Pourquoi un jeune homme aussi beau et brillant que moi devrait-il se marier ? – se demandait-il. – Quand donc aurons-nous enfin des petits-enfants ? – s’interrogeaient ses parents

Pourquoi un garçon aussi beau et accompli que moi devrait-il se marier ? pensais-je, pourtant mes parents, eux, attendaient déjà impatiemment des petits-enfants.

Ce soir-là, javais raccompagné chez elle ma copine et regagné mon appartement à Lyon. Jai allumé la lumière, préparé une omelette au jambon et me suis assis à la table de la cuisine. Mon téléphone, éteint toute la nuit, se remit à vibrer de tous les appels manqués.

Cest encore maman qui a appelé, marmonnai-je. Elle doit commencer à sinquiéter que je sois encore célibataire

On ne peut pas dire que je sois un raté. Un bon boulot, un deux-pièces, une Renault toute neuve. Mais voilà que jai déjà vingt-cinq ans, et toujours pas marié.

Pourquoi me presser, moi qui ai une belle situation ? me répétais-je sans conviction.

Quant à mes parents, ils comptaient presque les jours en espérant une annonce.

Jai rappelé maman :

Bonjour maman, comment vas-tu ? lui demandai-je.

La santé va, fiston, répondit-elle, celle de papa aussi. Mais tu pourrais passer nous voir. On ne ta pas vu depuis des mois, alors que Lyon-Saint-Étienne se fait en moins dune heure. Ton père va retourner le potager, il est temps de planter les pommes de terre.

Maman, pas ce weekend, mais promis, la prochaine fois je viens.

Cela fait des mois que tu promets de venir avec ta copine.

Mais maman, cette fois cest la bonne, je viendrai avec elle, cest juré ! Je me surpris moi-même à répondre avec un tel élan.

Ta fiancée alors ?

Non, pas encore.

Mon grand, je suis si heureuse ! On vous attend samedi prochain, je ferai des quenelles et le gratin que tu aimes !

Après avoir raccroché, je me suis retrouvé plongé dans mes pensées : mais pourquoi ai-je balancé une telle promesse ? Et qui vais-je leur présenter, franchement ? Camille ? Peut-être Je dormirai un peu, puis je lappellerai. Même si je sais déjà que mes parents la trouveraient trop « citadine » et quelle ne senthousiasmerait pas à lidée dun séjour rural. Bah, on verra bien.

Je laissai la poêle sur la table et allai me coucher.

Après une bonne sieste, je me souvins de ma promesse et jappelai Camille.

Salut, beauté ! lançai-je dun ton enjoué.

Bonjour, Armand, répondit-elle, la voix glacée.

Tu nas pas bien dormi ? Jarrive et on prend un café ?

Armand, jai réfléchi. Je préfère quon arrête de se voir. Ma vie prend une autre tournure.

Comment ça, autre tournure ? Cela commençait à me titiller sérieusement.

Je me marie.

Jarrive tout de suite, toi et ton fiancé aller voir

À ce moment, elle mit fin à la discussion.

Agacé, je reposai mon téléphone. Dhabitude, cétait moi qui mettais fin aux histoires, là, cest moi quon larguait.

Je filai à la salle de bains, puis à la cuisine. Préparai un café, tout en réfléchissant.

Où vais-je maintenant trouver une fille à présenter à mes parents ? Recontacter une ex ? Elles pourraient croire que je veux du sérieux

À peine avais-je pris une gorgée que lalarme de ma voiture se déclencha. Je me précipitai à la fenêtre. Garée à larrière de limmeuble, ma voiture était visible de mon salon comme de la cuisine. Un homme, la cinquantaine, tournait autour, les yeux rivés à ma fenêtre.

Qui cest celui-là ? pensai-je, intrigué.

Jenfilai mes baskets et descendis.

Monsieur, quest-ce que vous faites ici ? lui demandai-je.

Écoute, fiston ! lança-t-il sèchement. Si je te revois près de Camille, tu auras affaire à moi, tu comprends ?

Oh mais ça suffit, hein !

Un type athlétique surgit de lombre. Jai voulu parler, mais tout devint noir.

Armand ! Armand !

Au-dessus de moi, le visage dune fille discrète. Je croyais lavoir déjà vue.

Tu mentends ? Tu veux que jappelle le SAMU ?

Non, laisse, jai de quoi dans ma voiture, souris-je en grimaçant. Tu ty connais ?

Oui, jai fini mes études dinfirmière.

Je la détaillai et reconnus ma voisine du palier dà côté. Souvent elle me saluait, mais je limaginais plus jeune, genre lycéenne. Je tentai de me rappeler son prénom. Elle sentit mon hésitation :

Je mappelle Éloïse, jhabite à côté.

Monte, Éloïse, lui dis-je en ouvrant la portière arrière, la trousse de secours est là.

Elle soigna mes égratignures avec douceur.

Rien de grave, se voulut-elle rassurante.

Merci !

Je lobservai dans le rétro, son regard semblait demander : « Je peux partir ? »

Tu veux un café, vu que jai raté mon petit-déjeuner ?

Comme ça, là ? Elle jeta un œil à son tee-shirt et son pantalon de survêt.

Tu vois bien comment je suis habillé moi aussi.

Non, ça ira

On repassera par chez nous alors, et on shabillera mieux, dis-je en souriant.

Une demi-heure plus tard, elle sortit en robe simple, maquillée à la va-vite. Bizarrement, jeus soudain envie de marcher au lieu de prendre la voiture.

Éloïse, une petite balade à pied, ça te dit ?

Allons-y, dit-elle en me prenant le bras.

Sur le chemin, elle parlait sans arrêt. Au petit café du boulevard, elle semblait surtout lire la colonne des prix plutôt que celle des plats. Jai vite compris quelle navait pas lhabitude de ce genre dendroit.

Je fis signe au serveur :

Apportez à la demoiselle un bon dessert et un café.

Et pour vous ?

Juste un café, merci.

Notre spécialité, cest le moelleux au chocolat.

Parfait.

Après le café, nous sommes rentrés et nous sommes séparés devant son immeuble

Une semaine de travail passa. Le vendredi soir venu, je me rappelai : samedi, jai promis à maman de venir avec une fille. Quest-ce que je vais leur raconter ? Je préparai quelques tartines, chauffai leau. Si je venais seul, maman serait déçue. Il fallait trouver une idée

Soudain, illumination.

Et si jy allais avec Éloïse ? Certes, on ne sest pas revus depuis dimanche, je prétexterai le boulot

Javalai mon dîner, me rasai, mis une chemise propre et descendis.

Je connaissais ladresse, mais il y avait quinze appartements côté cour et je savais à peine plus que son prénom.

Jattendis quelques minutes, scrutant les fenêtres. Soudain la porte souvre, Éloïse en tee-shirt et jogging, manifeste quelle ma aperçu et quelle descend express.

Elle sarrêta, hésitante.

Salut Éloïse !

Salut Armand, elle rayonnait.

Je voulais tinviter à sortir un peu.

Je ne suis pas du tout apprêtée

Je peux attendre, souriais-je. Une demi-heure ?

Oui ! et elle remonta en courant.

Ma chérie, que se passe-t-il ? sétonna sa mère.

Maman, je sors me promener.

Pourquoi si pressée ?

Mais Éloïse, surexcitée, sautait de pièce en pièce.

Sa mère la rejoignit à la fenêtre puis sexclama :

Tu sors avec Armand ?

Oui, maman.

Mais enfin, pourquoi tintéresser à ce jeune prétentieux ?

Jai vingt ans, maman, répondit Éloïse, un sourire embarrassé sous la mèche.

Mais enfin, tu as bien vu toutes ces belles filles qui lui courent après ?

Sil te plaît maman, ne commence pas

Mais cétait peine perdue. Déjà, Éloïse savait que demain toute la résidence serait au courant, entre les papotages des voisines

Tant pis. Elle traversa la cour en se raidissant, certaine que sa mère la guettait. Elle prit mon bras résolument et demanda :

On va où ?

Un tour au parc, une pause en terrasse, un peu de lune

On fit le tour du parc, discutant des heures, longuement serrés lun contre lautre sous les étoiles. Puis son téléphone vibra sa mère.

Éloïse, il est plus dune heure !

Jarrive ! fit-elle, baissant les yeux. Armand, je dois rentrer.

Je taccompagne

Arrivés devant son immeuble, nouvelle étreinte. Puis jannonçai sans lui laisser le choix :

Demain, tu viens chez mes parents.

Gérard ! sexclama ma mère, apercevant notre Clio sengager dans lallée. Armand arrive !

Il se souvient de ses vieux parents ?

Il est avec une fille ! sécria-t-elle en volant vers la porte.

Elle me salua, incapable de détourner les yeux dÉloïse.

Comment tappelles-tu, ma petite ?

Éloïse, murmura-t-elle, gênée.

Moi, cest Françoise. Allez, entrez !

Papa sortit à son tour.

Enfin notre fils avec une gentille demoiselle, comment tu tappelles, jolie ?

Éloïse.

Moi cest Gérard, tu peux dire « tonton Gérard ».

Éloïse imaginait des regards sévères mais trouva deux parents simples, chaleureux, presque fiers quelle vienne dun foyer modeste.

On sattabla, le festin semblait prévoir un ambassadeur !

Les questions commencèrent. Elle découvrit que mes parents étaient aussi simples que les siens. Mieux, leur joie sincère se lisait à chaque sourire.

Après le repas, papa mentraina retourner le jardin. Éloise en profita pour aider maman à la vaisselle.

Françoise, laissez-moi débarrasser !

Faisons-le ensemble, répondit maman, rayonnante.

Plus tard, papa et moi avons planté les pommes de terre, tandis que maman et Éloïse rangeaient.

Quand tout fut fini, Éloïse se chagrina :

Je devrais rentrer, maman va sinquiéter.

Ma chère, reste donc dormir, on a de la place ! On vous laisse chacun une chambre, dit maman, en prenant son téléphone :

Allô, madame Pauline ? Ici Françoise, la maman dArmand. Je me porte garante, rassurez-vous. Votre fille est bien traitée, elle sera dans une chambre séparée.

Je je vous fais confiance alors

Nous ne sommes repartis que le lendemain, en fin daprès-midi. Maman avait préparé des tonnes de produits du terroir, adressant surtout ses recommandations à Éloïse :

Ce sac cest pour Armand, et ces deux-là pour toi.

Françoise, vous nous couvrez de cadeaux !

En ville, vous ne mangez rien de bon, cest pour ça que tu es toute fine !

Ensuite, maman mattrapa par la manche :

Alors mon fils, vous avez pensé à la mairie ?

Oh maman, nous navons rien décidé !

Eh bien décidons, tu risques de laisser filer une perle leva-t-elle lindex. Pas question de ramener une autre !

À peine la voiture partie, maman téléphona :

Pauline ? Ils sont en route. Jai mis du fromage fermier dans le panier dÉloïse.

Françoise, vraiment fallait pas.

Mais si, et bientôt on sera belles-mères !

Oh toi alors mais jentendais dans sa voix la satisfaction.

Il a vingt-cinq ans, une belle situation, un appartement, une voiture. Et ta fille ?

Elle a la tête dans les nuages, amoureuse folle, je crois !

Eh bien alors, sils ne savent pas où ils vont, nous on saura les guider !

Ton fils est bien brave, tu sais.

Elle aussi, elle est travailleuse, ta petite.

Elle cuisine, fait le ménage, tout !

Je roulais, le sourire aux lèvres sans raison. Éloïse me dévisagea.

Pourquoi tu souris comme ça, Armand ?

Tu as charmé mes parents.

Tu exagères

Maman a dit de ne pas laisser partir une fille comme toi.

Et tu

Je compte bien te garder !

On séchangea un long regard, tous deux les yeux brillants dun même amour.

Ce weekend-là, jai compris que parfois, la simplicité et lauthenticité des sentiments valent mieux que les rencontres manquées ou les amours éclatantes vues de lextérieur. Il suffit parfois douvrir les yeux sur la personne qui nous est proche, sans artifice, et de laisser faire la vie.

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Pourquoi un jeune homme aussi beau et brillant que moi devrait-il se marier ? – se demandait-il. – Quand donc aurons-nous enfin des petits-enfants ? – s’interrogeaient ses parents
«Pourquoi tu l’as sauvé ? Il n’est plus qu’un légume ! Maintenant, tu passeras ta vie à vider ses bassines, alors que moi je suis jeune, j’ai besoin d’un vrai homme !» — hurlait la fiancée dans la salle de réanimation. La docteure Lidia se taisait. Elle savait que ce patient n’était pas un «légume», mais le seul qui l’entendait. Lidia Sergeïevna était neurochirurgienne. À 38 ans, elle vivait au bloc opératoire. Vie privée : zéro. Son mari était parti il y a cinq ans avec une coach sportive enjouée, en lui lançant : «Toi, Lidia, t’es comme un scalpel : froide et tranchante. T’es glaciale.» Elle n’était pas froide. Juste concentrée. Quand on fouille dans le cerveau de quelqu’un, les émotions sont un fardeau inutile. Ce soir-là, on amena un jeune homme après un terrible accident. Motard. Traumatisme crânien, coma. Une chance sur un million. Les collègues secouaient la tête : — Lidia, il ne survivra pas. Et même s’il survit : lourd handicap. Légume. — On l’opère, trancha Lidia. Elle resta six heures au bloc. Recolla les fragments de crâne, sutura les vaisseaux. Elle s’est battue pour lui, comme s’il était de sa famille. Pourquoi ? Elle ne savait pas. Elle avait vu son visage avant l’œdème : jeune, têtu, beau… et elle avait décidé : pas aujourd’hui. Il s’appelait Arthur. 29 ans. Il a survécu. Mais ne reprenait pas connaissance. Le coma devint état végétatif. Branché à des tubes, il respirait avec une machine. Sa fiancée arriva. Une blonde flashy, lèvres gonflées. En le voyant, elle grimaça : — Beurk… C’est lui ? — Oui, répondit Lidia en surveillant les moniteurs. Son état est très grave. On ne peut pas faire de pronostics. — Quels pronostics ?! s’écria-t-elle. Vous ne voyez pas ? Il est mort ! On se marie dans un mois ! Et j’ai déjà réservé Bali ! Et lui, il traîne là ! — Ayez un peu de compassion, dit Lidia doucement. Il vous entend. — Qu’est-ce qu’il peut entendre ? Son cerveau est en bouillie ! Dites… on ne peut pas… le débrancher ? Pourquoi faire souffrir tout le monde ? Et moi ? Je ne suis pas faite pour être la nounou d’un handicapé ! Lidia la mit dehors. Fermement. — Dehors. Si je te revois ici, j’appelle la sécurité. La fille partit, claquant des talons. Elle ne revint plus. Arthur resta seul. Orphelin. Pas de famille. Lidia commença à rester après ses gardes. D’abord pour surveiller les constantes. Puis elle s’est mise à lui parler. — Salut Arthur. Il pleut aujourd’hui. Temps pourri mais l’air est frais. Tu sais, j’ai sauvé une mamie avec un anévrisme ce matin… Elle lui lisait des livres. Lui parlait de son chat, de son ex, de sa solitude. C’était étrange, de se confier à quelqu’un d’immobile, le regard perdu au plafond. Mais Lidia sentait : il était là. Elle lui massait les mains pour éviter l’atrophie. Lui mettait du rock dans les écouteurs — elle avait récupéré sa playlist sur son portable, apporté avec ses affaires. Les collègues la prenaient pour une folle. — Lidia, elle a craqué. Elle est tombée amoureuse de son “légume”. Mais elle voyait son cœur changer de rythme quand elle entrait dans la chambre. Quatre mois passèrent. Un soir, alors qu’elle remplissait des dossiers à son chevet, elle sentit une pression. Minime, presque imperceptible. Ses doigts serraient les siens. Lidia s’immobilisa. Leva les yeux. Arthur la regardait. De manière consciente. Il tenta de parler, mais la trachéotomie l’en empêchait. Ses lèvres murmurèrent sans un son : «M… e… r… c… i.» C’était un miracle. Médical et humain. La rééducation fut un calvaire. Arthur réapprit à respirer, avaler, parler, bouger les bras. Lidia était là. Rééducatrice, psy, amie. La première fois qu’il a parlé, il a dit : — Je me souviens de ta voix. Tu lisais du Modiano. Et ton chat… Moustique. Lidia a pleuré. Pour la première fois depuis des années, la “femme de fer” craquait. Arthur est sorti de l’hôpital six mois plus tard. Il se déplaçait en fauteuil, mais les médecins espéraient qu’il remarcherait. Lidia l’a recueilli chez elle. Pas comme patient. Juste… il n’avait nulle part où aller. Dans un appartement vide, qui lui apporterait un verre d’eau ? Ils vivaient de façon étrange. Elle — médecin. Lui — protégé. Mais un lien plus fort grandissait. Arthur était développeur web. Même en fauteuil, il s’est remis au télétravail. — J’te paierai un nouveau manteau, Lidia, disait-il. Le bleu, dont tu rêves. — Garde tes sous pour la rééducation. Un an plus tard, Arthur marchait. Avec une canne, en boitant, mais debout. Et là la fiancée refit surface. Oui, elle. Elle le repéra sur les réseaux sociaux — debout, beau, viril. Elle débarqua chez Lidia. — Arthur ! Mon chéri ! J’ai tellement souffert ! Je ne trouvais plus le sommeil ! Les médecins m’avaient dit que tu allais mourir ! Pardonne-moi, j’étais sous le choc ! Je t’aime ! Elle s’accrochait à son cou, envahie de parfum de luxe. Lidia attendait, les poings serrés. Arthur détacha doucement mais fermement les bras de son ex. — Christine, dit-il calmement. J’ai tout entendu. Ce jour-là, en réa. Mot pour mot. Sur “le légume”, Bali, la déconnexion… — Mais c’était l’émotion, le choc ! — Non. C’était toi. La vraie. Pars. — Mais… — Dehors. Christine s’en alla, maudissant “cet ingrat”. Arthur se tourna vers Lidia. — Tu sais pourquoi je suis revenu ? Demanda-t-il. — Pourquoi ? — Parce que tu m’appelais. Dans la nuit, je suivais ta voix. Tu es devenue mon phare. Il s’approcha (en boitant encore) et l’enlaça. — Lidia, tu n’es pas froide. Tu es la plus chaleureuse au monde. Ils se sont mariés, sans grande cérémonie. Arthur a totalement récupéré. Aujourd’hui ils élèvent un petit garçon adopté — ce même enfant que Lidia avait opéré jadis, abandonné par ses parents alcooliques. Lidia est devenue cheffe de service. Mais elle veille toujours tard sur ses patients les plus lourds. Elle sait : même quand le corps se tait, l’âme entend tout. Et parfois, un mot doux vaut mieux que le plus tranchant des scalpels. Morale : Trop souvent, on juge les gens sur un diagnostic ou une apparence. Mais l’amour et la foi sont les plus puissantes réanimations. On n’oublie et ne pardonne pas la trahison dans les épreuves — elle révèle qui l’on est vraiment. Et le vrai amour ne se teste pas sous les palmiers de Bali mais au chevet d’un malade, quand il faut porter le bassin et tenir la main dans la nuit…