— Madame Anne Vasilienne, il faut que la jeune fille continue à étudier. Des esprits brillants comme le sien sont rares. Elle possède un don exceptionnel pour les langues et la littérature. Vous verriez ses œuvres!

Madame Dupont, il faut que cette petite continue ses études. Des esprits brillants comme le sien se font rares. Elle a un don particulier pour les langues, pour la littérature. Vous verriez ses écrits!

Ma fille navait que trois ans quand je lai trouvée, toute couverte de boue, sous le vieux pont de la vallée. Je lai élevée comme la mienne, même si les commérages couraient derrière mon dos. Aujourdhui, elle est institutrice dans la ville, et moi, je vis toujours dans ma petite chaumière, à trier mes souvenirs comme des perles précieuses.

Le plancher grince sous mes pas il faudrait le réparer, mais je nai jamais le temps. Je massois à la table et sors mon vieux carnet. Les pages sont jaunies comme les feuilles dautomne, mais lencre garde encore mes pensées. Dehors, le vent siffle, le bouleau frappe à la fenêtre comme sil voulait entrer.

Pourquoi tu te caches? lui dis-je. Patiente un peu, le printemps arrivera.

Parler aux arbres paraît fou, mais quand on vit seul, tout semble prendre vie. Après ces temps sombres, je suis resté veuf mon mari, Étienne, est mort au front. Sa dernière lettre, jaunie et usée, repose toujours sur mon chevet. Il y écrivait quil reviendrait, quil maimait, quon vivrait heureux Et une semaine plus tard, je lai appris.

Dieu ne ma pas donné denfants, peutêtre pour le mieux à lépoque, nourrir un foyer était impossible. Le chef de la coopérative, Monsieur Léon Girard, me consolait toujours:

Ne tinquiète pas, Madame Dupont. Tu es encore jeune, tu te marieras.

Je ne me remarierai plus, répliquaije fermement. Jai aimé une fois, cest suffisant.

À la coopérative, je travaillais du lever au coucher du soleil. Le contremaître, Monsieur Petit, criait parfois:

Madame Dupont, rentre chez toi, il se fait tard!

Jy vais, répondaisje, tant que mes mains sont encore actives, mon cœur ne vieillit pas.

Ma petite ferme comptait une chèvre, Baptiste, aussi obstinée que moi. Cinq poules nous réveillaient chaque matin mieux quun coq. Ma voisine, Madame Claire, plaisantait souvent:

Tu nes pas un canard, pourquoi tes poules chantent avant laube?

Je cultivais le potager: pommes de terre, carottes, betteraves. Tout était produit sur mon terrain. En automne, je préparais des conserves: cornichons, tomates, champignons marinés. Lhiver, ouvrir un bocal ressemblait à faire entrer lété dans la maison.

Je me souviens de ce jour comme si cétait hier. Mars était froid et humide. Le matin, la pluie tombait à verse, le soir, le gel sest installé. Je me suis rendue à la forêt pour ramasser du bois afin dalimenter le poêle. Les décombres des tempêtes dhiver jonchaient le sol; je les ai empilés, puis, en rentrant chez moi, jai entendu des sanglots près du vieux pont. Au début, je pensais que le vent jouait des tours, mais cétait bien réel, une petite voix denfant qui pleurait.

Je me suis approchée, et jai vu une petite fille, toute mouillée, son habit déchiré, les yeux remplis de terreur. Dès quelle ma aperçue, elle sest tue, tremblante comme une feuille de bouleau.

Qui estu, ma petite? demandaije doucement, de peur de leffrayer davantage.

Elle resta muette, ne faisant que cligner des yeux. Ses lèvres étaient bleues de froid, ses mains rouges et enflées.

Elle est complètement gelée, me suisje murmurée. Viens, je te ramène chez moi, tu vas te réchauffer.

Je lai prise dans mes bras, légère comme une plume, lai enveloppée dans mon foulard et lai serrée contre ma poitrine. Qui pouvait laisser un enfant sous un pont? Je narrivais pas à comprendre.

Je nai plus eu le temps de moccuper du bois il a dû attendre. Tout le chemin, la petite restait silencieuse, agrippant mes vêtements de ses doigts glacés.

En arrivant, les nouvelles se sont répandues comme une traînée de poudre. Madame Claire fut la première à arriver:

Mon Dieu, Madame Dupont, où lavezvous trouvée?

Sous le pont, elle était abandonnée, aije répondu.

Quelle horreur sest exclamée Claire, les mains tremblantes. Que vastu faire delle?

Je la garde, aije rétorqué.

Tu es folle? sest enfoncée la vieille Madame Moreau. Où vastu la nourrir?

Je donnerai ce que Dieu veut, aije répliqué.

Jai dabord allumé le poêle à pleine puissance, puis fait chauffer de leau. La fillette était si frêle, ses côtes ressortaient. Je lai lavée dans leau tiède, lai enveloppée dans mon vieux cardigan, car je navais aucun vêtement denfant.

Tu veux manger? lui aije demandé.

Elle a hoché la tête timidement. Je lui ai servi un bol de potage au potiron et une tranche de pain. Elle mangeait avec avidité mais avec délicatesse, montrant quelle nétait pas une gamine des rues.

Comment tappellestu?

Elle na pas répondu, comme si la peur lavait paralysée.

Je lai couchée sur mon lit et me suis assise sur le banc. Pendant la nuit, je me suis levée plusieurs fois pour vérifier quelle dormait toujours, repliée en boule, marmonnant dans son sommeil.

Au matin, je suis allée à la mairie pour signaler la découverte. Le maire, Monsieur Bernard Lemoine, a simplement haussé les épaules:

Aucun signalement de disparition na été fait. Peutêtre que quelquun de la ville la délaissée

Que doiton faire maintenant?

La loi veut que lon lenvoie à lorphelinat. Jappellerai le service social du quartier.

Mon cœur sest serré.

Attendez, Monsieur Lemoine, donnezmoi un jour; peutêtre que les parents reviendront. En attendant, je la garde.

Réfléchissez bien, Madame

Il ny a plus rien à réfléchir. Cest décidé.

Je lai appelée Marie, en lhonneur de ma mère. Jai espéré que les parents se manifesteraient, mais aucun ne la fait. Dieu merci, je me suis attachée à elle comme à ma propre fille.

Au début, elle ne parlait pas, se contentait de parcourir la maison du regard, à la recherche de quelque chose. La nuit, elle se réveillait en criant, tout tremblante. Je la serrais contre moi, caressais sa tête:

Rien, ma petite, rien. Tout ira bien maintenant.

Avec de vieux tissus, je lui ai confectionné des vêtements, les ai teints en bleu, vert, rouge. Ce nétait pas élégant, mais elle était ravie. Madame Claire, en voyant le résultat, sest mise à applaudir:

Oh, Madame Dupont, vous avez des mains dor! Je pensais que vous ne saviez manier que la pelle.

La vie mapprend à être couturière et nounou, aije répondu, heureuse de leurs compliments.

Mais tout le village nétait pas aussi compréhensif. Madame Moreau, dès quelle nous voyait, lançait:

Ce nest pas bon, Madame. Prendre un enfant abandonné, cest appeler le malheur. La mère a dû être indigne

Taistoi, Moreau! laije réprimandée. Ce nest pas à toi de juger les péchés des autres. Cette petite est maintenant la mienne, point final.

Le chef de la coopérative, dabord réticent, a finalement offert son aide: du lait, des céréales, tout ce quil pouvait.

Petit à petit, Marie a commencé à parler. Dabord un mot, puis des phrases entières. Je me souviens de son premier rire: je glissais le rideau, elle sest mise à rire, un rire cristallin qui ma fait vibrer le cœur.

Elle voulait aider dans le jardin. Je lui ai donné une petite houe; elle marchait fièrement à mes côtés, même si elle ne faisait que bousculer les mauvaises herbes. Je ne la grimaçais pas; au contraire, jétais fière de la voir renaître.

Un jour, la petite a eu de la fièvre. Elle était rouge comme une cerise, haletante. Jai couru chez le médecin du village, le docteur Sébastien Morel.

Au nom du Christ, aidezla!

Il a haussé les épaules:

Je nai que trois comprimés daspirine pour tout le coin. Attendez, peutêtre que le médicament arrive la semaine prochaine.

La semaine prochaine? aije crié. Elle ne survivra peutêtre pas jusquà demain!

Je suis partie en trombe vers le centre de santé, à neuf kilomètres à pied, les bottes découpées, les pieds en sang. Jai fini par atteindre lhôpital où le jeune interne, le docteur Olivier Martin, ma accueillie, trempée et sale.

Attendez ici, Madame.

Il ma donné les médicaments, ma expliqué comment les administrer. «Pas dargent, seulement votre présence», mat-il dit.

Pendant trois jours, je suis restée à son chevet, priant, changeant les pansements. Au quatrième jour, la fièvre a baissé, elle a ouvert les yeux et a murmuré:

Maman, je veux boire.

Maman Cétait la première fois quelle mappelait ainsi. Jai fondu en larmes, entre la joie et la fatigue. Elle a essuyé mes larmes du bout des doigts.

Après cette maladie, elle est devenue une enfant rayonnante, bavarde. Elle est allée à lécole, où les professeurs ne cessaient de dire:

Une élève brillante, elle comprend tout du premier coup!

Les villageois ont fini par accepter, les commérages se sont tus. Même Madame Moreau a changé, offrant des tartes à la petite quand elle aidait à chauffer le poêle pendant les froides nuits dhiver. Un jour, la petite a proposé daller rendre visite à Madame Moreau, qui était seule et grelottait.

Maman, allons chez Madame Moreau? Elle a froid.

Et ainsi, la vieille grincheuse et ma fille sont devenues amies. Moreau lui racontait des histoires, lui apprenait à tricoter, et surtout, ne parlait plus jamais dabandon.

Les années ont passé. Marie a eu neuf ans lorsquelle a parlé du pont. Nous étions assis le soir, je réparais des chaussettes, elle berçait sa poupée en tissu, faite maison.

Maman, tu te souviens du jour où tu mas prise?

Mon cœur a bondi, mais je nai rien dit.

Je me souviens, ma chérie.

Je me rappelle un peu. Il faisait froid, javais peur. Une femme pleurait, puis est partie.

Je nai plus les mots, les mains tremblaient.

Je ne sais pas à quoi elle ressemblait, seulement son foulard bleu. Elle répéta toujours: «Pardonnezmoi, pardonnezmoi»

Marie

Ne tinquiète pas, maman, je ne suis pas triste. Parfois, je repense Tu sais quoi? sest soudainement mise à sourire. Je suis contente que tu maies trouvée.

Je lai enlacée fort, le cœur serré. Combien de fois me suisje demandé qui était cette femme au foulard bleu? Pourquoi un tel geste? Peutêtre la faim, le désespoir, un mari qui buvait Je nai jamais à juger.

Cette nuit-là, le sommeil ma échappé. Je repensais à la façon dont le destin tourne. Jétais seul, pensant que la vie mavait abandonné, mais elle mavait préparé à recevoir un enfant abandonné.

Depuis ce jour, Marie interroge souvent son passé. Je ne cache rien, je réponds simplement, afin de ne pas la blesser:

Parfois, les gens nont pas le choix, ma fille. Peutêtre que ta mère souffrait trop pour prendre cette décision.

Tu ne ferais jamais ça? demandaitelle, les yeux brillants.

Jamais, répondaisje fermement. Tu es mon bonheur, ma joie.

Les années ont filé. Marie était la première de sa classe. Un jour, en rentrant, elle sécria:

Maman, aujourdhui la maîtresse, Madame Lefèvre, a dit que jai du talent!

Notre professeure, Madame Lefèvre, venait souvent me voir:

Madame Dupont, il faut que cette petite poursuive ses études. Un tel esprit rare. Elle a un don pour les langues, pour la littérature. Vous verriez ses écrits!

Où lenvoyer? soupiraisje. Nous navons pas dargent

Je laiderai, gratuitement. Cest un péché denterrer de tels talents,

Madame Lefèvre a commencé à donner des cours supplémentaires à Marie. Le soir, elles sinstallaient chez moi, entourées de livres. Je leur servais du thé avec de la confiture de framboises, les écoutais débattre de Proust, Camus, Balzac. Mon cœur se gonflait: ma fille absorbait tout.

En classe de troisième, Marie a connu son premier amour: un garçon nouveau, Thomas, qui venait darriver dans le village avec ses parents. Elle était nerveuse, écrivait des poèmes quelle cachait sous loreiller. Je feignais lindifférence, mais mon cœur était serré par cette première romance, toujours amère et non réciproque.

Après le bac, Marie a voulu entrer à lÉcole normale dAgrégation. Jai donné tout largent que javais. Jai même vendu notre vache, Marguerite, ce qui a été dur pour le fermier voisin.

Pas besoin, maman, protestait Marie. Comment pourraistu te passer de la vache?

Ce ne sera pas manqué, ma fille. Nous avons les pommes de terre, les poules. Tu as besoin détudier.

Quand la lettre dadmission est arrivée, tout le village a célébré. Même le chef de la coopérative est venu nous féliciter:

Bravo, Madame Dupont! Vous avez élevé une élève exceptionnelle.

Je me souviens du jour où elle a pris le bus pour la ville. Nous étions à larrêt, elle ma enlacé, les larmes coulaient.

Jécrirai chaque semaine, maman. Et je reviendrai pendant les vacances.

Bien sûr, écris, aije dit, le cœur en miettes.

Le bus a disparu à l’horizon, et je suis restée là, immobile. Madame Claire sest approchée, ma pris les épaules:

Allons, Madame Dupont, il y a du travail à la maison.

Tu sais, Claire, je suis heureuse. Jai un enfant qui ma été donné par Dieu.

Jai tenu ma promesse, écrivant souvent. Chaque lettre était un petit feu dartifice. Je les lisais, les relisais, chaque phrase gravée dans ma mémoire. Elle parlait de ses cours, de nouvelles amies, de la ville, mais toujours dun petit mot : le manque du foyer.

Au deuxième semestre, elle a rencontré Serge, étudiant en histoire. Je lai mentionné dans mes lettres, et, sans le vouloir, je suis tombée amoureuse de lui. Lors des vacances, il est venu à la ferme, ma aidée à réparer le toit, le portail. Le soir, sur le perron, il racontait lEt chaque soir, en contemplant le crépuscule derrière les champs, je savais que le destin mavait offert le plus précieux des trésors: celle qui était devenue ma fille et mon éternel espoir.

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— Madame Anne Vasilienne, il faut que la jeune fille continue à étudier. Des esprits brillants comme le sien sont rares. Elle possède un don exceptionnel pour les langues et la littérature. Vous verriez ses œuvres!
Tous contre eux, mais l’amour est plus fort : — Maman, papa, ce soir on viendra dîner avec Arthur, je veux vous le présenter, annonça Camille à ses parents lors du petit déjeuner. Étudiante en deuxième année à l’université, elle semblait toute excitée. — C’est un camarade de fac ? s’enquit sa mère, Véronique, pendant que son père, François, observait la scène avec curiosité. — Non, Arthur est en BTS… il apprend la mécanique… — Camille, enfin, un BTS, franchement ? Pourquoi veux-tu sortir avec un garçon qui n’a pas fait de longues études ? Nous, on espérait un médecin ou un ingénieur pour notre fille unique ! Ton père est dentiste, et moi, je suis directrice financière… Ton Arthur, lui, va passer sa vie couvert de cambouis. — Bon, je file en cours, merci pour le petit-déj, maman ! Camille quitta la table, laissant ses parents désemparés. — Et alors, tu en dis quoi, François ? fit presque sèchement Véronique. C’est notre seule fille… François haussa les épaules, impuissant. Le soir venu, Véronique et François attendaient leur fille, prévenus qu’elle ne rentrerait pas seule. Camille entra, le sourire aux lèvres, main dans la main avec un grand garçon brun aux yeux bleus. — Il est plutôt mignon, pensa la mère, mais le reste… — Voici Arthur, dit Camille. Il salua poliment. — Bonsoir à vous. Ils s’installèrent autour de la table, et Camille annonça d’un seul souffle : — Papa, maman, avec Arthur, on a décidé de se marier. On a déjà déposé le dossier à la mairie. La cérémonie aura lieu bientôt. Les parents restèrent pétrifiés. — Tu plaisantes, Camille ? s’étrangla la mère. — Non, pas du tout, répondit fermement sa fille, tandis qu’Arthur restait silencieux. — Mais enfin, tu n’es qu’en deuxième année ! Et s’il devait y avoir un bébé ? Ou bien c’est déjà le cas ? s’écria Véronique. — Non, rassure-toi, maman, je ne suis pas enceinte. — Arthur, où comptez-vous vivre, et surtout comment ? interrogea la mère. — Peut-être en résidence universitaire, ou alors chez moi, dans ma chambre. — Tu as ta propre chambre ? Et combien de pièces avez-vous ? — Trois. Ma grand-mère occupe une chambre, mon père une autre, mon frère travaille sur des chantiers et cherche un appartement à acheter. — Camille, tu sais ce que c’est de vivre en foyer étudiant avec des cafards et des voisins bruyants ? susurra ironiquement sa mère, en jetant un regard à Arthur. — Maman, on pourra vivre chez nous au début. Après mes études, je travaillerai, et avec Arthur, on prendra un crédit pour acheter un appartement. Véronique contenait sa colère. Elle voyait bien que leur jeunesse les empêchait de mesurer la réalité. Pour eux, tout semblait simple avec l’amour. Le père fit : — Arthur, tu peux nous parler de ta famille ? — Ma mère est décédée il y a dix ans, c’est surtout ma grand-mère qui m’a élevé. Mon frère est ouvrier, mon père aussi, mais il boit beaucoup. Ma grand-mère a longtemps été institutrice en maternelle. Véronique se dit en son for intérieur que seule la grand-mère paraissait fiable dans cette histoire. Le père reprit : — Et tes proches sont au courant du mariage ? — Non, on voulait d’abord annoncer ça à vos parents avant de le dire aux miens. — Eh bien, va leur en parler, Arthur, nous devons aussi discuter de notre côté, dit Véronique, mettant ainsi fin au débat. Arthur repartit chez lui annoncer la nouvelle. Son frère éclata de rire, son père à moitié ivre n’en fit pas cas, seule la grand-mère l’encouragea tendrement. Chez Camille, les tensions montaient aussi. — Ma chérie, avec ton niveau d’études, tu mérites mieux qu’un mécanicien, lança sa mère. — Ne parle pas comme ça d’Arthur, s’énerva Camille. — Bon, trêve de disputes, la nuit porte conseil, trancha François. La nuit fut longue. Chacun doutait, mais l’amour de Camille et Arthur ne faiblit pas. Le lendemain, ils se retrouvèrent devant l’université, se prirent dans les bras longuement. — Tes parents t’ont incendiée, non ? demanda Arthur. — On a failli se fâcher, mais papa a calmé les choses. Et chez toi ? — Pareil. — On annule ? — Certainement pas, affirma Arthur. Je vais bosser au garage d’un ami, on trouvera un studio pour commencer. — Mais on n’aura pas les moyens pour une grande fête… — Ce n’est pas grave, dit Camille. L’essentiel, c’est d’être ensemble. Ils se marièrent simplement, malgré l’opposition de tous. Les parents finirent par accepter. La fête fut modeste, mais ils étaient heureux. Même si tout le monde était contre eux, leur amour était plus fort que tout.