Salut, cest moi. Tu vas pas me croire, mais hier jai eu un truc de dingue au supermarché Monoprix, dans le 11ᵉ à Paris. Jétais en train de remplir mon chariot de courses, tranquille, quand, en retournant prendre une boîte de céréales, jai vu une petite fille assise dans le panier. Jai cligné des yeux, je pensais halluciner.
«Salut! Ta maman, elle est où?» lui aije demandé, en me baissant à sa taille.
Elle a serré les poignées du chariot avec ses petites mains et a chuchoté, les yeux énormes de peur: «Rendsmoi pas, jai peur.»
Jai eu un choc, mais je me suis rappelée que ma vie était bien rangée, mon travail stable, et que même si je suis célibataire, ça ne me dérange pas. Jai aussi hébergé ma sœur Mélanie depuis quelle a perdu son job, alors jai pas mal dexpérience à prendre soin de quelquun.
Je nai pas perdu une seconde. «Comment tu tappelles?» je lui ai demandé. Elle a marmonné à peine audible: «Clémence.»
Jai jeté un œil autour du rayon, espérant voir un parent paniqué, mais il ny avait que des clients pressés. Jai commencé à pousser le chariot doucement, à chercher un indice, mais après vingt minutes, toujours aucune trace.
Juste au moment où jallais appeler les pompiers, elle ma de nouveau regardée avec ces larmes au coin des yeux et a répété: «Rendsmoi pas, jai peur.» Jai fini par la ramener chez moi, sans même réfléchir.
Quand je suis arrivée, elle sest installée à la table de la cuisine, grignotant un sandwich, et me regardait comme si jétais son bouclier. La porte sest ouverte et Mélanie est entrée, le sourcil levé.
«Questce que cest que ça?» a-t-elle demandé, les yeux fixés sur Clémence.
«Je lai trouvée au supermarché,» aije répondu, essayant de rester calme.
«Tu peux pas juste ramener une gamine!» a rétorqué Mélanie, visiblement énervée. Jai sorti mon ami détective, Jacques, au téléphone, pour dire que javais déjà demandé de laide.
Le lendemain, le coup de théâtre : on a frappé à la porte, cétait les services sociaux. Deux travailleuses sont entrées, mexpliquant quelles allaient prendre Clémence en garde. Jai supplié: «Un instant, sil vous plaît.» Je me suis agenouillée près delle, mon cœur se brisant à lidée de la perdre.
«Clémence, ma petite, ils vont soccuper de toi.» Elle ma lancé un regard implorant: «Ne me rends pas, jai peur.»
Avant quelles ne sortent, mon portable a sonné: cétait Jacques. Il ma dit avoir découvert que Clémence fuyait régulièrement chez elle, mais que chaque fois les contrôles navaient rien trouvé danormal. Il voulait ladresse de la famille.
Quand Mélanie et moi avons été seules, elle a lâché: «Cest pour ça que jai appelé les services sociaux. Tu ne peux pas prendre chaque gosse qui te touche le cœur.» Jai répliqué: «Clémence avait besoin daide, je ne pouvais pas la laisser là.»
Jai pris mes clefs, des crackers et une bouteille deau, et je me suis précipitée chez les parents de Clémence. En arrivant, la façade était décrépie, les fenêtres sales, le jardin envahi par les mauvaises herbes. Jai frappé, et la porte sest ouverte sur une femme pâle, épuisée, qui semblait être la mère.
«Vous êtes Gisèle?» aije demandé doucement.
Elle a hoché la tête, la voix rauque. Jai expliqué que je moccupais de sa fille. Un silence chargé de tristesse a suivi. Elle sest effondrée sur le canapé, les larmes aux yeux.
«Je ne peux plus moccuper delle,» a-t-elle avoué. «Depuis que mon mari est parti»
Je lui ai proposé de garder Clémence le temps quelle se remette sur pied. Elle a accepté, les yeux remplis despoir. Jai préparé un café fort, rangé un peu la cuisine, et on a parlé longtemps de ce qui pouvait être fait.
Peu après, les assistantes sociales sont arrivées. Clémence a couru vers sa mère, la serrée dans ses bras, en criant «Maman!». Gisèle a pleuré, mais a finalement laissé son enfant revenir à moi, en sachant que le moment nétait pas encore venu pour un retour définitif.
On a convenu que Clémence resterait chez moi temporairement, que Gisèle pourrait la voir quand elle le souhaiterait, et que je laiderais à retrouver un emploi et à se stabiliser. Les travailleurs sociaux ont accepté ce plan.
Depuis ce jour, notre quotidien a changé. Chaque matin, Clémence me dit bonjour avec un sourire qui me rassure. Le soir, on se raconte des histoires avant de sendormir. Elle ma demandé un jour: «Estce que je reverrai ma maman?» Je lui ai répondu: «Oui, quand elle sera prête. En attendant, tu es en sécurité ici.»
Franchement, cette aventure ma montré que lamour, cest aussi savoir lâcher prise et faire confiance à lavenir. Voilà, javais besoin de partager ça avec toi, ça ma vraiment touchée. À bientôt.






