Mon fils n’a que faire du fait que si je lui cède mon appartement, je n’aurai plus de quoi vivre.

On raconte souvent que nous sommes responsables de tout ce qui nous arrive et que nos choix façonnent notre existence. Les décisions que lon prend un jour, bonnes ou mauvaises, déterminent la voie de notre avenir.

En y repensant, je réalisais récemment à quel point le choix que jai fait dans ma jeunesse fut néfaste : jai lié mon destin à un homme dépourvu de sérieux. Je me souviens combien jétais éprise dHenri à lépoque. Malgré la réputation quil traînait de coureur et dirresponsable, jai voulu croire, naïve et pleine despoir, quil changerait pour moi. Mais au fond, les gens restent ce quils sont, et il na jamais vraiment changé, même après la naissance de notre fils, Luc.

Chaque mois, japprenais de nouvelles frasques dHenri : les voisins, mes amies, jusquaux membres de ma propre famille, tous venaient tour à tour me révéler leurs histoires. Jétais blessée, humiliée, et rongée de honte. Pendant cinq ans, jai enduré ces affronts jusquà ce que je nen puisse plus. Jai demandé le divorce. Au moins, Henri nétait pas avare. Il ma laissé son appartement, à condition que je ne réclame aucune pension alimentaire. Mais ce logement me rappelait trop de mauvais souvenirs à Luc et à moi. Alors je lai loué et je me suis installée chez ma mère, qui avait besoin de soins constants. Cétait notre nouveau foyer.

Largent du loyer, je lutilisais pour Luc : ses vêtements, lécole, des sorties, des petits plaisirs. Jessayais doffrir à mon fils lenfance que je navais pas eue. Les revenus de mes petits travaux servaient à payer les factures, la nourriture et surtout les médicaments de ma mère, clouée au lit depuis des années à cause de la maladie. Je pensais que Luc comprenait et appréciait tous ces sacrifices.

Aujourdhui, jai 57 ans. Le diabète me ronge, je vis au rythme des injections dinsuline, en maccrochant à la vie comme je peux. Mon état de santé ne me permet plus de travailler et de toute façon, qui embaucherait une femme de mon âge et malade ? Je nai pas droit à la retraite, ayant trop changé demploi et souvent travaillé au noir pour mieux joindre les deux bouts. La seule chose qui me garde la tête hors de leau, cest largent du loyer de cet appartement.

Luc a maintenant 31 ans. Il sest récemment marié et ma annoncé, sans ménagement, quil comptait vivre avec sa femme dans lappartement. Je lui ai expliqué que priver de ces revenus me laisserait sans un sou pour vivre, mais il ma répondu que ce nétait pas son problème.

Je me retrouve aujourdhui désemparée. Sans économies, ayant besoin de médicaments constants, de quoi manger, de payer mes factures Que faire ? Comment mon propre fils a-t-il pu me tourner le dos ainsi ? Pourquoi minflige-t-il cela ? Je me retrouve à douter de tout. Paris, autrefois pleine de promesses, me semble aujourdhui bien froide.

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Mon fils n’a que faire du fait que si je lui cède mon appartement, je n’aurai plus de quoi vivre.
Sur les conseils de sa mère, le mari a emmené sa femme malade dans une région isolée… Un an plus tard, il est revenu – pour s’emparer de sa fortune.