Alors écoute, il y a deux ans, jai commencé à préparer ma valise. La mienne, et celle de ma fille. Jai installé un siège auto dans la voiture, pris un petit radiateur pour la route, et jai traversé Paris jusquau tribunal pour aller chercher le papier officiel pour la tutelle.
Quelques heures plus tard, jétais en route vers la chambre de mon fils. Cétait le jour où on allait enfin se retrouver. Toute la semaine, javais fait les allers-retours entre Lyon et Paris soixante kilomètres à chaque fois juste pour aller le voir et rentrer à la maison. Une semaine entière, interminable.
Il était minuscule à lépoque. Je me rappelle, je posais Louis sur le ventre et jimaginais quil avait toujours été avec moi, comme sil avait toujours été mon enfant. Franchement, lui aussi semblait le croire. Dans ces moments-là, il était tellement paisible, tranquille.
Chez les familles qui adoptent, on parle souvent du « Jour de la Cigogne ». Cest quand la famille accueille enfin ce petit être tant attendu. Tout le monde sillumine. Les parents trouvent un sens à leur vie et lenfant découvre ce que cest davoir une famille. Il commence à espérer une vie normale, à lui.
Tu sais, pour ma fille, il ma fallu quelques mois avant de la ressentir vraiment comme la mienne, pour lintégrer dans mon cœur. Mais pour mon fils, ça a été presque instantané. Javais une place pour lui sans même y réfléchir. Et il a vite trouvé la sienne chez nous. Parfois, je me demande encore comment sa mère a pu prendre une telle décision, comment elle a pu partir et le laisser, sans même jeter un regard derrière elle. Si elle lavait regardé ne serait-ce quune seule fois Peut-être que tout aurait été différent. Il est impossible de ne pas laimer. Jai la conviction quil était fait pour moi, destiné à croiser ma route.
Moi, je lappelle mon petit miracle. Il a ce truc, une grâce, un charme. Ce que je souhaite, cest quil grandisse heureux. Mon Louis, cest vraiment un honneur dêtre ta maman.






