Lorsqu’il était prévu que mes parents viennent rendre visite, je me suis lancée dans un grand ménage.
Je partage une relation avec mon petit ami depuis deux ans. Il ma demandée en mariage. Jai évidemment accepté, ravie par sa proposition. Pourtant, je ne pouvais mempêcher dêtre troublée par son manque denthousiasme à lidée de vivre ensemble rapidement.
Il habitait encore chez ses parents, dans leur appartement de trois pièces à Lyon, pendant que joccupais une chambre universitaire. À mon sens, il est essentiel de cohabiter avant le mariage, pour apprendre à vivre au quotidien ensemble et shabituer lun à lautre. Je lui ai fait part de mon point de vue, mais il a esquivé la conversation comme si cela lui était étranger ou dérangeant. Puis, le hasard a bien fait les choses : ses parents devaient partir en Bretagne pour quinze jours, ce qui nous permettait dessayer la vie à deux pendant leur absence.
Jai voulu être une compagne irréprochable. Je cuisinais des plats traditionnels, je faisais le ménage, je mappliquais à maintenir lappartement étincelant et bien rangé. Chaque jour, jessayais de faire plaisir à mon fiancé, Éloi, en lui préparant des mets gourmands.
Seulement, tout nétait pas parfait. Un soir, je lui ai demandé de passer laspirateur. Il ma répondu quil nétait pas question, que « cest un travail de femme ». Dans sa famille, ma-t-il dit, le rôle de lhomme se limite à subvenir aux besoins matériels, pas à aider son épouse dans les tâches domestiques. Je nai rien dit, espérant quen vivant ensemble il finirait par changer davis.
Avant le retour de mes parents, lappartement brillait de propreté. Jespérais vraiment faire bonne impression. Jai confectionné une tarte aux pommes, préparé un dîner complet, puis je suis rentrée chez moi.
Le lendemain, Éloi ma confié que sa mère nétait pas satisfaite de moi. Selon elle, je navais pas été une bonne maîtresse de maison. Je suis tombée de haut. Lors de ma première visite, leur logement nétait pourtant pas impeccable. Pourquoi me rabaisser ainsi ? Elle na pas même goûté à mes plats, jugeant que ce que je préparais était fade ou insipide. Cette critique ma profondément blessée.
Je ne peux mempêcher de penser que sa mère refuse quil quitte le domicile familial. Peut-être imagine-t-elle une belle-fille plus « convenable » à ses yeux… Je soupçonne quelle souhaite quelquun dautre pour son fils. Car depuis le retour de ses parents, Éloi a changé. Il est devenu froid, distant. Nous ne nous voyons presque plus, nous ne parlons que très rarement. Je commence sérieusement à douter que le mariage ait encore une chance d’avoir lieu.
Quen penserais-tu, toi ?







