« La mère de ma femme est riche, nous n’aurons jamais besoin de travailler » – s’est réjoui mon ami.

Mon ami, qui sappelle Gérard, a toujours rêvé de vivre sans souci, mais surtout aux frais des autres. Il sest efforcé de séduire une jeune femme issue dune famille aisée. Dès le début, je voyais bien quil néprouvait aucun amour pour elle et que ce mariage ne pouvait rien apporter de bon. Néanmoins, Gérard était persuadé quune épouse riche était la voie royale vers une existence insouciante et confortable. Cela aurait pu se tenir si elle-même avait un vrai sens des affaires. Mais, en réalité, la fortune de la famille provenait de la mère de la jeune femme, une certaine Madame Lefevre, propriétaire de plusieurs boutiques réputées à Lyon.

Jai tenté de raisonner mon ami :

Tu ne crois tout de même pas que ces gens vont soutenir éternellement un fainéant ? Lidéal, cest quand on est indépendant et quon a son emploi.
Mais arrête un peu ! On attend un enfant, ils me font confiance sans retenue ! ma-t-il répondu, tout ravi.

Je narrivais pas à comprendre son raisonnement. Il nest jamais juste dagir ainsi avec la personne quon aime. Un homme doit savoir subvenir aux besoins de sa famille, que diable !

Le temps passait. Un jour, devenu curieux, je lui ai demandé ce quil faisait maintenant. Jappris alors quaucun des deux ne travaillait. Ils restaient tous les jours à la maison, à jouer à des jeux vidéo, à regarder la télévision ou à dormir. Cétait la mère qui les entretenait. Javoue, sur le coup, je lai presque envié : Gérard avait ce quil voulait.

Tant que la mère de Camille est riche, on na pas de souci à se faire, proclamait-il, tout content de sa vie douce.

Cela aurait pu durer, mais la situation sest détériorée. Les affaires de la mère ont connu une sérieuse baisse de revenus. Face aux difficultés, elle a été contrainte de donner du travail à sa fille et à son gendre.

Un mois plus tard, mon téléphone a sonné : Gérard, dune voix anxieuse, me demandait si je pouvais lui avancer cinq mille euros pour deux semaines.

Je cherche du boulot. Si je décroche un entretien, jaurai une avance et je te rendrai largent. Là, on est complètement au bout du rouleau, ma-t-il confié tristement.

Sa vie paisible a pris fin comme ça. Depuis, lui et Camille travaillent tous les deux. Il ma remboursé son dû. Voilà ce quil en est davoir une belle-famille riche. On ne doit jamais compter sur autrui pour vivre. Mieux vaut rester maître de sa vie et savoir compter sur soi. Cest ainsi quon se sent en sécurité et heureux.

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« La mère de ma femme est riche, nous n’aurons jamais besoin de travailler » – s’est réjoui mon ami.
Les épreuves nous unissent, mais notre enfant grandit seul