À sept heures du matin, je me suis réveillé aux aboiements frénétiques de mon chien qui faisait tout pour me sortir du lit, et j’ai vu une chose terrifiante

**Journal intime 15 juin**
Ce matin, il sest passé quelque chose que je noublierai jamais.
Il était presque sept heures. Dehors régnait encore le calme paisible de laube, et je profitais dun rare jour de repos. Depuis la veille, jétais épuisée je navais même pas la force de sortir mon chien pour notre promenade matinale habituelle. Je dormais comme une souche, et dans mon rêve, tout était calme et ordinaire.
Soudain, jai senti un poids peser sur ma poitrine. À moitié endormie, jai ouvert les yeux : juste devant moi se tenait Gaston, mon épagneul breton. Il avait posé ses pattes sur moi et me fixait intensément.
« Quest-ce que tu veux ? » ai-je murmuré en refermant les yeux, persuadée quil avait juste faim ou envie de sortir.
Mais il na pas bougé. Au contraire, il sest mis à taper insistamment ses pattes, à me lécher la joue et à geindre doucement, comme pour mappeler. Je ne comprenais toujours pas pourquoi il me réveillait avec autant dinsistance. Quand jai continué à lignorer, il sest mis à aboyer soudainement près de mon oreille, puis a sauté sur le lit en jappant fort, dun ton inquiet.
À ce moment-là, jai rouvert les yeux et jai remarqué quelque chose détrange. Jai enfin compris pourquoi Gaston se comportait de façon si bizarre.
Une odeur âcre et piquante ma saisi. Je nai pas tout de suite réalisé ce que cétait. Mais après quelques secondes, mon cerveau a fait le lien : la fumée. Et elle devenait de plus en plus dense.
Je me suis redressée dun coup, le cœur battant à tout rompre. Jai sauté du lit, couru pieds nus dans le couloir et me suis figée sur place.
Une épaisse fumée grise séchappait déjà du salon et commençait à envahir ma chambre. Dans le séjour, les flammes dévoraient avidement la moitié de la pièce, crépitant et projetant des étincelles.
Gaston était à mes côtés, aboyant vers le feu avant de tourner son regard vers moi, comme pour dire : « Dépêche-toi ! »
Jai attrapé mon téléphone, composé le numéro des pompiers dune main tremblante, et nous avons quitté lappartement en hâte, sans perdre une seconde.
Une fois dehors, en sécurité, alors que je reprenais mon souffle, jai réalisé une chose : sans lui, jaurais continué à dormir et peut-être ne me serais-je jamais réveillée.
Plus tard, il sest avéré que javais repassé des vêtements la veille au soir et, épuisée, oublié déteindre le fer. Il était resté posé sur le linge ce qui avait provoqué lincendie.
Je ne me souviens de rien. Mais Gaston, lui, a senti la fumée avant moi et a tout fait pour me réveiller.
Sans lui je ne serais peut-être pas là pour écrire ces mots aujourdhui.

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À sept heures du matin, je me suis réveillé aux aboiements frénétiques de mon chien qui faisait tout pour me sortir du lit, et j’ai vu une chose terrifiante
Devant la porte se tenait un inconnu. Depuis le lycée, Vincent était épris de Jeanne. Il lui écrivait des petits mots, cherchait à attirer son attention de mille façons. Mais Jeanne préférait Dimitri, grand blond et membre de son équipe de volley-ball. Au garçon maladroit qu’était Vincent et qui avait du mal à l’école, elle ne prêtait aucune attention. Peu après, Dimitri est sorti avec Hélène, une fille de la classe voisine. Après le bac, Vincent a de nouveau essayé de séduire Jeanne. Il est même allé jusqu’à lui demander sa main à la soirée de remise des diplômes… Mais la jeune fille lui a répondu sèchement : « Non ! ». Elle ne voulait même pas y penser. Après ses études, Jeanne a été embauchée comme comptable ; son patron était un brun séduisant de dix ans son aîné. Jeanne admirait ses compétences, son allure, son intelligence. Des sentiments naquirent entre eux. Jeanne n’était pas gênée que son prétendant soit marié et père d’un jeune garçon. Valéry Charbonnier lui promettait de divorcer, jurant n’aimer qu’elle. Les années passèrent et, peu à peu, Jeanne s’habitua à la solitude les week-ends et jours de fête. Elle attendait toujours que Valéry divorce et qu’ils vivent enfin ensemble. Un jour, Jeanne aperçut Valéry en compagnie de sa femme au supermarché : Elle était enceinte et son mari la tenait tendrement par la main, avant de prendre les sacs et de rejoindre leur voiture. Les larmes aux yeux, Jeanne observait cette idylle. Le lendemain, elle démissionna… Le Nouvel An approchait, mais la jeune femme n’avait pas le cœur à faire des courses, décorer la maison ni célébrer la fête. En rentrant un soir, elle découvrit qu’il faisait froid chez elle — la chaudière était hors service. Jeanne vivait dans une maison individuelle. Elle tenta d’appeler un chauffagiste, mais à quelques jours des fêtes, tout le monde réclamait des sommes folles, surtout en entendant qu’il fallait se déplacer en banlieue. Désespérée, Jeanne appela une amie dont le mari travaillait dans le secteur. Laurence promit de le joindre aussitôt. Deux heures plus tard, Jeanne entendit frapper à la porte. Un inconnu était là, mais en y regardant de plus près, elle reconnut… Vincent, son ancien camarade de classe. — Salut Jeanne, alors, c’est quoi le souci ? — Oh… Comment as-tu su ? — Mon boss m’a appelé pour que je vienne à cette adresse, il paraît que tu as froid. Tu as pensé à purger tes radiateurs ? — Non, je n’y connais rien. — Eh bien, tu aurais pu rester sans chauffage tout l’hiver ! Heureusement qu’il ne fait pas trop froid dehors. Vincent vida rapidement le circuit d’eau, bricolant la chaudière avant de repartir. Une heure plus tard, il revint avec les pièces nécessaires. La maison se réchauffa peu à peu. Vincent se lava les mains et demanda alors : — Jeanne, tu as un robinet qui fuit et une ampoule qui clignote… Ton mari ne peut pas réparer ça ? — Je n’ai pas de mari… — Ah bon ? Qu’est-ce que tu attends, tu cherches encore le prince charmant ? — Le prince charmant… Je ne cherche plus personne, avoua-t-elle soudain. — Alors pourquoi m’as-tu repoussé, la dernière fois ? — sourit Vincent. Elle resta sans voix… Après avoir réparé le robinet et changé l’ampoule, il rentra chez lui. Et Jeanne se remémora son enfance, son adolescence et ce garçon potelé amoureux d’elle. Vincent avait bien changé, il était devenu un bel homme élancé aux yeux noisette. Mais son sourire était toujours le même. Elle n’eut même pas le temps de lui demander s’il était marié. Le 31 décembre, quelqu’un frappa à sa porte. Jeanne ouvrit, surprise — elle n’attendait personne. Sur le seuil se tenait Vincent. Il portait un costume neuf et tenait un bouquet de fleurs. — Jeanne ! Je repose la question : voudras-tu m’épouser, ou bien continueras-tu d’attendre un prince jusqu’à la retraite ? La jeune femme se mit à pleurer… puis acquiesça, radieuse. À la deuxième tentative, la demande fut enfin acceptée…