Ma belle-fille refuse de me laisser voir mon petit-fils si je n’apporte pas d’argent, et mon fils ne réagit pas

Mon fils nest pas divorcé, il vit avec sa compagne, mais il na absolument aucun mot à dire dans leur foyer. À chaque fois que je rends visite à la maison, ma belle-fille exige que je promette de combien dargent je viendrai, sinon elle minterdit de voir mon petit-fils.

Ils se sont mariés il y a deux ans maintenant. Je nai jamais eu de sympathie pour cette jeune femme. Elle avait le regard envieux et les mains prêtes à saisir. À peine avait-elle obtenu le tampon sur le livret de famille quelle a commencé à exiger que je vende mon appartement pour partager le produit de la vente, afin quils puissent acheter leur propre logement. Selon elle, il ne serait pas normal quun homme comme mon fils nait pas dappartement à son nom.

Nous avons eu une vive dispute à ce sujet, car dabord, jai aussi une fille, et ensuite, pour quelle raison devrais-je leur céder mon appartement pour les beaux yeux de ma belle-fille ? Mes enfants ont reçu une bonne éducation, ils ont eu un bon point de départ dans la vie ; à eux de poursuivre par leurs propres moyens, comme je lai fait avec mon défunt mari.

Ma fille est toujours célibataire, elle travaille et a souscrit un prêt immobilier. Un temps, elle vivait avec moi et louait son propre appartement pour rembourser plus facilement, mais aujourdhui, elle vit seule. Mon fils, lui, est dune passivité exaspérante. Il ne soccupe de rien, se contente dapprouver ce que dit sa femme. Il refuse de vivre chez moi trop gênant pour elle sans doute, et ce nest pas le genre dun « roi » moderne de vivre à crédit dans lappartement de sa mère.

Je naurais pas sauté de joie à lidée de cohabiter avec elle dans mon appartement, mais au moins, cela aurait pu leur permettre déconomiser pour un apport. De toute façon, je ne compte ni vendre, ni donner quoi que ce soit tant que je suis là. À mon décès, ils hériteront chacun de la moitié, à eux de sarranger.

Jai dit tout cela franchement à ma belle-fille, sans prendre de gants. Et elle, pas le moins du monde gênée, me répond : « Maman, ce nest pas trop pour une seule personne de vivre dans un trois-pièces ? » Quelle politesse ! Jai demandé à mon fils de raisonner sa femme, mais il na su que marmonner vaguement.

Quest-il arrivé à mon fils ? Mon mari et moi avons toujours été solides, ma sœur aussi, mais mon fils, on dirait une méduse. Je me demande même comment il a réussi à se marier ! Sa femme devait être pressée, alors elle la pris comme il venait.

Depuis notre dispute à propos de lappartement, je nai plus eu de nouvelles de ma belle-fille. Mon fils ma bien appelée quelques fois, mais il ne venait jamais, sa femme lui ayant, semble-t-il, interdit. Cest aussi au téléphone que jai appris que jallais devenir grand-mère. Cétait émouvant, cétait mon premier petit-enfant. À cette occasion, jai voulu me réconcilier avec ma belle-fille : jai acheté un cadeau, un gâteau, et je suis venue, mais elle na pu sempêcher de me lancer que ce petit allait naître « chez les autres », comme un vagabond, relançant la discorde habituelle sur lappartement.

Impossible de se réconcilier. Je nai rien dit à cause de sa grossesse, je suis simplement partie. Au fond, je pense que les gens bêtes ne changent jamais. Je ne lai donc pas revue jusquà la fin de sa grossesse. Jai eu moi-même de sérieux ennuis de santé, jai enchaîné les rendez-vous médicaux. Même à la maternité, personne ne ma appelée. Jai appris la naissance de mon petit-fils une semaine plus tard quand mon fils sest enfin décidé à mappeler.

Il ma invitée à venir, mais tout de suite au téléphone, c’était ma belle-fille qui sest saisie de la conversation pour me rappeler quil valait mieux venir avec une enveloppe quun cadeau. Je nai pas discuté, après tout, un petit-enfant ne naît pas tous les jours. Jai puisé dans mes économies, jy ai mis dix mille euros, et je me suis présentée le jour dit.

Ma belle-fille sest emparée de lenveloppe à la porte avec une moue dédaigneuse. Apparemment, dix mille euros ne valent rien pour elle. Son visage affichait son mécontentement, même si elle na rien dit. Jai pu voir mon petit-fils ; il est magnifique, pas un poupon, il a déjà le nez de son père. Je ne suis pas restée longtemps, puis je suis rentrée. Plus jamais ils ne mont invitée. Je ne me suis pas imposée non plus : avec un bébé, il faut sadapter. Mais après trois mois, jai compris que je ne recevrais plus dappel. Jai donc appelé mon fils pour lui demander sil pouvait passer me voir.

Jai acheté quelque chose pour mon petit-fils, un gâteau pour le thé, puis je me suis rendue chez eux. Ma belle-fille ma ouvert. Elle a accepté mes cadeaux, a planté son regard dans le mien, puis a grimacé.

En fait, je pensais que vous aviez compris la dernière fois. Nous navons pas besoin de vos cadeaux, nous avons besoin dargent pour le petit.

Donc, chaque fois que je viens voir mon petit-fils, il faut une enveloppe ?

Quen pensez-vous ? À cause de vous, nous vivons en location, mon mari travaille seul. Vous navez rien fait pour ce petit, la moindre des choses serait daider financièrement.

Jétais outrée. Mon fils a entendu tout cela, sans rien dire, collé là avec lenfant dans les bras, clignant des yeux.

Je me suis détournée et suis sortie. Je ne mhumilierai pas devant une ingrate ! Je refuse de monnayer ma relation avec mon petit-fils.

Nous navons plus eu aucun contact depuis presque un an. Pas dappels de leur part, pas dappels des miens. Mais voilà quil y a une semaine, mon fils sest souvenu de moi pour lanniversaire du petit, me précisant de ne pas oublier le cadeau. Aussitôt, ma belle-fille a pris le téléphone pour lister la somme attendue, équivalente à mon salaire mensuel.

Je ny suis pas allée ; je nen ai tout simplement pas les moyens. Jai dû accepter que, pour moi, ce petit-fils et ce fils nexistaient plus. Un véritable fils naurait jamais laissé sa femme me faire chanter ainsi. Quils vivent dans leur propre marécage. Je ne paierai pas pour voir mon propre petit-fils.

Je vais réfléchir à la meilleure façon de régler la question de mon appartement, pour quaprès ma mort, ni mon fils trop mou, ni sa compagne avide ne puissent en toucher une miette.

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