Ma belle-mère est vraiment une vraie dame À vrai dire, jaurais pu marrêter là, car toute ma détresse tient dans cette phrase, mais jai besoin de continuer, pour que tout soit bien clair. Tous les soirs, je rentrais du travail épuisée, mécroulais sur le canapé du salon et, franchement, je navais quune envie : me reposer. Vous imaginez bien que, dans ces moments-là, avoir le courage de cuisiner pour mon fiancé relevait presque de lexploit.
Un soir, à peine rentrée, jai entendu mon mari discuter au téléphone. Ça ne faisait pas longtemps quil avait décroché, apparemment :
Oui, maman, bonsoir Oui oui Non, pas encore mangé ! Elle vient juste darriver, elle cuisinera quand elle en aura envie. Oui, bien sûr que jai faim, je nai pris quun petit-déjeuner aujourdhui. Mais bon, la faim, ce nest pas la fin du monde, maman, je peux tenir. Alors tu minvites à dîner ?
À cet instant, la colère ma tellement envahie que je nai pas pu dire un mot pendant toute la conversation. Je suis restée là, les poings serrés. Lui, tout heureux, venant de raccrocher, ma lancé avec ce sourire candide, sautillant comme un enfant : « Maman nous invite à dîner ! » Et il sest mis à énumérer chaque plat que sa mère préparait des plats dont il adorait parler. Je brûlais denvie de tout lui balancer sur sa mère. Et, en guise de dessert, de me lancer dans un monologue sur « Pourquoi nes-tu pas capable de manger avant daller te coucher ? » Mais Jai pris sur moi, je me suis préparée, maquillée, et nous sommes partis dîner.
Ce soir-là, la coupe était pleine ce fut le point de non-retour, et plus tard, nous nous sommes séparés. À présent, je suis remariée. Aujourdhui, nous travaillons tous les deux, et nous sommes très fatigués le soir, alors on cuisine chacun notre tour. Et grâce à ça, une paix réelle et une harmonie douce règnent désormais à la maison.
Voilà, la vie à Paris a ses contrariétés comme ailleurs, mais cest en apprenant à partager quon trouve finalement léquilibre.






