cinq sans doute.
Elle fit le tour de la table et se planta près de son époux. Victor, enfin, leva les yeux.
Pourquoi tu te dresses là ? lança-t-il, provocateur. Tas oublié le sel ? Ou t’as été radine sur la mayo ?
Non, Victor, répliqua Élise, dun ton posé, la voix parfaitement assurée. Tout y est. Cest juste que tu as raison : je ne sais rien faire dautre que des salades. Puisque tu es en manque desthétique et de légèreté, voilà le plat quil te faut.
Sur ces mots, elle retourna le saladier.
Tout sembla se ralentir. Guillaume ouvrit grand la bouche, sans mot. Céline souffla, la main sur la bouche. Et la masse rose foncé, moelleuse et crémeuse, tomba dun coup sur les genoux de Victor, sur son nouveau pantalon beige, choisi exprès pour son anniversaire.
*Ploc.*
Le bruit fut savoureux. La mayonnaise coula le long des jambes, la betterave imprégna le tissu, les morceaux de hareng décorèrent sa braguette.
Une seconde de silence mortifia la pièce. Victor fixait ses genoux, sidéré. Le jus de betterave sétalait, transformant le beige en œuvre abstraite délirante.
Mais mais quest-ce que tu as fait ?!! hurla-t-il, bondissant. La salade glissa, sécrasa au sol, souilla le tapis, les chaussures. Tes folle ? Ce pantalon est neuf ! Pauvre dingue !
Élise posa le plat vide sur la table.
Au moins cest bon, Victor. Cest nourrissant. Et puis, tu remarqueras, cest du fait maison. Rien dartificiel.
Je vais te Victor leva la main, mais Guillaume le intercepta vivement.
Du calme, Victor ! Tu las cherché !
Cest moi ?! Moi ?! Victor, brandissant ses jambes souillées, explosait. Jai juste été franc, et elle me flanque le plat sur le pantalon ! Nettoie ! Tout de suite ! Nettoie donc !
Céline, livide, se recroquevilla sur sa chaise. La soirée venait de mourir.
Élise considéra son mari comme on regarderait un cafard.
Tu nettoyeras toi-même, énonça-t-elle. Ou bien prends une équipe de nettoyage. Vu ton statut, tu as sûrement les moyens. Moi, je vais moccuper de moi. Comme tu as dit : minspirer.
Elle sortit, zappant la pièce, enfila son manteau dans lentrée, attrapa son sac. Depuis le salon, elle entendait les cris de Victor et la voix apaisante de Guillaume.
Élise, attends ! Céline la rattrapa dans le couloir, affolée, les cils encore chargés de rimmel. Élise, ne pars pas, il a bu, il ne le pense pas
Si, Céline. Il la toujours pensé, il le taisait simplement à jeun. Merci dêtre venue. Tu mas ouvert les yeux.
Elle savança dans le doux soir automnal. Elle ne savait pas où aller, mais une chose était sûre, impossible de rentrer chez elle. Elle sinstalla sur un banc près de limmeuble, appela un taxi. « Chez maman », se dit-elle. Sa mère était décédée deux ans plus tôt, mais lappartement était resté inoccupé. Finalement, il servait.
Victor appela une vingtaine de fois cette nuit-là. Dabord pour hurler, puis, sans doute, quand il dessoûla. Elle ne répondit pas. Elle acheta une bouteille de vin et une tablette de chocolat au supermarché, sinstalla dans lappartement maternel, imprégné de poussière et de vieux livres. Pour la première fois depuis des années, elle se laissa tomber sur le canapé, sans penser à lancer la lessive ou préparer le petit-déjeuner.
Les deux semaines suivantes furent un enfer pour Victor.
Élise ne rentra ni le lendemain, ni après. Elle vivait chez sa mère, allait travailler, et le soir le soir, elle sétait offerte un massage celui quelle repoussait depuis trois ans faute de budget.
Victor se retrouvait seul, découvrant que le frigo ne se remplissait pas tout seul, que les chaussettes ne sautaient pas delles-mêmes dans la machine et ressortaient miraculeusement pliées.
Trois jours, il fit le fier à cuire. Boulettes surgelées, porté sur le jean (le pantalon beige nétait jamais récupérable), racontant à Guillaume combien Élise était une « emmerdeuse hystérique ».
Elle reviendra ! lança-t-il, fanfaron. Elle na pas dautre choix, qui voudrait delle à cinquante ans ? Elle reviendra, et là, cest moi qui déciderai si je la pardonne.
Au quatrième jour, les chemises propres étaient épuisées. Victor ne savait ni repasser, ni en avait envie. Au cinquième, son estomac cria grâce devant la bouffe industrielle. Au sixième, plus de papier toilette, et il avait oublié den acheter.
Lappartement prit la poussière. La tache de salade sur le tapis, pourtant savonnée, empestait la mayonnaise et le poisson. Le confort familier seffondra peu à peu.
Cependant, Élise fleurissait. Elle ne portait plus de sacs encombrants : cuisiner pour soi, cest léger. Elle se remit à dormir correctement. Au bureau, ses collègues la remarquèrent.
Madame Dumas, seriez-vous amoureuse ? Vous avez les yeux pétillants ! la taquinèrent les filles du service compta.
Je maime, les filles, enfin ! sourit-elle. Je maime enfin.
Deux semaines après, Victor lattendit à la sortie du bureau. Il avait lair pitoyable : chemise froissée, barbe naissante, le regard dun chien battu. Il tendait trois œillets minables dans du cellophane.
Élise commença-t-il, mal à laise.
Quest-ce que tu veux, Victor ?
Élise, allons, la plaisanterie a assez duré. Il faut rentrer. Les plantes ont soif. Même le chat sennuie
Ils navaient pas de chat.
Je ne reviendrai pas, Victor, répondit-elle simplement. Jai déposé la demande de divorce. Tu vas recevoir la convocation.
Victor resta bouche bée.
Le divorce ?! Tu plaisantes ? Pour une histoire de salade ? Pour quelques mots ? On a vécu vingt-cinq ans ensemble !
Justement. Vingt-cinq ans à te servir dépouse-ménagère, sans jamais exister en tant que personne. Tu voulais une fée, Victor ? Trouve une fée. Prends donc Céline. Oh non, Guillaume te passerait à tabac. Trouve-toi une autre fée une qui virevolte, sent bon, ne fait rien. Mais rappelle-toi : les fées ne nettoient pas les WC, ni ne font les pot-au-feu.
Élise, pardonne-moi ! supplia-t-il, lui agrippant la manche. Les passants sarrêtèrent. Jai été idiot, je nai pas réfléchi ! Le diable ma tenté ! Je peux toffrir un manteau de fourrure, ou un abonnement au club de sport, comme tu voulais ?
Élise éclata de rire, un rire acide mais franc.
Pour que je ressemble à Céline et que tu naies plus honte de ta femme en société ? Non, Victor. Jy vais déjà, au club de fitness. Pour moi. Et le manteau, je me lachèterai, si jen ai envie. Ma fiche de paie, tu sais, ça va loin, si je ne la dépense pas en équipements de pêche ou en gourmandises pour tes amis.
Mais moi alors ? questionna-t-il, désemparé. Je vais me perdre. Je ne sais même pas programmer la machine à laver
Il y a des tutos sur YouTube, Victor. Ou embauche une aide-ménagère. Moi, je démissionne du poste dépouse. Sans indemnité.
Elle se dégagea et se dirigea vers le métro, le dos bien droit, lallure légère.
Victor resta longtemps planté là, serrant les œillets fanés. Il se rappela le goût du rôti, la lumière douce de la lampe, et la sensation de la salade glissant sur sa jambe.
Idiote, marmonna-t-il, peu sûr finalement. Quelle idiote
Mais de retour dans lappartement, au milieu de la vaisselle encrassée, il se sentit bel et bien idiot. Il appela Guillaume.
Guillaume, dis, je peux venir dîner chez toi ? Jai rien à manger de correct.
Désolé, vieux, la voix de Guillaume était tendue. On sest disputé avec Céline. Je lui ai demandé de faire une soupe pour une fois, et elle ma envoyé balader, en disant quelle nétait pas ta boniche. Elle a ajouté : « Regarde Victor, avec Élise : ça finit avec la salade sur les genoux. Je préfère trainer sur les nouilles instantanées. »
Victor raccrocha et fixa la tache sur le tapis. Elle avait la forme dun cœur. Un cœur brisé, sale, rouge betterave.
Six mois passèrent.
Victor et Élise divorcèrent sans fracas. Les enfants, déjà grands, tentèrent de les réconcilier, mais devant la nouvelle Élise rayonnante et leur père éternellement grincheux, ils tinrent pour leur mère.
Victor ne devint jamais bon cuisinier. Il maigrit, prit lhabitude de payer le pressing pour ses chemises cher, mais inévitable. Il tenta de rencontrer dautres femmes, toutes « insuffisantes » : lune ne savait pas faire des steaks, lautre voulait sortir au restaurant chaque soir, la dernière lui demanda son salaire dès le premier rendez-vous puis ninsista pas.
Élise, elle, célébra ses quarante-neuf ans dans un petit café chaleureux, entourée de ses amies. En robe neuve, coupe de cheveux renouvelée.
Élise, aucun regret ? demanda une amie. Tout ce temps ensemble
Élise touilla son café et sourit.
Si, bien sûr. Je regrette de ne pas lui avoir flanqué la salade sur la tête il y a dix ans. Jai gaspillé tant de temps à vouloir être parfaite pour celui qui ne la jamais apprécié.
Elle regarda dehors. Sur le trottoir du boulevard Saint-Germain, des couples passaient, plus ou moins heureux. Mais elle savait désormais : son bonheur ne dépendrait plus de la finesse de ses préparations, ni des compliments adressés à une autre femme. Son bonheur était entre ses propres mains. Des mains qui ne sentaient plus loignon, mais la liberté et le parfum dun bon soin.
Quant à la salade Aujourdhui, elle lachète chez le traiteur, en petite portion. Juste lorsquelle en a envie.
Et cela, finalement, a tout changé : on ne se laisse plus écraser pour que dautres brillent, on existe pour soi.







