Une femme a vécu seule dans la forêt pendant dix ans jusqu’à ce que deux nouveau-nés apparaissent à sa porte.

Aujourdhui, comme chaque matin, les premiers rayons du soleil mavaient tirée du lit. Je suis sortie dans le jardin, mes mains déjà occupées par les tâches habituelles : arroser les plates-bandes, désherber, vérifier le poulailler, inspecter les arbres fruitiers. Tout réclamait mon attention. Et je navais personne pour maider. Personne autour. Le silence était mon seul compagnon depuis dix ans, bien que parfois, il pesait lourd dans ma poitrine.

Je prévoyais de partir chasser en fin de journée une nécessité, les réserves de viande samenuisaient, et lépicerie la plus proche était à des kilomètres. Mais dabord, je voulais me reposer un peu, masseoir sous le vieux chêne près du porche. Mon chien, un grand berger des Pyrénées nommé Porthos, sapprocha en remuant la queue. Il était bien plus quun animal : mon protecteur, mon confident.

« Alors, mon grand, on va se promener ? » dis-je en lui grattant loreille. Il posa sa tête sur mes genoux, comme sil comprenait quun peu de répit était bienvenu avant la nuit.

Je pris mes seaux et me dirigeai vers le puits. Cet été était particulièrement sec, même pour la Provence. La terre craquelait, les fleurs se fanaient trop vite. Jarrosais sans relâche pour sauver ce qui pouvait lêtre. Dix ans que je vivais seule ici, depuis que ma mère avait rejoint mon grand-père sous les ifs du cimetière.

Mon grand-père Un homme austère, retiré du monde. Il avait bâti cette maison de ses mains, loin du village, là où personne ne viendrait le déranger. Il haïssait les hommes, leur indifférence. Il mavait raconté, un soir, pourquoi.

« Tu ne dois pas épouser ce garçon », mavait-il dit un jour, alors que je lui parlais de Fabien.

« Pourquoi, pépé ? Sa famille est honnête, ils ne boivent pas comme les autres. »

« Ils sont pourris. Méchants. »

Javais ri quelle absurdité ! Mais il mavait alors raconté lhistoire de ma grand-mère, Élodie. Un hiver terrible, la neige bloquant les routes. Elle avait refusé de partir à la maternité plus tôt, par peur de le laisser seul. Quand les contractions commencèrent, la tempête empêchait tout déplacement. Mon grand-père avait supplié un voisin, un certain Lucien, qui possédait une charrette.

« Tu ne peux même pas emmener ta femme à lhôpital ? » avait ricané Lucien.

Mon grand-père lavait frappé, puis chargé Élodie sur une traîneau avec laide de son frère. Mais à lhôpital, il était trop tard. Seul le bébé survécut ma mère.

« Lucien cest le grand-père de Fabien, nest-ce pas ? » avais-je murmuré.

Il avait hoché la tête.

Jen avais parlé à Fabien. Il ne savait rien. « Cétait il y a un siècle, Amélie ! Quest-ce que ça change ? » Mais je navais pas pu oublier. Puis mes parents étaient morts, dans lincendie de la ferme. Mon grand-père, trop affaibli, ne sen était jamais remis. Je lavais veillé jusquà la fin.

Fabien était venu me voir. « Sortons un peu, penser à autre chose. » Je lavais chassé. « Vous êtes tous pareils, votre famille na jamais aidé personne ! » Il était parti, blessé. Je ne lavais pas rappelé.

Dix ans plus tard, je le revis au village. Il boitait, une prothèse à la place de la jambe gauche. Une femme enceinte à son bras. Nos regards sétaient croisés une seconde. Javais détourné les yeux.

Et puis, hier soir, alors que je somnolais sous le chêne, Porthos sétait mis à aboyer. Il ne jappait jamais sans raison. Javais couru, trouvé deux nouveau-nés dans lherbe. Un sac à côté, contenant uneUne note à l’intérieur disait simplement : *”Prends soin d’eux, Amélie, car je n’en ai pas la force.”*, et je compris alors que Fabien, malgré tout, m’avait confié l’essentiel de lui-même.

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Une femme a vécu seule dans la forêt pendant dix ans jusqu’à ce que deux nouveau-nés apparaissent à sa porte.
— Redresse la table et chéris tes invités, c’est ce qu’a exigé ma belle-mère —