Ma femme dormait paisiblement à côté de moi… quand soudain, voilà que mon portable vibre. Une notification Facebook. Une femme vient de menvoyer une demande dami.
Évidemment, je cède à la tentation de cliquer sur « accepter ». Allez, soyons fous. Sitôt la demande validée, je lui envoie un petit message : « On se connaît ? »
Elle ne tarde pas à répondre : « Jai appris que tu tes marié, mais tu sais, je taime toujours. »
Cétait une ancienne connaissance, une amie dautrefois. Sur sa photo, elle avait lair épatant, il faut bien lavouer.
Je ferme la discussion illico et je jette un coup dœil à ma femme, Maëlys, qui dort du sommeil du juste après une longue journée au cabinet darchitectes. Elle rêvasse, tranquille, dans notre appartement flambant neuf de Lyon.
En la regardant, je me dis quelle doit se sentir sacrément en sécurité pour dormir aussi sereinement, loin de Tours, sa ville natale. Elle a quitté la chaleur de la maison de ses parents, où elle passait ses journées à papoter avec sa sœur Camille ou à se laisser dorloter par sa mère. Dès quelle avait le cafard, elle plongeait dans les bras maternels ; son frère Thomas se chargeait du spectacle comique. Quant à son père, il rentrait chaque soir avec un mille-feuille ou ce quil savait lui faire plaisir. Aujourdhui, elle a mis toute sa confiance en moi, ce qui nest pas rien !
Tout cela me traverse lesprit en deux secondes. Sans trop réfléchir, je reprends mon téléphone et, clic, « bloquer ». Fin de la parenthèse nostalgique.
Je me tourne vers Maëlys et je glisse doucement contre elle, prêt à partir au pays des rêves.
Après tout, je suis un homme, un vrai pas un ado en crise de confiance. Jai promis fidélité à ma femme, et cette promesse, je la tiendrai. Je préfère mille fois me battre chaque jour pour être lhomme qui ne trompe pas sa femme et qui ne brise pas sa famille plutôt que de céder aux bras dun passé qui napporte rien de bon.







