Comment Tania est devenue maman grâce à la générosité de son cœur…

Comment Élodie est devenue maman grâce à son âme généreuse

Élodie franchit la porte de limmeuble et découvrit devant son appartement une boîte en carton. Surprise, elle sarrêta, cligna des yeux comme si elle rêvait. Dans la boîte, recroquevillés lun contre lautre, se trouvaient un petit chien et un chat. Ils regardaient Élodie, apeurés, tremblant comme deux feuilles.

Eh bien, cest quoi ça ? Et vous, qui êtes-vous ? demanda Élodie, comme si les deux rescapés pouvaient lui répondre.

Au même moment, la porte de lappartement dà côté souvrit et la voisine, mamie Raymonde, apparut dans lembrasure.

Ah, Élodie, bonsoir ! Figures-toi, Huguette du deuxième est partie rejoindre les anges, et sa nièce na même pas trouvé preneur pour ses animaux.

Elle a demandé à tout limmeuble personne nen veut. Moi déjà, mon chat est une terreur qui ne partage pas, et les autres ont tous des allergies Peut-être que toi et Laurent, vous pourriez les prendre ? Vous êtes jeunes, aisés, pas denfants

Mais on navait pas prévu davoir des animaux, et alors deux dun coup balbutia Élodie, prise de court.

Surtout pas les séparer, ça serait cruel. Ils sont inséparables depuis toujours. Même pour dormir ! Joséphine promenait le chien et le chat vivait sa vie dans la cour, ça ne fait pas trop de bazar.

Alors, on compte sur toi ? insista mamie Raymonde, la voix pleine de suppliques.

Et si on dit non? Quest-ce qui leur arrivera ? demanda Élodie, inquiète.

Ils vont finir à la fourrière Certains parlent même deuthanasie. La boîte est prête, lappartement vendu, les nouveaux nen veulent pas

À cet instant, un voisin entra et, voyant la scène, hocha la tête vers la boîte.

Allez, ça ne vous dirait pas ? Ils sont sages, ne mangent pas beaucoup Ils sont vieux, il ne leur reste sûrement pas longtemps. Personne nen veut Cest dommage. Leur mamy les aimait tant.

Bon daccord. Je ne peux pas imaginer quils partent à la piqûre Comment ils sappellent ? On vit ici depuis deux ans, on na pas eu le temps de connaître tout limmeuble céda Élodie. Le voisin, soulagé, apporta la boîte dans son entrée.

Le chien sappelle Gustave, et le chat, Félix. Merci mille fois il posa sur le meuble de lentrée un billet de vingt euros et une laisse. Juste pour commencer. Encore merci

Élodie ferma la porte et retira son manteau, puis saccroupit devant ses deux invités surprises.

Alors les gars, vous voilà chez nous. Laurent va être étonné ce soir ! Pourvu quil nous garde tous les trois Mais il est chou, il va sûrement accepter la compagnie murmura-t-elle en riant.

Ne vous en faites pas, personne ne vous fera de mal ici. Eh, franchement, la piqûre, ça leur est venu à lesprit, vous imaginez ?

Le chat, visiblement, semblait avoir compris ; il sortit prudemment de la boîte pour inspecter lappart. Le chien, lui, resta assis, hébété, fixant Élodie et son nouveau copain.

Élodie fila à la cuisine et ouvrit le frigo. Pas la moindre trace de croquettes, bien entendu. Elle improvisa : un peu de riz, des miettes de viande que voulez-vous, il faut bien sadapter.

À sa joie, après avoir fini son inspection des lieux, Félix le chat arriva fissa à la cuisine et montra un vif intérêt pour la gamelle bien remplie. Élodie invita aussi Gustave.

Il hésita, mais, voyant le chat se régaler, il sapprocha, la mine triste, des yeux de cocker braqués sur la nouvelle maîtresse.

Laurent, le mari dÉlodie, rentra enfin du travail. Comment dire il était plutôt médusé. Le couple décida quand même de jeter un œil autour, au cas où quelquun, avec une maison à la campagne, voudrait adopter les deux compères.

Laurent et Élodie étaient mariés depuis quatre ans, installés dans cet appartement depuis deux ans. Ils vivaient heureux, aimaient la vie Le seul nuage au tableau : pas denfant.

Toi, la maniaque de la propreté, tu te ramènes avec deux bêtes à poils sétonnait Laurent en riant.

Jespérais plutôt un bébé, mais bon, je nai pas eu le cœur de les laisser partir à la piqûre Désolée, tu me pardonneras dit Élodie, les yeux pleins de larmes.

Jadore aussi les animaux, tu sais On va sen occuper. Demain, je demande au boulot, on ne sait jamais lenlaça Laurent.

À partir de là, la vie du couple changea radicalement. Le chat et le chien prirent vite leurs aises. En fait, lancien appartement de Joséphine était juste au-dessus, même plan, même cour !

Les garçons, vous avez trouvé votre place, cest fou, on dirait que vous avez toujours habité ici félicitait Élodie.

Elle promenait Gustave trois fois par jour, Félix sortait par la fenêtre de la cuisine et rentrait de la même façon, ce qui larrangeait bien.

Mamie Raymonde était ravie quÉlodie ait récupéré les bêtes. Elle passait avec des os à moelle pour Gustave, et filait les restes à Félix.

Le soir, Laurent et Élodie se régalaient à voir ce duo improbable : Félix jouant comme un fou avec ses nouveaux jouets, Gustave dormant comme une souche dans son panier.

Leur complicité était évidente : dormir lun sans lautre, impossible. Les séparer ? Jamais de la vie !

En quelques mois, Élodie et Laurent cessèrent toute recherche de nouveaux maîtres : impossible, ils étaient trop attachés.

La mère dÉlodie, qui habitait à deux pâtés de maison, venait le week-end rendre visite à la petite famille. Elle aussi finit par tomber sous le charme, même si au début, elle avait levé les yeux au ciel.

Jaurais bien pris Félix, mais moi, au troisième, il serait perdu sans son accès à la cour soupira-t-elle.

Mais Élodie refusa net :

Non, maman, tu viendras nous dépanner lors des vacances, cest tout ! Tu les garderas, tu arroseras les plantes, et hop, on part la conscience tranquille.

Lété venu, ils partirent sur la Côte dAzur. Élodie appelait tous les jours : était-ce le stress maternel ? Sa mère la rassurait systématiquement.

Tout roule ma grande, ils mangent, dorment, jouent, je les sors chaque jour. Profitez ! répétait-elle.

Quand Élodie rentra, laccueil de Gustave et Félix la laissa bouche bée. Gustave trépignait, remuait la queue, aboyait de joie.

Félix, après ce déferlement démotions, rejoignit tranquillement Laurent pour lui frotter les jambes, ronronnant comme un moteur.

Eh ! On a la cote avec notre duo à poils ! sécria Laurent, ravi. Élodie câlina Gustave, puis fila nourrir tout ce petit monde.

Depuis, elle se levait même plus tôt, histoire de promener Gustave aux aurores et de nourrir tout son monde.

Un matin, deux mois plus tard, Élodie, émue, annonça à Laurent : elle attendait un bébé. Le bonheur, total.

Sa maman nen revenait pas :

Tu vois, ce nest pas un hasard que Gustave et Félix soient arrivés. Une petite mise à lépreuve du Ciel pour tester ta bonté, ma fille. Et comme tu ten es sortie haut la main, tu es récompensée. Prépare-toi à être maman !

Cest vrai, maman Je ne suis pas très superstitieuse mais Bon, lapprentissage maternel, je lai eu avec mes deux poilus !

Entre le ménage, les soins, lamour Ce sont des vrais enfants, ceux-là !

Tu veux que je te les prenne quelques temps pour te soulager quand bébé arrivera ? proposa la mère.

Oh non, surtout pas ! On va gérer ! Personne ne nous créera de souci. Viens plutôt promener bébé en poussette quand il dormira, ou jouer le baby-sitter à la maison.

Elles échangèrent un gros câlin.

La grossesse se passa comme sur des roulettes. Elle donna naissance à un petit garçon, Laurent était fier comme Artaban, la famille comblée.

Gustave, de par son âge et sa placidité, naboyait jamais. Félix lui, passait lété dans le jardin, sur la vieille glycine, ou à faire la sieste dans le massif de roses. Une vraie vie de famille, à la française.

Et voilà comment, de Strasbourg à Nice, des voisines dirigées par mamie Raymonde racontaient sur toute la rue comment Élodie était devenue maman grâce à son cœur en or.

Raymonde en faisait même toute une légende : preuve sil en fallait que la bonté finit toujours par être récompensée par lUnivers !

Et vous, vous en pensez quoi ? Faut-il croire Raymonde ? Lâchez votre avis en commentaire, et noubliez pas le petit cœur? Peut-être bien ! Dailleurs, il suffit de regarder Élodie, entourée de son fils qui éclate de rire devant Gustave, tandis que Félix guette depuis la fenêtre, lair paisible. Il paraît que le bonheur aime les maisons où la tendresse sinvite sans prévenir.

Un soir dautomne, mamie Raymonde toqua à la porte avec une tarte aux pommes. Sur le paillasson, toute la petite troupe laccueillit. En déposant la tarte sur la table, elle lança un clin dœil espiègle à Élodie :

Les miracles, ma chère, parfois ils miaulent ou ils aboient, mais le sourire dun enfant, ça na pas de prix !

Dans la chaleur du foyer, alors que les rires résonnaient et que le petit garçon sendormait en serrant loreille soyeuse de Gustave, Élodie se dit quau fond, une famille, cest juste cela : un peu de hasard, beaucoup damour, et la magie inattendue des rencontres.

Et si cétait ça, le vrai secret du bonheur ?

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