15 juillet 2023
Nous habitons, ma femme et moi, à Lyon, une belle grande ville. Voilà déjà quinze ans que jai quitté ma petite ville de province pour venir ici poursuivre mes études. Après avoir obtenu mon diplôme, jai trouvé du travail et, dans la foulée, jai rencontré Camille, qui allait devenir mon épouse.
Un an seulement après notre rencontre, on sest mariés à la mairie du 4e arrondissement.
Au début, on vivait chez les parents de Camille pour mettre de largent de côté et pouvoir acheter notre chez-nous. Depuis peu, nous avons enfin notre propre appartement avec deux pièces, même si, pour être honnête, on en a encore pour six ans de remboursement avant den être vraiment propriétaires.
Et, comme souvent dans les familles françaises, un beau jour, nos cousins nous ont annoncé leur visite.
Ça part toujours dune bonne intention : tout le monde a envie de visiter Lyon, mais personne ne veut dépenser pour un hôtel. Évidemment, loger chez la famille, cest bien plus confortable.
Cet été-là, avec Camille, on avait posé nos congés. On sétait promis de partir à la mer, respirer un peu lair iodé, se ressourcer sur la Côte dAzur.
On avait réservé du 16 au 25 juillet et on commençait tranquillement à préparer les valises.
Et puis voilà que, le 15 juillet, ma cousine Clothilde mappelle sans prévenir pour me dire quelle passerait chez nous à partir du 18 juillet.
Je lui explique tout de suite quon part le 16 juillet et quon ne sera pas là. Pas de chance, on a besoin de repos, ça fait des mois quon attend ces vacances.
Et là, Clothilde me répond sur un ton un peu vexé : « Quoi, tu pars vraiment ? Laisse tomber ton voyage, ça fait un an quon ne sest pas vus ! »
Jinsiste, je lui redis que cest impossible, que tout est déjà réservé.
Elle a coupé court à la conversation et a raccroché.
Le 16, on a pris la voiture direction la Méditerranée, heureux de profiter enfin de quelques jours en tête à tête.
Le 18 au soir, alors quon se promenait sur la plage à Nice, mon téléphone sonne. Cest Clothilde.
Où êtes-vous ? On est devant chez vous, on sonne à la porte depuis tout à lheure, personne nouvre !
Eh bien, je te lavais dit, on est à la mer. Personne ne peut ouvrir, lappart est vide, je tai prévenue.
Je croyais que tu plaisantais…
Non, j’étais très sérieux.
Et maintenant, quest-ce quon fait ?
Il y a plein dhôtels, dauberges de jeunesse Vous pouvez toujours trouver une chambre pour quelques nuits.
On na pas assez dargent pour louer une chambre
Je ne sais pas quoi te dire, tu es adulte, cest à toi de voir, soit vous rentrez chez vous, soit vous trouvez une solution.
Là-dessus, elle a raccroché, et plus de nouvelles depuis.
Plus tard, jai appris, par quelques tantes et oncles, que Clothilde avait raconté à toute la famille que jétais « odieux », que je préférais partir à la plage plutôt que de la voir, alors que ça faisait un an quon ne sétait pas vus. Apparemment, certains de nos proches trouvent que jai mal agi.
Mais pour être honnête, je ne comprends pas où est ma faute. Jai simplement voulu profiter de vacances bien méritées avec ma femme. Jai prévenu à lavance, j’ai été franc. On na pas à sacrifier notre temps et tous nos projets sur un simple appel de dernière minute.
Aujourdhui, je retiens que, parfois, quoi quon fasse, il y aura toujours des gens pour nous reprocher de penser à nous-mêmes. Mais on a bien fait de partir : notre repos et notre couple valent aussi bien quun caprice familial.







