Libérée — Sérieusement ? Je ne te crois pas. Ta mère n’aurait jamais pu faire ça, déclara Sonia. —…

Tu plaisantes ? Jy crois pas une seconde. Ta mère naurait jamais osé faire un coup pareil, sindigna Chloé.

Si, bien sûr quelle en est capable, répondit sombrement Antoine.

Mais pourtant On en a parlé mille fois, on avait un plan

On, cest le mot-clé ! soupira Antoine. Elle, de toute évidence, avait son propre plan

Antoine se sentait franchement mal à laise devant Chloé. Mais bon, il ny pouvait rien, hein !

***

Quest-ce que cest beau ici ! La maison de campagne ! Tu te rappelles, mon petit Antoine, comme ton père rêvait davoir une maison à la campagne ? sextasiait Marie-Claire, la maman dAntoine et la belle-mère de Chloé. Ah, mais je parle, je parle Tu devais avoir cinq ans à lépoque ! On a mis des années, ton père et moi, à économiser pour lacheter, cette petite maison

Bien installée à lombre du vieux pommier, dans son fauteuil en osier tout bringuebalant, Marie-Claire laissait courir ses souvenirs. Son fils, toujours attentionné, lui avait déplacé le siège à côté du cabanon, histoire quelle puisse papoter en supervisant les opérations.

Pendant ce temps, Chloé et Antoine bichaient les pommes de terre du potager, pendant que leurs deux garçons, cinq et six ans, jouaient à chat perché entre les rangées. Le soleil déclinait gentiment, annonçant la fin daprès-midi, et il restait encore une montagne de choses à faire. Ce nest pas grave ! Les enfants sont venus pour donner un coup de main, non ?

Merci mes chéris ! Mais quest-ce que je ferais sans vous, vous êtes des anges soupirait Marie-Claire. Et dire que jallais venir par le RER hier, ce nest même pas loin, à peine une heure de trajet Et hop, voilà que je me bloque le dos comme jamais ! Alors je me tourne vers vous. Les corvées ne manquent pas, les patates à buter, les carottes à désherber, et tout le reste Je ne sers à rien, je suis bonne à mettre à la casse !

Il ne faut pas vous inquiéter, Marie-Claire, répondit Chloé, sourire poli mais un peu crispé. On va sen occuper, cest la famille, quoi.

Franchement, sourire lui coûtait. À chaque fois, la mère dAntoine ruine leurs plans ! Ce week-end, ils devaient finalement profiter en famille, emmener les enfants à Aquaboulevard, la fameuse piscine de Paris les petits rêvaient dy aller. Mais Marie-Claire Cest vrai, elle passe avant tout. Il faut aider maman, cest comme ça, disait ce cher Antoine, éternel fils serviable, doux, parfaitement éduqué et unique. Et Chloé, elle encaissait, histoire déviter les histoires.

Un aquaparc ? sétait étonnée Marie-Claire au téléphone. Mais pour quoi faire ? Respirer la javel ? Il y a la rivière juste à côté ! Rien de mieux ! Franchement, des piscines en été Quelle idée saugrenue.

Se baigner ? Foutaises. Trop de travail. Et puis la rivière, même pas propre, na rien dun aquaparc.

Quest-ce quon fait là-bas ? ajouta-t-elle, en leur balançant, sitôt sortis de la voiture, des bêches et des râteaux tout rouillés. Se faire croquer par les moustiques ? Tous les habitants vont là, mais cest bourré de boue ! Les canards barbotent à côté des nageurs. Lautre jour à la télé, ils disaient quon risquait des boutons si on nageait avec les canards ! Une horreur, parole dhonneur. En ville, un étang à canards, ça passe. Ici, cest lapocalypse.

Chloé, mâchoires serrées, ne répondit rien à ce monologue. Les enfants auraient bien voulu se baigner, eux aussi Mais comment faire ? Quand on est venus pour bêcher, y a pas le temps de tremper un orteil.

La maison de campagne était dans un piteux état. Le cabanon de planches penchait dangereusement. La clôture partait en morceaux, le portillon ne tenait que grâce à la chance. Les tonneaux darrosage : rouillés ; les framboisiers et les groseilliers sétaient transformés en une jungle telle quon aurait pu se croire Prince charmant, traversant la forêt enchantée à la recherche de la Belle au Bois Dormant. Les pissenlits régnaient, les plates-bandes prenaient le frais à lombre massive des vieux arbres, dont la taille se perdait dans la nuit des temps.

Depuis la mort de Pierre, le papa dAntoine, Marie-Claire avait laissé la baraque à labandon quelques années. La voiture du mari, elle lavait vite revendue pas de permis, pas dusage, et Antoine avait déjà la sienne.

Et puis soudain, elle avait déclaré que, par respect pour la mémoire de son cher Pierre, elle ne pouvait pas laisser la maison dépérir. Cétait son rêve, leur bébé commun, tout ce travail Elle simaginait presque trahir son défunt époux en laissant tout cela crouler. Alors Marie-Claire sétait attaquée à la besogne.

Au début, elle faisait son possible, toute seule, montant dans le train de banlieue, bricolant tant bien que mal, avec peu de succès la main verte, cétait le domaine paternel, Marie-Claire se contentait darroser pour la forme. Mais bon, en mémoire du défunt, elle sest lancée.

Côté finances, Marie-Claire na jamais roulé sur lor, et elle rafistolait la clôture comme elle pouvait, jusquà remplacer un trou béant par un enchevêtrement de branches. Un matin, Antoine, venu aider, sétait arrêté devant ce « chef-d’œuvre » dart végétal, scié, puis résigné.

Cest le soir même, autour dun verre, quAntoine et Chloé ont décidé de payer un artisan pour poser une vraie clôture même le modèle low cost ferait moins peur que celle en branchage tordu. Ils ont aussi refait le toit à la main, remplacé la porte, acheté une serre doccasion

Ce nest pas la peine, mes enfants ! Je bricole juste pour ne pas sombrer dans la déprime et penser à Pierre Vous avez vos propres vies. Moi, la mienne Bon, les légumes du jardin, les fraises des petits-enfants, cest sympa, non ? Ce sera tout bénéf, vous pourrez venir faire des barbecues, fêter Pâques ou Noël si vous voulez. Et puis tout ca finira chez vous un jour. Tes mon fils unique, lhéritier, Antoine

Allons, maman, on ne va pas parler de ça, larrêtait gentiment Antoine en déposant un baiser sur la joue maternelle. Et elle lui rendait son étreinte en essuyant discrètement une larme.

Ainsi se mit en place la tradition. Petit à petit, toutes les heures libres de Chloé et Antoine passaient à la maison de campagne de Marie-Claire. Et, comme par hasard, chaque visite correspondait à un mal mystérieux frappant la propriétaire : tantôt la tête, tantôt le dos, ou une hanche. Blottie sous son plaid, elle donnait de la voix pour piloter les troupes.

Antoine ! Prends la bêche à manche bleu ! Oui, celle qui est bien pointue, à côté du râteau ! criait-elle. Il y a de la peinture aussi pour la porte, mais ça peut attendre. La brosse, je te montrerai où elle est, jai tout préparé !

Antoine sexécutait docilement, prétendant apprécier la peinture et le désherbage, alors que franchement, il rêvait dautre chose pour ses week-ends. Marie-Claire insistait bien : « Ce nest pas pour moi, cest pour vous et les enfants ! Tout ça, cest votre futur ! »

Finalement, après des mois, la maison de campagne fut rendue présentable. Ils navaient gardé que trois pieds de fraises, réduit de moitié le jardin, planté des fleurs, semé du gazon bien vert. On pouvait enfin y organiser une fête sans honte.

Chloé, si on fêtait ton anniversaire ici ? proposa un jour Antoine. On invite les amis, on fait des grillades, une petite partie de pêche à la rivière

Ça me tente bien, sourit-elle.

Après tout ce boulot, il était temps den profiter !

Chloé invita aussitôt sa meilleure copine, dont la famille avait aussi des enfants du même âge. Sa cousine avec mari remplirait la tablée.

Préparatifs XXL ! Les virées au supermarché ont mis les mômes en folie : la fête, cétait le sujet de la semaine. Les amis promettaient cadeaux et bonne humeur.

Mais la veille, Chloé et Antoine, venus entreposer le barbecue flambant neuf, découvrent un énorme cadenas inconnu sur le portillon.

Attends quoi ? grimace Antoine, les clés de lancien antivol déjà inutiles dans la main.

Le coffre de la petite Citroën bâillait, débordant de brochettes et de bazar festif. Les gamins, vite descendus, jouaient au loup autour de la maison.

Chloé, abasourdie, restait muette.

Attends bredouilla Antoine. Ma mère ma appelé hier, mais jétais sur le périph. Plus tard, jai vu un message : Jai un super cadeau pour vous, je vous en parle bientôt. Jai pas capté le truc, et Je vais lappeler.

Allô, maman, cest toi qui as changé le cadenas de la maison ? demande-t-il demblée.

Mais Antoine ! Tu gâches la surprise ! gémissait Marie-Claire. Pourquoi êtes-vous venus là ?

Cest là que la bombe tombe : Marie-Claire avait tout simplement vendu la maison deux jours plus tôt.

On ma fait une bonne offre, expliquait-elle à Antoine, muet de stupeur. Je nallais pas dire non ! Je voyais bien que ça vous faisait suer dy venir, vous râliez tout le temps Vous deviez me maudire ! Eh bien voilà, plus la peine ! On est débarrassés ! Jai fait vite, lacheteur est un collègue de confiance, un gars réglo, il a tout géré.

Tu veux dire tu as vendu NOTRE maison de campagne ?! fit Antoine, éberlué.

Non, mon gars, MA maison corrigea Marie-Claire. Ce nétait pas la tienne. Mais ce nest pas grave. Avec largent, jai tout prévu : on part tous ensemble à la mer ! Voilà la surprise ! Je voulais vous lannoncer en beauté, pour lanniversaire de Chloé, justement. Vous navez jamais vu la mer, vous passez votre vie à bosser, alors cest loccasion ! Et le reste, je le mets de côté à la Caisse dÉpargne. Mais au fait, pourquoi êtes-vous venus là maintenant ?

Sonnée, Chloé fondit en larmes dans la voiture. Antoine, grognon, tapotait le volant, perdu dans ses pensées. Les enfants, eux, tournoyaient dehors, moins inquiets, trouvant toujours à samuser.

Bon, après tout, tant pis pour la maison finit par lâcher Antoine. Partie la charrette, les bœufs sont libres, comme on dit.

Mais quand jy pense, tout le temps, lénergie quon a mis là-dedans ! Tous nos week-ends à désherber gémit tristement Chloé.

Ils fixaient, impuissants, le toit quils avaient réparé, le vieux pommier gorgé de fruits, la clôture flambant neuve tout ça appartenait à un autre, désormais.

Cest vrai soupira Antoine. Mais quy faire ? Et tu sais quoi ? Je ne veux même pas aller à la mer. Elle peut y aller toute seule

***

Finalement, cest Marie-Claire qui a eu le dernier mot. Toute la petite troupe, Marie-Claire, Chloé, Antoine et les deux garçons, est partie à la mer. Ambiance familiale, bronzette et châteaux de sable.

Alors, il est pas beau mon cadeau royal, hein ? Jai pensé à vous, mes chéris, sauto-congratulait Marie-Claire. Je suis sûre que Pierre maurait soutenue, lui aussi.

Marie-Claire nen avait pas fini de regretter son époux, mais pour la maison, cétait terminé : le deuil était fait, place au présent.

On na quune vie. Ou, comme disent les jeunes, carpe diem, voilà ! conclut-elle, radieuse, en admirant ses petits-enfants qui transformaient lappartement en stade dathlétisme miniature. Zéro regret.

***

Franchement, cette maison me manque un peu, confiait souvent Chloé à son mari. On y avait nos habitudes.

Comment ne pas sattacher, hein ? Chaque pavé, chaque brin dherbe, on la trimballé à la main ! confirma Antoine. Mais bon, à la fin, maman nen voulait plus. Pour elle, cétait un fardeau. Et puis, elle a raison : elle ne nous lavait jamais donnée non plus Faudrait arrêter de compter sur le patrimoine des autres, cest ça la morale.

Oui Sûrement, murmura Chloé, songeuse.

Elle aurait pu dire beaucoup de choses, mais à quoi bon ? Pas question de plomber lambiance.

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Libérée — Sérieusement ? Je ne te crois pas. Ta mère n’aurait jamais pu faire ça, déclara Sonia. —…
Qu’est-ce que tu fais ? Où tu vas ? Et qui va préparer le dîner ? — Où tu files comme ça ? Il faut bien que quelqu’un fasse à manger ! — s’inquiéta Paul en voyant ce que faisait Antonine après sa dispute avec sa belle-mère. Antonine jeta un coup d’œil par la fenêtre. Le ciel était gris, bien que le printemps soit déjà entamé. Dans leur petite ville du nord de la France, les journées ensoleillées étaient rares. Peut-être était-ce pour cette raison que les habitants paraissaient souvent maussades et froids. Antonine remarquait elle-même qu’elle ne souriait presque plus, et que la ride persistante sur son front lui donnait dix ans de plus. — Maman ! Je vais me promener, — annonça sa fille, Élodie. — Mhm, — acquiesça Antonine. — C’est tout ? Donne-moi de l’argent. — Les promenades sont payantes maintenant ? — soupira la mère. — Maman ! À quoi bon toutes ces questions ? — s’impatienta sa fille. — Allez, dépêche-toi ! C’est tout ce que tu donnes ? — Ça suffira pour une glace. — Radine, — lâcha Élodie, mais sa mère n’entendit pas, la porte s’étant déjà refermée derrière la jeune fille. Je n’en reviens pas… — pensa Antonine, se rappelant combien Élodie était gentille avant l’adolescence. — Anto, j’ai faim ! Ça va être encore long ?! — grogna Paul, son mari agacé. — Tu t’en occupes, — répondit-elle, posant l’assiette sur la table avec indifférence. — Tu pourrais me l’apporter, non ? Antonine manqua de jeter la casserole. Non mais pour qui il se prend… — Ça se mange à la cuisine, Paul. Tu veux — tu manges, tu veux pas — tant pis, — dit-elle en s’asseyant seule à table. Après une quinzaine de minutes, Paul débarqua. — C’est froid… beurk… — Je l’ai laissé assez longtemps. — Je t’avais demandé ! Aucun amour, aucun soin ! Tu sais bien que je regarde le foot ! — grommela-t-il la bouche pleine de poulet. — Ça n’a pas de goût. Antonine leva les yeux au ciel. Avec le foot, Paul devenait quelqu’un d’autre. Paris, maillots, billets hors de prix… alors qu’il n’avait aucun intérêt pour le sport dans sa jeunesse. Sans s’attarder, il attrapa une canette pour l’ambiance, des chips « du Beffroi » et retourna directement devant la télé. Antonine resta seule dans la cuisine pour faire la vaisselle. Tout ça pour rien. Personne ne s’en rend compte. Elle était épuisée après sa garde comme infirmière en chef à l’hôpital. Les gens venaient avec leurs soucis, déjà irrités, déjà fatigués. Du stress au travail, et à la maison, une deuxième journée commence — servir, débarrasser, laver, ranger. — Il en reste ? — Paul attrapa une nouvelle canette au frigo. — Pourquoi y’en a plus ? — Tu as tout sifflé ! C’est encore à moi d’en racheter ? Aie un peu de conscience, Paul ! — Antonine craqua. — On n’est pas délicats, ici… — ironisa-t-il avant de claquer la porte et filer « refaire le stock » pour le prochain match. Antonine décida d’aller dormir, la journée du lendemain promettait d’être bien remplie. Mais impossible de trouver le sommeil. Elle s’inquiétait pour Élodie : où traînait-elle, avec qui ? Dehors, il faisait déjà nuit et sa fille n’était toujours pas rentrée. Appeler ? Impossible, Élodie hurlait dès qu’on l’appelait. — Maman, tu me fous la honte devant mes amis ! Arrête d’appeler ! — criait Élodie au téléphone. Après ça, Antonine avait renoncé à appeler, se rassurant : sa fille avait tout juste 18 ans. Elle ne voulait ni travailler, ni reprendre ses études, avait passé son bac et décidé de « se trouver ». Elle s’était à peine assoupie qu’elle entendit des cris de joie côté salon. Un but, sans doute. Puis Paul se lança dans un commentaire bruyant avec le voisin, venu regarder le match et qui resta dormir. Plus tard, le voisin amena sa copine, et ils se mirent à « supporter » à trois. Dans la nuit, Élodie rentra, grignota un morceau, puis monta se coucher. A peine tout le monde endormi, le chat hurla, réclamant à manger. — Est-ce que quelqu’un d’autre que moi peut nourrir ce chat dans cette maison ?! — épuisée, en proie à la migraine et à l’insomnie, Antonine sortit de la chambre. Elle aurait voulu qu’on l’entende, mais sa fille était branchée sur sa musique et Paul dormait, la canette à la main devant la télé. « J’en ai ras-le-bol… marre de tout ça ! » — pensa-t-elle. Le lendemain, sa belle-mère l’appela. — Antonine, ma chère, tu te souviens qu’il est temps de planter les légumes ? Il faudrait aller au village… faire un peu de rangement. — Je me souviens, — soupira Antonine. — Alors demain on y va. Antonine passa donc son seul jour de repos à la campagne, sous les ordres de sa belle-mère. — On ne balaie pas comme ça ! Tiens ton balai autrement ! — commandait-elle depuis le banc. — J’ai presque cinquante ans, Vera, je sais me débrouiller, — osa-t-elle répondre. — Et Paul alors… — Où il est, votre Paul ? Pourquoi n’est-il pas venu ? Pourquoi c’est moi qui accompagne sa mère à la ferme ? Pourquoi c’est nous qui avons pris le car pendant trois heures ? Toujours Paul, Paul… — Il est fatigué, lui. — Et moi ? Vous croyez que je ne suis pas fatiguée ? Et là… Antonine regretta d’avoir osé. Vera adorait les remarques bien senties ; sa « justice » était à sens unique et excluait toujours sa belle-fille. Toute sa vie, Vera n’avait chéri que Paul, et Antonine n’était qu’une servante, tout juste tolérée. Elles rentrèrent chacune à un bout du car. Le lendemain, Vera se plaignit auprès de son fils, qui se mit en colère. — Comment as-tu osé parler à ma mère comme ça ?! — gronda Paul. — Si ce n’était pas elle… — Quoi donc ? — bras croisés, lança Antonine. Elle savait qu’elle avait atteint ses limites. — Tu aurais bossé à la clinique, c’est tout ! — sortit la vieille rancœur, rappelant que c’est Vera qui l’avait fait entrer à l’hôpital du département. Le salaire y était meilleur, mais elle y gagnait des cheveux blancs. Plus d’une fois, Antonine avait regretté d’avoir quitté sa petite clinique tranquille à cause de sa belle-mère. — Où tu vas ? Paul resta bouche bée en voyant ce qu’osait faire Antonine. Ce qu’Antonine fit alors, Paul n’aurait jamais pu l’imaginer !