Cher journal,
Je mappelle Pierre, un garçon discret, sans mauvaise habitude, qui a toujours préféré la simplicité. À mes vingt-cinq ans, mes parents mont offert un appartement à Lyonnotre ville, si vivante, mais aussi apaisante pour quelquun comme moi. Ils ne me lont pas donné directement, bien sûr, mais ils mont aidé à réunir largent pour la première mensualité du crédit immobilier. Je me suis donc installé seul, savourant lindépendance et la solitude. Mon métier de développeur me laissait peu de contacts, et cela me convenait parfaitement.
Pour briser cette monotonie, jai décidé dadopter un chaton. Il avait une malformation aux pattes avant, ce qui lui donnait une allure étrange, mais touchante. Les anciens propriétaires de la mère du chaton voulaient le faire euthanasier, mais mon cœur sest serré. Je lai recueilli, et je lai nommé Beau. Nous étions profondément complices : je me dépêchais chaque soir de quitter le bureau pour retrouver Beau, qui mattendait patiemment sur le tapis du couloir.
Quelques mois plus tard, jai commencé à fréquenter une collègue : Amandine. Elle était décidée, sûre delle. À peine quelques semaines sétaient écoulées quelle sétait installée chez moi. Rapidement, elle manifesta son antipathie envers Beau, me demandant de me débarrasser de lui. Jai refusé : Beau était important pour moi, il faisait partie de ma vie. Mais Amandine ne lâchait pas prise, revenant constamment sur le sujet. Elle insistait, arguant que la présence de Beau gâchait notre image de couple, surtout lorsque nos amis étaient choqués par sa démarche maladroite. Je me retrouvais alors partagé entre elle et mon chat, que jaimais autant.
Mes parents, dailleurs, napprouvaient pas Amandine. Ils la trouvaient impolie et arrogante. Ils mont conseillé de ne pas trop précipiter nos engagements, de mieux la connaître avant toute décision.
Le déclic est venu lors de la visite des parents dAmandine. Dès quils ont franchi le seuil de lappartement, son père a éclaté de rire en voyant Beau, le traitant de « monstre » et multipliant les moqueries. Jai pris la défense de mon chat, mais toute la soirée, Amandine et ses parents nont cessé de se moquer, imaginant mille façons de se débarrasser de lanimal. Sa mère riait de concert, sans aucune compassion.
Le lendemain, en rentrant du travail, Beau avait disparu. Quand jai interrogé Amandine, elle ma avoué lavoir emmené à la clinique vétérinaire, le laissant là-bas. Jai paniqué. Pendant cinq longues heures, jai arpenté Lyon à la recherche de Beau. Je lai finalement retrouvé, apeuré mais soulagé de me revoir. Il sest blotti contre moi, ronronnant comme jamais.
Rentré chez moi, jai dit à Amandine de faire ses cartons et de partir. Je ne souhaitais plus la voir. Son attitude me répugnait désormais. Le matin, elle a quitté lappartement, silencieuse, résignée. Jamais elle naurait pensé que mon chat compterait plus quelle.
Aujourdhui, Beau et moi vivons ensemble. Il attend toujours mon retour avec impatience, et moi, je savoure sa présence fidèle. Le calme est revenu dans mon foyer, et mon cœur est apaisé.







