Mon mari a une maîtresse. En toute honnêteté, leur relation ne me dérange absolument pas. Jai même rencontré cette femme lors dun après-midi pluvieux à Paris. Je nai ressenti aucune colère envers elle ; il ma semblé ridicule de nourrir un conflit à propos de mon mari.
Nous avons longuement discuté, assises sous la lumière chaude dun petit café du Marais. La maîtresse sest révélée être une personne douce. Après cette conversation, jai eu le sentiment étrange de la connaître depuis des années nous avons même échangé de petits présents, un geste spontané et sincère.
Plus tard, mon mari et sa maîtresse ont eu lidée dorganiser un mariage. Une cérémonie fictive, bien sûr, mais très sérieuse dans notre esprit. Cela ne ma pas dérangée. Au contraire, nous avons commencé les préparatifs ensemble, dans la complicité et la bonne humeur. Je lai aidée à choisir une sublime robe blanche dans une boutique de Saint-Germain, tandis quelle me conseillait sur ma tenue de soirée. Nous avons décidé que tout se déroulerait dans notre appartement haussmannien. Ce jour-là, jétais le témoin de leur union. Tout paraissait vrai, à lexception du passage à la mairie.
Le matin du mariage, la lumière dorée filtrait par les vitres. Nous nous sommes levées tôt, fébriles, et nous avons achevé les derniers préparatifs. Jai aidé la maîtresse de mon mari à passer sa robe de mariée, arrangeant le tissu délicat sur ses épaules. Tandis que nous marchions ensemble vers le salon, nous nous sommes promis amitié et loyauté, quoi quil arrive. Là, dans le salon baigné de musique douce, ils se sont échangé des vœux, glissés des alliances en or à lannulaire, puis se sont embrassés avec passion.
Leur première nuit de noces sest déroulée chez nous. Lorsque mon mari sest endormi, sa maîtresse est descendue me rejoindre dans la cuisine. Nous avons bavardé longtemps autour dun verre de vin de Bourgogne, un vrai moment de complicité et de rires. Nous avions tant de choses à nous dire, tant de points communs.
Jamais je ne me suis sentie humiliée par cette situation. Au contraire, je ressens un bonheur inattendu. À présent, jai quelquun avec qui partager des moments précieux : nous partons ensemble faire les boutiques sur les Champs-Élysées, flânons dans les jardins du Luxembourg ou allons nager à la piscine municipale. Pour être honnête, cette amitié compte plus pour moi que nimporte quel homme.
Que pensez-vous dune telle forme damitié ?






