Je n’aurais jamais imaginé devoir laisser mon propre enfant dans l’appartement de ma grand-mère et l…

Jamais je naurais pensé que laisser ma propre fille dans lappartement de ma grand-mère mamènerait à tant de regrets !

Jai vécu toute ma vie avec ma mère dans un appartement de trois pièces, à Lyon, et il y avait largement de la place pour nous deux. Jai longtemps pensé quitter le foyer familial seulement quand je fonderais ma propre famille. Mais la vie na pas suivi mes plans idéaux. Lorsque jai commencé à fréquenter François, nous avons vite compris que dépenser de largent pour un loyer navait aucun sens ; mieux valait économiser. Alors, six mois après notre mariage, nous sommes venus habiter chez ma mère.

Ma mère semblait attendre ce moment depuis toujours. Dès que François a posé ses valises, elle a transformé la maison en camp dentraînement : listes de tâches quotidiennes pour chacun, contrôle sur mes horaires de travail, elle était omniprésente.

Pourtant, ma mère avait déjà soixante-cinq ans jignorais doù lui venait toute cette énergie, mais larrivée de mon mari semblait lavoir électrisée. Cest vite devenu insupportable, au point que, frustrés, nous avons décidé de partir.

Cest alors que ma mère ma confié un secret : elle avait hérité lappartement de ma grand-mère à Villeurbanne, quelle louait jusque-là. Et puisque nous insistions pour vivre séparément, elle proposait de nous le prêter. Sur le moment, jétais folle de joie devant cette opportunité, mais bientôt, linquiétude a surgi : maman refusait de me le donner officiellement, en expliquant que, mariée, elle ne voulait pas que ce bien devienne la propriété de mon mari en cas de problème.

Malgré tout, avoir notre propre appartement, même en « prêt », paraissait un rêve devenu réalité. Hélas, ce nétait pas un cadeau, mais une dette à rembourser : chaque week-end, il fallait nous rendre chez elle à la campagne, à Oingt, pour laider dans les travaux. Bien sûr, nous voulions laider, mais elle ne nous laissait pas le moindre week-end libre, ce qui jetait une ombre sur nos vies. Au bout dun an, François a craqué ; il voulait au moins une fois se reposer à la maison. Finalement, nous avons réduit nos visites à trois par mois.

Quand notre fils est né, jai eu besoin de son aide plus que jamais. François, épuisé, allait seul chez ma mère, mais de façon de plus en plus rare, car il essayait aussi de me soutenir à la maison. Je restais silencieuse, consciente que chacun a besoin de repos.

Un dimanche, alors que François nétait pas allé à Oingt, ma mère a débarqué, furieuse, exigeant quil se rende chaque dimanche à la campagne. Lorsquil a répondu quil avait droit au repos, elle la accusé de profiter de son appartement, donc de profiter delle.

Cest là que François a déclaré quil ne remettrait plus jamais les pieds à Oingt.

Ma mère a mal pris la chose, et depuis, tous les jours au téléphone elle me répète à quel point jai épousé un fainéant :

Jamais je naurais cru que jen viendrais à regretter davoir laissé ma propre fille dans lappartement de ma mère ! Jaurais mieux fait de le cacher et de continuer à le louer.

Aujourdhui, François et moi cherchons à louer notre propre appartement à Lyon. Malheureusement, nos économies sont insuffisantes pour acheter, mais il nest plus possible de vivre ainsi. Jaime profondément ma mère, mais jai décidé quil valait mieux séloigner avant que la situation ne dégénère, et laisser la vie décider de la suite.

Que penseriez-vous à notre place ?

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