Jean et Marie : Chronique d’un amour rural contrarié entre ambitions citadines, trahison et retour aux racines Jean n’a jamais rêvé de quitter son village. Attaché à la campagne, à la rivière, aux champs et aux gens d’ici, il décide de devenir éleveur de porcs et rêve de bâtir une grande maison, d’épouser Marie, la plus belle du village, et de la rendre maîtresse de son foyer. Mais Marie est séduite par la promesse d’une vie confortable en ville. Lorsque Timur, fils d’un haut fonctionnaire citadin en vacances chez sa grand-mère, arrive au village, tout bascule : cadeaux somptueux, rivalité amoureuse, fierté blessée. La passion urbaine se substitue à la tendresse paysanne ; Marie quitte Jean, épouse Timur, s’installe dans une grande ville, puis découvre l’envers du décor : solitude, tromperies, désillusions et ambivalences. Mais alors qu’elle touche le fond et craint pour son enfant, c’est Jean, fidèle malgré la douleur, qui vient la sauver. Marie, après un chemin semé d’épreuves, comprend enfin que son bonheur et sa place sont auprès de Jean, de leur grande maison et de l’espoir d’une nouvelle famille épanouie à la campagne.

Journal dHenri et Camille

Je nai jamais ressenti le désir de quitter mon village natal pour la ville. J’adore les horizons ouverts, la rivière, les champs de blé et la forêt, tout comme les gens dici. Je me suis lancé dans lélevage de cochons : la vente de viande me permettait despérer, un jour, agrandir mon exploitation. Mon rêve était de bâtir une grande maison ; javais déjà une voiture, modeste et vieillissante, mais jy tenais. Largent issu de la vente de la maison de ma grand-mère avait été investi dans mon projet.

Un autre rêve, plus secret, mhabitait : épouser Camille, et la voir devenir la maîtresse de notre vaste maison. Nous étions déjà ensemble, mais elle savait que mes affaires démarraient à peine, que je navais pas dénormes revenus, et que la maison nétait quau début du chantier.

Elle était magnifique. Camille, elle, nimaginait pas devoir se battre pour réussir :

La beauté, cest un don. Cest à mon futur mari de subvenir à mes besoins. Je nai quà trouver celui qui prendra soin de moi, confiait-elle à ses amies. Ma beauté a un prix.

Henri construit sa maison et il a même une voiture Il faut juste attendre, ça ne va pas se faire en un jour, lui conseillait Manon, sa copine de toujours.

Mais moi je veux tout, et tout de suite, soupirait Camille en bougonnant. Henri na pas dargent.

Je laimais, Camille, plus que tout. Mais jétais lucide : elle ne maimait pas autant que je laurais voulu. Je gardais pourtant espoir quelle finirait par maimer un jour. Tout aurait été simple, si Marc nétait pas débarqué au village. Parti en vacances chez sa grand-mère, il était accompagné dun ami. Il se moquait des filles du coin et sennuyait dans la salle des fêtes jusquà ce que Camille arrive.

Au départ, elle lignorait. Mais, ayant appris que Marc était issu dune famille aisée son père était haut fonctionnaire à Lyon, elle tourna vite son attention vers lui. Marc était plus âgé, visiblement habitué à séduire, et savait parler avec élégance. Il lui offrait souvent de magnifiques bouquets que Camille appréciait particulièrement : elle savait quici, aucun fleuriste ne proposait de telles compositions, il les faisait livrer de Lyon.

Je voyais bien quelle acceptait ses fleurs et je bouillonnais de jalousie.

Ne prends pas ses bouquets, pourquoi tu ménerves comme ça ? protestais-je.

Mais elle riait de mon agacement.

Arrête, ce ne sont que des fleurs. Où est le problème ?

Je suis même allé parler à Marc, le cœur serré :

Ne lui offre plus de fleurs. Camille est ma petite amie, jai des projets avec elle.

Marc ne prit même pas la peine de répondre. Ça a dégénéré, il y a même eu une bagarre, que mes amis ont arrêtée. Après ça, une vraie distance sinstalla entre Camille et moi. Elle mévitait, et moi, blessé, je me suis éloigné aussi.

Camille connaissait Marc : il ne restait quun mois dans le village, puis repartirait en ville.

Il faut que je tente ma chance avec Marc, partir avec lui à Lyon. Ici, au village, il ny a rien à faire. Faut agir vite, pensait-elle.

Attirer Marc chez elle fut facile. Ses parents étaient partis au marché. Camille avait tout orchestré pour que ses parents les surprennent ensemble dans la chambre. Elle connaissait bien son père, autoritaire et entêté. Ils furent découverts, tous deux décoiffés, elle en peignoir, Marc hâtivement rhabillé. Son père éclata :

Mais quest-ce que cest que ce cirque ?

Camille baissa les yeux, Marc se tortilla, visiblement mal à laise.

Très bien. Marc, tu vas prendre tes responsabilités et demander Camille en mariage, sinon tu auras affaire à moi. Viens dans le salon, on va discuter.

Ce quils se sont dit dans le salon, nul ne le sait. Mais le lendemain, les deux jeunes partaient déposer les papiers à la mairie. Le père de Camille les accompagna, sa mère préparait déjà les valises pour la vie lyonnaise. Très vite, la nouvelle se répandit dans tout le village. Je me suis effondré, même si jai essayé de garder la face devant les autres.

Marc, intérieurement, sen voulait :

Pourquoi suis-je venu ici ? Quelle idée de menflammer pour une fille du village ! Elle a bien manœuvré. Vive et déterminée.

Camille, elle, rêvait déjà à la ville et à une vie plus agréable.

Ce nest rien, je saurai laimer, fonder une famille Il sera heureux de notre histoire, pensait-elle. Reste à voir comment sa famille maccueillera.

Finalement, ses parents à lui furent ravis quil ramène une jeune femme simple et jolie du village. Ils en avaient assez des filles sophistiquées qui ne rêvaient que dargent. Camille, elle, savait cuisiner et prendre soin de la maison ; elle semblait sérieuse.

Entre, Camille, sens-toi chez toi, dit sa belle-mère Brigitte, toute souriante. Son père, Jean-Pierre, hocha la tête en souriant.

Camille se montra une parfaite maîtresse de maison. Leur grand appartement rue Garibaldi, tout confort, la mettait à laise. Les parents de Marc étaient bienveillants et gentils. Marc, lui, réalisa quelle était sans doute sincère et pas aussi calculatrice quil avait pensé.

Elle ma vraiment piégé avec le mariage, mais elle croit dur comme fer quon peut être heureux. Elle ne pose pas de questions, sans doute par culpabilité, mais elle nenvisage pas de retourner au village.

Marc pensait déjà à ses futures sorties après le mariage : il avait bien des amies en ville. Mais un soir, durant un dîner familial, Camille lâcha :

Je suis enceinte, nous allons avoir un enfant

Félicitations ! sécrièrent Brigitte et Jean-Pierre, heureux de bientôt être grands-parents. Marc comprit quil était inutile dessayer dexpliquer que ce nétait pas le moment.

Le mariage eut lieu peu après. Les parents leur offrirent un appartement meublé. Mais Camille remarqua vite que Marc ne se réjouissait pas tant de devenir père.

Ce nest rien, il changera quand le bébé sera là. Il comprendra la valeur du bonheur familial, pensait-elle, sans imaginer le gouffre qui rongeait le cœur de son mari.

Après la naissance, Marc sortait jusquà pas dheure, sous prétexte de voyages daffaires. Camille, crédule, pensait réellement quil travaillait beaucoup. Jamais elle ne se plaignait à ses beaux-parents de ses absences. Elle attendait, préparait de bons petits plats, rangeait et espérait. Mais elle était de plus en plus nostalgique du village, de ses copines, de ses parents et pensait, souvent, à moi

Bientôt, elle douta davoir fait le bon choix. Aimait-elle vraiment son mari ? Lui répondait toujours à côté. Brigitte voyait sa belle-fille malheureuse, et sentait bien que Marc nétait pas idéal comme époux.

Lorsque leur fils naquit, la famille fut en liesse. Même Marc, touché quelques instants, retrouva vite son agacement : les pleurs, les couches, la fatigue le rendaient irritable. Camille elle-même, épuisée, narrivait même plus à cuisiner comme avant. Marc voulait fuir

Il se rendit compte que, désormais marié, la plupart de ses conquêtes sétaient éloignées.

Qui voudrait dun homme marié ?

Il ne parlait jamais de Camille à personne. Il savait bien quavec son absence de diplômes, issue dun village, elle naurait pas davenir professionnel en ville.

Où pourrais-je la caser, quand le petit sera plus grand ? Pas question de la voir finir femme de ménage ou vendeuse au marché, ça nuirait à limage de la famille. Faudra que je moccupe seul des dépenses. Ça me coûterait moins en pension alimentaire

Il retrouva rapidement, en ville, une amante régulière : Claire, autonome, à laise financièrement, sans enfants dans ses projets. Marc se sentait libre avec elle. Ensemble, ils sortaient, partaient en week-end. Un jour, Marc sexclama :

Claire, si tu savais comme magace le chaos de la maison. Je naime ni ma femme, ni même mon fils. Certes, Camille est belle, mais elle reste fermée desprit ; franchement, jen ai plus quassez. Comment lemmener dans les soirées ou la présenter, elle qui ne connaît rien dautre que son village et ses vaches

Peu à peu, Camille ouvrit les yeux : elle comprit que la vie rêvée avec Marc naurait jamais lieu. Elle devina quil avait une maîtresse. Il rentrait souvent tard, portait des traces de parfum étranger, parfois du rouge à lèvres sur la chemise. Marc, agacé, ignorait son fils, voire la malmenait verbalement.

Camille, perdue, appela sa mère à la campagne. La réponse fut sèche :

Nous ne tavons pas forcée à épouser Marc. Tu as fait ton choix, maintenant il faut assumer. On pensait que tu épouserais Henri. Tu tes trompée, alors prends-en de la graine. Quand tu seras lassée, tu pourras revenir, mais pour de bon

Camille se sentait broyée. Un soir, elle fouilla dans le portable de Marc pendant quil dormait. Ce quelle lut de ses échanges avec Claire la laissa sans voix Elle évoqua ses peines à sa belle-mère, mais Brigitte prévint :

Si tu as lidée de divorcer, sache quon se battra pour la garde de lenfant. Tu connais les relations de mon mari. Marc est le père, il a les moyens, un grand appartement. Il pourra offrir beaucoup à lenfant. Toi, sans diplôme ni métier, que pourrais-tu lui donner ?

Son bébé faisait ses dents et avait de la fièvre. Les cris du petit lirritaient Marc ; au même moment, Claire envoyait des messages, lui disant de venir. Elle ajouta même : « Donne-leur un somnifère, celui que je tai donné, et tout sera tranquille. »

Lorsque Marc partit prendre sa douche, laissa son téléphone sur la table ; Camille vit le message, paniqua. Si jamais il allait jusquà les droguer

En douce, elle mappela pour tout raconter.

Je peux venir te chercher et te ramener au village, lui proposais-je.

Sa famille dit quils me prendront mon fils

Ne ten fais pas, ce sont des menaces. Essaie de tapaiser, de rassurer le petit. Fais semblant de dormir, laisse ton mari partir, puis rappelle-moi. Je ne serai pas loin dans la ville.

Elle endormit son fils, se coucha à côté de lui, simula le sommeil. Elle entendit Marc vérifier la chambre, puis sen alla. Immédiatement, Camille rassembla quelques affaires, mappela. Je suis arrivé sans attendre et lai conduite chez moi, à la campagne.

Marc rentra le lendemain soir, la maison vide. Il appela ses parents.

Non, Camille et le petit ne sont pas venus chez nous. Tu crois quelle sest enfuie ? Je vais prendre contact avec la police, sinquiéta Brigitte.

Laisse tomber, maman. Je préfère quelle soit partie. Jen avais assez delle, du petit aussi. Laisse-les vivre leur vie, je ten supplie, répondit-il. Après de longues discussions, sa mère finit par accepter.

Le temps passa. Camille divorça de Marc, puis nous nous sommes mariés, elle et moi. Nous vivions dans une grande maison à la campagne, dans le bonheur. Bientôt, nous attendions un nouvel enfant. Camille comprit enfin que le bonheur ne se trouvait pas dans les illusions de la ville, mais sous nos yeux, là où bat le cœur.

Cette histoire ma appris que lamour sincère et un foyer simple valent mieux que tous les mirages dune vie luxueuse et vide de vrais sentiments.

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Jean et Marie : Chronique d’un amour rural contrarié entre ambitions citadines, trahison et retour aux racines Jean n’a jamais rêvé de quitter son village. Attaché à la campagne, à la rivière, aux champs et aux gens d’ici, il décide de devenir éleveur de porcs et rêve de bâtir une grande maison, d’épouser Marie, la plus belle du village, et de la rendre maîtresse de son foyer. Mais Marie est séduite par la promesse d’une vie confortable en ville. Lorsque Timur, fils d’un haut fonctionnaire citadin en vacances chez sa grand-mère, arrive au village, tout bascule : cadeaux somptueux, rivalité amoureuse, fierté blessée. La passion urbaine se substitue à la tendresse paysanne ; Marie quitte Jean, épouse Timur, s’installe dans une grande ville, puis découvre l’envers du décor : solitude, tromperies, désillusions et ambivalences. Mais alors qu’elle touche le fond et craint pour son enfant, c’est Jean, fidèle malgré la douleur, qui vient la sauver. Marie, après un chemin semé d’épreuves, comprend enfin que son bonheur et sa place sont auprès de Jean, de leur grande maison et de l’espoir d’une nouvelle famille épanouie à la campagne.
Tout cela vient de ta meilleure amie,” déclara l’ex-mari.