VIVRE POUR SOI-MÊME.

28septembre2025

Cher journal,

Aujourdhui, Léontine ma rappelé pendant son pause déjeuner, en remuant son thé dans un gobelet en papier,: «Vivre pour soi, cest essentiel!» Elle a souri en me voyant, puis a ajouté: «Tu ne penses jamais à toi, tout tourne autour de ta femme et de ton fils». Léontine a trentequatre ans, elle est très intelligente et très belle. Elle a trois ans de moins que moi, mais elle nen finit pas de me dire de prendre du temps pour moi.

«Ils tont mis sur le dos, ils tétouffent!», atelle poursuivi. «Tu ne fais que répondre au mari, au garçon. Voilà pourquoi ils te remercient jamais. Fais un pas pour toi, promènetoi, fais ce qui te plaît!» Jai hoché la tête, convaincu. Léontine est mariée depuis sept ans et na pas denfants. Elle répète sans cesse: «Pour commencer à vivre pour soi, faut enfin sy mettre!»

Je lai entendu dire: «Pourquoi tu rentres tout le temps tout de suite après le travail? Faisleur le souper!Ce ne sont pas des enfants gâtés, ils peuvent bien se préparer euxmêmes!Les hommes sont des loups ingrats, quoi que tu fasses, ils ne le voient jamais.» Elle a jeté un regard sur son ongle parfaitement manucuré. «Moi, je ne me fais plus harceler pour préparer des repas. Au supermarché, il y a toujours des plats tout prêts: plats surgelés, soupes, même du poulet déjà cuit. Mais je ne suis pas cuisinière, je ne touche pas à la poêle. Je gagne plus, jengage quelquun pour la cuisine!»

Je me suis laissé aller à rêver. Bien sûr, Léontine peut se permettre ce genre de luxe, son mari laime toujours. Mais moi, je suis un petit rat de bibliothèque, pas un rat de ville. Elle a raison, il faut vivre pour soi. Dès demain, je prends un jour de congé. Mon mari partira en vacances la semaine prochaine, alors jaurai une semaine entière pour me consacrer à ma propre existence.

Ce matin, je suis resté au lit jusquà ce que mon épouse Paulette et mon fils Thomas se préparent pour le travail et lécole. Ils ne bougent pas, comme sils savaient que je commence enfin ma vie à moi. Avant leur départ, je leur ai donné des sacs de sandwichs, les ai embrassés et leur ai souhaité une bonne journée.

Par où commencer? Je me suis regardé dans le miroir, pas content de mon reflet. «Parfait!», me suisje dit, puis je suis parti à la salle de coiffure du Marais. Après une longue réflexion, jai choisi une coupe milongue, légèrement bouclée. La coiffeuse a coupé, et je me suis senti rajeunir de dix ans. Jespère que Paulette aimera.

Ensuite, je me suis rendu aux Galeries Lafayette. Jai essayé plusieurs pulls, rien ne me plaisait, jusquà ce que je tombe sur un sweat à capuche à motif de dinosaures, exactement le style que Thomas adore. Jai acheté le sweat, imaginant son sourire et ses remerciements. Cétait un petit plaisir juste pour moi.

Jai aussi parcouru quelques boutiques de chaussures et de sacs, puis je me suis arrêté au rayon parfums, attiré par une promotion. Jai trouvé le parfum masculin Dior que je voulais depuis des mois, à moitié prix. Je me suis dit que, vivant pour moi, je mériterais ce petit luxe, et je lai acheté, en même temps que le spray coiffant qui ira avec ma nouvelle coupe.

Jai fini par descendre au supermarché du RezdeChaussée. Amoureux des douceurs, je suis allé dans le rayon pâtisserie et jai découvert des madeleines à la pâte damande, des biscuits à la vanille et même des tartes aux pommes prêtes à cuire. Jai choisi une belle canette de canard confit, que je préparerai avec du riz et des pommes pour le dîner.

De retour à la maison, le petit Mistral, notre labrador, mattendait à la porte, la langue pendue. Léontine mavait dit de «promener à volonté», alors je lai emmené faire le tour du parc du Luxembourg. Jai lancé la balle, cherché un bâton, et, pendant la promenade, jai vraiment pensé à moi. Le souffle frais sur mon visage a fait ressortir la couleur de ma peau.

Pendant que le canard cuisinait et que la tarte se dorait, Paulette et Thomas sont rentrés. Mon mari, Pierre, a remarqué ma nouvelle coupe et ma dit, les yeux brillants démotion: «Tu es magnifique aujourdhui!» Un petit feu dartifice de tendresse dans ses yeux. Thomas a commenté: «Maman, tu ressembles à ma grande sœur!La coupe te va à ravir!»

Nous avons partagé le canard et la tarte, préparés de mes mains, et Pierre a déclaré: «Cest extraordinaire, ma chérie!» Thomas a marmonné, les yeux dans la bouche, «Mmm, jadore quand tu cuisines toimême.»

Après que Pierre ait vidé le lavabo et que Thomas ait rangé lappartement, je leur ai offert les cadeaux que javais achetés: le sweat à capuche pour Thomas, qui la serré contre lui en me remerciant dun gros câlin, et le parfum pour Pierre, quil a senti avec un grand sourire.

En soirée, alors que Thomas sendormait, Pierre a allumé des bougies et a sorti une bouteille de vin rouge de la cave. Jai demandé, un verre à la main, «On fête quoi aujourdhui?» Il ma répondu, les lèvres effleurant les miennes, «Avec une femme comme toi, chaque jour est une fête.»

Allongé contre Pierre, presque endormi, jai réalisé à quel point il est bon de se mettre au centre de sa propre vie, surtout quand on a près de soi ceux quon aime et pour qui on vit.

Moralité: Prendre soin de soi nest pas égoïste, cest le fondement dune existence riche et partagée.

Jean.

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