« Comment le mari de Léonor l’a quittée juste au moment où elle pouvait enfin devenir mère »

**Je nai plus besoin de toi : Comment le mari a quitté sa femme lorsquelle a pu enfin devenir mère**
En rentrant du travail un vendredi soir, Gisèle ne se doutait pas que ce jour bouleverserait à jamais son existence. En ouvrant la porte, elle lança comme à son habitude :
Mon amour, je suis rentrée !
Pas de réponse. Lappartement était étrangement silencieux.
Cest bizarre Il devrait déjà être là pensa-t-elle en se dirigeant vers la chambre.
Elle poussa la porte et sarrêta, stupéfaite. Pierre, son mari, jetait précipitamment ses affaires dans une valise, debout devant le lit.
Pierre Quest-ce que tu fais ? murmura-t-elle, incapable de croire la scène.
Je pars répondit-il sèchement, sans même la regarder.
Tu pars ? Mais pourquoi ? Quest-ce qui se passe ?
Cest à cause de ton père lâcha-t-il, agacé.
Mon père ? Mais quel rapport ?
Gisèle ne comprenait ni les mots ni ce quil se passait. Là, devant elle, son couple, construit avec tant de patience, damour et de dévouement, volait en éclats.
Ils sétaient rencontrés alors que Gisèle avait vingt-huit ans. Pierre en avait trente-six sûr de lui, séduisant, expérimenté. À lépoque, elle croyait sincèrement avoir trouvé lhomme idéal. Famille et amis la pressaient depuis longtemps : “Il est temps de te marier, lhorloge tourne, tu nes plus une gamine.” Elle considérait chaque prétendant comme un potentiel époux de quoi effrayer plus dun homme.
Avec Pierre, cétait différent. Ils avaient été présentés dans un bistrot parisien par un collègue, et la conversation avait tout de suite accroché. Pierre était courtois, attentionné. Et lorsquil découvrit que Gisèle possédait son appartement, une voiture neuve, un bon poste à la mairie, et un père chef dentreprise il se montra alors encore plus prévenant.
Un an plus tard, ils célébrèrent leur mariage dans un château de la région parisienne, aux frais du père de Gisèle. Pierre ne protesta pas, bien au contraire il accepta avec enthousiasme un poste de commercial dans une des boutiques de son beau-père.
Au début, leur vie semblait sortir dun roman : escapades en Europe, dîners, cadeaux. Un seul détail venait noircir le tableau : jamais Pierre ne déboursait un centime. Tout était payé par Gisèle. Au départ, elle ny prêta guère attention, puis elle commença à demander, enfin à implorer.
Pourquoi est-ce toujours moi qui dois tout payer ? confia-t-elle à une amie. Jaimerais me sentir femme, prise en charge, choyée.
Mais Pierre riait :
Ma chérie, arrête de te tracasser pour ça. Tout va bien, ne pense pas à ces détails.
Au travail, Pierre ne faisait pas grand-chose, passait des heures sur son portable et conservait dans son compte en banque le peu quil gagnait. Gisèle nen suspectait rien.
Jusquau jour où elle tomba gravement malade et dut rester un mois à lhôpital. Ses parents la visitaient tous les jours ; Pierre, à peine. En revenant chez elle, elle fut choquée : lappartement était sale, la vaisselle entassée dans lévier, des détritus sur le sol.
Tu nas rien nettoyé ?! fit-elle, désabusée.
Pourquoi ? Cest une affaire de femme répondit-il, blasé.
Mais jétais à lhôpital, Pierre ! Et cest encore à moi de faire tout ça ?
Tu es rentrée, à toi de ten occuper.
Faible, Gisèle dut faire venir une société de ménage. Le médecin lui avait dit quelle mettrait au moins un an à se remettre complètement. Penser à un bébé était donc impensable.
Un an plus tard, lorsquelle reçut enfin le feu vert des médecins, elle annonça la nouvelle à son mari, émue.
Tu te rends compte ? On peut enfin envisager un enfant !
Je suis occupé. Ce nest pas le moment grommela-t-il, absorbé par la manette de la PlayStation, cadeau quelle lui avait offert et dont il ne se lassait pas.
Les semaines passèrent. Pierre continuait de lignorer. Jusquau jour où il avoua :
Tu sais, Gisèle Je men vais. Et je ne veux pas denfant de toi.
Comment ça ?!
Je ne taime pas. Je ne tai jamais aimée. Jétais là par confort : lappartement, largent, la voiture. Jen ai assez. Je nai plus besoin de toi.
Pierre, tu ne peux pas me faire ça Tu sais combien jai souffert et attendu !
Ce sont tes problèmes. Moi, je suis libre.
Il ferma sa valise, glissa la console à l’intérieur et quitta lappartement.
Gisèle ne mangeait plus, ne dormait plus. Elle restait prostrée chez elle, le regard dans le vide. Trois jours après, ses parents, inquiets, débarquèrent. Son père, Bernard, fut prêt à exploser de colère en la voyant si abattue.
Ils lemmenèrent dans leur maison de campagne en Provence. Pierre fut renvoyé dans la soirée. Peu après, Bernard fit les démarches nécessaires pour bloquer le compte en banque de son ancien gendre. Toutes ses économies disparurent.
Pierre se retrouva sans rien : pas de travail, pas dappartement. Juste de quoi louer une petite chambre. Et la suite ? Il nen avait aucune idée.
Gisèle, quelques mois plus tard, décrocha un nouveau poste. Là, elle fit la connaissance dun homme nommé Thierry. Il nétait plus tout jeune, mais il était honnête, posé, et dès la première rencontre, il lui témoigna respect et gentillesse.
Six mois après, un miracle : deux traits sur le test de grossesse. Larmes, rires, appels à ses parents et une reconnaissance immense davoir eu le courage, un jour, de dire ça suffit.

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« Comment le mari de Léonor l’a quittée juste au moment où elle pouvait enfin devenir mère »
Pauvre brebis — Bonjour, les parents ! — lança Dasha en arrivant chez elle un week-end. — Je vais me marier, Romain m’a demandé en mariage et j’ai accepté sans hésiter ! — Mon Dieu, Dasha, tu es vraiment devenue grande ! — s’exclama Lydia, jetant un regard à son mari Stéphane, qui restait silencieux, visiblement absorbé par la nouvelle. — Bien sûr, tu t’y attendais pas ? J’ai fini le BTS, je travaille déjà en ville. Romain aussi travaille, alors on a décidé de se marier. Les parents de Dasha connaissaient bien Romain, un jeune homme citadin, poli et posé, élevé seul par sa mère à la sous-préfecture. Ils l’avaient rencontré depuis longtemps et étaient d’accord pour en faire un gendre. Ce sont Lydia et Stéphane qui ont pris en charge l’organisation du mariage, avec leur vie à la campagne et leur propre exploitation. Romain avait bien un peu économisé, mais Stéphane déclara : — Romain, garde tes économies, vous devrez sans doute acheter un appartement. Nous, avec ta mère, on va se charger du mariage, peut-être que la tienne pourra aider aussi. La mère de Romain, Maya, répondit tout de suite : — J’ai pas d’argent, j’ai élevé mon fils seule avec un seul salaire, alors peut-être juste un petit cadeau. Les parents de Dasha ne lui en tinrent pas rigueur, mais Lydia, instinctivement, eut du mal à faire confiance à sa future belle-mère. On décida de faire la noce au restaurant en centre-ville, sobrement, mais la fête fut belle. Après le mariage, les jeunes décidèrent de prendre un crédit pour s’acheter un appartement. L’apport initial, c’est surtout les parents de Dasha qui aident, la belle-mère se dit encore surendettée. Dasha et Romain s’installèrent enfin chez eux, puis la petite Marie naquit. Lydia et son mari rapportaient à chaque fois des fromages, du lait, des légumes du jardin, tout droit de la campagne. Parfois, Lydia proposait à sa belle-sœur Maya de s’associer pour acheter de beaux cadeaux à leur petite-fille. — Oh, Lydie, j’ai pas d’argent, — elle pouvait même verser une larme, — tu sais, je vis seule… Pour l’anniversaire de Dasha, les parents vinrent alors les bras chargés de pommes de terre, de carottes, de viande. Maya offrit mille roubles, Lydia et Stéphane en donnèrent cinq mille. Lydia ne comptait pas ses efforts pour la famille de sa fille. Mais ça la rongeait tout de même que la belle-mère ne fasse rien. — Stéphane, pourquoi nous, on ne compte pas nos efforts, et la belle-mère jamais rien ? Elle se plaint en pleurant, ça m’insupporte. Personne n’a la vie facile ! Faut bosser au lieu de s’apitoyer. Voilà le genre de femme qu’il te fallait ? Qui ne ferait rien d’autre que geindre ? Moi je me démonte au boulot aussi bien que toi ! — Stéphane écoutait en silence. Lydia, pourtant, observait que Maya était toujours soignée, manucure impeccable, coiffure parfaite. Elle se demandait où elle trouvait l’argent, avec toutes ses plaintes… Mais la réaction de Stéphane la surprit : — C’est bien, une femme qui prend soin d’elle. Notre belle-sœur a raison. Elle fait plus jeune que son âge ! Lydia en resta bouche bée. — Facile pour elle : pas de jardin, pas de bêtes, vit en appartement ! Moi je cours toute la journée : jardin, vaches, ménage ! Toi, tu n’aimes pas trop les corvées, mais si je me mets à me faire belle, tu t’y mettras ? Stéphane, pas du genre à se disputer, laissa passer. Les tâches restaient partagées comme avant, Lydie tirant la plus grosse charge, lui au volant du camion. La petite Marie eut trois ans, et entra à la maternelle. Elle tomba souvent malade. On décida alors que Maya, à la retraite, garderait un temps la petite. — Pas de souci, de toute façon je suis disponible, — Maya accepta. Lydia fut enfin soulagée. Le temps passa. Mais elle remarqua que son mari multipliait les voyages en sous-préfecture, sous prétexte d’apporter crème, œufs, pommes de terre à leur fille. De plus en plus, Stéphane tardait à rentrer. Au début, Lydia n’y prêta pas attention, mais quand cela devint trop fréquent, elle se mit à soupçonner : — Bon sang, il en pince pour la belle-mère… Je vais tirer ça au clair ! Avant de partir pour une autre visite, elle annonce à Stéphane : — Cette fois, je viens aussi, j’ai envie de voir la petite, et il me faut deux ou trois trucs en ville. Stéphane sembla déconcerté mais accepta. Sur la route, Lydia notait la mauvaise humeur de son mari. Arrivée chez Dasha, c’est Maya qui ouvrit, en peignoir, maquillée, éclatante — qui perdit vite son sourire en voyant Lydia derrière Stéphane. Maya servit le thé, et Lydia remarqua sans peine les regards complices échangés entre elle et Stéphane. La jalousie monta… Quand Stéphane sortit fumer sur le palier, Lydia décida d’agir : — Arrête ton numéro de pauvre brebis toute innocente, Maya. J’ai vu vos regards. Je sais pourquoi mon mari traîne ici, et ce n’est pas que pour la petite. Si tu veux un homme, va t’en trouver un, mais pas le mien. Si tu continues, c’est moi qui viendrai garder ma petite-fille. N’abîme pas la vie de ton fils, cesse de draguer mon mari. Faut avoir honte. Maya rougit comme une tomate, prise au dépourvu. Elle pensait Lydia trop occupée par sa ferme pour comprendre ce qui se tramait… Au moment de partir, Lydia ajouta à l’adresse de sa belle-sœur, son mari déjà dehors : — Me prends plus pour une idiote. Sur le chemin du retour, Lydia dit à son mari : — Plus question d’y aller seul. J’ai compris, la pauvre brebis n’osera plus te tourner autour. — Lydie, tu te fais des idées, il n’y a rien, — se défendit Stéphane. — Peut-être, mais tu n’irais plus seul ! Si besoin, j’irai moi-même garder la petite. À partir de maintenant, tu te débrouilles pour la ferme. Plus tard, Dasha appela sa mère, lui reprochant d’avoir vexé Maya. — Maman, pourquoi tu t’en prends à Mme Maya ? Elle m’aide avec la petite, tu es jalouse de papa. Papa ne fait que rendre visite à sa petite-fille. Lydia comprit alors que Maya montait la tête à sa fille contre elle. — Ma chérie, tu comprendras plus tard : t’aimerais que ton mari passe tout son temps chez une copine à toi ? Il n’est pas normal d’accueillir chez une femme seule un homme marié en l’absence des autres. — Tu as raison, maman. Excuse-moi, c’est ce que Mme Maya m’a raconté. Elle est très fâchée contre toi… Depuis ce jour, Stéphane s’est calmé ; s’il va en ville, il avertit sa femme et la prend souvent avec lui. Lydia, heureuse de voir plus souvent Marie, profite enfin pour prendre un peu soin d’elle — tandis que Stéphane partage désormais davantage les tâches du quotidien. — Un homme doit bosser, comme ça il a moins de tentations, et il apprécie davantage sa femme, — pensait Lydia avec un sourire. — Moi aussi, je peux être coquette, je n’ai rien à envier à la belle-sœur ! Merci de votre lecture, soutien et abonnements. Bonne chance à tous et plein de bonheur !