Récemment, jai dû passer chez ma tante à Lyon pour lui remettre quelques papiers importants. En dehors des réunions de famille à Noël, je la vois rarement, mais cette fois, la situation était urgente. Ma tante ne vit pas dans lopulence, mais cela ne dépend pas de ses moyens financiers. Je ne suis pas avare, jestime simplement que la propreté et lordre sont indispensabes, même avec un budget modeste. On peut vivre sans luxe, mais il faut entretenir son intérieur.
En entrant chez elle, jai remarqué quil y avait partout sur les murs des bibelots et des objets ramasse-poussière : une multitude de figurines, des assiettes décoratives, et des bocaux vides empilés dans tous les coins. La salle de bain accueillait la litière du chat que ma tante nettoyait, à ce quil semblait, une fois par semaine seulement. Des déchets traînaient à même le sol. Lappartement était envahi par une odeur de canalisation et de nourriture avariée.
Ma tante Pauline ma alors proposé de rester dîner. Elle a commencé à mettre la table, alignant assiettes et couverts. Lorsque jai vu létat des fourchettes, couvertes de traces douteuses, jai discrètement sorti de mon sac des lingettes antibactériennes, et jai entrepris de les essuyer pendant quelle servait le contenu dune casserole.
Elle ma observée. Quand jai commencé à trier la nourriture du bout de la fourchette, Pauline ma demandé dun ton un peu piqué :
Tu nas pas faim, ou bien tu naimes pas ce que jai préparé ?
Que répondre à cela ? Vous est-il déjà arrivé de vous retrouver pris dans un tel malaise ? Cette visite ma rappelé que la délicatesse est parfois plus précieuse que la franchise, surtout envers ceux qui vivent différemment de nous. Le respect passe aussi par la compréhension et l’humilité : chaque foyer a son histoire, et parfois, un peu de tolérance vaut mieux quun discours sur le ménage.







