Les Fiançailles à lHeure
Camille était assise à son bureau, concentrée sur sa tâche. Devant elle, une imposante pile de dossiers factures, contrats, rapports que ses mains rangeaient méthodiquement dans différentes chemises, comparant les chiffres, notant des remarques dans son carnet. Dans lopen-space régnait un calme relatif, troublé de temps à autre par la rumeur dune conversation dans le bureau voisin ou le claquement discret de claviers. Les rayons du soleil filtraient à travers les stores et traçaient des bandes lumineuses bien nettes sur le bois blond.
Au milieu de cette concentration, le vibreur de son téléphone sonore retentit, la faisant sursauter. Elle quitta ses feuilles des yeux et lut le nom affiché sur lécran : Maman. Camille fronça les sourcils. Ce nétait pas dans les habitudes de sa mère : dordinaire, elle nappelait quen début de soirée, une fois rentrée. Là, il nétait que quinze heures. Que pouvait-il bien se passer pour quelle décroche ainsi de sa routine ?
Appuyant sur répondre, elle porta le téléphone à son oreille.
Camille, ma chérie, tu pourrais venir tout de suite ? demanda la voix, inhabituellement fébrile, chargée dune légère angoisse que Camille ne manqua pas de percevoir. Cest très important.
Une tension lui noua lestomac. Elle se redressa dans son fauteuil, repoussa machinalement la paperasse qui, soudain, devint totalement secondaire.
Que se passe-t-il ? demanda-t-elle, tâchant de garder une voix posée, mais sa crainte filtra malgré elle. Tu es malade ?
Non, non, tout va bien, pensa sa mère, parlant trop vite, comme pour désamorcer la peur naissante. Mais il faut quon se parle. Cest urgent.
Camille hésita un instant, jetant un œil aux dossiers épars sur son bureau. La journée était loin dêtre finie et la charge de travail importante. Mais linsistance de sa mère ne laissait place à aucune remise en question.
Très bien, soupira-t-elle, levant la tête vers lhorloge au mur. Je serai là dans une heure.
Si tu peux, essaie dêtre plus rapide, fit sa mère, sa voix se faisant étrangement mystérieuse. Il y a des gens qui attendent.
Lexpression des gens qui attendent résonna en elle, pleine de sous-entendus. Camille fronça les sourcils. Mille hypothèses sélancèrent dans sa tête, des plus graves aux plus loufoques. Mais elle sabstint dinterroger plus longuement : si sa mère disait que cétait urgent, alors il fallait sy rendre.
Elle rassembla rapidement ses affaires, rangea les documents, attrapa son sac et son portefeuille, enfila sa veste et alla expliquer la situation à son chef. Celui-ci, homme de bon sens, la laissa partir sans difficulté.
Dès la sortie de son bureau, Camille lança lapplication de VTC, choisit ladresse maternelle, valida sa commande et, tout en attendant la voiture, rappela sa mère pour savoir si elle devait ramener quelque chose : Rien, viens juste vite, répondit celle-ci.
Dehors, Camille se surprit à hâter le pas, presque en courant. Les questions tournaient en boucle dans sa tête, mais elle refusa de laisser son imagination galoper. La voiture arriva cinq minutes plus tard. Elle monta, donna son adresse et prie pour que le trajet soit rapide.
Le voyage dura quarante minutes, minutée sur son téléphone. Dehors, Paris défilait, les façades haussmanniennes, les panneaux de boulangerie, les squares envahis par le vert printanier. Camille ny prêta guère attention, tout accaparée à essayer de deviner ce qui lattendait.
Des soucis au travail de sa mère ? Elle lui avait vaguement parlé dune mission compliquée, de collègues nerveux. Ou était-ce à cause de la tante Lucienne, sa plus fidèle amie ? Les deux femmes partageaient tout ; la moindre nouvelle de lune arrivait vite à lautre. Peut-être était-ce la santé dun cousin éloigné ? Camille repassa toutes les possibilités, aucune ne lui parut convaincante.
Arrivée à limmeuble familial, elle régla le chauffeur cinquante-six euros puis grimpa les escaliers quatre à quatre, sortant déjà ses clés. Mais la porte souvrit avant même quelle ne les insère.
Enfin te voilà ! sexclama sa mère, lattrapant par la main pour la tirer à lintérieur. Entre vite.
Dans lentrée, la bonne odeur des chouquettes à la vanille spécialité de sa mère pour les grandes occasions la frappa. Camille sarrêta, inspirant ce parfum associé à chaque célébration familiale. Mais leffervescence de ce jour ne rappelait rien dun anniversaire ou dune fête.
Prudente, elle ôta ses chaussures et pénétra plus avant.
Maman, quest-ce qui se passe ? glissa-t-elle, se dirigeant vers le salon.
Elle simmobilisa sur le seuil. Autour de la table ronde nappée dun linge immaculé, était assis Julien, le fameux Julien : fils de lamie de sa mère, que Camille surnommait depuis ses six ans le Mollasson. Toujours un peu empoté, maladroit, peinant à finir une phrase sans sy reprendre à deux fois. Il tenta un sourire gêné, remettant en place son col de chemise, clairement mal à laise.
À côté de lui, tante Lucienne arborait la mine rayonnante des bons jours, le visage épanoui comme si elle assistait à un mariage. Camille fut tout simplement décontenancée.
Bonjour Camille, lança timidement Julien en se levant, tentant de paraître sûr de lui. Ça fait longtemps !
Oui, et ça pourrait durer, répliqua sèchement Camille en croisant les bras. Maman, pourquoi cet appel en urgence ?
Sa mère, feignant de ne pas remarquer son ton, se mit à lisser la nappe, puis une serviette, puis encore la nappe.
Ma chérie, avec Lucienne, on sest dit Vous vous connaissez depuis toujours. Vous êtes grands, indépendants…
Et alors ? Pourquoi moi, Maman ? Jai quitté le boulot, laissé des dossiers urgents, pour…
Tante Lucienne nattendit pas pour intervenir :
Julien est adorable. Il a un bon poste, son appartement… Tout ce quil faut !
On voulait juste que vous discutiez, tenta la mère, levant enfin un regard évasif vers sa fille. Que vous appreniez à vous connaître vraiment.
Une colère sourde enfla en Camille. Encore une tentative pour lui présenter le prétendant idéal, comme si elle ne savait pas ce quelle voulait. Serrant les poings, elle tenta de garder son calme mais sa voix trembla.
Maman, japprécie ton inquiétude, mais cest à moi de décider avec qui je veux parler ou pas.
Julien rougit, mal à laise, tripotant son col de chemise comme sil létranglait.
Camille, peut-être quon pourrait… discuter ? Avant de ténerver On sentendait bien, non ? Tu es très jolie, et je ne suis pas…
Franchement, le coupa-t-elle sans détour, tu ne mas jamais intéressée, et ça na pas changé. On ne peut pas forcer les sentiments juste parce que ça arrangerait tout le monde.
Julien baissa la tête, la voix hésitante :
Mais on pourrait essayer Je le pense vraiment, jaimerais tenter.
Camille ferma brièvement les yeux, pesant ses mots.
Julien, tu es quelquun de bien, vraiment. Mais ça ne suffit pas. Les sentiments ne se commandent pas. On ne peut pas sinventer une relation parce que cest logique sur le papier.
La tension la quitta doucement. Sacré numéro, cette mère !
Je crois quil vaut mieux que je parte, murmura-t-elle en attrapant son sac. Désolée, maman, de briser ton plan. Mais cest plus honnête ainsi.
Camille ! gémit sa mère en tendant le bras, voulant la retenir par la manche. Attends, parlons tranquillement. On voulait juste ton bonheur.
Non, répondit-elle, douce mais ferme, une main levée. On en reparlera plus tard, quand tu seras prête à vraiment mécouter. Là, je dois retourner au travail. Et ne recommence pas, sil te plaît. Jai eu peur pour rien.
Elle sortit sur le palier sans regarder en arrière. La porte se referma sur un petit claquement, la laissant dans la clarté fraîche du dehors, vivifiée par une averse récente. Camille respira longuement ses pensées sapaisèrent.
Pourquoi sa mère narrivait-elle pas à lâcher prise ? Pourquoi vouloir toujours la caser à tout prix ? Cela semblait tellement vain ! Depuis toute petite, Camille savait ce quelle attendait de la vie et dun compagnon. Elle navait aucune envie dun homme sans assurance, toujours dans lexpectative, encore moins dun adulte dépendant de sa mère ! Son avenir, elle limaginait avec quelquun de sûr de lui, pas un indécis, encore moins quelquun qui sollicitait sans fin lavis maternel.
Toujours irritée, elle coupa par un petit parc quelle connaissait depuis lenfance. Rien navait changé : sur les allées gravillonnées, des enfants jouaient, des femmes papotaient en poussant des poussettes, des couples âgés devisaient ensemble sur la même banquette, le visage tourné vers le soleil. Camille évita les flaques, laissant tomber les gouttes sur ses épaules sans y prendre garde.
Son téléphone vibra. Maman saffichait à nouveau. Camille hésita à répondre, puis céda.
Camille, pourquoi es-tu partie comme ça ? demanda la voix maternelle, mêlant la vexation à une pointe de déception, comme si on avait cassé sa belle idée. On voulait juste discuter.
Maman, je ne vais pas épouser Julien sous prétexte que toi et tante Lucienne êtes amies depuis vingt ans, expliqua Camille, paisible, poursuivant son chemin. Ce nest pas sérieux de décider ça daprès votre amitié.
Mais je ne te demande pas de lépouser ! sagaça sa mère. Juste de le voir, il est poli, cultivé, il a un bon poste, il ne boit pas, il est bien.
Peut-être. Mais ça ne veut pas dire quil est pour moi.
Et qui serait pour toi alors ? reprit sa mère soudain lasse, comme si la même discussion revenait depuis toujours. Voilà trois ans que tu es seule. Tu ne rencontres personne. À quoi tu joues ?
Je ne joue pas. Je ne vais pas sortir ou mengager nimporte comment simplement parce que ça rassurerait les gens. Je suis prête à faire connaissance, mais que ça reste mon choix, pas le fruit dun complot familial.
Ton choix cest travailler du matin au soir, dîner devant la télé et ne voir personne à part tes collègues ? Camille, je voudrais seulement que tu connaisses le bonheur.
Mais je suis heureuse, répliqua-t-elle en sasseyant sur un banc. Des enfants devant elle lançaient des bateaux de papier dans une flaque. Ma vie me plaît, mon travail aussi. Je ne veux pas dun homme quelconque pour remplir un vide qui nexiste pas. Et encore moins parce que tu as peur.
Silence. On entendait juste le bruissement dun fond sonore la mère avait dû éloigner un instant le téléphone pour souffler. Puis elle reprit, la voix plus basse :
Daccord. Excuse-moi si jai insisté. Tu sais je crains que tu sois seule plus tard, quand nous ne serons plus là.
Je comprends, dit Camille, attendrie. Et je taime pour ça, pour ta sollicitude. Mais ne me refais pas ce genre de surprise, daccord ? Tu ne sais pas tout ce que je me suis imaginé
Promis, fit sa mère dans un léger rire. Mais si jamais tu rencontres quelquun qui te plaît vraiment, dis-le-moi sans tarder ?
Bien sûr, Camille se releva en ajustant sa bandoulière. Je te tiendrai au courant. Mais là, je file, jai encore beaucoup à faire. Bisous, maman.
Bisous, prends soin de toi.
Camille rangea lappareil, la tête levée vers le ciel. Derrière les nuages, lazur pointait peu à peu, illuminant les toits dune lumière dorée. Au loin, le rire de deux jeunes femmes qui passaient sur le trottoir, sacs au bras, éclaboussait la rue. Un joggeur croisait une chienne rousse tirant la langue deffort.
Elle aspira lair frais. Tout autour, la vie suivait son cours, les gens pressés, les enfants en jeux, les clients attablés devant un expresso Rien navait changé. Et soudain tout lui parut plus facile, comme si lunivers lui rappelait à sa façon que nos existences offraient mille issues, mille rencontres imprévues, et quil était inutile de vouloir forcer la destinée dans le moule dautrui.
Camille tâcha ensuite de ne plus songer à cette scène gênante. Son emploi à lagence lui prenait toutes ses forces : la préparation de la nouvelle campagne exigeait rigueur et attention. Elle arrivait la première au bureau, repartait la dernière, buvait du thé fort, grignotait entre deux rendez-vous, validait budgets et plannings, courait dune salle à lautre. Éreintée à la fin de la journée, elle navait guère la force, rentrée chez elle, que de filer sous la douche puis sous la couette.
Pourtant, la nuit, dans le silence de lappartement et la lumière maigre des réverbères, les souvenirs revenaient par vagues. Elle revoyait la déception de sa mère, le malaise de Julien, lespoir naïf de tante Lucienne. Aucun remords, elle restait convaincue davoir eu raison. Mais une trace damertume persistait : cétait dommage davoir dû employer tant de fermeté pour se faire comprendre.
Le vendredi soir, épluchant ses mails sur la tablette du salon, elle tomba sur un message dun collègue : invitation à son anniversaire. Viens, ce sera sympa, tu rencontreras des gens, il y aura de la bonne musique ! hésita Camille, tentée de refuser, épuisée par la semaine. Mais elle se sentit soudain lasse daller toujours du bureau à la supérette, du lit au bureau, sans respirer un peu.
Allez, pourquoi pas ? répondit-elle enfin, tapant Jarrive.
La fête avait lieu dans un petit bar tendance de Montreuil murs de briques, tables en bois, canapés chics près des fenêtres. Lorsquelle entra, la salle était pleine. Les odeurs de café, de viennoiseries et de parfums légers se mêlaient aux accords jazz diffus et aux conversations qui fusaient de tous côtés.
Elle repéra vite le héros du jour, qui, debout près du comptoir, gesticulait en racontant une histoire. Lapercevant, il la salua dun grand geste, vint à sa rencontre et la serra dans ses bras.
Tu es venue ! Je croyais que tu allais te défiler !
Javais envie de changer dair, répondit Camille en souriant. Joyeux anniversaire, au fait !
Après quelques mots sur le travail, il linvita à sinstaller près dune petite table à la fenêtre, où attendaient ses amis. Assieds-toi là-bas, tu verras, ils sont cools. Je reviens dès que jai livré les gâteaux. Camille attrapa un jus dorange au passage dun serveur, observa la salle, puis sinstalla à la table indiquée. La discussion battait déjà son plein avec des blagues, des anecdotes et beaucoup de rires. Elle répondit à un salut collectif et se laissa doucement gagner par latmosphère chaude du lieu.
Salut, dit soudain un jeune homme sasseyant à côté delle avec un sourire franc. Tu dois être Camille ? Je mappelle Maxime, collègue de Juliette.
Oui, Camille, enchantée, répondit-elle.
Je tai vue il y a deux semaines au comité de pilotage sur le projet Pacific, poursuivit Maxime, sinstallant auprès delle. Tu pilotes la mission MondeVerte, non ?
Camille fut surprise de cette attention. Dhabitude les équipes différentes ne connaissaient pas bien les dossiers voisins.
Exactement. Et toi, tu es ?
Je fais partie de léquipe analyse de données. Jai bossé sur les chiffres de votre projet, les projections, tu vois.
Le courant passa immédiatement. Maxime nétait pas seulement compétent, il était aussi joueur, attentif, à laise dans léchange, émaillant la conversation de traits desprit qui faisaient rire Camille plus quelle ne sen rendit compte.
La soirée devint de plus en plus festive, la petite salle saturée de voix et dexclamations. Maxime proposa daller prendre lair sur le trottoir. Impossible de sentendre ici, fit-il remarquer en souriant. Camille accepta. Dehors, la fraîcheur et la nuit leur offrirent une bulle de calme. Ils sappuyèrent contre le garde-corps, observant les voitures filer sur le boulevard.
Les loisirs, tu en as ? tu fais quoi de ton temps libre ? demanda Maxime en se penchant vers elle.
Je lis, je me promène, jadore aller au cinéma Et toi ?
Voyager ! senthousiasma-t-il soudain. Lété dernier : les Cévennes magique ! La montagne, le vin, la chaleur humaine tout est resté gravé.
Raconte ! samusa Camille, sincèrement curieuse.
Maxime se mit à décrire son périple en détails, les petits chemins pierreux, le pain de campagne chaud, les habitants accueillants qui linvitaient à dîner comme un copain de toujours. Camille se sentit transportée là-bas.
Et toi, tu rêves de voyager où ? demanda-t-il lors dune pause.
Au bord de la mer, répondit-elle dans un sourire, se souvenant des vacances bretonnes de lan passé. Jaime écouter le ressac, sentir le vent plein diode. Hélas, ce nest pas tous les ans, le boulot me rattrape.
Il faudra changer ça ! plaisanta Maxime, adoptant un ton complice sans forcer. On pourrait y aller ensemble lété prochain ?
Camille en resta bouche bée, mais se laissa aller à rire.
Tu ne manques pas de culot. Mais cest sincère ?
Ça lest, répondit-il calmement, droit dans les yeux. Jaimerais te connaître mieux.
Camille sattarda sur son regard, où ne se lisait aucune pression, rien que la curiosité et le naturel. Et ça lui fit du bien.
Daccord, pourquoi pas. Mais doucement, prévint-elle.
Ce sera à ton rythme, promit-il avec douceur. Je peux te proposer un café demain ? On parlera sans se presser.
Avec plaisir, répondit-elle, sentant quun bonheur tranquille montait en elle, rare et délicieux.
En rentrant chez elle, avant même davoir retiré ses chaussures, son téléphone sonna à nouveau. Maman safficha. Camille, le sourire encore accroché aux lèvres, répondit dun geste.
Salut ma chérie. Ça va ? fut la première question, prononcée avec prudence, comme sur la pointe des pieds.
Super, répondit Camille en saffalant sur le canapé. Je reviens dune soirée chez des collègues. Jai rencontré quelquun.
Ah bon ? sétonna sa mère, partagée entre soulagement et prudence. Il est comment ? Raconte !
Sympa, drôle et surtout, il na pas besoin dappeler sa maman à la moindre embûche, pouffa Camille.
Sa mère éclata aussi de rire, visiblement soulagée.
Alors, je nai plus à me faire de mauvais sang ?
Camille marqua un temps. Il lui fallait trouver les mots juste, pour que ce soit compris à sa juste valeur.
Tu sais, commença-t-elle, toujours très sérieuse, cest bien que tu te soucies de moi. Mais ne tinquiète pas autant. Je men sors, tu peux me faire confiance.
Daccord, ma chérie, souffla sa mère dans un dernier sourire. Je taime très fort.
Moi aussi, Maman, répondit Camille tendrement.
Elle laissa le téléphone et ouvrit la fenêtre. Dehors, Paris se couvrait dun voile dor et dargent, les phares des voitures filaient sous ses yeux, et au loin le bruit du quartier enveloppait la soirée. Camille simprégna de cette ambiance rassurante, se réjouissant du cours tranquille que reprenait sa vie.
Dans ce calme, elle comprit que tout allait bien, que tout venait à point, et que lessentiel était demprunter sa propre voie, avec patience et confiance.



