Lorsque mon frère a eu ses 18 ans le mois dernier, il nous a surpris avec un coup de théâtre : il voulait épouser sa petite amie, Aurélie. Mais nos parents ont très mal accueilli cette nouvelle. Ils navaient jamais approuvé Aurélie, à cause de ses manières peu raffinées et de son manque de sérieux vis-à-vis de ses études. Certes, elle était inscrite à luniversité, mais elle séchait les cours si souvent que cela inquiétait beaucoup nos parents. Selon eux, elle détournait mon frère de ses responsabilités scolaires, ce qui avait de quoi les agacer.
Le comportement impoli dAurélie, ainsi que sa manière de shabiller, souvent négligée et peu élégante selon nos parents, ne faisaient que renforcer leur opposition à leur relation. La propre famille dAurélie nappréciait guère non plus cette histoire et refusait quils se voient chez eux. Malgré deux ans de vie commune, Aurélie ne semblait montrer aucune qualité de nature à convaincre nos parents de changer davis.
Mon frère, blessé par les objections de mes parents, resta ferme sur ses positions : il nétait pas question pour lui dabandonner Aurélie. Personnellement, je restais neutre vis-à-vis delle, mais je craignais que cette situation mette le feu aux poudres au sein de notre famille. Mon frère vivait encore sous notre toit, tandis quAurélie habitait avec sa mère, son beau-père et sa petite sœur dans un quartier modeste de Lyon. Incapables de soffrir un appartement à eux, mon frère lui proposa de venir occuper sa chambre chez nous.
La tension monta dun cran le jour où notre père lança, dun ton sec, quils ne pourraient jamais vivre décemment dans une chambre vide et sans meubles, et quil était hors de question de prendre en charge tous leurs frais. Vexé, mon frère réclama sa part de lappartement familial et quitta la maison dun coup, ne prenant quun sac à dos. Pendant des semaines, ils ont erré de canapé en canapé chez des amis, jusquau jour où ils sont revenus, décidés à rester ensemble envers et contre tout.
Mon frère bouleversa encore nos parents en leur annonçant quil voulait vendre sa part de lappartement, les menaçant presque de couper les ponts sils refusaient daccepter son choix. Cela provoqua une dispute explosive, et il repartit sans donner de nouvelles. Il ma semblé que la future belle-mère dAurélie, ayant des contacts dans le milieu du droit, avait pu lui souffler certaines idées ou lui proposer des conseils pour franchir le pas. Jai tenté dapaiser les choses, de jouer le médiateur et de recoller les morceaux, mais chacun, parents comme mon frère, ma vivement conseillé de ne pas me mêler de cette histoire.
Cétait une période très éprouvante pour tout le monde et jespère quavec le temps, le dialogue et un peu découte, nous finirons par retrouver la sérénité au sein de notre famille. Cette expérience ma appris à quel point lamour et la fierté pouvaient parfois diviser, mais surtout que chacun doit se faire sa propre idée et respecter le choix des autres, malgré les difficultés.






