Journal intime Paris, jeudi soir
Je ne me remets toujours pas du fait que ma nièce a trouvé un mari, tout cela grâce à sa mère. Quand Camille était encore enfant, ma sœur refusa catégoriquement de linscrire à la maternelle. Plus tard, adolescente, elle navait pas le droit de sortir le soir, elle restait enfermée à la maison, menant presque une vie dermite. Pendant ses études à Lyon, sa mère exigeait quelle soit toujours à la maison avant 18h. À vingt ans, sa mère l’appelait déjà à 19h30, s’énervant qu’elle ne soit pas encore rentrée. Je trouvais ça franchement exagéré, presque absurde.
Finalement, Camille a rencontré son futur mari lors de sa deuxième année à luniversité. Ils révisaient ensemble à la bibliothèque, lui avait deux ans de plus. Il lui passait ses notes, laidait dans tous les cours, et sans quelle ne sen rende compte, il est tombé amoureux delle. Rapidement, il a commencé à linviter à sortir. Cest là que Camille a commencé à braver franchement toutes les règles de sa mère.
Et puis, ils se sont mariés. Sa mère a finalement accepté de la laisser voler de ses propres ailes, de commencer une nouvelle vie.
Je veux maintenant raconter ce qui sest passé tout récemment. Jétais chez ma sœur lorsquun appel de Camille a retenti. Sa voix, tremblotante, oscillait entre les larmes et les éclats de rire, on discernait à peine ce quelle disait :
Maman, il veut que je le fasse Il dit que toutes les bonnes femmes savent le faire Est-ce que je ne suis pas une bonne femme ? Apprends-moi si les autres y arrivent, je devrais y arriver aussi
À cet instant, jai vu le visage de ma sœur changer à la vitesse de léclair. Elle lui a demandé de se calmer et de préciser ce que toutes les femmes savaient faire.
La soupe, maman, a-t-elle répondu. Et, là, impossible de nous retenir, nous avons éclaté de rire!
Ne vous moquez pas de moi! Tu ne mas jamais appris à la faire Jai cherché des recettes sur internet, mais ce nest jamais bon !
En tâchant de réprimer nos fous rires, nous lui avons expliqué étape par étape comment cuisiner une bonne soupe, tout en nous lançant quelques blagues complices.
Le soir même, Camille nous a rappelées pour nous remercier. Son mari lui avait fait un compliment cétait délicieux et surtout, elle ma soufflé quelle sest sentie, ce soir-là, enfin une vraie femme française !






