Ce ne sont pas mes enfants, si tu veux aider ta sœur, fais-le, mais pas à mes dépens. Elle a brisé sa famille et maintenant, elle tente de nous refourguer ses enfants pendant quelle refait sa vie.
Il est vraiment douillet votre chez-vous, frangin. Jen suis jalouse, avoue.
Camille glissa un doigt sur la nappe, détaillant la cuisine dun œil critique. Clarisse déposa le saladier sur la table et sassit en face de son mari. Baptiste sourit à sa sœur sans remarquer que sa femme serrait la serviette dans son poing.
On a pris notre temps On a visité pendant six mois avant de trouver une maison qui valait le coup.
Ils avaient tout vendu à Lille pour venir sinstaller ici, à Angers, près de la famille de Baptiste. Le bout de jardin, le potager, le calme Clarisse en rêvait depuis trois ans. Deux mois plus tôt, ce rêve était enfin devenu réalité.
Moi, jai pas réussi à garder ma famille, soupira Camille, en fixant son assiette. Trois mois déjà et jai encore limpression de traverser un brouillard. Je me réveille la nuit, je suis seule. Les enfants demandent où est papa Je sais jamais quoi leur dire.
Bernadette, assise à la tête de la table, tendit la main pour caresser celle de sa fille.
Allez, ma chérie, ça va finir par sarranger. Limportant cest que les petits soient en bonne santé. Et crois-moi, ce lâche, il regrettera son choix tôt ou tard.
Léo, le neveu de quatre ans, glissa de sa chaise et fila au salon. Une seconde après, un bruit sourd retentit un objet venait de tomber de létagère.
Léo, fais attention ! cria Camille sans bouger.
La petite Jeanne, à peine trois ans, couinait sur les genoux de sa mère. Camille la berça distraitement tout en reprenant la discussion :
Heureusement maintenant que vous êtes dans le coin. Parce que maman, après son opération, elle ne tient même plus debout. Ya personne pour dépanner.
Tu parles Ils mont déposée en taxi, reprit Bernadette en se frottant le genou. Quatrième étage sans ascenseur, ma tension fait des siennes. Jai cru que jallais défaillir dans lescalier. Tu veux que je garde mes petits-enfants, dans mon état ?
Clarisse se leva pour aller chercher le plat chaud. Sur le rebord de la fenêtre, la plantation de tomates, dans des godets en tourbe, montrait de petits plants verts. Bientôt, elle pourrait enfin les mettre en terre, ses premiers tomates à elle.
Jespère que ça ne te dérange pas si, de temps en temps, je laisse les petits ? demanda Camille depuis la cuisine. Que si jai vraiment pas le choix, hein. Rarement. Faut bien que je trouve un boulot, voir les médecins, le notaire pour le divorce Je peux pas emmener les enfants partout.
Clarisse se retourna. Camille regardait son frère dun air si vulnérable quelle en devinait la comédie. Vingt-sept ans, mais elle savait y faire, la Camille.
Baptiste acquiesça, compatissant.
Bien sûr, Cam. On taidera, cest normal, pas vrai Clarisse ?
Tous les regards se tournèrent vers elle. Trois paires dyeux, prêts à juger.
Oui, oui, bien sûr, répondit Clarisse. Quand il faudrait vraiment.
Un sourire illumina le visage de Camille.
Vous me sauvez la vie, franchement ! Je vous embêterai pas longtemps, cest promis. Juste deux heures par-ci par-là.
Les invités partirent vers onze heures. Baptiste appela un VTC pour sa mère et laida jusquau portail elle râlait à chaque marche. Camille installa ses enfants endormis dans sa vieille Clio et démarra en criant par la vitre : « Merci pour la soirée, vous êtes les meilleurs ! »
Clarisse débarrassa la table, empila les assiettes à lévier. Baptiste la serra dans ses bras, lembrassa sur les cheveux.
Tu vois, cétait chouette. Mamie est contente, Camille avait lair daller mieux. On a bien fait de déménager.
Mouais.
Tes fatiguée ?
Un peu.
Clarisse gardait pour elle ce qui lirritait. Ce « de temps en temps, seulement si » résonnait dans sa tête. Elle connaissait la chanson : on promet rarement et, fugitivement, cest tous les jours que ça arrive parce que cest pratique.
La semaine suivante, Camille appela de bon matin.
Clarisse, tu peux me sauver ? Jai un rendez-vous médical en urgence, maman ne peut pas garder les petits. Trois heures, pas plus, je passe les récupérer à midi.
Clarisse lança un regard à son ordi, aux tableaux Excel du rapport trimestriel. Le client attendait le dossier pour vendredi.
Cam, honnêtement, je suis sur un dossier urgent
Ils sont sages, je tassure, tu leur mets un dessin animé et voilà. Sil te plaît, Clarisse, jen ai vraiment besoin.
Trente minutes plus tard, les enfants étaient là. Le midi est passé, Camille ne revenait pas, la soirée arriva doucement.
À dix-huit heures, Baptiste rentra du boulot. Il trouva les petits devant la télé.
Bah alors, Camille nest pas revenue ?
Non. Elle mavait dit midi, puis elle a écrit quelle avait du retard.
Enfin, cest pas grave, répondit-il en sortant une bière du frigo. Ce sont pas des étrangers non plus, ils peuvent rester.
Clarisse se tut. Léo avait déjà renversé du jus dorange sur le tapis, Jeanne navait plus de couches il nen restait quune dans le sac.
Camille débarqua vers neuf heures, rayonnante, fraîche, avec une odeur de café et de parfum.
Pardon, jai eu un contretemps ! Vous mavez sauvée, merci !
Clarisse finit son rapport à trois heures du matin, le crâne résonnant encore des cris des enfants.
Et quatre jours après, rebelote. Entretien dembauche, trop important, disait Camille. Elle déposa les enfants à neuf heures, promettant de revenir à quinze. Baptiste, ce jour-là, était de repos après sa nuit de travail. Il se leva à midi, passa à la cuisine.
Ils sont encore là ?
Eh oui, tu vois bien.
Bah, cest pas grave, dit-il en se servant un thé. Je suis là.
Il était là, devant le foot au salon pendant que Clarisse courait entre les enfants et son ordi. Deux fois, Léo est venu réclamer quon joue avec lui « Tonton Baptiste, viens ! » , mais il la juste envoyé promener : « Plus tard, je regarde mon match, ptit gars. »
Camille a repris ses enfants à vingt heures.
À la fin de la troisième semaine, ça devenait une routine : trois fois par semaine, parfois même quatre. Rendez-vous médicaux, administration, entretiens, copines Les « deux heures » devenaient systématiquement une journée entière.
Un soir, alors que la maison retrouvait son calme, Clarisse sinstalla face à son mari.
Baptiste, ça ne peut pas continuer comme ça.
Quoi donc ?
Trois fois par semaine. Je narrive plus à travailler.
Son air devint soucieux.
Clarisse, elle traverse une période horrible. Son mec la laissée, elle gère tout toute seule avec les petits. On est une famille.
Je comprends. Mais elle promet pour midi et revient à dix heures du soir. Cest plus un coup de main, cest
Cest quoi ?
Clarisse allait lâcher « de labus », « on profite de nous ». Mais elle croisa le regard de Baptiste et se tut.
Maman ma appelé aujourdhui, reprit-il. Elle dit que Camille a besoin dun peu de temps, quelle est encore jeune, et que sa vie est partie en vrille. Cest ma sœur, je dois laider.
Et moi, dans tout ça ?
Tes ma femme, il me semble que la réponse est claire. On est solidaires.
Clarisse détourna les yeux vers la fenêtre. La nuit tombait. Sur le rebord, ses plants de tomates sétiraient, attendant leur transplantation. Elle avait prévu de sen occuper samedi.
Aucune chance de discuter, hein ?
Le vendredi soir, Baptiste rentra du travail et lança direct :
Camille a appelé. Elle voudrait quon garde les petits demain. Elle a deux entretiens et sa voiture fait des siennes, elle veut lemmener au garage.
Clarisse posa son ordi, fixa son mari.
Baptiste, on en a déjà parlé. Je peux pas passer tous mes week-ends à garder tes neveux.
Mais enfin, tes pas à proprement parler débordée Cest ma sœur. Ce serait pas la mer à boire, non ? Tes à la maison, non ?!
Je bosse à la maison, nuance. Ce nest pas rien de garder les enfants.
Tu bosseras pendant quils regardent un dessin animé, sérieux.
Clarisse voulut protester, mais devant sa fatigue et son agacement, elle garda le silence. Elle avait programmé samedi pour repiquer ses tomates elles étaient parfaites pour être installées dans la terre.
Daccord Quelle les amène.
Le samedi matin, Camille débarqua vers onze heures. Clarisse ouvrit la porte, resta immobile un instant. Sa belle-sœur était pomponnée, robe neuve, brushing parfait, maquillée à la perfection tout sauf une femme partie en entretien dembauche.
Vous êtes des amours ! Merci mille fois ! Camille poussa Léo et Jeanne dans lentrée. Je reviens vers cinq heures, six au pire.
Cam, et leur sac ?
Ah mince ! Attends, il est dans la voiture.
Elle revint, tendit le sac à Clarisse.
Ya des couches, des habits de rechange. Bon, je file, je suis pressée.
La porte claqua. Clarisse resta plantée dans lentrée avec deux mômes et un sac quasiment vide. Baptiste était au garage il bricolait la voiture, aidait le voisin.
À une heure, Léo a eu marre des dessins animés et sest mis à courir dans toute la maison. Jeanne chouinait pour un rien. Clarisse essayait de gérer les deux tout en préparant à manger.
Vers deux heures, Baptiste passa la tête dans la maison.
Ça roule ?
Peut-être que tu pourrais les surveiller un moment ? Que jaille enfin moccuper du jardin ?
Oui, jarrive, je me lave les mains.
Clarisse sortit, prit ses godets avec les plants, posa ses outils. Elle commença à tracer les trous. Dix minutes plus tard, un raffut retentit, puis des pleurs denfants.
Clarisse lâcha sa pelle et fonça.
Au salon, Baptiste était sur le canapé, rivé à son portable. Léo, debout au milieu du sol, à côté dun pot cassé, de la terre éparpillée, des plants écrasés. Ceux-là mêmes quelle avait fait pousser deux mois durant.
Il sest passé quoi ?
Il a grimpé sur le rebord de la fenêtre, répondit Baptiste sans lever les yeux de son téléphone. Jai pas eu le temps de réagir.
Clarisse fixa la terre, les petites tiges brisées, deux mois de soins partis en miettes.
Tata Clarisse, tes fâchée ? murmura Léo.
Non, allez, va avec tonton Baptiste.
Baptiste daigna enfin poser son téléphone.
Tu feras dautres semis, cest pas la mort.
Clarisse ne répondit pas. Elle sentait la boule remonter. Ces semis nétaient pas que des plants. Cétait son projet dune vie apaisée, encore repoussée pour des enfants qui nétaient pas les siens.
À cinq heures, pas de signe de Camille. À six heures, elle écrit quelle aura encore du retard. À sept, plus rien. Clarisse finit par appeler la messagerie directe.
À huit heures, un gros moteur se fait entendre dans la rue. Elle jette un œil par la fenêtre un SUV noir sarrête devant le portail. Neuf sur neuf, rien à voir avec une voiture en panne ou en réparation.
Camille descend, joyeuse, légèrement titubante sur ses talons. Un homme dune quarantaine dannées, veste en cuir, reste derrière le volant.
Merci, Alex ! On sappelle !
La voiture repart. Camille se retourne, aperçoit Clarisse sur le seuil.
Salut ! Désolée, jai été retenue. Je suis tombée sur un pote après mon « entretien », il ma ramenée.
Clarisse sentit aussitôt un parfum dalcool doux, genre vin blanc ou cocktail. Aucun entretien, aucun garage, rien que la belle vie tandis que les enfants restaient à la maison.
Ça sest bien passé, ton entretien ? demanda-t-elle dune voix neutre.
Hein ? Ah oui, on doit me rappeler.
Et pour la voiture ?
Camille hésita à peine une seconde.
Rendez-vous la semaine pro au garage, ya la queue.
Elle ment sans même rougir.
Dailleurs, mercredi, tu peux ? Jai encore un entretien important
Non.
Le mot tomba, net. Camille releva les yeux.
Comment ça, non ?
Je ne peux pas. Mercredi, cest non.
Pourquoi ? Tes à la maison, tu pourrais te débrouiller
Jai mon travail et mes propres emplois du temps, Camille.
Camille fronça les sourcils, puischangement de tonses lèvres tremblèrent, les yeux brillants.
Clarisse, tu comprends quand même la galère dans laquelle je suis. Jai pensé que mon frère et toi, vous seriez mon soutien… Jai plus personne, et toi, même pas une journée tu ne veux
Ça fait déjà trois semaines que je taide. Mais je ne suis ni une nounou, ni une crèche.
Oh, sérieusement ! Tu passes deux heures avec mes enfants, ça te tue ? Ils sont pas des étrangers pour toi !
Non, mais ce ne sont pas les miens, Camille. Ce sont TES enfants, TA responsabilité.
À ce moment, Baptiste apparut dans lencadrement.
Quest-ce quil se passe ici ?
Camille se tourna immédiatement vers lui, la voix tremblante.
Baptiste, ta femme ne veut même plus maider. Un jour, je te demande, un seul, et elle
Camille se coupa, posa une main sur sa poitrine.
Vous savez dans quelle galère je suis. Jespérais naïvement sans doute quon maiderait. Mais apparemment
Elle conclut dun geste las, tourna les talons pour rejoindre la voiture. Sur le seuil, elle se retourna.
Un peu de cœur, Clarisse. Essaie dêtre plus humaine.
Elle resta dehors à attendre son VTC, le regard dans le vide, puis repartit avec ses enfants, sans même un mot dau revoir.
Clarisse resta sur le perron, partagée entre la culpabilité et la lassitude. Avait-elle été trop dure ?
Baptiste regarda la voiture séloigner, puis se tourna vers elle.
Taurais pas pu faire un effort ?
Un effort ? répéta-t-elle, surprise.
Elle a juste demandé un service. Et toi il sinterrompit, rentra dans la maison.
Une semaine passa, sans nouvelles. Puis Baptiste rentra du boulot et, à peine la porte franchie :
Camille a encore appelé. Autre entretien, cette fois cest sérieux. Laisse-la y aller, fais pas ta tête de mule.
Baptiste, tu sais bien que
Juste une fois. Promis. Et si elle abuse, jinterviens moi-même.
Il avait lair las, pris entre sa sœur et sa femme.
Bon. Une dernière fois.
Le lendemain, Camille débarqua en coup de vent, embrassa les enfants et fila.
À midi, Clarisse consulta son téléphone, un peu machinalement. Un post linterpella : Camille, sur la photo dun bistrot, entourée de copains. Une main masculine sur son épaule. Légende : « Retrouvailles avec les anciens ! Quest-ce que ça fait du bien de revivre. »
Photo publiée vingt minutes plus tôt.
Tout était clair. Camille ne courait pas les entretiens ou les médecins. Elle larguait simplement ses enfants pour profiter de la vie. Et si son ex lavait quittée peut-être nétait-il pas le salaud quon croyait.
Clarisse appela Baptiste.
Tu me laisses tes neveux, viens donc ten occuper.
Quoi ? Je bosse, là.
Bah alors, que ta mère vienne. Mais moi, cest fini, je ne joue plus à la nounou.
Clarisse, quest-ce qui tarrive ?
Regarde le profil Facebook de ta sœur. On discutera après.
Un silence, puis un soupir.
Jessaie de marranger pour finir plus tôt.
Baptiste rentra deux heures plus tard. Il jeta un œil sur ses neveux, puis sur sa femme.
Jai vu la photo.
Ten penses quoi ?
Peut-être que cest vraiment un apéro danciens
Elle rentre à chaque fois pompette, tu las jamais remarquée ? La dernière fois, cest un type en gros 4×4 qui la déposait. Tu vas vraiment continuer à croire nimporte quoi ?
Léo et Jeanne, tu sais bien quils y sont pour rien, sénerva-t-il.
Et moi ? Jai le droit au repos ? Ce ne sont pas mes enfants, Baptiste. Si tu veux faire plaisir à ta sœur, débrouille-toi, mais pas sur mon dos.
Cest ma sœur !
Ta sœur, elle a foutu sa vie en lair et maintenant elle espère nous coller ses mômes pour vivre tranquille.
Arrête !
Je dis juste la vérité. À chaque fois, elle inventait mille excuses mais elle passait son temps ailleurs. Ça se voit que tu ne veux pas comprendre.
Baptiste se frotta le visage, écoeuré.
Daccord Jai compris. Ténerve pas. Jai entendu.
Camille débarqua tard. Les enfants dormaient sur le canapé, bien couverts. Elle entra à pas de velours, tenta de sortir une excuse embouteillages, plus de batterie mais Baptiste larrêta net.
Camille, cest la dernière fois.
Quoi, la dernière fois ?
Les enfants, les journées à rallonge. Cest fini. Nous ne sommes pas tes nounous.
Le regard de Camille croisa celui de Clarisse. Cette fois, elle comprit.
Elle ta monté la tête ?
Non, cest moi qui ai décidé.
Camille siffla entre ses dents, attrapa Léo endormi.
Je vois le genre de la famille
Sans un merci, elle quitta la maison, la porte claqua si fort que les vitres vibrèrent.
Le lendemain, ils prenaient le petit-déjeuner. Le téléphone sonna « Maman » safficha.
Baptiste décrocha.
Oui, maman.
Clarisse n’entendait que des bribes la voix tranchante de Bernadette.
Non, on ne peut plus Oui, tu sais quon a aussi nos vies, maman.
Eh ben ! Voilà que tas pris la grosse tête avec ta belle maison ! Jai compris, allez, salut.
Ça raccrocha. Baptiste posa le téléphone, leva les yeux vers Clarisse.
Elle fait la tête.
Jai remarqué.
Ils se turent. Dehors, le soleil brillait. Le pot de fleurs sur le rebord de la fenêtre était vide : plus de semis. Clarisse observait ce vide, songeuse. Un mois plus tôt, ils avaient déménagé pour un peu de calme, pour leur jardin, pour enfin vivre pour eux. Mais ils avaient récolté les enfants des autres, les soucis des autres, et une famille qui les trouvait ingrats.
Baptiste glissa sa main sur la sienne.
Excuse-moi, souffla-t-il. Je naurais pas dû laisser traîner.
Clarisse ne répondit pas, elle serra juste sa main. Ce nétait pas une victoire la belle-famille faisait la tête, Camille rageait, la paix nétait pas venue. Mais pour la première fois, elle ressentait autre chose que lépuisement : un vrai soulagement. Elle avait su dire « non ». Et, enfin, Baptiste avait compris.
La suite on verrait bien.







