Dit sous l’emprise de la peur

Cela s’est passé il y a de nombreuses années, à une époque où l’on se fiait encore beaucoup à la parole donnée. Je me souviens de la façon dont Claire serrait dans la paume de sa main la feuille froissée, celle sur laquelle le médecin avait noté tous les examens à passer et les orientations à suivre, comme si ce papier pouvait retenir tout ce qui menaçait de leur échapper. Dans le couloir du service de chirurgie de lhôpital Saint-Louis, les chaises en plastique beige étaient alignées face au mur, un poste de télévision diffusait en silence des images inintéressantes. Seule la bande défilante des actualités semblait avoir encore un rythme, mais il ne disait rien de ce quils vivaient.

Claire sest levée la première lorsque linfirmière a ouvert la porte.

Famille de Pierre Lemarchand ? Veuillez approcher, sil vous plaît.

Juste derrière elle, Étienne sest redressé, lair un peu hagard dans sa veste trop légère, celle quil avait enfilée en catastrophe la veille au soir, et qui lui donnait un air de garçon perdu. Les mains dans les poches, il avançait à petits pas, comme sil avait peur de laisser voir le léger tremblement de ses doigts.

À lintérieur de la chambre, leur père reposait sur un lit haut, ses jambes modestement dissimulées sous le drap, légèrement pliées comme toujours quand il sefforçait de trouver une position confortable. Sur la table de chevet, une bouteille deau minérale, un dossier et un tee-shirt soigneusement plié. Pierre les regarda avec cette lueur dans le regard, celle qui tente un sourire tout en économisant lénergie.

Alors, vous voilà ? demanda-t-il dune voix lasse. Comment ça va dehors ?

Claire prit place au bord dune chaise, essayant de ne pas le surplomber. Elle aurait voulu parler vite, dune voix claire, mais les mots lui restaient dans la gorge.

On est là, commença-t-elle. Tout va bien. On va faire ce quil faut et

Mais elle laissa sa phrase en suspens.

Étienne se pencha, son épaule comme un rempart entre son père et le reste du monde.

Papa, tiens bon. On va sorganiser. Je je viendrai à chaque fois quil faudra.

Les mots « à chaque fois quil faudra » traînaient dans lair, comme sils devaient sy accrocher tous les deux pour ne pas vaciller. Le médecin avait parlé la veille, professionnel et précis, mais dans chaque silence de sa part, Claire avait entendu la menace des difficultés à venir. La peur les reliait, tenaces, comme une colle qui ne part jamais vraiment.

Étienne, dit-elle doucement sans oser croiser le regard du père, soyons francs. Ce nest pas le moment de nous disputer. Quoi quil arrive, on sentend. Tu ne tévapores pas, et moi non plus. On va faire bloc.

Étienne répondit dun hochement de tête trop violent.

Je promets. Je ferai ma part. Sil faut, je prendrai en charge Tu entends, papa ?

Il le disait à leur père, mais il fixait Claire, comme pour sceller un pacte.

Le père promena le regard de lun à lautre. Ses doigts, secs et encore chauds, agrippèrent le drap.

Pas de serments, souffla-t-il. Juste ne vous déchirez pas.

Claire aurait voulu affirmer quils nen arriveraient pas là, quils étaient adultes et quils comprenaient tout. À la place, elle posa sa main sur celle de son père. Il lui semblait que trouver la bonne formule, le bon mot, aiderait lopération à mieux se passer.

On y arrivera, assura-t-elle. On fera tout ce quil faut.

Lorsque le brancard est venu lemmener, Claire et Étienne sont demeurés sur le banc du couloir, accrochés à leur promesse comme à un talisman. Chacun la répétait dans sa tête pour ne pas sombrer. Claire envoya un message bref à son mari, le prévenant quelle serait retardée, et coupa le son. Étienne appela son travail pour annoncer quil prenait une journée sans solde, bien que Claire sache que sa situation était déjà fragile.

Lopération dura bien plus longtemps que prévu et, lorsque le chirurgien surgit enfin dans le couloir, il semblait épuisé. Il retira son masque et parla lentement. Ils avaient fait tout leur possible, précisa-t-il, mais les premières vingt-quatre heures seraient décisives. Aucun « tout va bien », juste ce mot : « stable », auquel Claire saccrocha de toutes ses forces.

Il faudra être très vigilant, ajouta-t-il. La rééducation sera longue. Il faudra assurer le suivi et la distribution des médicaments.

Claire écoutait, attentive comme une écolière concentrée, consciente que rien ne devait lui échapper. Étienne questionna le médecin sur les délais de rééducation, la sortie possible, lorganisation à la maison. La réponse fut claire : il ne rentrerait pas de sitôt, et même à la maison, il faudrait sactiver.

Dans les jours qui suivirent lopération, Claire vivait au rythme mécanique des allers-retours : arriver, se renseigner, apporter quelque chose, repartir. Elle connaissait bientôt par cœur les horaires, le prénom des deux aides-soignantes, le numéro du secrétariat médical où récupérer les ordonnances. Sur son portable, un fichier comportait toutes les posologies, mais Claire recopia tout dans son carnet, car un téléphone peut se décharger, mais un cahier reste fiable.

Étienne venait un jour sur deux, parfois le soir, une fois la nuit tombée. Il apportait des fruits, de leau, des protections jetables. Souvent, dans la chambre, il se taisait, comme si les murs contenaient trop de confidences inattendues.

Le père de Claire faisait front sans se plaindre, demandant juste parfois un coussin de plus, un verre deau, ou une petite aide. Quand la douleur était trop vive, il fermait les yeux et inspirait calmement, comme il lavait appris lors de la rééducation de son infarctus, des années plus tôt. Claire le regardait et réalisait à quel point la dignité est un travail de chaque instant.

Deux semaines plus tard, on le plaça dans une chambre commune. Encore une semaine sécoula avant que lon névoque sa sortie. Claire fut traversée dun soulagement mêlé de terreur : à lhôpital, tout était programmé ; chez eux, il faudrait sorganiser eux-mêmes.

Le jour du retour, Claire arriva en voiture avec son mari. Elle avait, grâce à une voisine, emprunté une canne pliante et préparé un sac de vêtements propres. Étienne avait promis de les attendre devant limmeuble pour aider à porter leur père au troisième, sans ascenseur. Il nétait pas là.

Claire patientait, clé en main, tenant aussi le sac de papiers. Sur le banc, son père tentait de masquer son épuisement après le trajet. Son mari, nerveux, jetait des coups dœil à sa montre.

Il va arriver, souffla-t-elle, bien quelle ny croyait déjà plus.

Étienne décrocha avec lenteur.

Je suis coincé sur le périph, il y a eu un bouchon sur le Pont de Tolbiac. Je ne peux pas faire mieux. Vous pouvez vous débrouiller ?

En entendant ce « débrouillez-vous », Claire sentit une vague de colère monter.

Se débrouiller ? Étienne, tu avais

Je viendrai en soirée, promit-il. Cest la seule solution.

Claire ne discuta pas devant son père. Ils le hissèrent à trois : son mari, un voisin quelle avait interpellé devant limmeuble, et elle-même, soutenant leur père sous le coude. Pierre, à bout de souffle, nen laissa rien paraître. À létage, elle alluma la lumière, posa le sac de médicaments près de la table, et pensa aussitôt à enlever le tapis pour éviter quil chute.

Étienne arriva le soir, la mine gênée, un filet doranges à la main.

Alors, tout va bien ? lança-t-il, comme sil ny avait pas eu de matin.

Claire lui montra la liste : cachets le matin et à midi, piqûres un jour sur deux, soins, surveillance de la tension. Sa voix était détachée ; si elle sétait laissée aller, elle aurait explosé en sanglots.

Je peux venir plutôt le week-end, proposa Étienne. En semaine tu sais bien.

Claire savait. Il avait ce travail où lon pouvait réduire ses horaires à tout moment. Il avait une épouse, un garçon de quatre ans, un prêt sur vingt ans, la peur perpetuelle de ne pas sen sortir. Elle aussi, à sa façon : deux enfants en primaire, un mari qui commençait à perdre patience de son absence, une cheffe soupçonneuse.

Les premières semaines se diluèrent dans une succession sans fin de tâches. Claire se levait avant tout le monde pour donner les médicaments, vérifier la tension, préparer un porridge sans sel. Elle réveillait les enfants, les aidait à shabiller, laissait à son mari un petit mot pour les courses, puis filait attraper le métro. Le midi, elle appelait son père pour sassurer quil avait mangé, quil ne sétait pas senti faible. Après le travail, elle courait à la pharmacie, patientait dans la file, car le médicament nétait jamais en stock, et elle redoutait de devoir en changer.

Étienne venait le week-end, quelques heures, aidait à sortir les poubelles, faisait des courses, restait avec leur père pendant que Claire cuisinait. Mais il regardait sans cesse lhorloge.

Il faut que je file, répétait-il. Jai des trucs à régler.

Claire répondait dun mouvement de tête, mais au fond, un sentiment désagréable sinstallait. Sans vouloir, elle commençait à faire le compte de tout ce que chacun avait fait.

Un soir, alors que le père dormait déjà, Claire lavait la vaisselle, leau brûlante lui rougissant les mains. son mari, silencieux, était à table.

Tu ne tiendras pas comme ça, finit-il par lui dire. Les enfants ne te voient presque plus.

Elle coupa leau.

Et tu suggères quoi ?

Payons une aide à domicile. Au moins quelques heures par jour. Ou quÉtienne prenne une soirée en semaine.

Claire imagina la conversation avec Étienne à ce sujet. Elle lentendait déjà répondre : « On na pas les moyens. » Elle-même ne savait pas. Tout largent du foyer était déjà alloué.

Le lendemain, son père demanda à aller à la salle de bain. Il avançait en sappuyant aux murs, et Claire sentait ses propres bras vaciller sous la tension. Lorsquil se posa sur le tabouret, il leva les yeux vers elle.

Tu es épuisée, murmura-t-il.

Ça va, assura-t-elle.

Ça va, cest quand on sourit sans effort.

Claire détourna la tête pour quil ne voie pas ses larmes. Elle se sentait coupable de sa propre fatigue, comme si cétait une trahison envers lui.

Un mois après la sortie, il devint évident que les progrès seraient lents. Son père allait de mieux en mieux mais nécessitait encore des soins quotidiens. Il fallait surveiller les prises de médicaments, vérifier leau, laider à la douche ; il s’embrouillait parfois dans les boîtes de cachets.

Claire sollicita Étienne pour venir un mercredi soir, le temps quelle assiste à la réunion de parents au collège de son fils. Il accepta.

Le mercredi venu, il nétait pas là.

Il écrivit : « Désolé, mon fils a de la fièvre. » Claire lut le SMS, et sentit quelque chose rompre à lintérieur. Impossible den vouloir à un enfant malade, mais la colère affluait quand même.

Elle nalla pas à la réunion. Elle resta à la cuisine, devant le cahier de son fils, et pensa que sa vie sétait désintégrée en une succession de besoins extérieurs auxquels elle devait répondre, au détriment des siens.

Le samedi, Étienne revint comme si de rien nétait, expliquant combien la nuit avait été difficile, comme sa femme était épuisée.

Je comprends, dit Claire. Je comprends vraiment.

Étienne fronça les sourcils.

Mais ? interrogea-t-il.

Claire sortit son carnet de soins.

Mais tu avais promis. À lhôpital. Tu as dit que tu serais là, que tu prendrais le relais. Tu ten souviens ?

Les mots étaient tombés comme un couperet. Étienne se crispa.

Je viens, je taide, non ? Tu crois que je ne fais rien ?

Tu viens quand tu peux, expliqua Claire calmement. Moi, je dois faire quand il FAUT. Tu vois la différence ?

Étienne rougit.

Tu crois que cest facile pour moi ? Tu crois que ça me laisse indifférent ? Jai une famille aussi. Du travail. Je ne peux pas tout lâcher.

Et moi ? Je dois pouvoir tout lâcher, les enfants, le boulot, mon époux ? Je devrais sourire en réunion de travail après une nuit blanche parce que papa a mal, cest ça ?

Un râle de leur père coupa la conversation. Étienne sapprocha à petits pas.

Cest toi qui as dit quon ne lâcherait pas, rappela-t-il, tout bas. Tu prends toujours tout sur toi. Et après tu en veux aux autres de ne pas tégaler en abnégation.

Claire eut tout à coup une vision crue delle-même : toujours à prendre plus, par peur que tout repose sur personne. Et la rage qui en naissait quand le monde ne suivait pas.

Je ne suis pas forte, souffla-t-elle. Jai juste peur de ce qui pourrait arriver si je faisais autrement.

Étienne baissa les yeux.

Moi non plus, tu sais. Ce que jai dit dans la chambre, cétait plus par peur que par certitude.

Claire saffaissa sur une chaise, les bras tremblants.

On parlait à travers notre angoisse, reconnut-elle. Et maintenant, on sen sert pour se heurter.

Étienne se tut. Du fond de la pièce, leur père toussota encore.

Jentends tout, vous savez, lança-t-il sans tourner la tête. Je ne veux pas être la raison de vos disputes.

Claire sassit près de lui.

Ce nest pas une querelle, papa.

Il se retourna, et la regarda droit dans les yeux.

Faites un accord, pas avec de belles phrases, mais en agissant. Que ce soit à la portée de chacun.

Peu de temps après, Claire prit rendez-vous au centre médical où leur père devait être suivi. Elle imprima la convocation, rassembla tous les papiers, pria Étienne de laccompagner car elle navait plus la force de tout assumer seule.

Devant la médecin, attentive et directe, ils répondirent ensemble.

Je moccupe de lui, dit Claire.

Jaide aussi, ajouta Étienne.

Il vous faut un plan, pas de lhéroïsme, conseilla la médecin. Il existe des dispositifs daide à domicile, des accompagnements sociaux. Il faut que vous preniez aussi soin de vous, sans quoi lun de vous aussi tombera malade.

Dans ses mots, Claire sentit quelle avait lautorisation de cesser de jouer les super-héroïnes, le droit dalléger le fardeau.

En sortant, ils passèrent à la mairie darrondissement pour remplir un dossier consacré à laide à domicile. Dans la file, Claire tenait le dossier, Étienne calculait sur son smartphone combien coûterait une aide trois heures par jour.

Ce soir-là, ils organisèrent un conseil de famille autour de la table, le père emmitouflé dans un gilet chaud. Le mari de Claire servit le thé, sassit à côté, comme pour marquer quil soutenait la décision à venir.

Claire ouvrit son carnet.

Essayons comme ça, proposa-t-elle. Pas de toujours, pas de jamais. Un planning, des sommes connues, et des limites pour chacun.

Étienne approuva.

Mardi et jeudi soir, je viens sans faute ; je prends le relais, tu pourras souffler un peu, voir les enfants, ne rien faire. Les week-ends, jassume une journée complète aussi.

Lépuisement de Claire devenait plus léger, tangible.

Daccord, répondit-elle. Ce sera du temps pour moi. Et toi, Étienne, tu restes sur laide à domicile et lachat des médicaments hors remboursement.

Le mari de Claire intervint :

Je peux participer à laide financièrement, mais il faut quon sache précisément le coût.

Étienne grimaça.

Je ne pourrai pas payer la moitié, avoua-t-il. Mais une somme fixe chaque mois, oui. Plus les courses si besoin.

Claire nota chaque point. Elle sempêcha de rappeler tu pourrais faire plus, car elle savait déjà où ce genre de remarque menait.

Voilà, poursuivit-elle. Je continue à gérer ladministration, les rendez-vous, le suivi médical. Étienne, deux soirs par semaine, plus un week-end, plus participation financière, et pas de reproches sur les différences. On suit juste le plan.

Le père leva doucement la main.

Moi aussi je prends un engagement. Je ferai chaque jour les exercices du kiné. Je prendrai mes médicaments, à condition que vous me prépariez une boîte avec les doses séparées pour chaque jour. Et si je sens que ça va mal, je vous le dirai tout de suite.

Claire le regarda et comprit quil retrouvait peu à peu sa dignité dhomme, pas seulement de patient. Ce nétait pas rien.

Le lendemain, Claire acheta un pilulier hebdomadaire à la pharmacie. Chez eux, elle programma méticuleusement les doses pour chaque matin et chaque soir, utilisant un gros feutre pour identifier les compartiments. Elle plaça la boîte à portée de main, près d’un verre deau. Son père la toucha, vérifiant à sa façon que cétait un vrai soutien.

Le mardi soir, Étienne arriva. Il laissa ses chaussures à lentrée, se lava les mains, et tranquillement, sinstalla auprès de leur père. Claire lui montra où étaient les alèses propres, le thermomètre, les numéros du médecin et de lambulance, sans reproche. Elle transmettait simplement le relais, comme on passe la clef dun appartement.

Jy vais, dit-elle, puis elle resta une seconde à lécoute dans le couloir. Les voix portaient de la chambre : Étienne interrogeait leur père sur la politique, et Pierre, pour la première fois depuis longtemps, en plaisantait.

Claire descendit dans la rue, marcha sous les arbres du square, passa devant le bac à sable, sans but véritable. Pendant un instant, elle fut encore tendue, guettant lappel qui la rappellerait au devoir. Mais personne ne lappela.

Au bout dune heure, elle remonta. La maison était calme. Étienne buvait un thé dans la cuisine, feuilletant le carnet de Claire ouvert sur la table.

Tout va bien, annonça-t-il. Papa dort. Il a bu la moitié de sa tisane, pris ses médicaments.

Elle acquiesça.

Merci.

Étienne la regarda.

Claire, à propos de ce que jai promis Je ne veux pas que ce soit un poids. Juste quon fasse ce quon peut, que tu saches que je ne tabandonne pas.

Elle sentit une fatigue cesser de la ronger.

Les promesses ne servent quà rassurer, répondit-elle. Ce que je veux maintenant, cest quon comprenne quon a aussi le droit de vivre, pas seulement de survivre.

Étienne referma lentement le carnet.

Alors on garde ce plan. Si les choses changent, on sen parle avant, sans conflits.

Claire le raccompagna jusquà la porte, vérifia la lumière du couloir, puis retourna voir leur père. Il dormait, lair plus apaisé que jamais depuis lhôpital. Sur la table de chevet, la boîte de médicaments était en place, toutes les cases fermées.

Claire sassit sur le bord du lit et remit doucement la couverture en ordre. Elle ne sentait pas une victoire. Elle avait juste limpression davoir trouvé un moyen, fragile mais réel, de ne pas se détruire mutuellement en aidant leur père.

Sur la table de la cuisine, le planning de la semaine saffichait : mardi, jeudi, samedi. À côté, la participation de chacun et le numéro de téléphone de la dame de compagnie recommandée par le centre médical. Ce nétait pas la promesse dabsolu, juste ce quil leur était possible de refaire, demain encore.

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Invités Indésirables et Intrusifs