L’amour parental – Quand la famille se réunit autour d’un Noël chaleureux, entre bêtises d’enfants, rires complices et cadeaux du cœur : un voyage d’émotions, de gratitude, et ce moment où l’instinct maternel se réveille… même dans un taxi parisien !

Lamour parental

Les enfants sont les fleurs de la vie, répétait toujours maman, avec son air rêveur. Papa, lui, ajoutait en riant :
Sur la tombe de leurs parents ! en faisant allusion aux bêtises, aux caprices et au vacarme permanent des petits.

Églantine avait soufflé, à bout de souffle mais comblée de bonheur, en installant ses enfants dans un taxi. Maëlys avait quatre ans, Léandre à peine dix-huit mois. Ils avaient passé de merveilleux moments chez leurs grands-parents, entourés de biscuits, de câlins, de contes et de cette liberté « un peu plus large quà la maison » qui fait le sel des vacances.

Églantine avait savouré ce séjour. Le retour au foyer familial, parents, sœurs, neveux, on y est accueilli sans condition. Les plats de maman, impossibles à refuser. Le sapin chargé de guirlandes et de ces drôles de vieilles décorations oubliées mais touchantes. Les toasts de papa, un peu longs parfois, mais toujours prononcés du fond du cœur. Les cadeaux de maman : choisis avec soin, utiles, pleins damour.

Un instant, Églantine sétait retrouvée petite fille à nouveau. Elle navait quune envie : dire tout simplement
« Maman, papa, merci dexister ! »

Cette année-là, avec Armand, ils avaient décidé doffrir un présent tout particulier à ses parents. Non par obligation mais par gratitude. Pour lenfance heureuse. Pour lamour et les attentions qui avaient égayé les années dÉglantine et de ses sœurs. Pour la confiance, lorsque ses parents avaient accueilli Armand et lui avaient confié leur plus grand trésor leur fille. Pour le soutien familial, la foi dans leur chemin, la présence à chaque moment décisif.

Jai toujours rêvé doffrir une voiture à mon père, avait confié un soir Armand, tout bas. Mais le mien na pas eu le temps de vivre ça
Il sétait arrêté un instant, puis, plus résolu :
Mais à ton père, on loffrira, cest sûr !

Églantine avait seulement souri, les yeux brillants de toute cette reconnaissance, cette estime et ces promesses partagées.

Comme convenu, Églantine était venue chez ses parents avec les enfants. Dans les bras, des boîtes transparentes où sempilaient ses salades maison, viandes mijotées et douceurs soigneusement préparées.

Léandre, solennel, présenta à sa grand-mère un bouquet de roses si grand quil manqua de basculer sous son poids. Églantine prit son père dans ses bras, le couvrit de baisers, inspira cette odeur familière, celle de la maison de son enfance.

Et Armand ? Pourquoi sans lui ? sinquiéta la famille.
Cest alors que le téléphone dÉglantine vibra.
Cest Armand, murmura-t-elle, souriante. Petit contretemps, il dit de commencer sans lui.

Déjà, les petits galopaient vers le séjour. Sous un grand sapin décoré de mille lumières, des paquets et boîtes, étiquetés au prénom de chacun, attendaient ceux auxquels le « Père Noël » avait songé.

Maëlys fut, bien sûr, la plus gâtée. Dans une boîte lattendait le carrosse magique de Cendrillon. Dans une autre, une paire de splendides chevaux blancs avec de longues crinières dorées. Même des pantoufles de « verre » pour la princesse ! Puis une robe légère à la jupe bouffante, de longs gants brodés de pierres étincelantes. Bijoux, miroir magique, coffret de maquillage denfant, mallette de loisirs créatifs, livres

Léandre reçut une énorme boîte avec un parking à plusieurs niveaux : petites voitures scintillantes montant par lascenseur, folles de dévaler les rampes en spirale. Dautres cadeaux encore : un grand dinosaure aux yeux lumineux, un arc avec des flèches, une mini-piscine à balles et son sac de sphères colorées, un pistolet galactique changeant de couleurs. Et bien sûr, une montagne de livres à colorier, de crayons et de feutres magiques.

Églantine non plus navait pas été oubliée !
Dans une petite boîte ornée dun ruban, dormaient des boucles doreilles en or, piquetées de pierres qui brillaient dans la lumière du sapin.

Sur la table, un grand plat trônait : son gâteau préféré la « Fourmilière » parsemé de noisettes, de raisins secs, de fruits confits et de copeaux de chocolat noir. Exactement comme le faisait maman, avant…

Sous le sapin, les paquets pour Armand étaient mis à part. Il était formellement interdit de les ouvrir sans le fameux gendre.

Églantine et les enfants remirent leurs présents : à maman, une jolie boîte de parfum français, à papa, un bracelet dargent tressé dun motif rare. Maëlys, toute fière, tendit un portrait des grands-parents un dessin amusant, presque une affiche de « recherche », mais fait avec une telle tendresse que tout le monde éclata de rire.

Mais le cadeau le plus marquant était encore à venir !

Trente minutes plus tard, après les premiers toasts, dans leffervescence des cadeaux, Églantine passa ses boucles doreilles. Elles jetaient mille feux, illuminant ses yeux de bonheur.

Maëlys la scruta, puis déclara soudain :
Maman, tu as mis ces boucles pour que je te fasse dire que tu es belle ?
Oui, précisément pour cela, avoua Églantine.
Tu es magnifique ! annonça solennellement Maëlys. Et moi aussi ! Et papa ! Même Léandre !
On riait de nouveau de bon cœur.
Mais où est donc notre cher gendre ? Il serait temps quil arrive !

À cet instant, la lumière du portail salluma. Les battants souvrirent, laissant entrer, klaxon en fête, une grande voiture blanche, rutilante de propreté, parée de ballons fixés aux rétroviseurs et au capot.

Tout le monde sortit précipitamment, riant, frissonnant sous la bise, dans un joyeux chaos.

Elle était là, devant eux. Une voiture neuve, éclatante de chrome, telle une promesse de nouvelles aventures.

Armand sortit avec calme, sans emphase. Il sapprocha du père dÉglantine, lui tendit la clé.
Cest pour vous Du fond du cœur.
Et il le serra fort dans ses bras une accolade franche, solide, pudique. Le père recula dun pas, sourit, tout déconcerté.

Mais enfin, quest-ce que vous faites, les enfants Je ne peux pas accepter…
Il balbutiait, comme sil craignait dy croire.

Déjà, on le menait, on linstallait au volant. Il effleura le cuir du volant, parcourut la planche de bord remplie de lumières et de promesses. Lhabitacle embaumait le neuf, laventure et les prochaines escapades.

Le père sessuya les yeux lui qui ne pleurait jamais.
Vous êtes incroyables… souffla-t-il. Puis il se leva pour embrasser tour à tour Églantine, Armand, ses petits-enfants, sa femme.

Oui, ces fêtes furent une réussite.
Le cœur léger, petits et grands sétaient ressourcés, remplis de joie. Mais il fallait bien repartir, chacun chez soi.

Le lendemain matin, Armand quitta la maison pour aller travailler. Son beau-père le conduisit dans la voiture toute neuve fier, rajeuni soudain, comme si une part de ses soucis lui avait été arrachée. Églantine les regarda séloigner, ému. Le cadeau avait trouvé sa place, menait déjà son existence.

Après le déjeuner, Églantine appela un taxi. Les valises semblaient moins lourdes quà larrivée, mais les cœurs, eux, étaient bien plus pleins. Maëlys serra encore sa grand-mère, Léandre salua son grand-père, serrant très fort dans sa main une petite voiture pour le voyage.

Les enfants se laissèrent vite aller au sommeil, blottis lun contre lautre sur la banquette, repus, apaisés, heureux.

Sur la route du retour, Églantine demanda un arrêt, devant une petite boutique de village.
Jen ai pour une minute, je vais prendre des couches et une bouteille deau, expliqua-t-elle au chauffeur.

Cinq minutes plus tard, Églantine ressortit, prit place dans la voiture et sentit son cœur chavirer.

Les enfants ny étaient plus !
Le chauffeur parlait tranquillement à une jeune femme assise devant.

Je nai pas compris… articula lentement Églantine.
La jeune femme se retourna brusquement :
Cest qui celle-là ? Quest-ce quelle veut ?
Le chauffeur haussa les épaules :
Aucune idée ! puis à Églantine : Qui êtes-vous ? Que faites-vous là ?
Mais enfin, où sont mes enfants ?!
Salaud ! hurla la jeune femme. Tu as des enfants cachés ?! Elle se mit à le frapper de son sac.
Nimporte quoi, tu fais monter nimporte qui dans ta voiture ?! criait maintenant Églantine. Où sont mes enfants, je te demande ?!

Trois à cinq minutes dun véritable chaos : cris, accusations, gestes énergiques, une injustice à hurler.

Soudain, la portière souvre Un homme penche la tête et dit, dun ton posé :
Madame Ce nest pas votre voiture. La vôtre est garée un peu plus loin.

Le monde sarrêta. Sans un mot, Églantine claqua la portière et courut vers une autre voiture claire, quelques mètres devant.

Elle ouvrit la porte.
Sur la banquette arrière dormaient paisiblement ses enfants. Deux anges, à peine dérangés.
Églantine expira profondément, comme si elle venait déchapper au pire. Sinstalla, claqua la porte, gronda :
On peut y aller…

Et là, un fou rire lemporta. Un vrai, nerveux, libérateur. Le chauffeur éclata aussi, séchant une larme de soulagement, visiblement heureux que tout se termine ainsi non par une tragédie, mais par une histoire quon raconterait toute la vie.

En regardant les enfants dormir, Églantine perçut une vérité : les parents, dans la vie ordinaire, sont doux, fatigués, joyeux, parfois distraits. Mais quun danger surgisse, même lointain et ils se transforment en lions, prêts à tout défendre !
Sans hésiter, sans réfléchir, sans peur juste avec cet élan : protéger, à tout prix !

Cest comme ça, lamour.
Silencieux tant que tout va bien, indestructible dès quil sagit de ses enfants.

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L’amour parental – Quand la famille se réunit autour d’un Noël chaleureux, entre bêtises d’enfants, rires complices et cadeaux du cœur : un voyage d’émotions, de gratitude, et ce moment où l’instinct maternel se réveille… même dans un taxi parisien !
Ce n’est pas à toi de décider où vivra mon fils !” a lancé son ex en franchissant le seuil