Le comportement de la petite nièce est devenu une source profonde dinquiétude pour toute la famille. Choyée à lexcès par ses parents, elle sest construite dans la conviction dêtre une véritable princesse, traitant tous ceux qui lentourent comme ses domestiques. La situation ne fait que saggraver alors quelle sapprête à entrer à lécole primaire, ne sachant à ce stade que compter sur ses doigts.
Tout a commencé à sa naissance, lorsque chaque membre de la famille sest senti investi du devoir de participer à son éducation. La belle-mère a même quitté sa maison pour sinstaller dans le petit appartement déjà exigu de son fils afin de prêter main-forte avec le nourrisson. Malheureusement, au lieu dexercer une autorité bienveillante, les adultes ont cédé à tous les caprices de la fillette, lui faisant comprendre quen pleurant et en criant, elle obtiendrait instantanément tout ce quelle désirait.
Dès lâge de six mois, Amandine car cest sous ce prénom éminemment français quelle évolue manipulait déjà sans difficulté les grands autour delle. Cela a instauré un chaos permanent à la maison, et les autres membres de la famille passaient au second plan, leur propre bien-être négligé. Envahi par lépuisement, le fils a préféré partir, mais même après le divorce, il continuait à couvrir sa fille de cadeaux : robes à volants, poudre de maquillage, petites ballerines dignes dune cour royale. Chaque tentative des autres adultes, éducateurs ou proches, de la confronter à la réalité et de lui apprendre la modestie sest heurtée à une vive rébellion et à des disputes orageuses.
Léducation dAmandine sest ainsi construite autour de ce fantasme de princesse, la détournant de tout désir dapprendre ou dacquérir les compétences fondamentales. À lapproche de la rentrée en CP, elle ignore lalphabet et continue de compter sur ses doigts, alors que ses camarades maîtrisent déjà bien des rudiments. Les parents, convaincus de leur vision de léducation basée sur la liberté absolue lenfant décide, sans contrainte nen démordent pas. Pourtant, la maîtresse, Mariette, affirme avec sévérité que lenfant devrait apprendre la modestie et les règles élémentaires de communication avec les adultes.
Accablés par le manque de respect et les mauvaises manières dAmandine, les membres de la famille qui prenaient soin delle ont choisi despacer leurs contacts, préférant préserver leur propre santé mentale. Ils considèrent quil appartient aux parents dassumer leur responsabilité éducative, et dinculquer enfin à leur fille les valeurs et les principes fondamentaux indispensables pour grandir harmonieusement dans la société française.







