La mère serrait sa fille contre elle, lembrassait et se demandait : « À qui ressemble-t-elle donc ? » puis soupirait. Les proches étaient tout aussi perplexes et posaient la même question. Était-ce un ami qui avait semé la méfiance dans lesprit de son mari, ou bien la mère qui sétait interrogée, ou encore Victor qui avait douté lui-même de la fidélité de sa femme ? Un soir, il rentre du bureau, le visage fermé.
Victor, quest-ce quon va faire ? Ce nest pas le bon moment Éléonore vient à peine de commencer sa troisième année, elle vient juste de quitter les couches. Je nai même pas eu le temps de souffler, sattriste Amélie. Dun congé maternité à un autre Éléonore est encore petite, elle réclame les bras. Comment vais-je la porter avec un gros ventre ?
Nous serons quatre, et tu es le seul à travailler. Et si on attendait un peu pour le deuxième ? proposa Amélie, redoutant déjà sa propre audace.
Quest-ce que tu racontes ? Enlève-toi ça de lesprit, Victor la réprimande, puis se radoucit : Désolé, je memporte, mais on va sen sortir. Je trouverai un petit boulot en plus.
Si cest une fille, cest encore mieux, il reste plein dhabits dÉléonore ! On naura même pas besoin de racheter une poussette.
Il y aura peu de différence dâge, elles seront complices. Si cest un garçon Victor sarrête, sourit Je ferai une demande pour agrandir notre appartement à la mairie.
Et voilà, décision prise. Amélie adore sa petite Éléonore, sa première fille tant attendue, et la gâte avec tendresse.
Impossible de résister à lenvie de la prendre dans ses bras, de lembrasser, même une fois le ventre bien rond.
Parfois, elle se surprend à espérer que cette seconde grossesse, trop rapide à venir, narrive pas à terme mais elle ne se lavoue pas vraiment.
La vie en décide autrement. La grossesse se passe sans souci ; à la date prévue, la famille Marchand accueille une nouvelle petite fille.
Lorsquon la lui amène pour la première tétée, Amélie est troublée : un duvet blond sur le crâne du nouveau-né. Amélie comme Victor sont pourtant tous deux bruns.
Quand Éléonore était née, elle avait des cheveux presque noirs, qui ont un peu éclairci ensuite. Peut-être que pour celle-ci, ce sera linverse, pense Amélie, et que ses cheveux fonceront avec le temps.
La petite, aux yeux azur et à la peau claire, suscite les exclamations émerveillées de tous. Pour son prénom, pas de tergiversation, les parents la nomment Philomène, un choix rare, et ainsi, les sœurs auront les mêmes initiales une sorte de symbole, pour eux.
Personne ne sait vraiment expliquer comment deux petites filles aussi différentes sont nées au sein de la même famille. Philomène ne ressemble ni à sa sœur, ni à ses parents.
Au fil des années, la différence se fait encore plus évidente. Comme si un vent inconnu avait déposé lenfant dans ce foyer.
Peu à peu, ses cheveux blondissent légèrement, prenant une teinte châtain clair. Paisible, joufflue, elle observe le monde avec ses yeux dun bleu céleste.
Amélie la serre toujours tendrement, lembrasse et se demande encore : « Mais à qui peut-elle ressembler ? » Les proches sétonnent et reposent la question.
Entre les soupçons distillés par les amis, le doute dAmélie, ou celui de Victor, lambiance devient tendue. Un soir, Victor rentre du travail extrêmement renfermé.
Après un long silence, il réclame des explications, accusant sa femme dinfidélité.
Il se rappelle quavant lui, un certain blond courtisait Amélie. Laurait-elle trompé avec ce garçon, par nostalgie ?
Et sinon, les enfants ont-ils pu être échangés à la clinique ? Cela arrive, rarement, mais tout de même.
Je ne tai jamais trompé, cest bien notre fille, personne ne la remplacée, Amélie pleure, blessée par des soupçons injustes.
De là, les disputes se multiplient, et la séparation semble inévitable. Amélie commence même à faire ses valises. Cest là que Victor réalise ce quil sapprête à perdre.
Il aime sa femme. Si elle part avec les filles, il restera seul, et cette perspective langoisse. Il veut seulement savoir la vérité.
Difficile, chaque fois quil entend : « Elle est si blonde, cette petite, ce nest ni toi ni Amélie, dites donc »
Victor imagine que tout le quartier devine sa jalousie. Il supplie Amélie de rester, mais annonce vouloir faire un test de paternité. Amélie éclate en sanglots.
Comment puis-je rester si tu doutes de moi ? Fais le test. Teste aussi Éléonore, peut-être que je lai « eue ailleurs » aussi ? Séparons-nous, ça ira plus vite.
Victor collecte lui-même la salive de Philomène, un cheveu dÉléonore, et dépose le tout à un laboratoire.
Pendant des jours, il harcèle les techniciens : peuvent-ils mélanger les échantillons ? Faire une erreur ? Quelquun peut-il truquer les résultats ?
On le rassure : cest impossible. Cela calme un peu ses angoisses.
Les disputes néchappent pas aux enfants. Philomène a quatre ans, et elle sent bien que tout tourne autour delle.
Un jour, Éléonore lui lâche, sans détour :
Tu nes pas vraiment ma sœur, tu as été apportée ici, cest à cause de toi que papa et maman se disputent et veulent se séparer.
Philomène éclate en pleurs, inconsolable même dans les bras de sa mère.
Éléonore, de son côté, pense que si sa sœur disparaissait, les parents se rabibocheraient.
Un jour quelles sont seules, Éléonore habille sa cadette et lentraîne loin, toujours plus loin de la maison. Amélie rentre, ne trouve plus les filles, se précipite dehors ; le père, appelé à la rescousse, cherche à son tour. Il fait presque nuit et toujours rien.
La police est prévenue. Une heure plus tard, on retrouve Philomène en pleurs, abandonnée dans une cour ; Éléonore erre perdue, incapable de retrouver son chemin.
Les parents, soulagés, nont pas le cœur à les gronder ; Éléonore, évidemment, ne dit rien sur ses vraies intentions.
Nouvelles disputes. Victor reproche à Amélie davoir laissé les fillettes seules. Elle lui renvoie à la figure son absence.
« Et si elles avaient eu un accident, ou été enlevées ? »
Finalement, Victor reçoit les résultats : il est bel et bien le père des deux enfants. Aucun adultère.
On lui explique que ce sont des gènes cachés qui sexpriment ; parfois, même des femmes blondes ont un enfant noir, que voulez-vous, la génétique est surprenante.
Le calme revient peu à peu, mais Philomène se sent toujours à part.
Les deux sœurs ne sentendent pas. Éléonore garde une animosité envers sa cadette, lui lançant, à chaque dispute, qu« elle nest pas vraiment sa sœur ».
Moi, maman machète des robes neuves, toi tu portes mes vieilles, parce que tu nes pas de la famille, rétorque-t-elle avec vigueur.
Philomène pleure, mais ne se plaint pas à sa mère. Éléonore la fait accuser pour ses propres bêtises.
Mais de qui tiens-tu donc ? Regarde comme Éléonore se tient bien tranquille, soupire souvent Amélie.
Après de telles remarques, Philomène décide que cela ne sert à rien de se confier ; sa mère naime quÉléonore.
Elle sassoit dans un coin, ferme les yeux ; parfois, elle imagine que si elle ne voit personne, cest comme si elle nexistait pas.
Comme cela, elle échappe au regard déçu de sa mère, et à la cruauté verbale de sa sœur.
Quelques années passent. Éléonore finit le lycée, mais ne veut pas faire détudes. Elle préfère les bals ; elle y rencontre un garçon, se marie bientôt. Il a son propre appartement, travaille avec son père dans un garage de voitures doccasion.
La mère aime bien sûr Philomène, mais sans le vouloir, elle la compare toujours à laînée.
Toute sa vie, la cadette a ce sentiment dêtre toujours comparée à sa sœur, et jamais à son avantage. Les mots dÉléonore, ceux de lenfance, restent ancrés. Elle porte encore les habits doccasion de sa sœur.
Regarde donc Éléonore, quelle chance, elle a trouvé un garçon bien. Prends-en de la graine. Toi tu passes tes journées à rêver et dessiner, vas donc te promener, sermonne la mère.
En terminale, un garçon sintéresse à Philomène, qui succombe à ses avances trop heureuse quenfin quelquun laime.
Cest loin dêtre le conte de fée. Elle réalise quelle est enceinte, paniquée, lannonce au garçon.
Il décide den parler à ses parents. Les choses éclatent. La mère du garçon débarque chez les Marchand, supplie Amélie de convaincre Philomène davorter pour ne pas gâcher lavenir de son fils.
Cest alors que Victor, contre toute attente, prend la défense de sa fille peut-être pour expier ses erreurs passées, ou simplement par compassion.
Quelle garde lenfant, dit-il. Je ne laisserai pas quon bousille sa vie, elle en a suffisamment bavé. Et si cela ne vous convient pas, on sen sortira sans vous.
Le garçon est envoyé compléter ses études dans une autre ville, chez des cousins. Philomène, elle, est placée en enseignement à distance.
Le lycée étouffe rapidement laffaire ; pas question dentacher la réputation de lécole auprès du rectorat.
Même les examens, Philomène les passe chez elle, surveillée par des professeurs question dimage.
Sa prof danglais a un faible pour Philomène, laide, la questionne amicalement ; elle obtient une bonne note à loral.
Mais à quoi bon, pense-t-elle. Elle accouchera, élèvera son enfant, les études nauront plus dimportance.
Le drame frappe bientôt : Victor, surmené, usé par les soucis, fait un malaise cardiaque.
Il sallonge pour se reposer devant la télé, ne se réveille pas. Amélie tente de le réveiller pour le dîner, il est encore tiède.
Des pleurs, des cris, la ambulance, le cortège funèbre. Sous le choc, Philomène déclenche un accouchement prématuré.
Ainsi, le jour où son père meurt, elle met au monde un garçon, blond comme elle, aux yeux bleu azur.
Elle ne peut pas assister aux obsèques, convalescente à la maternité. À la sortie, Amélie, brisée, lui lance une remarque assassine : cest elle, Philomène, qui a tué son père elle naura apporté que des soucis.
Mais elle aime son petit-fils, impossible de ne pas sattacher à ce doux ange blond.
Sa seule inquiétude : que personne ne voudra jamais dune fille dans la situation de Philomène.
Je nai besoin de personne, répond Philomène. Si mon père a douté de moi, aucun autre homme naimera jamais mon fils. Je vivrai pour lui.
Le garçon, Léo, grandit intelligent, éveillé, calme. À cinq ans, une intervention dÉléonore bouleverse de nouveau le destin de sa sœur.
Éléonore na jamais pu avoir denfant ; les parents de son mari rêvent dun héritier, insistent pour quil se remarie. Il la trompe, elle reste, car où pourrait-elle aller ? Retourner vivre dans la misère avec sa mère lui fait horreur, et surtout, il y a toujours Philomène et Léo.
Philomène travaille dans un salon de coiffure, Léo va à la maternelle.
Éléonore ourdit un nouveau plan pour se débarrasser de sa sœur la case promenade vers un destin inconnu nest plus possible. Elle décide de lui trouver un mari.
Chez elle, elle fait intervenir souvent un jeune réparateur informatique, séduisant et célibataire.
Éléonore aurait bien craqué elle-même, pour se venger de son mari, mais le technicien, Louis, la repousse, froidement.
Tant pis, se dit-elle, elle va refiler la marchandise à sa sœur une pauvre cruche avec un gamin, parfait.
Elle fixe un rendez-vous avec lui au café, convaincue quil ne sintéressera jamais à Philomène. Si, par hasard, il lapprécie, la cadette libérera de la place dans lappartement, et Éléonore pourra revenir chez sa mère.
Philomène soigne sa mise, laisse ses cheveux au naturel, ne se maquille pas, préfère être vue telle quelle est.
Au café, elle le repère tout de suite, absorbé par son smartphone.
Vous êtes Louis ? laborde-t-elle.
Oui, et vous ?
Je suis la sœur dÉléonore, Philomène.
Il linvite à boire un café.
Les gâteaux ici sont très bons, vous voulez goûter ? propose-t-il.
Comment savez-vous ça ?
Jy donne souvent rendez-vous à des clients, répond-il, son téléphone à la main.
Philomène lobserve : des yeux cernés, une barbe de trois jours, des cheveux un peu en bataille.
Ses doigts la démangent de lui rafraîchir la coupe. Ils ne savent trop comment se parler.
Je vous dérange ? interroge-t-elle doucement.
Non, du tout. Mais votre sœur ne viendra pas ?
Éléonore ma dit que vous mattendiez Je crois que je ferais mieux de partir.
À ce moment précis, le café arrive.
Restons, buvons ce café, puisque vous êtes là.
Je préfère pas. Philomène repousse lassiette de petits gâteaux.
Vous craignez pour votre ligne ? Vous êtes très bien comme vous êtes, dit Louis.
Pourtant les hommes préfèrent les minces
Qui vous a dit cela ? Que savez-vous des hommes ?
Rien, avoue-t-elle. Jai un fils, il a cinq ans. Éléonore ne vous a pas prévenu ?
Ce nétait pas nécessaire, sétonne Louis.
Bien quelle comprenne que sa sœur sest, une fois de plus, jouée delle, Louis insiste pour la raccompagner.
En chemin, ils discutent. Il parle, elle écoute. Devant chez elle, il lui demande son numéro.
Pourquoi ?
Jaimerais quon se revoie. Je vous ai parlé de moi, mais je ne sais rien de vous, je vous appellerai.
Il le fait, une semaine plus tard.
Désolé, le boulot ma accaparé Ce soir je suis libre, on se retrouve ?
Philomène hésite, tout son quotidien tourne autour de son fils. Mais elle se laisse tenter.
Au café, elle se confie peu à peu : la naissance, les disputes familiales À mesure quelle raconte, elle se comprend mieux, comme si elle voyait son histoire à travers le regard de Louis.
En sortant, un chien errant vient à eux. Ils entrent dans une supérette ; Louis achète une baguette et du saucisson pour la bête.
À la caisse, une vieille dame compte laborieusement ses centimes pour acheter trois bricoles ; Louis paie, ajoute une tablette de chocolat, du jambon et une glace.
Pourquoi lui offrir une glace ? demande Philomène, intriguée.
Ma grand-mère en raffolait, mais nen achetait presque jamais Elle trouvait ça trop cher.
Tu me traites comme une pauvre mamie, ou ce chien, par pitié ? soffense Philomène.
Tu te trompes. Tu me plais beaucoup. Tu es lumineuse, authentique. Mais les vieux et les animaux, moi, ça me touche. Pourquoi ne pas aider, quand on le peut ?
Le chien engloutit pain et viande, et repart.
Le soir, Éléonore téléphone :
Alors, alors ?
Ça va, répond Philomène.
Quest-ce qui va ?
Louis et moi, on se revoit. Merci de nous avoir présentés.
Vraiment ? Cet ours-là ?
Il est gentil, tu sais. On ne sennuie pas avec lui. Et il ma dit que je lui plaisais.
Éléonore marmonne quelque chose, puis raccroche. Peu après, elle débarque chez elles.
Philomène met Léo au lit, puis se dirige vers la cuisine où elle surprend sa mère et Éléonore en grande discussion.
Cette idiote et sa foutue chance. Je voulais juste embrouiller Louis, me venger quil me jette, et il est tombé amoureux de cette gourde
Quest-ce que tu racontes ? Tu as un mari, proteste Amélie.
Un mari qui veut me remplacer. Cest une question de temps avant le divorce. Je fais quoi, maman ?
Tu tinventes des histoires
Pas du tout. Pourquoi elle, hein ? Grosse, bête, coiffeuse, un gosse déjà. Cest moi quil aurait dû aimer. Je naurais jamais dû lui présenter. Jaurais mieux fait de labandonner dans une bouche dégout quand on était petites !
Une bouche dégout ? Tu es folle
Soudain, Amélie seffondre, prise dun malaise. Philomène sélance, appelle immédiatement le SAMU.
Les médecins interviennent rapidement ; lattaque reste sans trop de séquelles.
Deux mois plus tard, Philomène épouse Louis et sinstalle avec Léo chez lui.
Mais elle rend visite à sa mère presque tous les jours. Éléonore, fâchée avec tout le monde, est partie chercher le bonheur ailleurs.
Les parents pensent que leurs enfants ne comprennent rien, pourtant, ils entendent tout, et en tirent leurs propres conclusions.
La rivalité entre sœurs pour les faveurs des parents, pour le regard des garçons, peut être terrible. Mais la malveillance se retourne toujours contre celui ou celle qui ourdit de mauvais desseins.
« Les enfants nécoutent jamais les adultes, mais néchouent jamais à les imiter. »
James Baldwin
« Les paroles que la fille entend quelles transmettent du soutien et de laffection, ou quelles la blessent sinscrivent en elle comme des vérités sur elle-même et sur la manière dont fonctionnent les relations humaines. »Les années filent, douces et troubles à la fois. Philomène, devenue femme, tresse dans la routine des gestes tendres pour Léo et Louis, tisse sa petite vie, envers et contre tout ce quon prédisait. Sa mère, vieillissante mais apaisée, trouve refuge dans le rire de son petit-fils, sadoucit peu à peu, regrette parfois sans jamais vraiment sexcuser. Elle voit, dans la patience de Philomène, ce quelle na pas su reconnaître plus tôt : une force invisible, une bonté simple, inaltérable.
Le bonheur, pour Philomène, narrive pas en grand fracas. Il se glisse en elle lors dun dimanche pluvieux, alors que Léo, en pyjama, vient poser contre elle une joue chaude. Dans le salon, Louis rit dune bêtise à la télé, et le vieux chat ronronne aux pieds du canapé. Tout est calme, sans drame, sans jalousie, sans peur dêtre démasquée ou abandonnée.
Silencieusement, Philomène comprend quelle na plus besoin de se comparer à Éléonore, ni de chercher dans le regard des autres une ressemblance impossible. Elle existe, entière, assez forte pour porter lamour quon lui donne, et le rendre à son tour.
Un soir dété, sur le chemin du retour, Léo glisse sa main dans la sienne et lui demande :
Maman, pourquoi on na pas la même couleur de cheveux que mamie et tati ?
Elle sourit :
Parce que la vie aime les surprises Regarde, le soleil donne sa lumière différemment à chacun. Mais au fond, cest toujours la même chaleur.
Léo serre plus fort ses doigts, rassuré. Philomène, les yeux brillants dans la lumière dorée, se sent enfin à sa place.
Ce soir-là, elle prépare un gâteau, le même que celui qui faisait le bonheur de son père. Au moment de souffler les bougies, entourée de ceux qui laiment pour ce quelle est, et non ce quon attendait delle elle sent la vieille douleur se dissoudre.
En relevant la tête, elle ose enfin croire à la promesse de son prénom : comme une petite lumière qui éclaire doucement, sans jamais vaciller.
Et au fond, cétait cela, le secret : elle était la sienne propre.






