Le fils de mon amie est un garçon formidable. Il a bien travaillé à lécole, a décroché son diplôme, puis a trouvé un emploi, sest donné à fond. Aujourdhui, il dirige une entreprise florissante, possède une maison à la campagne près de Bordeaux et un bel appartement en plein cœur de Paris je vous assure, cest un vrai prodige, pas un homme ordinaire.
Mais il y a toujours un mais il sest marié. Avec une fille. Une fille épouvantable, issue dune famille chaotique, pleine de rancœur, jalouse et cruelle. Ce nest pas le jugement de mon amie, qui a offert son fils unique à cette femme, cest la triste réalité.
Dabord, cette harpie a fait le vide autour de lui, éliminant tous ses amis sous prétexte : « Pourquoi tu perds du temps avec eux, ils ne viennent que pour boire un verre, te soutirer de largent tu nas pas mieux à faire. Ils profitent de toi. »
Ensuite, elle sest attaquée à sa famille. Une famille nombreuse et unie, toujours à célébrer ensemble, à sappeler chaque semaine une vraie famille française, solide et chaleureuse.
Peu à peu, elle a commencé à lever les yeux au ciel à chaque invitation. Elle inventait mille excuses pour éviter quils leur rendent visite, souffrait soudain de migraines terribles à chaque veille de réunion familiale.
Bientôt, seule la mère osait passer, poussée par lirrésistible envie de voir sa petite-fille, et, bien sûr, de retrouver son fils quelques instants.
À chaque visite, la belle-fille provoquait une scène. Pas déclats de voix, non elle le disait froidement, presque en sifflant : « Je tai déjà répété cent fois, maman, ici on a nos habitudes, ne ramène pas ces babioles, tu sais bien que tout est différent ici, nous on ne veut que des choses de qualité. »
Le fils, debout, hochait la tête : « Maman, voyons, sil te plaît »
Hier, je les ai croisées avec une autre amie. Mon amie pleurait, me montrait ses mains tremblantes, un message reçu sur son portable. Sa belle-fille lui écrivait que dorénavant, son fils et elle préféraient quelle ne vienne plus chez eux.
Les larmes aux yeux, elle racontait que son fils lavait appelée : Maman, tu mets ma femme mal à laise. Après ta visite, il lui faut trois jours pour sen remettre.
Mais le problème nétait pas seulement là. Je suis restée assise, jai soufflé, pauvre femme, quelle malchance, quelle belle-fille odieuse.
Cest alors quune autre de nos amies, Sylvie, a lancé : « Mais enfin, ce nest pas juste à cause delle ! Cest ton fils que tu as élevé ainsi comment peut-on être aussi dur, insensible ? »
Je me suis énervée : mais tu ne comprends donc rien ! Que peut-il faire, il subit il fait tout pour sa famille, pour préserver la paix. Cétait un amour denfant, il offrait chaque 8 mars des cartes fabriquées avec amour à sa mère.
On les garde encore, ce cœur, cette fleur quil avait dessinée de ses mains. Si seulement il nétait pas tombé sur cette femme
Mais lamie a haussé les épaules : « Si un homme na pas mauvais fond, aucune femme ne peut le forcer à mal agir. » Et elle est sortie.
Et cest comme si un rideau sétait levé devant mes yeux.
Toute ma vie, javais cru à cette idée : un homme bien épouse parfois une femme mauvaise.
Et finalement non.
On découvre quun homme est lâche parce quil lest au fond de lui, pas parce quune femme lui impose de lêtre.







