Mon Père : Un Homme de Foi et de Compassion

**Journal d’un Homme – Le Père Théo**

Peut-on changer son destin ? Sans doute, car le destin est entre nos mains, dans nos actes et nos paroles. Pourtant, certains, même en connaissant l’issue de leur vie, ne tentent pas de l’infléchir.

Cette histoire remonte à loin. Dans un village niché sur les rives paisibles d’une rivière, une petite église se dressait autrefois sur une colline. Les fidèles s’y rendaient les dimanches et les jours de fête. Les messes étaient célébrées par le père Théo, un homme d’une bonté rare, un prêtre profondément pieux.

Puis vinrent des temps obscurs où les églises furent fermées. Pas partout, mais dans ce hameau, la petite chapelle fut rasée. Les villageois cessèrent d’y aller, mais leur foi persista, surtout chez ceux qui avaient tout vu.

— Père Théo, que va-t-il se passer ? Que devons-nous faire ? demandaient les anciens, tandis que les plus jeunes tâchaient de comprendre.

Théo se signait alors et murmurait :

— C’est la volonté de Dieu. Mais il faut croire… sans la foi, que reste-t-il ? Gardez-la en votre cœur.

Bien que les prières publiques fussent interdites, Théo continuait chez lui, dans sa modeste maison. Qui pouvait l’en empêcher ? Il vivait avec sa femme, Élodie, et leurs deux fils. Il baptisait les enfants en secret, bénissait les défunts, et célébrait parfois des messes, même si trois personnes seulement y assistaient.

Tout cela se faisait à huis clos, sans attirer l’attention. Mais dans un village, rien ne reste caché. Tout le monde était au courant, et personne ne parlait. Seul le maire, Fernand, le sermonnait parfois :

— Tu joues avec le feu, mon vieux. Moi, je ferme les yeux, mais si un autre maire arrive, qui sait ce qui t’attendra ? Les gens sont capables de tout…

— Allons, Fernand, nos villageois sont bons, répondait Théo en le bénissant avant de s’éloigner. J’ai déjà bien vécu…

— Bien vécu ? Tu n’as même pas soixante ans !

Les fils de Théo étaient mariés. L’aîné, Mathieu, vivait dans sa propre maison avec deux enfants. Sa femme, Aurélie, était un peu paresseuse. Elle traînait au lit tandis que les autres s’activaient aux travaux des champs.

— Aurélie, debout ! criait Mathieu à l’aube. Toutes les femmes sont levées depuis longtemps, et toi, tu dors encore !

— Tout de suite… J’ai mal à la tête, grognait-elle en attrapant son seau à lait.

Théo et Élodie savaient qu’Aurélie était fainéante, mais ils priaient pour elle en silence.

Le cadet, Jean, habitait toujours avec ses parents. Sa femme, Camille, était vive comme un écureuil. Elle accomplissait tout avec aisance, se mêlant même des travaux d’hommes.

— Repose-toi un peu, lui disait Élodie en la voyant manier la fourche avec énergie.

— Je ne suis pas fatiguée !

Un jour, elle voulut même labourer, mais Théo l’arrêta :

— Ce n’est pas un travail de femme.

Camille excellait aussi dans les tâches féminines : couture, cuisine… Théo et Élodie l’appréciaient beaucoup. Aurélie, jalouse, évitait la maison familiale.

Un soir de juillet, après les moissons, Théo partit pêcher au bord de la rivière pour profiter du calme. Mais son voisin Pierre arriva, bouleversé.

— Théo, un malheur… Dans le village voisin…

Un officier et deux soldats étaient venus arrêter le père Émile, un vieux prêtre de soixante-dix ans. Sa femme avait sangloté, mais ils l’avaient emmené sans même lui laisser prendre un manteau.

— Cache-toi, Théo, supplia Pierre. Qui sait s’ils ne viendront pas te chercher ?

Théo secoua la tête.

— Si c’est mon heure, elle viendra. Je fais confiance à nos villageois.

Il partit pêcher, l’esprit lourd.

Le soir, Élodie guettait son retour, inquiète.

— Mon Dieu, si on l’arrêtait aussi… Mais non, nos gens ne trahiraient pas.

Les jours passèrent. Les villageois ne parlaient que du père Émile.

— Chez nous, cela n’arrivera pas. Personne ne porte de haine en secret.

Théo vécut encore longtemps, aidant tous ceux qui frappaient à sa porte.

Quant au père Émile, on ne sut jamais ce qu’il était devenu. Des années plus tard, un courrier officiel annonça sa réhabilitation… Trop tard.

**Leçon : La peur ronge les cœurs, mais la bonté des hommes peut être plus forte.**

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Mon Père : Un Homme de Foi et de Compassion
Les enfants de ma belle-sœur me tapent sur les nerfs. Je ne veux pas que ma fille ait des contacts avec eux. — Je vous respecte, vous et votre fille, mais je refuse que vos enfants viennent chez moi quand je travaille. Leur comportement est insupportable, c’est inacceptable pour moi, ai-je expliqué à ma belle-mère. — Et le fait que ta fille reste seule toute la journée, ça ne te dérange pas ? Au moins, les enfants d’Anne jouent avec elle, elle ne s’ennuie pas, s’est justifiée ma belle-mère. — Ne t’inquiète pas, elle ne s’ennuie pas du tout toute seule. Quand j’ai du temps, je vous invite. Mais de toute façon, je suis contre — ai-je répondu. — Mais enfin, qu’est-ce qu’ils t’ont fait ? Ce genre de discussion revient souvent, car ma belle-mère ne veut pas accepter ma décision. Ma fille a 11 ans. Nous vivons en banlieue parisienne. Ma belle-sœur habite tout près, elle a deux enfants : un garçon de 13 ans et une fille de 10 ans. Ils se sont toujours bien entendus avec ma fille. Je les surveillais et je n’avais jamais rien remarqué. Ma belle-mère est persuadée qu’Anne a élevé des enfants modèles, mais la réalité est tout autre. Ma belle-mère ne voit ses petits-enfants que pendant les vacances, alors elle ne voit pas ce qui se passe vraiment. Ma fille est calme et obéissante, alors que les enfants de ma belle-sœur sont de véritables tornades. Ils volent des jouets, m’ont récemment piqué de l’argent dans mon sac pour s’acheter des glaces et des sodas. Ils débarquent à l’improviste et envahissent la maison. Ils jouent, mangent chez nous, ils ne sont absolument pas gênés. Ils refusent la soupe et réclament des douceurs. — J’veux pas de soupe. File-moi de l’argent, j’vais à l’épicerie — a lancé le fils de ma belle-sœur à ma fille. — J’en ai pas — a répondu ma fille, toute gênée. — Ta mère en a, non ? Prends dans son sac alors. Si tu le fais pas, j’irai moi-même. Il l’a fait. Il a fouillé dans mon sac, pris l’argent et s’est tiré. Ma fille n’a rien pris, donc rien eu du tout. Quand j’ai appelé ma belle-sœur, c’est moi qu’elle a accusée — il paraît qu’on ne doit pas laisser traîner de l’argent. — Anne, c’est ma maison. Ton fils fouille dans mes affaires, tu dois lui parler. Chez nous, on ne prend ni l’argent, ni les objets des autres. Je n’accepterai pas ce genre de comportement, lui ai-je répondu. Anne s’est vexée, puis s’est calmée. Quand j’étais en vacances, ses enfants venaient souvent chez nous. Je surveillais tout, donc il n’y avait pas d’incident. Jusqu’au jour où un policier du quartier est venu convoquer ma fille pour un entretien. En fait, le fils de ma belle-sœur avait volé quelque chose au magasin, et ma fille était avec lui. — Il n’y a pas mort d’homme, ce n’est pas la peine d’en faire tout un plat ! a commenté le mari de ma belle-sœur. Après cet épisode, j’ai demandé à mon mari de parler avec sa sœur. Il m’a écoutée. Les neveux ont promis de se tenir tranquilles, la sœur a promis de les surveiller. Mais hélas ! J’ai donc expliqué à ma fille de ne pas se laisser entraîner. Elle a tenu parole, mais pas ses cousins. Ils sont revenus et ont carrément abîmé le cerisier du jardin. Ils voulaient pique-niquer et n’ont rien trouvé de mieux que de casser des branches. Après ça, j’ai décidé de limiter le contact entre ma fille et les enfants de ma belle-sœur. — Tu refuses même que ta fille voie ses cousins ? Pourtant, c’est la famille ! s’est indignée ma belle-mère. — Non, ma fille n’a pas besoin de ce genre d’amis. — Éduque-la donc à s’affirmer plutôt qu’à suivre les autres, tu verras qu’il n’y aura aucun problème, a ajouté Anne. Je n’ai même pas pris la peine de répondre. Je n’ai pas honte de l’éducation que je donne à ma fille. Ce n’est pas à moi de me remettre en question, mais à Anne. Ma fille a assez d’amis et ne manque pas d’attention. Je pense vraiment avoir fait le bon choix.