Parle-moi, mon petit chou à la crème

Parle-moi, Doudou

Naie pas peur, Doudou ! Tout va bien ! Ils crient encore un peu, puis ils vont se calmer Enfin jespère

Capucine serra encore plus fort dans ses bras son fidèle Doudou, le refermant contre elle comme un petit secret. Il ne fallait pas quelle ait peur, pas à son âge ! Elle avait cinq ans, maintenant, et sa mamie Monique avait déclaré fièrement que ça, cétait déjà être grande. Même pour les vaccins, Capucine ne pleurait plus la honte ! Mais quand elle était rien que toutes les deux, Doudou et elle, elle retrouvait le droit dêtre toute petite. Lui, il lavait vue sous toutes les coutures, Doudou. Il était arrivé en même temps quelle sur la planète Terre, cadeau de maman. Un ours brun, les pattes un peu de travers, mais le plus fidèle des confidents. On pouvait tout lui dire, à Doudou. Pas comme Anaïs, la meilleure amie de Capucine, qui courait tout de suite tout répéter à lATSEM à la moindre bêtise. Doudou, jamais : il écoutait, de ses yeux ronds, et il gardait le silence. Mais il comprenait tout, Capucine en était sûre. Et puis, quand elle avait peur, comme ce soir, il rassurait dautant mieux quil sentait bon ladoucissant et la tarte maison. Maman et papa étaient sa famille aussi, bien sûr, mais quand ils se mettaient à crier, ils devenaient tous piquants, comme transformés en bottes dorties. Impossible de sapprocher, comme dans La Belle au bois dormant, et hurler pour se faire entendre devenait inutile. Pourquoi ils sengueulaient ? Aucun mystère nétait plus profond pour Capucine. Les adultes, cest censé parler, non ? Trouver « la langue commune », comme disait Mamie Monique (même si, va savoir, quelle langue au juste). Sauf que, visiblement, les rancœurs dadultes, cest gros, cest lourd, et ça fait des dégâts façon trous dans le tartine. Capucine connaissait bien les petites bouderies, quand elle chicanait avec Anaïs à en perdre lenvie de glace et à fondre en larmes ! Alors les grosses colères, ça devait être pire.

Capucine ouvrit les yeux et tendit loreille. Silence. Maman était sûrement partie pleurer dans la salle de bain, papa devait ruser en boudant dans la cuisine. Capucine soupira, se leva du tapis, rangea Doudou sur le coussin, et jeta un regard à sa chambre. Elle était jolie, sa chambre ! Maman avait passé des semaines à choisir les couleurs des murs, à demander lavis de Capucine, à lui fabriquer un véritable cocon : lit blanc à édredon rose, une armoire pour toutes ses tenues, des étagères croulant sous les peluches (elle en oubliait même le prénom de certaines). Impossible de quitter ce petit paradis. Mais Doudou avait cette façon de la regarder, qui voulait tout dire.

Oui, oui, jy vais ! Toi, tu restes ici. Je fais ça pour toi.

Elle sortit en douce jusquà la salle de bain, première étape obligatoire (avec maman, cest toujours plus compliqué). Porte fermée, bien sûr. Capucine toqua tout doucement :

Maman ?

Oui ?

Je peux rentrer ?

La porte grinça et Capucine devina, avant de voir, sa maman assise sur le bord de la baignoire, le mascara en route pour lAtlantique.

Tu as besoin des toilettes ?

Non, cest toi que je veux voir. Elle inspira beaucoup dair, beaucoup trop, et posa un pied dans la pièce. Cest toujours difficile, ce moment : maman pleurera, Capucine aussi, maman dira « tout ira bien » alors que, dexpérience, ça ne tiendra pas très longtemps. Comme dirait Anaïs, « le bien, ça dure pas, cest le chocolat qui reste collé au papier ! »

Capucine sessuya les yeux, croisa ceux de sa maman.

Pourquoi ?

Comment, « pourquoi », ma puce ?

Pourquoi vous criez tout le temps ? Si vous ne vous aimez plus, pourquoi ne pas vous tenir loin lun de lautre ? Cest ce que dit Mamie Monique. Quand je me dispute avec Anaïs, elle me dit : te colle pas, vous vous disputerez moins.

Sophie stoppa net, les yeux plantés dans ceux de sa fille devenue soudain grande philosophe. Dhabitude, Capucine ne parlait jamais des disputes parentales Sophie pensait quelle ne comprenait rien (cinq ans !). Mais là

Voyons Capucine ! Pourquoi tu dis ça ? Jaime ton papa

Maman, tu mens.

Capucine !

Si tu laimais, tu ne hurlerais pas comme ça. Tu ne te disputes pas avec moi, hein ?

Sophie se sentit désarmée. Comment expliquer que la vie à deux, ce nest pas des maths, ni une crêpe au sucre ? Que crier, ce nest pas (toujours) détester ou parfois un peu ? Que répondre à ce « pourquoi » denfant ?

Je crois que je vais méditer sur mon comportement, tiens ! Capucine caressa les joues pleurantes de sa maman, balayant les larmes.

Mamie Monique dit ça aussi ? Sophie esquissa un sourire mouillé.

Oui ! Et elle a raison. Après, je me rachète avec Anaïs, et on se dispute moins. Sauf quand elle va tout raconter à Madame Brigitte.

Tu grandis trop vite Sophie serra sa fille contre elle.

Nimporte quoi, maman, je suis encore petite. Si jétais grande Capucine hésita, puis chuchota jaurais moins peur.

Peur de quoi, mon cœur ?

Si jamais vous criez trop fort la prochaine fois, et que vous partiez. Si vous alliez vivre où cest tranquille. On va pas rester là où tout va mal ? Ça va pas, non ? Tu aimes pas ici, maman ?

Des fois, non Attends, tu crois quon va tabandonner, cest ça ?

Oui Capucine craqua et fondit en larmes. Je resterais quavec Doudou. Et sil se perd de nouveau, comme dans le bus 91 ? Mamie Monique ma dit quelle est trop vieille pour refaire la maman.

Capucine, arrête, arrête ! Jamais je te laisserai, tu rêves ou quoi ? Impossible !

Pas si vous criez comme ça. Vous ne pensez plus à moi, là, hein ?

Bien sûr que si Sophie sinterrompit, bouleversée. Sa fille avait raison. Elle oubliait tout, pendant ces tempêtes, même Capucine. Lorage, cest tout. Même pas capable de se rappeler les dix mille raisons pour lesquelles ils sont ensemble. Mais depuis quand, ça ? À quel moment ?

Elle ressassa les souvenirs. Son Igor à elle, cétait François. Elle lavait rencontré à la fac, deuxième année. Elle filait à un partiel, voilà quelle percute un grand dadais tout mince. Les lunettes éclatent au vol, elle sexcuse à peine, file sasseoir pour un 18. Lui, il la retrouve sur le parvis, sourire en coin.

La TGV avec supplément, cest toi ?

Il na jamais cessé de lappeler « Mon petit TGV », surtout quand elle boude.

Tu fais ce bruit de locomotive ! Même fâché, on peut pas ten vouloir.

À laccouchement, les sages-femmes se sont marrées parce quil criait : « Ne souffle pas comme un train, Capucine, pousse ! »

Quand avait-il arrêté de lappeler comme ça ? Quand la tendresse du coup de foudre était-elle devenue routine ? Quand sétaient-ils mis à compter les reproches, plutôt que les sucreries offertes par surprise ?

Maman ?

Oui, mon ange ?

Vous êtes si mal ensemble, vous vous êtes fâchés ?

Sophie passa la main dans les boucles de sa fille. Capucine ressemblait tellement à François ces anglaises dorées ! Elle, pendant la grossesse, avait prié :

Pourvu quelle nait pas mes trois pauvres cheveux Ça suffira, mes cheveux de sorcière.

Mais non, tu as les cheveux parfaits !

Parfaitement dégarnis, tu veux dire, va.

Ça y est. Couleur blé fauve et grands yeux clairs comme lîle de Ré Capucine sera superbe, un jour. Même plus tard. Ça la fait sourire, Sophie. Critiquer le père, cest mesquin. François est un merveilleux papa, et Capucine en est la preuve vivante. Voilà le vrai problème : tout a tourné autour de Capucine et Sophie ? À force, la négligence est venue habiter la maison, entre un en-cas et un bisou. Mais quelle idée de jalouser sa fille ? Et pourtant

François la repoussait à peine rentré, dun baiser pressé : « Où est ma princesse ? Tiens, regarde, du chocolat rien que pour toi ! » Après avoir joué mille histoires, il senfermait casque sur la tête devant un film, laissant Sophie ranger, border, soupirer. En voiture, il chantait avec Capucine, oubliant même découter ce que disait sa femme. Il fallait tout répéter sans arrêt.

Et puis, la première fois où il a crié sur elle Capucine était malade, de la fièvre au plafond ! Sophie veillait, nuit blanche, le médecin disait « ça va passer », mais Sophie saccrochait. Quand elle a pleuré de fatigue, François a hurlé :

Ça va laider, tes pleurs, à la gamine ? Reprends-toi ! Cest pas ça, une mère.

Ce soir-là, Sophie a cessé de pleurer. Pas parce que ça allait mieux, mais parce que quelque chose sest cassé dedans. Elle, une mauvaise mère ? Dun coup, la vie sest grisée, comme du linge passé à trop chaud. Capucine guérit, heureusement, mais cette nuit avait tissé une rancœur, venue squatter larmoire de Sophie. Et cette rancœur, elle sy connaissait !

Capucine la regardait dans le blanc des yeux. Silence. Il fallait voir papa, maintenant.

Je reviens.

Capucine se dégagea et sortit. Avant de claquer la porte :

Ne pleure plus, daccord ?

Sophie ne répondit pas. Elle repassait en boucle tout leur début. Il ny avait pas que du sombre ! Le coup dœil de François, la toute première fois. Derrière ses lunettes cassées. Leur mariage sans bouquet, la naissance de Capucine, son premier « maman », leur premier été à Royan, la première vente de François il en avait fait un gâteau trop sucré, et Sophie avait failli fondre en larmes en le jetant. Mais lui, tout fier :

Je ten referai un ! Sinon, on le garde dans une boîte pendant cent ans, comme à Buckingham !

Lachat de leur petit appart, à rêver de la maison et dun second enfant qui nest jamais venu. Les soucis ont déboulé, comme une boule de pétanque dans un jeu de quilles, et le dialogue sest rétréci façon ticket de caisse. Des petites remarques inutiles, des mots en plomb, jusquà tout couvrir dans leur deux-pièces. Capucine, elle, aurait peut-être dit : « cest pas des mots, cest des piques ! »

Sophie ouvrit le robinet deau froide, rassembla son courage. Assez gambergé. Il y a bel et bien des bons souvenirs, et des déboires, mais la question cest : on avance, ou on saborde ? Elle imagina leur vie sans François. Plus de disputes ? Peut-être, mais plus dépaule sur qui pleurer pour Capucine. Plus de partage. Elle frissonna.

Capucine, elle, fila vers la cuisine. François, dos à la fenêtre, ne bougeait pas.

Papa ?

Capu ! Tes pas au lit, toi ?

Pas dodo encore ! Elle escalada les genoux de son père. Vous avez crié

Je suis désolé.

Mais pourquoi ?

On a crié ?

Oui.

Je sais pas, ma puce Cest venu tout seul.

Tu en veux à maman, toi ? Capucine planta ses yeux dans ceux de son père. Elle sen voulait, elle aurait dû tout leur dire plus tôt. Cacher les disputes, avec Doudou, cest facile. Mais en parler, cest mieux cest Madame Brigitte qui la dit, une fois avec Anaïs.

Cest maman qui te la dit ?

Non, jai vu.

Comment tu vois ça ?

Quand tu laimes, tu la prends dans tes bras. Elle sourit. Mais, quand tu lui fais mal, vous criez fort. Jai raison ?

François la regarda longuement, ému au possible.

Tu es devenue grande

Maman aussi la dit.

Et quoi dautre ?

Quelle taimait. Et quelle maimait aussi.

François sentit son cœur se réchauffer, le front se lisser, lenvie de tout effacer. Capucine descendit :

Je file voir Doudou. Il doit flipper tout seul, le pauvre.

Vas-y. François la regarda penser, puis il resta seul. Où ça a coincé avec Sophie ? Pas un événement, peut-être juste « la vie ». Larrivée de Capucine avait tout boulversé, Sophie était devenue distante, il se portait absent, pensant bien faire et en fait, non. Il avait tenté les petites attentions classiques, le dialogue était devenu auto-radio. Il se blâmait, oubliait la tendresse, croyait être lhomme invisible. Avant, Sophie ouvrait la porte avec le sourire, maintenant elle soupirait à chaque retour.

Il se souvenait avec une précision cruelle de la nuit de la fièvre. Son impuissance, sa colère contre lui-même davoir crié sur Sophie. Il avait voulu sexcuser, mais elle lavait regardé, figée, glaciale, et il avait compris : cétait mort, ou presque. Puis les mots de sa mère lui revinrent. Il devait avoir quinze ans :

Assume tes responsabilités, François. Les femmes, ça aime sentir quon soccupe delles.

Même quand elles exagèrent ?

Surtout ! Réfléchis à ce que tu aurais dû faire, pas à ce quelle aurait dû faire. La famille, cest du boulot, et le boulot, nous, cest de tout porter à deux. Si tu naides pas, ne tétonne de rien. Et traite ta femme comme avant le mariage, ou plus encore.

Cest-à-dire ?

Avant le mariage, elle est précieuse, la plus belle, la plus fragile. Après, tu oublies. Souviens-ten, elle, non.

Et les garçons ?

Pareil. Mais chaque fille sera femme un jour. Tu me remercieras, un jour.

François se frotta le visage, esquissa un sourire :

Merci, Maman

Un peu plus tard, la maison sétait apaisée. Capucine, collée à Doudou, une main autour du cou de maman, qui dormait déjà. Capucine passa doucement la main sur la ride naissante entre les yeux de sa mère. Avant, elle nétait pas là. Elle soupira, et se dit : Pourvu que demain soit une bonne journée. On dit toujours ça, mais on y croit à moitié. Elle ferma les yeux très fort : demain il faudra que ça marche, cest tout.

Le réveil de Sophie, évidemment, pas entendu normal, il était dans la chambre, où Capucine dormait à poings fermés. Un œil sur la pendule-chat (merci la brocante du dimanche !), Sophie se leva en catastrophe. En retard pour lécole, en retard pour le bureau, mais tant pis, aujourdhui ce nest pas grave.

En cuisine, une cuillère heurta une tasse. François était déjà là, ce qui était rarissime ! Curieuse, Sophie entra sur la pointe des pieds. François était devant la plaque, le dos droit, surveillant une cafetière italienne.

Salut Un regard, et Sophie sut tout de suite quil navait pas dormi. Les yeux rouges, cernes dignes dun panda. Mais ce qui la scotcha, cétait le gâteau sur la table. Un gâteau maison, affreusement décoré, grosses roses en beurre, bref, leffort dun homme amoureux et nul en pâtisserie. Il avait sans doute cherché les douilles à pâtisserie toute la nuit !

Sophie ouvrit la bouche, mais François la devança et sapprocha.

Pardonne-moi, Sophie. Pour tout. Je suis un piètre mari, je tai négligée, jai été dur, tout ce que tu veux. Mais tu sais quoi ? Tu es la meilleure chose qui me soit arrivée. Toi, puis Capucine. Sans toi, Capucine nexisterait même pas. On ne pourra pas tout réparer, je le sais, mais tu pourrais au moins essayer dy penser ?

Sophie le regarda longuement, cherchant à comprendre. Puis elle posa la main sur sa bouche.

On est deux. Excuse-moi, aussi. Tu las dit, il faut réfléchir. Sérieusement, et à beaucoup de choses.

Longtemps ?

À vue de nez, sept mois.

François eut un blanc monumental, jusquà ce que Sophie éclate de rire.

Tu me fais une blague ?

Pas du tout Et tu las compris.

Et avant quil ne réalise totalement, la porte de la cuisine souvrit sur Capucine, ébouriffée, Doudou plaqué sur son pyjama, se frottant les yeux.

Vous avez arrêté de vous disputer ?

Ils échangèrent un regard.

Ouaaaah, ya du gâteau ! Cest pas interdit, le matin ?

Aujourdhui, on a tous les droits ! François attrapa Sophie par la taille et lui chuchota à loreille : Je taime, donne-moi une chance.

Toi aussi, toi. murmura Sophie avant de se tourner vers leur fille. Mais les filles pas lavées, elles nont pas de gâteau.

Jy vais vite ! Capucine installa solennellement Doudou sur la chaise et sécria : Deux parts, sil te plaît ! Pour moi et Doudou.

Les ours, ça ne mange pas de gâteau.

Cest pour ça que je suis là ! Je partagerai.

***
Des années plus tard, Sophie longerait lallée du parc, la poussette dune main (pressée daller chercher Capucine à lécole), Vadim chouinant à point nommé. Sophie pencherait la tête, et, déjà, des bras familiers la soulèveraient.

File, je gère ! François porterait le petit dernier, et hocherait gentiment. On vous attend ici.

Sophie glisserait un sourire, repartant vers lécole. Les vacances de Capucine démarraient demain, billets pour La Rochelle dans le sac, valises prêtes, Vadim verrait la mer pour la première fois. Tant de choses ces trois dernières années ! Relations à reconstruire, une séparation temporaire chez les parents, la réconciliation grâce à Mamie Nadège, la perte de la grand-mère La naissance de Vadim, et puis, ses premiers pas. Son premier mot, oh surprise : « Papa ! ». François a paradé comme un paon devant Sophie, qui levait les yeux au ciel pour la forme.

À la rentrée, Capucine solennelle, intimidée blanchit comme ses rubans, mais releva le défi, sans un regard en arrière. Elle entrait dans la nouvelle aventure.

Maman !

Capu ! Sophie la serra Ça sest bien passé ?

Jsuis la meilleure ! Madame Morel a dit quil ny en avait que deux comme moi dans la classe, avec Anaïs.

Vous êtes formidables ! Sophie trappera Capucine dans ses bras.

Papa et Vadim sont où ?

Ils vous attendent au parc.

Tant mieux ! Et Doudou ?

Tu penses ! éclata Sophie de rire. Il trône dans la poussette du petit frère.

Capucine souffla elle avait offert son Doudou préféré à Vadim, on partage, cest la famille, mais il lui manquait quand même un peu. Maman, à elle, elle pouvait tout dire.

Derrière elle, en voyant ses parents séchanger Vadim au rythme de leur conversation pleine de vie, Capucine se pencha vers la poussette, chuchota à Doudou :

Tu crois que, cette fois, ça ira ?

Doudou la fixa de ses yeux ronds, en silence, mais Capucine sentit bien que, oui, cette fois, tout irait bien.

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