Toutes mes amies ont des mamans qui prennent soin de leurs petits-enfants sans difficulté. Ma mère, elle, considère quil est impossible de garder sa petite-fille. Elle me répète sans cesse : cest ton enfant, jai déjà élevé le mien. Ma fille, qui sappelle Clémence, a cinq ans et va à la maternelle. Il y a deux ans déjà, jai dû reprendre mon poste après mon congé maternité ; je travaille comme maîtresse en école primaire, ce qui ne me laisse pas le loisir de prendre des congés quand je le souhaite. Dans ces moments-là, ce serait tellement rassurant que ma mère puisse maider.
Pourtant, elle a beaucoup de temps libre, surtout lhiver où elle ne part pas en vacances. Elle reste à la maison toute la journée, passant son temps devant la télévision ou au téléphone avec ses amies. Elle na aucune autre activité, aucun passe-temps particulier. La semaine dernière, jai appris à la suite dune visite chez lophtalmologue que Clémence a des soucis de vue. Jai appelé ma mère afin de lui expliquer quon devait emmener Clémence à la clinique pendant dix jours. Il faudrait la récupérer à la maternelle vers 13h et la déposer à la clinique chaque matin. Tout est dans le même quartier : la maternelle, la clinique, et lappartement de ma mère.
Clémence est une enfant bien élevée, ce que ma mère sait très bien. Elle nest jamais boudeuse, ne fait pas de caprices, ne met pas la maison à lenvers, et elle mange ce quon lui propose. Malgré cela, ma mère refuse catégoriquement de sen occuper et manifeste même une certaine froideur envers elle. Lautre jour, nous avions impérativement besoin de son aide, car ni moi ni mon mari ne pouvions nous absenter du travail.
Ce serait tellement précieux si ma mère pouvait venir nous donner un coup de main quelques jours, mais non, cest impossible pour elle. Heureusement, nous pouvons compter sur dautres proches qui habitent à côté et peuvent nous dépanner en cas durgence. Ma grand-mère, par exemple, vit juste à côté et ces derniers temps elle na pas doccupation particulière ; il serait donc naturel quelle puisse garder Clémence pendant nos heures de travail. Cela ne coûterait rien, car elle réside à proximité, et cela allégerait notre charge mentale à mon mari et moi.
Depuis que ma mère est à la retraite, je la soutiens financièrement. Je lui verse de largent régulièrement et je paie lintégralité de son loyer deux fois par mois même. Lorsque nous faisons les courses, nous invitons souvent ma mère à venir, et elle paie rarement de sa poche. À chaque fête, joffre à ma mère de jolis cadeaux, souvent onéreux. Et pour elle, ce soutien va de soi. Elle estime que cest mon rôle de lui apporter à manger et de lui régler son loyer parce que je suis sa fille. Mais je ne comprends pas du tout ce raisonnement ! Mon enfant, cest mon problème, ce nest pas quelque chose dont je souhaite me plaindre.
Jai le sentiment que les grands-mères nont aucune obligation daider leurs enfants, et pourtant beaucoup le font volontiers. Pensez-vous que ce soit juste ? Cela me blesse énormément je me donne tant de mal pour ma mère, et elle ne semble rien apprécier.







