**Quelle folie, maman ? Une histoire de chien sauvé.**
Maman, quas-tu fait ? la voix de sa fille tremblait au téléphone. Un chien du refuge, et en plus vieux et malade ? Tu perds la tête ! Tu ne pouvais pas tinscrire à un cours de danse ?
Élodie Martin regardait par la fenêtre, les flocons de neige dansant sur les toits parisiens. Autrefois, elle guettait le retour de son mari, épuisé par ses nuits tardives. La cuisine baignait dans une lumière douce, le dîner lattendait, et leurs conversations ségrenaient autour dune tasse de thé
Puis, les silences sallongèrent. Il rentrait à laube, évitant son regard. Un soir, il lui dit :
Élodie, je dois te parler jai rencontré quelquun. Je veux divorcer.
Comment ? Divorcer et moi ? Une douleur aiguë lui transperça lépaule.
Nous sommes adultes. Les enfants ont leur vie. Trente ans ensemble, mais nous sommes encore jeunes. Regarde-toi, à peine cinquante ans ! Je veux du nouveau.
Alors, je suis le passé, murmura-t-elle, les larmes aux yeux.
Ne dramatise pas. Pardonne-moi, je veux être heureux. Il lembrassa distraitement et partit se laver les mains, comme pour effacer leurs années communes.
Les mois passèrent, gris et monotones. Elle avait vécu pour eux, leurs joies, leurs peines. Maintenant, elle fixait la rue, son miroir de poche lui renvoyant un regard triste, des rides, des cheveux gris.
Maman, occupe-toi, sa fille, toujours pressée, lui lança cette suggestion.
Comment ?
Lis, danse, visite des expos
“Pour ceux qui ont plus de”, oui, cest cela, répondit Élodie, amère.
Son fils, Théo, plus attentif, lui proposa :
Viens avec nous pour le réveillon. Ça te changera.
Un soir, sur les réseaux, elle tomba sur une annonce :
« Portes ouvertes au refuge. Aidez-nous avec des couvertures, des serviettes »
Elle y alla, les bras chargés de dons. Parmi les chiens, une vieille épagneule, Grisette, abandonnée à douze ans.
Personne ne la veut, soupira une bénévole.
Élodie resta près delle, lui parla de sa vie, de ses enfants partis. Grisette posa sa tête sur sa main.
Deux jours plus tard, elle revint.
Je veux ladopter.
Elle est malade, cela coûtera cher.
Jai élevé deux enfants. Je peux bien moccuper dun chien.
Elle rentra chez elle avec Grisette, déterminée. Les voisins croisaient désormais une femme et sa compagne à quatre pattes, promenant dans laube parisienne.
Maman, tu es folle ! Un vieux chien ? sexclama sa fille.
Ta mère est jeune, libre, et cest mon choix, rétorqua Élodie.
Théo, lui, sourit :
Tu es formidable.
Elle ne leur dit pas quelle avait rencontré Julien, un voisin divorcé, lui aussi adoptant un chien du refuge.
Le 31 décembre, la sonnette retentit. Julien et son berger, Max, étaient là. Théo arriva avec sa fiancée :
Maman, voici Camille. Et bientôt, un petit-fils Et peut-être un chien aussi ?
Cette nuit-là, les rires emplirent lappartement, chassant la solitude.
Au refuge, les autres animaux attendaient, pleins despoir.
Soyons heureux.
Et à vous, chers amis, des belles fêtes de la part de mon fidèle Pipo, qui ne se souvient plus des jours sombres.
Quil en soit ainsi pour tous.







