Je tai conseillé darrêter après ton troisième enfant. Je tai même acheté des pilules spécifiques, espérant que tu réfléchirais à ce que tu faisais. Mais il semblerait que mes efforts ont été vains.
Combien denfants comptes-tu encore avoir ? demanda ma belle-mère, le ton teinté dironie.
Évitons le sarcasme, sil te plaît. Es-tu si contrariée parce que Pierre ta parlé de ma grossesse ? répondit Marianne calmement.
Bien sûr ! Je tai dit de tarrêter après le troisième. Je tai acheté franchement des médicaments en espérant te faire réfléchir, et voilà que ça ne sert à rien ! se plaignit ma belle-mère.
Nous connaissons ton opinion, mais nous ne voulons pas aller contre le cours naturel des choses, répondit Marianne posément.
Vous vous moquez de moi ? Eh bien, ne comptez plus sur mon aide ! sexclama Françoise.
Marianne sapprêtait à lui répondre lorsque le téléphone sonna.
Françoise na jamais soutenu ses enfants. Elle ne prenait jamais ses petits-enfants chez elle, ne passait pas de temps avec eux et napportait des cadeaux et gourmandises quà leurs anniversaires. Dun point de vue financier, Pierre et Marianne étaient totalement autonomes. Lorsquelle était tombée enceinte du troisième, sa belle-mère avait insisté pour linciter à avorter, mais le couple avait refusé. Finalement, Françoise sétait attachée à sa nouvelle petite-fille. Et puis Marianne était de nouveau enceinte ! La jeune femme faisait de son mieux pour ne pas laisser transparaître la tension familiale devant son époux, tant quelle et ses enfants vivaient heureux.
Pierre occupait un poste très bien rémunéré, tandis que Marianne travaillait à mi-temps depuis chez elle. Lorsque sa petite entreprise avait commencé à grandir, elle avait même recruté une assistante pour laider avec ses enfants. Tout allait pour le mieux, si ce nétait lattitude de Françoise. Depuis toujours, elle n’aimait pas sa belle-fille et, au fond, elle espérait que son fils divorcerait de Marianne. Mais ses espoirs sétaient dissipés. Les enfants étaient arrivés les uns après les autres.
Daprès Marianne, sa belle-mère se révoltait à lidée dun quatrième petit-enfant, car cela signifiait que tous les finances de Pierre seraient destinées à lentretien de la famille et non plus à soutenir sa propre mère. Elle avait lhabitude de vivre dans le confort. Son fils lui réglait tous ses soins dentaires, lenvoyait dans des spas et rénovait même sa maison. Françoise avait peur de tout perdre ! Plus de soutien financier. Rien quà lidée de devoir se priver de quoi que ce soit, Françoise était furieuse.
Marianne tentait dignorer constamment le climat négatif instauré par sa belle-mère, pourtant elle sentait que cela pesait sur son moral. Toutefois, il était peu probable que Françoise puisse réellement influencer le choix de son fils et de sa belle-fille. Ils auraient bel et bien un quatrième enfant !
Comment agit-on face à une mère qui simmisce ainsi dans lintimité de ses enfants ? La famille doit apprendre à vivre ses propres choix sans peur du jugement, et comprendre que le bonheur vient parfois de suivre son cœur, malgré les incompréhensions. Après tout, chacun doit écrire lhistoire de sa vie selon ses propres valeurs car cest ainsi quon bâtit une famille solide et soudée.







