Matin d’Espoir : Un Petit Garçon Réveillé par les Gémissements de sa Maman, la Maladie, la Détresse… et la Rencontre Inattendue dans une Église Parisienne qui Va Changer Leur Destin

Le garçon se réveille en entendant les gémissements de sa mère.

Il sapproche de son lit :

Maman, tu as mal?

Bastien, va me chercher un verre deau, sil te plaît…

Jy vais tout de suite! Il file à la cuisine.

Il revient une minute plus tard, une grande tasse deau entre les mains:

Tiens, maman, bois un peu!

On frappe à la porte.

Mon chéri, va ouvrir! Cest sûrement Mamie Renée.

La voisine entre, portant une grande tasse.

Comment ça va, Camille? Elle touche son front. Tu as de la fièvre Jai apporté un bol de lait chaud avec du beurre.

Jai déjà pris mes médicaments.

Il faudrait te faire hospitaliser. Là-bas, tu seras soignée correctement. Il faut aussi bien manger, or ton frigo est vide.

Tante Renée, jai déjà dépensé tout mon argent pour les médicaments, les larmes montent aux yeux de la malade. Ça ne fait rien

Va à lhôpital, Camille.

Et Bastien, alors? Qui va soccuper de lui si je dois partir?

Et qui sen occupera si jamais il tarrive pire? Tu nas même pas trente ans, pas de mari, pas de sous, elle caresse sa tête. Bon, arrête de pleurer!

Quest-ce que je fais, tante Renée?

Je vais appeler le médecin, la voisine sort son téléphone.

Elle décroche, se renseigne.

On ma dit quun médecin passera dans la journée. Je repasserai quand il sera là, Bastien viendra me chercher.

La voisine sort dans le hall, Bastien la suit :

Mamie Renée, maman ne va pas mourir, dis?

Je ne sais pas, mon petit. Il faut demander de laide au Bon Dieu, mais ta maman ny croit pas.

Le Bon Dieu va laider? Lespoir brille dans les yeux de lenfant.

Il faut aller à léglise, allumer un cierge et prier pour son aide. Je dois y aller.

***

Le fils revient auprès de sa mère, lair pensif:

Bastien, tu dois sûrement avoir faim, mais il ne reste pas grand-chose Apporte deux verres.

Quand il revient, sa mère verse un peu de lait dans chacun:

Bois!

Il boit, mais la faim le travaille encore plus. Camille le devine. Elle se lève difficilement, attrape son portefeuille sur la table:

Voilà deux euros cinquante. Va tacheter deux pains au chocolat à la boulangerie, mange-les sur le chemin; je vais essayer de préparer quelque chose. Vas-y!

Elle laccompagne jusquà la porte et, se tenant au mur, se traîne vers la cuisine. Dans le frigo, seulement deux petites boîtes de conserve, un peu de margarine, sur la fenêtre quelques pommes de terre et un oignon.

Je ferai une soupe…

Sa tête tourne et elle se laisse tomber sur le tabouret, épuisée.

« Mais quest-ce qui marrive? Je nai plus aucune énergie. Presque la moitié de mes vacances est déjà passée. Largent est parti. Si je ne reprends pas vite le travail, comment préparer Bastien pour la rentrée? Il entre en CP dans un mois. Je nai pas de famille, personne à qui demander de laide. Et surtout, cette maladie Jaurais dû aller directement à la clinique. Mais maintenant, si je suis hospitalisée, Bastien serait tout seul? »

Elle parvient à se relever et commence à éplucher les pommes de terre.

***

Bastien a très faim. Mais ses pensées vont ailleurs:

« Hier, maman na pas quitté son lit. Et si elle meurt vraiment? Tante Renée a dit quil faut demander de laide au Bon Dieu »

Il sarrête puis change de direction, vers léglise.

***

Depuis plus de six mois, Nicolas est rentré de la mission militaire. Sauvé par miracle. Il peut enfin marcher, même sil doit se déplacer avec une canne. Les cicatrices, il ny fait plus attention. Le visage balafré? Peu importe, il pense, plus personne ne voudra de lui . Il se dirige vers léglise, absorbé.

Il faut allumer des cierges pour les copains tombés il y a un an, jour pour jour et lui, il a survécu.

Vingt ans quil était parti à larmée. De retour, il se sent étranger, inutile. Sa pension militaire est confortable, le reste de ses économies bien gardé à la banque pour des années sans soucis. Mais à quoi bon, tout seul?

Devant léglise, les pauvres sont là. Nicolas sort quelques billets de vingt euros, les distribue et demande:

Priez pour mes amis morts, Romain et Stéphane!

Il entre dans léglise, achète des cierges, les allume, et récite une prière que le curé lui a apprise:

Souviens-toi, Seigneur notre Dieu

En se signant, il revoit ses amis, vivants devant ses yeux.

Après avoir fini sa prière, il reste là, pensif, revoyant sa vie difficile.

À côté de lui, un gamin chétif se tient debout, une petite bougie dans la main, hésitant. Une vieille dame sapproche de lui:

Viens, je vais taider!

Elle allume sa bougie, la pose.

Croise-toi comme ça…, montre-t-elle. Et dis ce que tu es venu demander au Bon Dieu.

Bastien fixe licône longtemps, puis murmure:

Aide-nous, Bon Dieu, maman est malade. Je nai quelle. Fais quelle guérisse. Elle na pas assez dargent pour les médicaments et bientôt je vais à lécole, mais je nai même pas un cartable

Nicolas, figé, regarde lenfant. Ses propres problèmes, si pesants une minute avant, deviennent bien futiles. Il voudrait crier au monde entier:

“Comment personne na pu aider ce garçon, acheter les médicaments de sa mère et un cartable pour lui!”

Le petit regarde licône, attendant un miracle.

Viens, petit, viens avec moi ! lance soudain Nicolas.

Où? Lenfant observe, effrayé, ce grand monsieur avec sa canne.

On va voir ce dont ta maman a besoin et on va à la pharmacie.

Vous dites la vérité?

Le Bon Dieu ma confié ta demande.

Vraiment? Bastien regarde licône les yeux brillants.

Allons-y ! sourit Nicolas. Comment tu tappelles?

Bastien.

Appelle-moi tonton Nicolas.

***

Des voix se font entendre depuis lappartement:

Tante Renée, elle a noté toute une liste, et le pharmacien a dit que cétait cher. Je nai plus que vingt euros…

Bastien ouvre brusquement la porte. Silence. La voisine se pointe et observe linconnu, hésitante:

Camille, regarde…

Elle apparaît à son tour, figée de peur.

Maman, quels médicaments il te faut? On va à la pharmacie avec tonton Nicolas, il va payer.

Qui êtes-vous? Camille demande, déconcertée.

Tout ira bien, répond lhomme dans un sourire. Donnez-moi la liste !

Mais je nai que vingt euros

On trouvera largent avec Bastien, lhomme pose une main sur lépaule du garçon.

Maman, donne la liste!

Camille sexécute. Étrangement, elle sent que cet inconnu au visage marqué a le cœur bon.

Mais Camille, tu ne le connais pas souffle la voisine, une fois lhomme parti avec Bastien.

Je crois quil est quelquun de bien, tante Renée.

Comme tu veux, Camille, je men vais alors

***

Camille attend son fils, parti avec cet homme. Elle en oublierait presque sa maladie.

La porte souvre, son fils arrive, tout rayonnant :

Maman, on ta acheté les médicaments et plein de douceurs pour le goûter!

Dans lentrée, Nicolas sourit, heureux ce qui rend son visage bien moins impressionnant.

Merci beaucoup ! Camille sincline. Entrez donc!

Nicolas tente de se déchausser, non sans mal, trahissant son trouble. Il suit la mère jusquà la cuisine.

Installez-vous! dit la maîtresse de maison.

Il sassied, un peu perdu, sans savoir où poser sa canne.

Je vais men occuper! Elle la place à portée de main. Excusez-moi, je nai rien à vous offrir

Mais maman, on a tout acheté avec tonton Nicolas! Le fils sort alors les courses.

Mais fallait pas… soupire Camille, remarquant une montagne de friandises inutiles. Et ce sachet de thé de qualité Je vais vite mettre leau à chauffer.

Elle prépare le thé, sentant presque sa maladie senvoler. Ou alors, elle ne veut pas paraître faible devant ce monsieur. Comme sil devinait ses pensées, Nicolas demande:

Camille, ça ne vous fatigue pas trop? Vous êtes si pâle…

Ce nest rien Je vais prendre mes médicaments. Merci à vous!

***

Tous trois boivent un thé parfumé accompagné de douceurs, écoutant Bastien parler avec animation. Parfois, leurs regards se croisent. Dans ce moment-là, on sent la chaleur partagée, le plaisir dêtre ensemble. Mais tout a une fin.

Merci beaucoup! Nicolas se lève, prend sa canne. Je vais y aller. Vous devez vous reposer.

Merci infiniment! Camille se lève aussi. Je ne sais comment vous remercier.

Il soriente vers la sortie, suivi de la mère et du fils.

Tonton Nicolas, tu reviendras?

Bien sûr! Dès que ta maman sera guérie, on ira tacheter un cartable.

***

Lhomme parti, Camille range la cuisine.

Mon chéri, regarde un peu la télé, je vais me reposer.

Elle sallonge, sendort profondément.

***

Deux semaines passent. La maladie a disparu ces médicaments coûteux ont enfin fait effet. Camille a même pu reprendre le travail un peu plus tôt, leur payant un surcroît à la fin du mois. Et voilà déjà août, il faudra bien préparer Bastien pour son entrée à lécole!

Ce samedi, ils se lèvent, prennent le petit-déjeuner.

Bastien, prépare-toi! On va faire la liste pour la rentrée.

Tu as reçu ton argent?

Pas encore, mais dici samedi prochain, ça devrait arriver. Jai emprunté cinquante euros, on achètera à manger en rentrant.

Ils se préparent, quand le digicode sonne soudain.

Qui est-ce? demande la maîtresse de maison.

Camille, cest Nicolas

Il na pas le temps de finir, que Camille ouvre, déjà le doigt sur la gâche électronique.

Maman, cest qui? Bastien accourt.

Tonton Nicolas! Camille ne cache pas sa joie.

Youpi!

Il entre, toujours appuyé sur sa canne, mais il a beaucoup changé: pantalon élégant, belle chemise, coupe de cheveux moderne.

Tonton Nicolas, je tattendais! Bastien se jette vers lui.

Je te lavais promis, petit. Il lève des yeux brillants. Bonjour Camille!

Bonjour Nicolas!

Ils se tutoient, soudain cela surprend et réjouit les deux adultes.

Vous êtes prêts? On y va!

Où? Camille nen revient pas.

Bastien rentre bientôt à lécole.

Nicolas, mais

Jai promis à Bastien, et une promesse, ça se tient!

***

Camille a toujours fait attention aux prix, peu importe le magasin. Sans famille, sans mari, sans argent. À part ce garçon du lycée, disparu sans explications.

Et maintenant, à côté delle, un homme qui regarde son fils avec émerveillement. Il lui achète tout pour la rentrée, sans même regarder les étiquettes, ne lui demandant que son avis.

Lourds de paquets, ils rentrent en taxi.

Camille fonce vers la cuisine.

Camille, larrête Nicolas. Viens, on va sortir tous ensemble. On ira déjeuner en famille…

Viens, maman! Bastien la tire par la main.

***

Cette nuit-là, Camille peine à trouver le sommeil. Les images de la journée défilent dans son esprit. Elle revoit ses yeux à lui, pleins de tendresse. Son esprit froid et son cœur chaud discutent:

« Il nest ni beau, ni jeune », murmure sa raison.

« Mais il est gentil, et il me regarde avec tant damour », rétorque son cœur.

« Il a quinze ans de plus que toi. »

« Et alors? Il aime mon fils comme un père »

« Tu pourrais encore trouver un homme jeune et séduisant. »

« Je ne veux ni joli, ni svelte. Jai déjà eu ça. Je veux quelquun de bon, de solide. »

« Tu as pourtant toujours rêvé dun autre type dhomme », insiste la raison.

« Plus maintenant. »

« Tes goûts changent vite »

« Jai enfin trouvé oui, je laime! »

***

Leur mariage a lieu dans cette même église où Nicolas et Bastien se sont rencontrés trois mois plus tôt.

Nicolas et Camille se tiennent devant lautel. La canne a disparu. Bastien, fasciné, ne quitte pas licône des yeux, celle à qui il sest confié il y a trois mois. Puis il souffle tout bas, du fond du cœur :

Merci, Bon DieuAu moment où le prêtre bénit leur union, une lumière douce filtre par les vitraux, inondant le chœur dun éclat doré. Bastien serre très fort la main de Nicolas, qui lui glisse un sourire rassurant. Autour deux, la petite assemblée des voisins, la vieille Mamie Renée, quelques amis de la paroisse sourit, émue.

Quand Nicolas passe la bague au doigt de Camille, elle sent une chaleur nouvelle courir dans son sang: plus rien nest désespéré, plus rien nest impossible. La peur du lendemain sest enfuie.

À la sortie, sur le parvis, Bastien agite fièrement son cartable flambant neuf. Nicolas, sa main dans la sienne, lentraîne dans une joyeuse farandole. Camille les rejoint, riant enfin sans réserve, bercée par la certitude dune vie recomposée.

Mamie Renée sapproche de la mariée et murmure affectueusement:

Tu vois, il ny a pas de hasard: il ny a que des rendez-vous que la vie invente.

Camille acquiesce, le regard tourné vers Nicolas et Bastien, qui courent en avant vers lavenir. Les cloches sonnent, éclatantes, moquant tous les chagrins passés.

Et dans cette douce lumière dautomne, un vœu denfant, déposé humblement devant une icône, sest transformé en miracle un vrai miracle damour et dEspérance.

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