Ma famille a toujours gravité autour de mon père, cet homme qui ma élevé, veillé sur moi et ma offert un soutien inébranlable. Peu de temps après ma naissance, ma mère est partie, et mon père, marqué par cet abandon, a choisi de ne jamais se remarier, redoutant sûrement une nouvelle peine. La vie na pas été généreuse avec lui, et bien souvent, jaurais aimé grandir plus vite, pour pouvoir lépauler dans toutes ses responsabilités de chef de famille.
Vu les difficultés financières dans lesquelles nous nous trouvions, jai commencé à travailler dès mes quinze ans. Je rédigeais des articles pour des journaux de province à Lyon, et trois ans plus tard, jai décroché un emploi davantage rémunéré. Quelques années supplémentaires et jai retrouvé un poste administratif à Paris, ce qui ma permis de devenir indépendante et dassurer les besoins de mon père et les miens. Un soir, mon père ma appelée pour ce quil disait être une conversation importante. Jétais un peu anxieuse.
Dans le salon, une femme mattendait. Selon mon père, cétait ma mère. Lorsquelle ma aperçue, elle a éclaté en sanglots, suppliant mon pardon et tentant de me prendre dans ses bras. Mais je nai pas pu me résoudre à la serrer contre moi. Je me suis délicatement dégagée et je suis partie sans prononcer un mot, laissant ces deux êtres seuls face à leur histoire. Jai décidé de laisser à mon père la liberté de gérer la situation à sa manière. Pour moi, il demeure impossible de pardonner à quelquun qui a choisi de nous abandonner si froidement, sans jamais sinquiéter de mon anniversaire et sans offrir le moindre signe de tendresse durant toutes ces années passées.







