**Journal de Luc 12 octobre**
Elle ma dit : « Attends ici, je reviens tout de suite. » Je ne lai jamais revue.
Je mappelle Luc Dubois, et mon histoire commence dans un foyer simple mais aimant. Mon père travaillait dans son atelier, ma mère soccupait de moi. Jétais leur seul enfant, et je croyais notre vie stable, protégée.
Pourtant, un jour, tout a basculé. Mon père a perdu son travail. La joie a quitté notre maison. Les conversations sont devenues plus courtes, latmosphère plus lourde. La nuit, jentendais des disputes, des portes claquer, puis un silence inquiétant. Finalement, mon père a découvert que ma mère avait un autre homme. Il a pris ses affaires et est parti. Son absence me déchirait le cœur.
Un matin, ma mère sest réveillée étrangement gaie. « Fais ta valise, nous partons à la mer », a-t-elle annoncé. Fou de joie, je lai crue. Nous avons pris un bus. À un arrêt, elle ma demandé de lattendre sur un banc elle voulait juste acheter une glace. Mais elle nest jamais revenue.
Les minutes, puis les heures, ont passé. Le froid est tombé. Jai pleuré, appelé en vain. Un inconnu ma trouvé et a prévenu mon père. Quand il est arrivé, les larmes coulaient sur son visage. « Elle ta abandonné, a-t-il murmuré. Elle ne reviendra pas. » Je refusais dy croire, mais cétait la vérité.
Nous avons recommencé une vie, mon père et moi. Une femme prénommée Élodie est entrée dans nos jours. Douce, patiente. Dabord méfiant, jai fini par lappeler « Maman » car elle était là, vraiment. À la naissance de ma petite sœur, jai compris ce quétait une famille.
Plus tard, mon père ma révélé que ma mère lavait appelé ce matin-là, lui donnant juste une adresse avant de disparaître à nouveau. Le tribunal lui a retiré ses droits. Personne na plus jamais eu de ses nouvelles.
Les années ont passé. Jai grandi, obtenu mon diplôme, trouvé un travail, acheté un appartement. Mon père et Élodie étaient toujours là.
Un soir, en rentrant, une femme était assise sur le banc devant chez moi. Elle a levé les yeux et a chuchoté : « Luc cest moi, ta mère. » Je lai à peine reconnue. Son visage était marqué, sa voix étrangère.
Jai appelé mon père. Il est venu avec Élodie. « Mon fils, cest à toi de décider », a-t-il dit calmement.
Je lai regardée mais je nai rien senti. Seulement du vide. « Tu nes plus ma mère, ai-je répondu. Tu es partie. Jai des parents ils sont là. » Elle a pleuré, mais je suis resté impassible. Je lui ai demandé de partir.
Puis nous nous sommes serrés fort, mon père, Élodie et moi. « Merci dêtre là. Je vous aime. » Et cétait vrai.
Ne quittez jamais vos enfants. Ils nont pas choisi la vie, mais ils ont besoin damour. Je le sais je lai vécu.





