Je ne veux pas que ton fils vive avec nous après le mariage : quand l’amour d’un père triomphe sur les ultimatums de sa future épouse — Tata Hélène, tu peux m’aider avec les maths ? demanda timidement Alexis, plein d’espoir, à la compagne de son père. Demain j’ai un contrôle, et papa rentre tard du travail. — Désolée, chouchou, j’ai pas le temps, répondit la jeune femme sans lâcher son ordinateur. Le mariage est dans deux semaines, tout n’est pas prêt. Tu veux qu’on ait une cérémonie parfaite, non, Alexis ? — Oui, bien sûr… répondit l’enfant d’un ton perdu, se repliant tristement dans sa chambre. Alexis ne l’aimait déjà pas beaucoup, mais son père rayonnait de bonheur auprès d’elle. Pour lui, il fallait supporter. La mère d’Alexis était gravement malade, incapable de s’occuper de son fils. Un enfant de huit ans ne devrait pas être témoin de la souffrance de sa propre mère ! Avec ces mots, Jérôme, le père d’Alexis, avait récupéré son garçon. Sa fiancée n’était guère enchantée, mais elle n’avait rien dit. Un conflit, à quelques jours du mariage, ne lui paraissait pas une bonne idée. Hélène s’efforçait de paraître attentionnée et compréhensive — du moins quand Jérôme était là. Dès qu’il partait au travail, elle ignorait complètement Alexis. Ce gamin n’était pas le sien, elle n’en voulait pas. Quelques jours avant la noce, l’ordinateur de Jérôme tomba en panne. Il utilisa le portable d’Hélène. Il voulait juste envoyer un mail… mais il consulta, par curiosité, l’historique de navigation. Son visage se ferma peu à peu. Il referma brusquement l’ordinateur et se dirigea vers le salon où sa presque-femme regardait la télévision. — C’est quoi ces recherches à propos d’un internat pour mon fils ? demanda Jérôme, essayant de contenir sa colère. — De quoi tu parles ? Tu avais dit que tu n’ouvrirais que ta boîte mail… Tu t’es permis de fouiller partout ? Tu n’as pas honte ? — Je veux une réponse. Qui t’a donné le droit de décider du sort de mon enfant ? — Justement, CE n’est pas MON enfant ! rétorqua Hélène en lâchant la télécommande. On aura nos propres enfants, à nous. Alexis ne fera que nous gêner. Il est nul à l’école, toujours entre 7 et 9… Quel exemple pour les nôtres ? — Le gosse est en plein cauchemar ! Sa mère est à l’agonie, il a quitté tout ce qu’il connaît ! Et toi, plutôt que de l’épauler, tu mijotes des plans pour t’en débarrasser ! Jérôme criait, hors de lui, espérant qu’Alexis soit déjà à l’école. — Ne me crie pas dessus ! Je ne suis pas obligée d’élever ton fils. Sa grand-mère peut très bien s’en charger, si tu refuses mon idée. — Et tu comptais m’annoncer ça quand, ce plan génial ? Une semaine après le mariage ? Un mois ? — Dans deux jours, affirma Hélène sans une once de remords. Pas la peine d’attendre, j’ai déjà un contact à l’Aide sociale à l’Enfance. Tout ira vite. Alexis sera mieux là-bas. — Mets-toi ça dans la tête, répondit Jérôme, d’un calme glaçant : je n’abandonnerai jamais mon fils. Je l’aime plus que tout. — Et moi alors ? s’indigna Hélène. Tu ne m’aimes pas ? C’est décidé : je ne veux pas que ton fils vive avec nous après notre mariage. C’est lui ou moi, Jérôme. Choisis. — Lui. répondit simplement Jérôme, sans l’ombre d’une hésitation. Trouver une femme, c’est facile. Mais il n’y a qu’UN fils. — Une autre femme ? Tu rêves ! Qui voudra de toi et de ton mioche ? Ne sois pas ridicule ! Personne ne veut s’occuper de l’enfant d’un autre ! — Tu as une heure pour faire tes valises et quitter cet appartement. Tu peux aussi emporter tes cadeaux de mariage, ça m’est égal. ajouta Jérôme, la voix posée. Je ne veux plus jamais te voir. Si tu croyais que j’étais fou de toi, tu t’es trompée. Je voulais juste une nouvelle maman pour Alexis, c’est tout. — Attends, Jérôme, et le mariage alors ? bredouilla Hélène, persuadée qu’il finirait par lui demander pardon. Mais il la mettait dehors. — Tu n’as toujours pas compris ? s’étonna Jérôme. Il n’y aura pas de mariage. J’ai fait mon choix, et ce n’est pas toi. Prépare-toi à partir. Si je reviens et que tu es encore là, je ne serai pas tendre. La porte claqua, laissant Hélène désemparée. Pour elle, l’appartement était déjà acquis, elle ne voulait rien lâcher. La sonnette retentit. Pensant que Jérôme revenait sur sa décision, elle ouvrit avec un grand sourire… mais ce n’était qu’un livreur, qui lui tendit un colis. — Une livraison, madame. Signez ici, s’il vous plaît ! Furieuse, Hélène faillit briser le stylo. Le livreur s’éclipsa en la regardant de travers. Dans la boîte se trouvait la superbe robe blanche de mariée, l’étiquette encore dessus. D’un geste rageur, elle la balança et la piétina. Elle appela sa meilleure amie en larmes. — Il n’y aura pas de mariage ! Je fais ma valise… Tu viens me chercher ? — Attends… Il t’a fait du mal ? interrogea l’amie. — Oh oui ! Et elle raconta tout. Silence à l’autre bout. — Tu écoutes ? — Tu voulais vraiment te débarrasser du petit ? — Évidemment, qu’est-ce que j’en aurais fait ? rétorqua Hélène. — Tu sais quoi… Je ne te reconnais pas, murmura la copine. Je ne veux même plus te parler. — Tant pis, j’appelle un taxi… *********************************************** Jérôme récupéra Alexis à la sortie de l’école. Ensemble, ils allèrent au parc nourrir les canards. Alexis, heureux de ce moment avec son père, osa demander : — Tu dois pas aider tata Hélène avec les préparatifs du mariage ? Un peu anxieux, Jérôme répondit : — Non. Le mariage n’aura pas lieu. Tu seras fâché si Hélène ne vit plus avec nous ? — Non, papa ! Pas du tout, dit le garçon, radieux. Elle ne m’aimait vraiment pas. — On va vivre tous les deux pour l’instant, serra tendrement son fils Jérôme. Et, un jour, on trouvera une femme formidable, qui t’aimera comme si tu étais son propre fils.

Tata Claire, tu peux m’aider avec les maths, s’il te plaît ? demanda timidement Théo en lançant un regard plein despoir à la compagne de son père. Jai une interro demain, et papa ne rentre du boulot que tard ce soir

Mon petit, jai pas le temps, là répondit la jeune femme sans lever les yeux de son MacBook. Dans deux semaines, cest mon mariage, et franchement, tout est sens dessus dessous. Tu veux que ton père et moi, on ait le mariage parfait, non ?

Oui, bien sûr balbutia le garçon, dépité, avant de filer dans sa chambre, tout triste. Autant vous le dire, Claire, il lavait en horreur. Mais son père était heureux, alors il prenait sur lui.

La maman de Théo était gravement malade et ne pouvait plus soccuper de son fils.

Un gamin de huit ans, ça ne devrait pas voir son parent se dégrader ! Voilà ce quavait pensé Paul, le père de Théo, en embarquant son fils chez lui. Sa fiancée était loin de sauter de joie à cette nouvelle, mais elle navait rien osé dire. Créer une scène à deux semaines du mariage, quelle idée !

Claire jouait à merveille le rôle de la belle-mère bienveillante et compréhensive. Du moins, devant Paul. Dès quil partait travailler, retour au service minimum : Théo devenait transparent. Un enfant dun autre, franchement, ça lintéressait autant que la météo du Groenland.

À deux jours du mariage, lordinateur de Paul tomba en panne, alors il se rabattit sur le portable de Claire. Il voulait juste envoyer un mail important mais, personne ne sait trop pourquoi, il cliqua sur « Historique ».

Son visage sassombrit à vue dœil. Il referma sèchement lordinateur (qui navait rien demandé) et se dirigea droit vers le salon où sa presque-femme était rivée devant « Affaire conclue ».

Quest-ce que cest que toutes ces recherches sur les pensions pour enfants ? lança Paul, les poings crispés.

De quoi tu parles ? répondit-elle, la mine fermée. Tavais dit que tu voulais juste envoyer un mail Pourtant, tas fouiné partout ! Tas pas honte de violer MON ordinateur ?

Tu crois vraiment que cest le moment de me faire un procès ? Je veux des explications. Qui ta nommée gestionnaire de mon fils ?

Justement, il est pas à toi, non plus ! siffla Claire, jetant la télécommande sur la table. On aura nos propres enfants, à nous, des vrais. Lui, cest juste un caillou dans la chaussure. À lécole, il galère il passe de 9 à 7 en maths , cest pas un exemple à la maison, ton champion.

Mais il vit un cauchemar ! Sa mère va mourir, il a dû tout quitter Il souffre, et toi, tu penses à le dégager. Paul hurlait désormais, incapable de se contenir. Heureusement, Théo, lui, était à lécole.

Tu ne vas pas t’énerver ! répliqua Claire, outrée. Cest pas mon job délever ton fils. Ya sa grand-mère, demande-lui de sen occuper si cest si grave, moi jai donné.

Et ton plan, genius, tu devais rallumer quand ? Après le dessert de mariage ? Dans un mois ?

Bof, dans deux jours, cétait plié lança Claire, sans lombre dun remords. Jai tout calculé, jai une copine à la DAS, hop, papiers faits en une semaine, et ton fiston, il est peinard, nourri, logé, blanchi. Toi, tranquillou à la maison.

Non mais grave-le-toi dans le crâne répondit Paul, soudainement très calme , mon fils, jamais je ne le larguerai. Parce que je laime plus que tout.

Et moi, Paul ? Je ne compte pas ? Tu ne maimes donc pas ? Eh bien, voilà : je veux pas que ton môme vive chez nous après le mariage. Choisis : lui ou moi.

Lui. Pas lombre dune hésitation. Trouver une copine, ça se fait, mais Théo, il ny en a quun dans ma vie.

Trouver une copine ? Je rêve ! Mais tu te prends pour Brad Pitt, ou quoi ? Crois-moi, yaura pas foule ! Et tu rêves si tu penses que quelquun voudra dun enfant qui nest pas le sien. Les gamins des autres, personne nen veut !

Tas une heure pour prendre tes affaires et quitter lappart. Prends les cadeaux, hein, jen ferai rien. Paul attrapa sa veste et, tournant la clé dans la porte balança : Je ne veux plus jamais te voir. Si tu croyais que jétais dingue de toi Tu te trompais. Je voulais juste une nouvelle maman pour Théo. Point.

Mais euh Paul, et le mariage alors ? balbutia Claire, stupéfaite. Elle pensait quil supplierait, quil passerait léponge, mais il la mettait à la porte ?

Tas vraiment rien compris répliqua Paul, las. Yaura jamais de mariage. Jai choisi, et cest pas toi. Dépêche-toi de partir. Si je reviens et que tes encore là, je serai moins aimable.

La porte claqua, laissant Claire seule, dépitée, sur le canapé quelle considérait déjà comme le sien.

Le portable vibra. Elle sursauta, se remit un sourire, et courut ouvrir la porte, sûre que Paul allait revenir, penaud.

Livraison ! lança un jeune homme déguisé en coursier. Un colis, signez ici.

Claire, tellement énervée, faillit casser son stylo en griffonnant sa signature. Le coursier, saisi, fila sans demander son reste.

Elle ouvrit le carton, et là, sous le papier de soie, le plus sublime des robes de mariée, hors de prix. Claire entra dans une colère noire, balança la robe contre le mur, lui marcha dessus comme un CRS en manif. Le tout pour finir par la réduire en vulgaire chiffon.

Furieuse, elle composa le numéro de sa meilleure amie tout en sortant une valise du placard.

Quoi encore ? grogna la voix à lautre bout du fil. Toi, tu fais jamais la grasse mat ! Quest-ce quil y a, le stress pré-mariage ? ricana-t-elle.

Pas du tout, yaura pas de mariage ! siffla Claire en enclenchant le haut-parleur. Je prends mes affaires, tu peux venir maider ?

Attends il ta fait quelque chose ? Le ton de son amie devint soudain grave.

Oh, il ma fait la totale ! répondit Claire, racontant tout en détails. Un silence, pesant. Tu tes endormie ?

Attends deux secondes Tu comptais vraiment larguer ce gosse ?

Ben franchement, il me sert à quoi ? Un boulet. Jaurais préféré un gosse à MOI.

Sérieusement souffla son amie après un silence de plomb. Je te reconnais pas. Je comprends plus. Jaurais jamais cru que tétais capable de ça.

Oh, arrête avec ta morale, grommela Claire, forçant sa valise à se fermer. Tu viens ou tu viens pas ?

Non, répondit sèchement lamie. Débrouille-toi.

Très bien ! Vive les taxis alors !

**********************************************

Paul alla chercher Théo à la sortie de lécole, et ils filèrent nourrir les canards au parc. Théo, ravi davoir son papa pour lui tout seul, osa tout de même sinquiéter :

Tu dois pas aider Tata Claire pour le mariage ? chuchota-t-il, redoutant la réponse. Il sattendait à ce quon le ramène direct à la maison pour emballer des dragées.

Non. Paul sourit doucement, ce qui stupéfia Théo. Il ny aura pas de mariage. Tu ne seras pas trop triste que Claire ne vive plus ici ?

Pas triste DU TOUT ! sexclama Théo, le regard brillant. Franchement elle maimait pas trop, tu sais.

Eh bien, tant mieux dit Paul, serrant son fils dans ses bras. On va vivre tous les deux, pour un petit moment. Et qui sait peut-être qu’un jour, on trouvera une femme formidable qui saura taimer vraiment.

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Je ne veux pas que ton fils vive avec nous après le mariage : quand l’amour d’un père triomphe sur les ultimatums de sa future épouse — Tata Hélène, tu peux m’aider avec les maths ? demanda timidement Alexis, plein d’espoir, à la compagne de son père. Demain j’ai un contrôle, et papa rentre tard du travail. — Désolée, chouchou, j’ai pas le temps, répondit la jeune femme sans lâcher son ordinateur. Le mariage est dans deux semaines, tout n’est pas prêt. Tu veux qu’on ait une cérémonie parfaite, non, Alexis ? — Oui, bien sûr… répondit l’enfant d’un ton perdu, se repliant tristement dans sa chambre. Alexis ne l’aimait déjà pas beaucoup, mais son père rayonnait de bonheur auprès d’elle. Pour lui, il fallait supporter. La mère d’Alexis était gravement malade, incapable de s’occuper de son fils. Un enfant de huit ans ne devrait pas être témoin de la souffrance de sa propre mère ! Avec ces mots, Jérôme, le père d’Alexis, avait récupéré son garçon. Sa fiancée n’était guère enchantée, mais elle n’avait rien dit. Un conflit, à quelques jours du mariage, ne lui paraissait pas une bonne idée. Hélène s’efforçait de paraître attentionnée et compréhensive — du moins quand Jérôme était là. Dès qu’il partait au travail, elle ignorait complètement Alexis. Ce gamin n’était pas le sien, elle n’en voulait pas. Quelques jours avant la noce, l’ordinateur de Jérôme tomba en panne. Il utilisa le portable d’Hélène. Il voulait juste envoyer un mail… mais il consulta, par curiosité, l’historique de navigation. Son visage se ferma peu à peu. Il referma brusquement l’ordinateur et se dirigea vers le salon où sa presque-femme regardait la télévision. — C’est quoi ces recherches à propos d’un internat pour mon fils ? demanda Jérôme, essayant de contenir sa colère. — De quoi tu parles ? Tu avais dit que tu n’ouvrirais que ta boîte mail… Tu t’es permis de fouiller partout ? Tu n’as pas honte ? — Je veux une réponse. Qui t’a donné le droit de décider du sort de mon enfant ? — Justement, CE n’est pas MON enfant ! rétorqua Hélène en lâchant la télécommande. On aura nos propres enfants, à nous. Alexis ne fera que nous gêner. Il est nul à l’école, toujours entre 7 et 9… Quel exemple pour les nôtres ? — Le gosse est en plein cauchemar ! Sa mère est à l’agonie, il a quitté tout ce qu’il connaît ! Et toi, plutôt que de l’épauler, tu mijotes des plans pour t’en débarrasser ! Jérôme criait, hors de lui, espérant qu’Alexis soit déjà à l’école. — Ne me crie pas dessus ! Je ne suis pas obligée d’élever ton fils. Sa grand-mère peut très bien s’en charger, si tu refuses mon idée. — Et tu comptais m’annoncer ça quand, ce plan génial ? Une semaine après le mariage ? Un mois ? — Dans deux jours, affirma Hélène sans une once de remords. Pas la peine d’attendre, j’ai déjà un contact à l’Aide sociale à l’Enfance. Tout ira vite. Alexis sera mieux là-bas. — Mets-toi ça dans la tête, répondit Jérôme, d’un calme glaçant : je n’abandonnerai jamais mon fils. Je l’aime plus que tout. — Et moi alors ? s’indigna Hélène. Tu ne m’aimes pas ? C’est décidé : je ne veux pas que ton fils vive avec nous après notre mariage. C’est lui ou moi, Jérôme. Choisis. — Lui. répondit simplement Jérôme, sans l’ombre d’une hésitation. Trouver une femme, c’est facile. Mais il n’y a qu’UN fils. — Une autre femme ? Tu rêves ! Qui voudra de toi et de ton mioche ? Ne sois pas ridicule ! Personne ne veut s’occuper de l’enfant d’un autre ! — Tu as une heure pour faire tes valises et quitter cet appartement. Tu peux aussi emporter tes cadeaux de mariage, ça m’est égal. ajouta Jérôme, la voix posée. Je ne veux plus jamais te voir. Si tu croyais que j’étais fou de toi, tu t’es trompée. Je voulais juste une nouvelle maman pour Alexis, c’est tout. — Attends, Jérôme, et le mariage alors ? bredouilla Hélène, persuadée qu’il finirait par lui demander pardon. Mais il la mettait dehors. — Tu n’as toujours pas compris ? s’étonna Jérôme. Il n’y aura pas de mariage. J’ai fait mon choix, et ce n’est pas toi. Prépare-toi à partir. Si je reviens et que tu es encore là, je ne serai pas tendre. La porte claqua, laissant Hélène désemparée. Pour elle, l’appartement était déjà acquis, elle ne voulait rien lâcher. La sonnette retentit. Pensant que Jérôme revenait sur sa décision, elle ouvrit avec un grand sourire… mais ce n’était qu’un livreur, qui lui tendit un colis. — Une livraison, madame. Signez ici, s’il vous plaît ! Furieuse, Hélène faillit briser le stylo. Le livreur s’éclipsa en la regardant de travers. Dans la boîte se trouvait la superbe robe blanche de mariée, l’étiquette encore dessus. D’un geste rageur, elle la balança et la piétina. Elle appela sa meilleure amie en larmes. — Il n’y aura pas de mariage ! Je fais ma valise… Tu viens me chercher ? — Attends… Il t’a fait du mal ? interrogea l’amie. — Oh oui ! Et elle raconta tout. Silence à l’autre bout. — Tu écoutes ? — Tu voulais vraiment te débarrasser du petit ? — Évidemment, qu’est-ce que j’en aurais fait ? rétorqua Hélène. — Tu sais quoi… Je ne te reconnais pas, murmura la copine. Je ne veux même plus te parler. — Tant pis, j’appelle un taxi… *********************************************** Jérôme récupéra Alexis à la sortie de l’école. Ensemble, ils allèrent au parc nourrir les canards. Alexis, heureux de ce moment avec son père, osa demander : — Tu dois pas aider tata Hélène avec les préparatifs du mariage ? Un peu anxieux, Jérôme répondit : — Non. Le mariage n’aura pas lieu. Tu seras fâché si Hélène ne vit plus avec nous ? — Non, papa ! Pas du tout, dit le garçon, radieux. Elle ne m’aimait vraiment pas. — On va vivre tous les deux pour l’instant, serra tendrement son fils Jérôme. Et, un jour, on trouvera une femme formidable, qui t’aimera comme si tu étais son propre fils.
La sortie de la tante (Nouvelle)