Forte et indépendante : La puissance féminine à la française

**Journal intime 12 octobre**

Pendant mes années détudes, jai écouté les conseils de ces coachs et pseudo-psychologues sur Internet qui prêchaient quune femme devait être forte et indépendante, navoir besoin de rien des hommes. Et cest ainsi que jai essayé de devenir.

Jai rencontré Damien, que ma « force et indépendance » ont séduit. Dès notre premier rendez-vous, il a proposé de partager laddition. Ah, comme jétais fière de ne dépendre de personne !

Nous avons vite emménagé ensemble. Le loyer était divisé en deux, et pour les courses, nous mettions largent dans une petite boîte. Si lun dentre nous achetait quelque chose de gourmand, lautre devait rembourser sa part. Je me souviens encore des fois où Damien rapportait une pâtisserie, et si mon budget ne me permettait pas de payer ma moitié, je devais soit lui emprunter, soit men passer. Même lorsque joffrais, il insistait pour payer. Lui avait toujours de largent, contrairement à moi.

Damien adorait me donner des leçons sur mes dépenses : « Pourquoi prendre le bus pour deux stations ? Tu peux marcher. Pourquoi acheter du saucisson cher alors quil y en a des moins chers, tout aussi bons ? »

Si nous prenions la voiture, je devais payer la moitié de lessence. Tout était calculé au centime près : le nombre de machines à laver, les douches, lélectricité

Quand je suis tombée malade, jai dû arrêter de travailler, acheter des médicaments et des produits spécifiques. Mes économies y sont passées. Jai dû emprunter à Damien pour le loyer et la nourriture du mois suivant.

Cest à ce moment-là que jai compris : je nétais pas forte et indépendante, il était juste radin.

Nos relations se sont détériorées, et jai commencé à chercher un autre logement. Cest là que jai rencontré Théo, lagent immobilier. Il ma trouvé un bel appartement à un prix raisonnable et sest mis à me courtiser. Il a même payé mon déménagement, refusant que je le rembourse.

Lors de notre premier dîner, jai voulu régler ma part. Théo a ri en secouant la tête, comme si jétais folle. Quand jai tenté de lui donner de largent pour lessence après quil ma raccompagnée, il a encore rigolé.

Au début, je me sentais mal à laise. Je ne devais pas dépendre dun homme, non ? Pour me prouver quelque chose, jai organisé un dîner pour fêter mon emménagement. Théo est arrivé avec des fleurs, et ma première pensée a été : « Combien vais-je devoir lui rembourser ? »

Mais les choses ont changé. Avec Théo, plus besoin de compter chaque euro avant la paye ni de craindre de ne pas pouvoir payer le loyer. Je pouvais être malade sans avoir peur de manquer de tout.

Finalement, jai épousé Théo. Aujourdhui, je suis faible et dépendante et cest merveilleux.

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Forte et indépendante : La puissance féminine à la française
Quelle rencontre ! Tu ressembles à Laetitia Casta, mais ton appartement est un vrai chantier.