— Comment ça, tu ne veux pas changer de nom ?! — a hurlé ma belle-mère à la mairie Elle n’avait auc…

Quoi, tu ne veux même pas changer ton nom de famille ?! a braillé ma belle-mère à la mairie, lœil injecté de colère.

Clairement, Éloïse navait jamais rêvé de mariage. Mais à 19 ans, la voilà enceinte de Paul, son copain de fac avec qui elle sortait depuis trois ans. Elle na pas vraiment eu lembarras du choix : elle voulait que son enfant ait un papa (et pas simplement un prénom sur la carte didentité).

Paul, deux ans de plus, navait pas ce quon pourrait appeler lesprit dun adulte accompli. Un vrai adulescent, toujours la tête dans les étoiles ou dans les chips. Mais il na pas fui ses responsabilités. Il a assuré quil épouserait Éloïse et serait présent pour leur bébé. Donc… en route pour le grand cirque du mariage !

Éloïse, elle, aurait bien signé les papiers incognito, sous la pluie, en douce. Mais la famille surtout la belle-mère et la tante Josiane ne jurait que par le grand banquet : « Cest comme ça quon fait chez nous ! » Éloïse ne voyait vraiment pas lintérêt de claquer deux mille euros pour nourrir des cousins quelle navait jamais vus, alors quelle aurait préféré investir dans le babyphone et la poussette chic. Mais bon, au royaume familial, la reine-mère décide. Restaurant, robe à froufrous, invitations à paillettes… tout était déjà choisi pour elle !

Quand on la envoyée essayer une robe, elle a failli se sauver en hurlant. Elle imaginait déjà un bonbon vivanent, tout en tulles et perles façon cérémonie à la mairie du village. Les arbitres du bon goût la belle-mère et la tante nont jamais été primées au festival de la mode À son refus de se pointer à lessayage, tout le monde la traitée dingrate. Peu importe, Éloïse avait dautres soucis : le bac, les partiels, sa valise pour la maternité.

Le grand jour venu, elle sest pointée à la mairie dans une robe blanche simple mais jolie, qui lui allait très bien. Et là le drame commence.

La belle-famille nétait pas au courant quÉloïse comptait garder son nom de famille. Paul, lui, savait. Cela ne lui posait aucun problème. Mais la belle-mère, elle, est tombée de lOlympe :
Non mais enfin, dans notre famille tout le monde prend le nom ! Tu fais quoi là ? Tu es déjà en train de rater le début, ma pauvre fille !
Jeux de familles…

Éloïse a esquissé un sourire discret et sest un peu éloignée. Demain, on remettait ça, avec la deuxième noce au village natal de Paul, entourée de la compagnie des Tribus du Nord-Pas-de-Calais… Fallait bien économiser ses nerfs pour ne pas finir en apnée dans le buffet.

Le mariage na duré que quelques années. Paul sest révélé être un roi du joystick et de la procrastination, surtout le week-end. Papa, il parait mais surtout avec son PC. Quand Éloïse a décidé que cétait trop, elle a pris ses valises, le bébé, et direction liberté.

Évidemment, la belle-maman a crié au scandale, à labandon du foyer. Mais Éloïse, elle, a soupiré de soulagement. Pour une fois, elle se sentait légère, libre… et même franchement heureuse.

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— Comment ça, tu ne veux pas changer de nom ?! — a hurlé ma belle-mère à la mairie Elle n’avait auc…
Mon premier mariage à 55 ans : l’homme qui est arrivé trop tard dans ma vie Mon homme tardif… Je me suis mariée pour la première fois à 55 ans… Voilà déjà cinq ans que nous sommes mariés… J’ai aujourd’hui 60 ans et mon mari 65… Rien d’étonnant à ce que je me sois mariée à 55 ans… De nos jours, tout peut arriver… Ce qui étonne, c’est qu’il s’agit de notre premier mariage à tous les deux… Et imaginez, je n’avais jamais envisagé de me marier ! Quand j’étais jeune, pas encore vingt ans, un garçon que j’aimais follement m’a profondément blessée… Il s’appelait Thierry. Il m’a quittée alors que j’étais enceinte de cinq mois… Au début, mon Dieu, j’ai même pensé mettre fin à mes jours, puis j’ai fini par me ressaisir et me suis juré de ne jamais me marier… Je ne voulais pas qu’un salaud s’enfuie à la première occasion… Et j’ai tenu parole… Ma fille a grandi, s’est mariée, j’ai eu des petits-enfants, et moi, comme une mule têtue, j’ai vécu ma vie de femme seule… Et je ne peux même pas dire que les hommes n’ont pas demandé ma main… Il y en a eu ! Mais mon caractère était obstiné : ce que je décidais, je le faisais jusqu’au bout… Mais la vie de femme seule a fini par me rendre moins féminine, plus brute… Pourtant, le destin est une “madame” imprévisible… Et je veux vous raconter comment, finalement, je me suis retrouvée devant l’autel… À la retraite, comme beaucoup, j’ai décidé de cultiver un petit jardin… J’avais hérité d’un petit pavillon avec une parcelle de terre près de Chartres, léguée par mes parents… J’y allais en train. Le trajet durait un peu plus d’une heure, alors j’emportais un magazine de mots croisés pour faire passer le temps… Un jour, à l’un des arrêts, sont montés un homme et une femme (apparemment un couple marié) ainsi qu’un petit monsieur âgé, plutôt discret… Au début, tout le monde se taisait… Puis j’ai entendu la voix douce de ma voisine… — Thierry, si on passait voir les enfants pour donner un coup de main ? Tu es leur père… Mais le bruit du train a couvert sa réponse lorsque son mari a éclaté : — Tu es folle, tu veux que je rampe devant ces abrutis ? Il a continué dans un langage grossier envers sa femme et ses enfants, si bien que je n’ai pas pu m’empêcher de les observer… Mon regard s’est arrêté sur le visage crispé de celui qui venait de crier – et là, je me suis figée… C’était Thierry ! Ce même Thierry qui m’avait abandonnée, enceinte, des années auparavant ! Il n’avait pas changé, si ce n’est que la colère et les années avaient marqué ses traits… Il restait aussi impressionnant que dans ma jeunesse… Bien sûr, Thierry ne m’a pas reconnue, mais croisant mon regard, il a crié, hystérique : — Qu’est-ce que tu regardes, toi ! Détourne les yeux, ou tu vas le regretter ! Je suis restée pétrifiée… Impossible de bouger, ni mes mains, ni mes jambes ; de surprise ou de peur, je ne saurais dire… Et là, il s’est passé quelque chose d’incroyable… Le petit monsieur âgé assis en face de moi s’est dressé entre Thierry et moi, et d’un ton calme mais ferme, il a déclaré : — Si tu continues à insulter les femmes, tu auras affaire à moi. Un homme qui parle ainsi aux femmes ne vaut rien. Je te plie comme une feuille de papier, moi ! Mon cœur a dévalé jusqu’à mes chevilles ! Un « avion en papier » ? Mais Thierry pourrait le briser d’un doigt ! J’allais défendre mon défenseur lorsqu’à ma grande surprise, Thierry s’est tassé, les épaules basses, marmonnant quelques mots indiscernables… Là, j’ai compris : ce « requin héroïque » n’était fort qu’avec les femmes… et s’écrasait face à un vrai courage… Et j’avais gâché ma vie pour ce… (les mots manquent !) ? Les larmes me sont montées aux yeux… Tout s’est passé si vite, comme dans un film où trente années défilent en une seconde… Thierry et sa femme sont descendus deux arrêts plus loin, et moi, j’ai fondu en larmes… Un grand vide, un sentiment amer en moi… — Même les larmes ne ternissent pas votre joli visage, m’a dit mon défenseur en souriant… Il ne me paraissait plus du tout un « petit vieux ». Il y avait face à moi un homme courageux, avec de la profondeur. Il s’appelait Jean-Pierre, retraité de l’armée… C’est ainsi que j’ai rencontré mon futur « homme tardif »… Et j’ai alors compris que, pour la première fois depuis si longtemps, j’avais envie de me marier, de redevenir une femme aimée… Et c’est ce qui est arrivé… Jean-Pierre et moi sommes très heureux… La vie met toujours les choses à la bonne place… Peu importe notre âge… Car même l’automne de la vie peut être rempli d’amour et de bonheur…